‹ Notes de voyage d'un architecte dans le nord-ouest de l'EuropeChapitre 29 sur 74 · Gymnase · texte numérisé non relu

Gymnase

repos pour les professeurs; au premier étage (flg. 102), une salle d'exercices séparée pour les femmes ou les personnes malades ayant à suivre un traitement spécial, puis en face les vestiaires des femmes. Une des salles sert également de salle de danse. Dans le bâtiment adossé au premier est placée la grande halle des exer-

cices (28™, 60 de large sur 28 de long-) ; elle est divisée en huit travées de chacune 4 mètres, excepté les deux

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1, Salle des femmes. 2. Vestiaire des femmes.

extrêmes qui n'en ont que 2 et sur lesquelles s'appuie une tribune desservie par l'escalier du premier étage. Cette halle est couverte par un comble unique dont la charpente est certainement une des plus curieuses qui se puissent voir (fig-. 103). Sur des points d'appui isolés en pierre et n'ayant que 3 mètres de haut prennent naissance des arcs séparant la nef des bas côtés. Ces bas côtés très-étroits j im,30 de larg-eur seulement, sont voûtés en berceau, un arc inférieur relie la pile isolée au mur d'enceinte très-mince, (om,5o,) mais renforcé par un contre-fort 5 c'est donc, on le voit, exactement jusqu'ici la même combinaison que celle adoptée dans certaines églises françaises du moyen âge, la Souterraine (Creuse), par exemple ; mais à partir de la nef, la ressemblance entre ces édifices disparaît, car au lieu d'une voûte en maçonnerie comme celle qui recouvre l'édifice français, c'est une charpente apparente d'une combinaison spéciale qui est élevée sur l'édifice allemand.

Le sommet des points d'appui se trouve à 3 mètres au-dessus du sol , avons -nous dit, tandis que le som-

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met du faîtage est à i6m,<)0, et la distance des points d'appui de 18 mètres; l'établissement d'une charpente en bois de ces dimensions , sans aucun point d'appui intermédiaire , offrait une véritable difficulté que les architectes hanovriens ont résolu de la manière la plus intelligente ; sur le couronnement des murs ils ont placé un entrait dont la portée est soulagée par un lien formant avec le mur et le dessous de l'entrait un triangle rectangle ; au-dessus de l'entrait, ce même triangle se trouve répété par le moyen d'une contre-fiche verticale soutenant l'arbalétrier : le lien du triangle inférieur prolongé jusqu'à la rencontre du poinçon forme avec l'arbalétrier un ensemble que les triangles moisés rendent rigide et

indéformable. A partir de l'entrait et afin d'éviter à l'intérieur les influences trop sensibles du chaud et du froid, une voûte en bardeau a été inscrite sur un arc occupant l'espace entre l'arbalétrier et le sous-arbalétrier; cette voûte, dont les parties hautes sont malheureusement un peu obscures, sert, par sa forme et son importance, de décoration à cette grande salle. Quant à la poussée qu'exercent sur les murs les charpentes et les combles très-lourds qu'elles supportent, elle se trouve parfaitement contre -buttée par les piles reliées aux murs et aux contre-forts dont nous avons indiqué le mode de construction.

Les maçonneries sont en pierres et en briques, la charpente en sapin, aucune déformation ne se remarque ni dans la voûte ni dans les combles.

Il était facile, nous dira-t-on peut-être, d'arriver avec l'emploi du fer à une solution analogue sans avoir à résoudre ces difficultés. Nous répondrons que, d'abord, l'emploi du fer eût été plus coûteux, ensuite, qu'il n'eût pas permis d'établir des combles dans les données du programme préservant, aussi bien que ceux adoptés, de la chaleur et du froid; ainsi une toiture en zinc protège mal dans de- semblables conditions, quand elle n'est pas complétée par un plancher intermédiaire; une toiture en verre eût été trop chaude en été, trop froide en hiver et, en outre, obscurcie par la neige au moment où la lumière qu'elle peut procurer eût été le plus nécessaire ; une toiture en tuiles eût exigé des fers de dimensions énormes et par suite fort dispendieux; puis enfin, en présence du résultat obtenu, on ne peut contester aux architectes de Hanovre le droit de construire comme bon leur semble, et de préférer le bois qu'ils ont sous la main au fer qu'ils devraient se procurer à un prix élevé.

Pendant que nous parlons des constructions sortant des données ordinaires , examinons encore une église en train de s'élever dans Œgidien-Stadt (ûg. 104 et 105); nous retrouvons là les piles isolées, l'étroit bascôté, sorte de contre-fort intérieurement évidé que nous avons déjà vu dans le gymnase, il n'y a donc pas lieu de revenir sur ce point. Nous ferons seulement remarquer le mode adopté pour la couverture de la nef et qui consiste en un long- entrait soulagé dans sa portée par deux rangs de liens d'inégale longueur, sur lesquels prennent naissance des voûtes annulaires. Cette combinaison est ingénieuse, mais son aspect est lourd ; les dimensions forcément données aux pièces de bois écrasent les parties inférieures-, c'est une sorte de compromis entre quelques édifices Néerlandais et certaines de nos églises modernes dans lesquelles a récemment été tenté l'emploi des voûtes annulaires. Toutefois, en acceptant ce dernier ordre d'idées , il y a évidemment avantage, au point de vue de la structure, de l'apparence et de la durée, à remplacer, comme nous le faisons, les entraits en bois par des arcs en maçonnerie sur lesquels les voûtes prennent naissance.

L'édifice religieux moderne le plus important de Hanovre est la nouvelle synagogue *.

La synagogue servait aux Hébreux de lieu de réunion pour prier , lire l'Ecriture sainte et l'interpréter. Ces pratiques n'ont pas changé et le culte hébraïque, toujours resté le même depuis trois mille ans, n'exige aucune modification au programme suivant lequel fut autrefois élevé le temple de Salomon. 11 semble donc, à première

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