‹ Notes diverses sur le Bas-Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 5 sur 17 · EI · texte numérisé non relu

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l’autre presqu'au golfe du Mexique. On voulut les resserrer dans de plus étroites limites, Mais pour exécuter un tel plan, le ministère Français n’avait ni les forces physiques, ni l'énergie nécessaire : on n’exédute pas un pareil projet avec nne poignée de troupes, avec peu de colons mécontens et une bande de monopoliseurs, qui savent bien piller un pays, non pas le défendre.

Pourla France ces colonies n'avaient qu'une valeur négative, celle de servir à harasser les Anglais dans leurs possessions Américaines, Enfin la guerre s'alluma dans ces parages ; les troupes Françaises furent braves, mais peu nombreuses, la trahison fréquente, et le Canada fut pris en 1760, et cédé en 1763 à des conditions dont J'aurai à m'occuper particulièrement,

Quiconque s’imaginerait qu’en Angleterre on connaisse ce pays mieux qu’on ne le connaissait en France en 1759, et même aujourd’hui, se tromperait. Des Anglais ont écrit sur celle province, mais l'ouvrage de MacGregor excepté, leurs productions ne sont pas précisément marquées au coin de la vérité. Dans les dernières années, il faut chercher la cause des faux rapports dans le désir de l'aristocratie anglaise et des paroisses de se débarrasser de leurs pauvres en les induisant à sé faire mener dans ces pays, et d’un autre côté dans la crainte du gouvernement de voir une émigration d’Européens continentaux se diriger de ce côté. De Rà le grand nombre de brochures qui circulent parmi le bas peuple en Angleterre, ainsi qu’en Irlande, auquel on décrit le Canada comme un autre Eldorade ; et delà le peu d'ouvrages qui pourraient éclairer l’'Eurove sur sa véritable situation. Siles Européens continentaux connaissaient les ressources du Canada, ils ne l’éviteraient peut-être que parce qu’ils ne voudraient pas se soustraire au joug qui pèse sur eux dans leur patrie pour rencontrer le despoiisme colonial en Amérique, pendant qu’à peu de distance ils peuvent jouir de tous les avantages de la liberté. L’étendue de la Nouvelle France est au-delà de 140,000 lieues carrées. Le climat du pays est dur, de longs hivers succèdent à de Courts, mais très chauds étés. Cependant il change à mesure que les forêts sont abattues, et en i831 le thermomètre ne descendit même à Québec pas au-delà de 30 © de Fahrenheit ; pendant que dix années auparavant il descendit jusqu’à 50°, Le climat de ce pays ressemble beaucoup à celui de quelques cantons Allemands de la Suisse ; surtout à celui de St. Gall et de la Thurgovie. Une chaine considérable de montagnes entre la province sous le 48e. degre de latitude, et le parcourt d'abord de l’ouest à l'est depuis le 83e. au 78e. degré longitude de Greenwich ; cle prend ensuite la direction du Sud-Ouest au Nord-Ouest. Le puys entre elle et la Baie d'Hudson est peu connu excepté aux chasseurs, qui en font une description favorable. Le climat du Canada est très salubre, et les hivers surtout se destinguent par une atmosphère libre de parties électriques. On ne connaît pas les maladies qui périodiquement dépeuplent les côtes des Etats-Unis. Le sol est en général très fertile: mais il n’est cultivé jusqu’à présent que sur les grandes rivières. Au delà de cette lisière, des forèts immenses couvrent la surface de la terre. J'ai devant moi le rapport des explorateurs, qui par ordre de Ja Chambre d’assemblée ont parcouru le pays entre le St. Maurice et l’Ottawa, dont un extrait ne sera pas sans intérêts pour l’agriculteur éclairé et le naturaliste, Les explorateurs devaient partir le 26 juin 1829 des Trois-Rivières, pour profiter de la belle saison dans leur excursion. L'orgueil rustique d’un d’eux, qui ne voulait pas recevoir des ordres, quoiqu'il fût incapable d’en donner, ratarda l'expédition de plusieurs semaines. Elle se termina le 25 octobre. Les explorateurs faisuient leurs voyages presque toujours à pied et quelquefois en canot. Nous devons donc supposer que leurs observations ne furent pas si étendues qu’elles auraient pu l’être sans la folie d’un des Compagnons. Cependant au milieu des autres occupations prescrites par leurs instructions, ils ont ramassé 66 différentes espèces de minéraux, parmi lesquels le fer occupe la première place. Ils ont fait une collection de 117 plantes et arbustes ; ils ont observé 31 espèces d'arbres forestiers, 3 espèces d’érables (acer saccharinum, eriocarpum, rubrum, coccinum et striatum,) 4 espèces de bouleaux, 1 d’aune (betula alba, lenta, Papyracea, alnus, lutea,) 1 charme à fleur de houblon (carpynus ostrya,) 1 hêtre (fagus silvestris,) 2 frênes (fraxinus sambucifolia et americanus,) 4 pins (pinus rubrum, strobus, balsamifera et rupestris,) 1 cèdre (cupressus thyoides,) 1 cèdre nain (thuya occidentalis,) 1 melèze (laryx americana,) 3 sapins (abies canadensis, nigra et alba,) 1 noyer (inglans,) 2 peupliers (populus tremuloides et balsamifera,) 2 chênes (quercus rubra et alba,) 1 tilleul (tilia americana) et 1 orme (ulmus): L’agriculteur Européen jugera si un désert, tel qu’on décrit le Canada, peut produire une telle variété de végétaux en moins de 60 lieues d'espace. Ces explorateurs y ont observé 32 espèces d'oiseaux, 19 familles de quadrupèdes différentes, parmi lesquels l'ours, le castor, le loutre, te rat-musqué, le vison oc-

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