PARLEMENT PRÉSIDENS
M. Pellot, premier président. [Ajouté, d'autre écriture : ] Mort ; M. de Ris en sa place (i).
M. Poirier, sr d'Amfreville. On le croit bien intentionné, néantmoins fort attaché à ceux qu'il veut favoriser ; sçait peu vivre ; peu de capacité et peu de bien de son costé ; oposé générallement à touttes les affaires du Roy, plus par humeur que pour se donner du crédit, n'en ayant pas beaucoup ; fait le dévot et un des plus entestez de sorciers (2).
(1) Voy. supra, à l'Introduction, la notice donnée sur Pellot parle ms. de la B. N.
(2) Au chapitre des conseillers le ms. de la B. N. porte :
« 1654. — Adrien Poerier, sr d'Amfreville et de Fontenay, conseiller aux requêtes, au lieu de Jacques [sic], son frère, sr de Saint- Michel ; depuis a esté receu président au lieu de Jacques son oncle et a pris le nom d'Anfreville ; il a fait les fonctions de premier président comme le plus ancien, depuis le mois d'aoust i683 jusques au mois d'aoust 1686 ; il a épousé Cécille Dambray, fille de Henry, conseiller ; elle estoit veuve de Pierre Le Long, seigneur d'Escombardeville, du pays de Gaux. » (B. N., p. 192.)
Au chapitre des présidents, on lit :
« 1657. — Adrien Poérier, sieur d'Amfreville et de Fontenay, conseiller aux requêtes par résignation de Jean son frère [sic] et prési-
M. Turgot, fils d'un maistre des requestes et frère de M. [de] Saint-Clair, maistre des requestes. Riche, peu habile, débauché, va au bien et à la justice quand il la connoist. [D^autre écriture :] Est mort(i).
dent à mortier par autre résignation de Jacques son oncle, il avait épousé dame Cécille d'Ambray fille de Henry Dambray conseiller; il fut dispensé de service. » (B. N., p. 5y.)
En 1670, il fut, avec le président Bigot de Monville, les conseillers Auber de la Haie, Labbé, Sallet, Le Roux, de Grouchet, de Palmes, Boulais, Voisin, et le procureur général, chargé, sur l'ordre du Roi, de rédiger un rapport sur les théories du parlement de Rouen en matière de sortilège, sa croyance aux sorciers, et les condamnations prononcées contre eux. Pellot blâmait les rigueurs du parlement, avec lequel il était en désaccord à ce sujet ; de là la sévérité de certains de ces jugements sur les membres de cette compagnie. Le président Poirier était, aussi, ouvertement hostile aux protestants. (Floquet, Parlent., t. V, p. 721 et suiv.; t. VI, p. 117.)
« Très homme de bien, de capacité suffisante. » (Notes sur les ojjiciers des cours souveraines de Normandie, i663, dans: Voysin, p. 237.)
(1) « 1659. — Jacques Turgot, sr de Lanteuil, d'abord conseiller; il succéda à Nicolas Turgot, son oncle ; Jean Turgot, sr de Saint- Clerc, frère de celuy-cy fut pourveu par lettres de janvier 1657, auxquelles la dame de Gripon sa sœur et ses fils s'oposèrent et dura le proceds jusqu'à la mort du dit sr de S1 Cler, après laquelle Jacques Turgot fut pourveu dudit office, ayant esté dispensé par arrêts de payer le 8e denier ; il mourut en sa terre du Bosgouet, sans avoir esté marié.
« Homme capable et de probité pour la justice; faisant fort peu sa charge, estant fort attaché à ses plaisirs et menant une vie indigne de sa profession, beuvant et tabaquant avec touttes sortes de personnes chez luy. » (Notes sur les officiers..., i663, dans Voysin, p. 237.)
« La famille de M. Turgot vient du pays d'Auge près Saint-Ymer; ils portoient le nom de Tourgo et prirent pour cette raison pour armes d'azur à trois tours de got d'or; ils furent anoblis par les francs-fiefs, en 1470, commençant à Jean Turgot qui estant issu d'une héritière de Neuville, se prétendoit noble et se disoit mesme
M. Beuzelin, sr de Boismellet, riche, doux, médiocrement habile, intentionné, judicieux; a espousé une fille de feu M. de Chavigny qui luy donne quelques fois de la peine (i).
d'une ancienne famille de Turgot ou Tourgot dans le Costentin; ils en prirent les armes qui sont d'hermines fretté de gueulle. » (B. N., p. 52.)
« La famille de Turgot a deux branches, celle qui a pris le parti de l'épée et qui s'est subdivisée en plusieurs branches, s'apelle Turgot des Tourailles, celle qui s'est élevée dans le première (sic) charges de la magistrature s'apelle Turgot de Socemont [Sousmont] et s'est subdivisée en une autre dont estoit Mr Turgot de St Cler, évesques de Sees. Les deux présidents dont je viens de parler sont morts sans postérité et ont laissé leurs biens à des colattéraux. » (B. N., p. 57-58.)
A propos de Nicolas Turgot, sieur de Lanteuil en 1624, on lit : « ... Ce fut luy qui fit bâtir la maison de leur famille à Rouen au bas de la rue Sainte-Croix des pelletiers près la rue du Petit-puis où l'on voit encore ses armes. » (B. N., p. 161.)
(1) « i653. — Jean Beuselin, fils de Jean, conseiller en 1626; il fut receu [conseiller] au lieu de Louis Anjoran; il épouza une dame Le Bouteiller de Chavigny, et il fut depuis président. Sa fille est la duchesse de la Force qui a pour héritiers au paternel les enfants de Beuselin, huissier. » (B. N., p. 191.)
Au chapitre des présidents, on lit :
« 1661. — Jean Beuzelin, sr de Bosmellet estant encor conseiller traita de l'office de Bonshoms de Couronne par 78,000 escus; il estoit fils de Mr Beuzelin de Bosmellet, conseiller en la cour en 1626 et d'une demoiselle des Hameaux du nom de Diel ; ce conseil- 1er estoit fils de Me Beuselin advocat au Ponteaudemer. Mr de Bosmellet épousa dame Renée Le Bouteiller de Chavigny, sœur de la maréchalle de Cléremboult \sic] et de Léon Le Bouthieller [sic] de Chavigny et de Busençois, secrétaire d'estat; il en eut une fille, mariée, en 1698, à Mr le duc de Caumont-la-Force. « (Id., p. 58.)
Faisant allusion à l'humble origine de la famille de son mari, la présidente de Bosmellet affectait de dire qu'à Rouen elle ne refusait jamais l'aumône à un mendiant, de peur que ce ne fût un parent de son mari. (Vicomte d'Estaintot, Auffay, prieuré, barons et baronnie,
M. du Fay, sr de la Haye-Dupuy, riche, doit [peutêtre faut-il lire : droit?], assez habile, considérant par trop, ne manque pas de sens. Sa femme le gouverne (i).
M. de la Ferté, fils d'un maistre des requestes, nepveu de feu M. de Ris, premier président; a de l'esprit ; [changé, d'autre écriture en :] Peu de monde paroist trop de fierté et de vanité, entend peu les affaires du palais ; va assez au bien et à la justice. [D'autre écriture :] Tout attaché à son sens dont il ne démord jamais ; parent de M. de Beuvron (2).
dans : Académie de Rouen, année 1877-1878, p. 3oo.) Pellot a donc raison de dire qu'elle donnait quelquefois de la peine à son mari.
» Homme de probité, de capacité médiocre. Il y a aussi peu de temps qu'il exerce sa charge », disait-on en i663. (Voysin, p. 238.)
(1) « 1667. — Louis du Fay, chevalier, marquis de la Haye-du- Puis, sr de Bonnebosc, du Fournet, de St Eugène, de Vergetot et de Saint-Thurien ; il avoit esté conseiller du parlement et avoit épousé dame Anne de Magneville, nièce de Robert de Franquetot, des héritiers du quel il eut la charge par 160,000 1. t. Le[s] provisions portoient perte d'office en cas qu'il eût acheté plus cher. Il estoit neveu de Mr Georges du Fay, conseiller en 1625, d'une noblesse originaire du Pont-audemer... » (B. N., p. 58.) 11 aurait épousé, en secondes noces, Marie Graindor, veuve, morte le 16 mars 1706; il était mort en 1692. {Etat des officiers des cours souveraines, à M. P. Le Verdier, p. 5i.)
(2) « 1674. — Louis Marc, sr de la Ferté et Tibermesnil, conseiller aux requêtes en ce parlement et, depuis, au parlement de Bordeaux. Il est fils aisné de Scipion Marc, s* de la Ferté, aussy conseiller puis lieutenant général au bailliage de Rouen et enfin maître des requestes et de dame Anne Faucon de Ris; il est neveu de Mr Marc, évesque du Mans, tous issus de Louis Marc de la Ferté, premier huissier au parlement et qui, en qualité de capitaines des bourgeois, se signala dans la guerre de la ligue. . . ; j'adjoute que Mr de la Ferté avoit épousé dame Marie de Giville, héritière d'une branche de cette maison, seigneurs de Saint Vaast-Dieppedalle. >» (B. N., p. 5g.
M. Halle d'Orgeville, assez habile et honneste, ne manquepas d'esprit, fort accomodé ( i ). [D'autre écriture :] Bigarre dans son domestique.
M. [de] Vernouillet, peu [de] capacité et de sens, fort
Il habitait, en 1678, le bel hôtel du Bourgtheroulde. (Congrès du Millénaire de la Normandie ; Compte rendu des travaux. Rouen, Gy, 1912, in-80, t. Il, p. 172.)
Au chapitre des membres de la cour des aides et de la chambre des comptes on lit : Louis Marc de la Ferté [conseiller aux aides en 1 599, était] « fils de Louis Marc de la Ferté, premier huissier au parlement et de Marie Brison ; ils étoient originaires de la paroisse de Saint-Vivien dont vient qu'aux Célestins et dans quelques églises de ces côtez-là on voit encor des statues ou représentations de saints au bas des quels ils ont fait mettre leurs armes, Louis Marc, que nos annales appellent l'huissier Marc, étoit capitaine des bourgeois pour la ligue et se signala dans ce parti et prit le nom de la Ferté d'une petite ferme qu'il avoit à la Ferté-en-Bray et que ses descendants possèdent encor, mais dans une étendue plus considérable. Enfin ces Messieurs aiant acquis le fief de la Salle que possédoient cy-devant Messieurs Marc de Bauvais, ils se sont entés dans la famille de ceux-cy. Selon eux il est faux que l'huissier Marc soit [de] leurs ancestres, qu'ils soient issus de la bonne dame Brison ». (B. N., p. 486.)
(1) Au chapitre des présidents on lit :
<r 1674. — Gilles Halle, sr d'Orgeville, de Saint-Vast et autres lieux, receu à la place de Guy Duval; il avoit esté conseiller dès l'année i65g; il estoit fils de Jean Halle, sr d'Orgeville, conseiller en la cour des aydes et d'une dame Leguerchoix; il épousa Madeleine Groulard, seulle fille du premier mariage de Claude Groulard, baron de Torcy et de Madelaine Maignard de Bernières. Si nous en croyons les registres de N. D. de la Ronde et les mémoires manuscrits de Estienne Bouton, Messieurs Halle sont issus de Louis Halle, épicier demeurant à ladite paroisse... » (B. N., p. 5g.)
A propos d'un autre membre de cette famille, on lit aussi qu'il était « un des fils de Jacques Halle, sr de Cantelou, Anfreville, Vateport, riche marchand, qui se fit secrétaire du roi et fut secrétaire ou greffier des états-généraux à Paris en 1614... ; et fils de Louis Halle* épicier près Nostre-Dame de la Ronde. » (Id., p. i5o.)
débauché, plus les manières d'un cavalier que d'un juge; hardy, peu de biens ; il ne gardera pas longtemps sa charge et l'on n'y perdra pas beaucoup (i).