‹ Notes du premier président Pellot sur la NormandieChapitre 15 sur 122 · CONSEILLERS DE GRAND-CHAMBRE · texte numérisé non relu

CONSEILLERS DE GRAND-CHAMBRE

Doyen : M. Brice, honneste, tient le parti de Busquet, vil agréablement et honnestement, a du sens; amy de Me de Saint-Amand; sçait les règlemens, propre pour les règlemens et la police (2).

M. du Houley, habile, intelligent, commode, entend le palais, a fort aimé le sac; rapporte bien, mais il ne veut guerres travailler (3). [D'autre écriture :] Mort.

(1) « 1678. — Louis de Rome, chevalier, sr de Vernouillet, auparavant lieutenant général à Gisors ; il fut rcçeu à la charge de Charles Rretel d'Estalleville dont il avoit épousé la nièce, fille de Georges Brestel de la [sic], capitaine de cavallerie; il est mort le 27 novembre 17 13, trop tard pour la fortune et le salut de plusieurs [sic] ; il portoit...; tout le monde sçait que Mrs de Rome viennent de secrétaire du roy. » (B. N., p. 60.)

(2) « i63r. — Berthelmy Brice, mort le 29 may 1693, âgé de 84 ans, conseiller clerc, archidiacre du Petit-Caux ; il fut reçeu au Heu de Louis Bretel, sr d'Auberbosc, sçacré archevêque d'Aix, le 1 1 janvier i632, à N.-D. de Rouen par M«" de Harlay, archevêque de Rouen, assisté des évesques de Beauvais, de Lizieux et de Tarbes... » (B. N., p. i65.)

Il comptait parmi les « légistes éclairés, zélés magistrats, députés infatigables, amis dévoués de leur pays. » (Floquet, Parlent., t. V, p. 572.)

« Homme de probité; capacité médiocre». (Noies sur les officiers..., i663, dans Voysin, p. 238.)

« Ami de Me de Saint-Amand » doit-il s'entendre de l'abbesse de Saint-Amand, Madeleine de Souvré ?

Le ms. de la B. N. (p. 634), dit de Jean Brice, conseiller auditeur, en i582,... « de famille commerçante de Rouen ; nous en trouvons parmi les consuls et en l'hôtel-de-ville. »

(3) « 1 63 1. — Nicolas du Houllé, conseiller clerc, par le .déceds

M. Jubert, sr de Bonnemare, doyen, avarre, a de grands biens, mais beaucoup de debtes l'incommodent; médiocre, veut travailler et ne veoit pas bien ses procès. [D'autre écriture :] Ruiné (i).

M. Guéroult, bon homme, assez habile, seur, vit aisément, bon justicier mais s'enteste; laborieux et veoit bien un procès (2). [D'autre écriture :] Mort.

M. Busquet, subtil, adroit, laborieux ; peu de bien, mais establit sa famille ; on le croit intéressé. [Ajouté, d'autre écriture les quatre mots qui suivent :] Et il l'est ; iroit à son but si Ton ne prenoit pas garde à luy, est observé, fait maintenant le dévot et parpistplus aller à la justice. [D'autre écriture :] Appuyé du procureur général Le Guerchois, qui a son portrait dans la [sa] chambre, vendant [ou rendant ?] la justice, hypocrite, communie

de Claude du Rosel; est mort en febvrier i683 et est fils de M. du Houllé, lieutenant général d'Orbec. . . » (B. N., p. 166.)

« Du Houley, clerc, capable, mais donnant trop dans la justice à ses amis. » (Notes sur les officiers..., dans Voysin, p. 238.)

(i)« 1637. — Louis Jubert, sr de Bonnemare, conseiller lay..., fils de Mr Jubert, sr de Bonnemare, trésorier de France, petit-fils de Jacques Jubert, sr du Thil, président aux requêtes, arrière-petit-fils de Guillaume Jubert, conseiller en 1499. Il estoit doyen dès 1679; il estoit delà création de l'édit de 1637; il épousa Marie Hébert, sœur de Mr Hébert, procureur général de la chambre des comptes. »

« Jubert, sr de Bonnemare, homme de probité et de médiocre capacité. » (Notes sur les officiers..., dans Voysin, p. 238.)

(2) « 1637. — Guillaume Guéroult; il estoit de Rouen et épousa Made',e de Bauquemare, fille de Mr de Bauquemare, président aux requestes, puis capitaine du Vieil-palais de Rouen ; mort en 1682. » (B. N., p. 171.)

« Homme de probité et de capacité médiocre ». (Notes sur les officiers..., dans Voysin, p. 238.)

touttes les /estes et dimanches pour couvrir sa corruption (i).

M. Puchot, sr du Plessis, bon conseiller, riche, assidu, laborieux, apliqué aux affaires; n'a aucun party mais un peu sourd et ne rapporte pas mal. [D'autre écriture:] Asse\ homme de bien (2).

M. LePigné, sr d'Arqués, hardy, entend peu le palais, dangereux ; est attaché aux intérests du Roy et de la R. P. R., et a une pension du Roy de 2,000 1. 1. sur l'abbaye du Bec (3). [D'autre écriture :] Mort.

M. Voisin, sr du Neubosc, apliqué au palais, avare; estoit riche mais gaste ses affaires par son avarice, peu de génie pour le monde, assez de sens pour les affaires, néantmoins les embrouille et parle souvent. Est encore

(1) « 1644. — Nicolas Busquet, au lieu de son père Isambart Busquet ; il estoit s1 de Champdoisel et avoit épousé une dame Guérard dont il a eu plusieurs enfants ; il mourut en 1696. » (B. N., p. 178.)

Il était accusé de prévention contre les protestants. (Floquet, Parlent, y t. VI, p. 119.)

(2) « 1646. — Charles Puchot, sr du Plessis, receu à la place de Jacques Payen, sr de Saint-Sauveur ; il estoit fils de Pierre Puchot, sr du Plessis, trésorier de France et il avoit épousé en premières nopces Gaterine Jubert de Bonnemare, sœur de Louis, conseiller cy-devant; en deuxièmes Renée de Feugères, demoiselle de la campagne; en troisièmes, la sœur de M. Hébert, conseiller cy-après. » (B. N., p. 181.)

(3) « 1647. — Nicolas Le Pigné, ayant abjuré la religion protestante, il fut receu en la charge de Mr Georges Le Roux, sans perdre son rang, le 3o juillet 1664*, il estoit fils d'Israël Lepigné de Lardinière, à la place duquel il avoit esté receu. Il avoit épousé dame Eter [sic] Legrand dont il eut plusieurs enfans. On l'apelloit sr d'Arqués; mort en i683. » (B. N., p. i83.) Sa conversion et celle de sa fille, qui épousa l'illustre voyageur Chardin, ont été relatées dans une plaquette du temps. (Floquet, Parlem.y t. VI, p. 39.)

interdit pour avoir contrevenu à la nouvelle ordonnance et ne veut pas faire lever son interdiction. [Ces mots rayés; d'autre écriture :] N'est pas insensible à Vintérest ( i ).

M. Bigot, sr de la Turgère, ne s'y applique pas et ne va point au palais, décocteur [?], joueur et sçait vivre (2). | D'autre écriture :]'Mort.

(1) « 1647. — Jacques Voisin, sr du Neufbosc, receu au lieu de Nicolas; il épousa Elisabeth Osmont, fille et héritière de Richard, trésorier de France et d'Elizabeth Brasdefer ; mort en 1688. » (B. N., p. i83.)

A propos d'autres membres de cette famille, l'auteur du manuscrit de la Bibliothèque nationale a dit : « Je vois dans différents anciens titres que les Voisins viennent de la parroisse d'Ancreteville près Saint-Victor-la-Campagne et qu'il y en avoit plusieurs, marchands sur la parroisse de Saint-Jean de Rouen » (p. 1^4), et, ailleurs, à propos de François Voisin, écuyer, reçu contrôleur en i58o : « On le nomme ailleurs Jean Voisin, fils de Guillaume Voisin, sr de Guenouville, marchand près Saint-André ; et je vois que la maison qu'il occupoit a passé à Messieurs de Saint-Paul Voisin... Enfin Messieurs Voisin sont originaires de la parroisse d'Encreteville Lesneval au pays de Caux. Ils s'établirent sur la parroisse de Saint-Jean où plusieurs du nom ont subcisté longtems ayant encor du bien à Encreteville, et ils passèrent de là sur Saint-André. »

Floquet (Parlent., t. V, p. 721) cite un conseiller «Voisin» comme un des plus acharnés contre les sorciers ; mais il ne précise pas si c'est celui-ci, ou Louis Voisin de Saint-Paul, reçu en i663.

(2) « 1647. — Guillaume Bigot, s1' de la Turgère, fils de M>" Bigot, conseiller aux aides ; il fut receu au lieu de Lenfranc Bouchard de Blosseville ; sa mère estoit Marie de Beaulieu ; il mourut en 1 681 . » (B. N., p. i83.)

A propos d'un autre membre de sa famille, Alexandre Bigot, président en 1637, on lit dnns le même ms. (p. 53) : « On le dit, dans un ms. qui m'a esté confié, fils d'Antoine Bigot, conseiller en i58g, arrière-neveu de Laurens Bigot, advocat général, père d'Emery, président en 1378; mais il estoit, constamment, fils de Charles Bi-

M. Fauvel, sr de Touvens, fort habile et homme de bien, il s'accommode [sic] ; laborieux, travaille des plus, aime la justice, n'a point de party, s'il est dévot il ne l'est point trop. [Corrigé, d'une autre écriture :] Est dévot, de la bulle, patelin, va à ses fins (i).

M. de la Porte, fol, extravagant, va pourtant à ses fins, voudroit servir et entend assez les affaires et parle (2).

M. Bretel, sr de Grémonville, a de l'esprit, mais bizare et difficile, embrouillé dans son raisonnement et prend souvent et quasi tousjours le meschant party (3). [D'autre écriture :] Mort.

got, conseiller, lequel estoit fils d'Eslienne Bigot, bourgeois de Rouen, proche parent d'Estienne Bigot, orfèvre près Saint-Erblanc. » Sur les origines de cette célèbre famille, voy. Mémoires du président Bigot de Monville, publiés par le vicomte d'Estaintot pour la Société de V Histoire de Normandie. Rouen 1876, in-8°, introd., p. vu et s.

(1) « i65o. — Pierre Fauvel, s1' de Tou vents, receu au lieu de Pierre de Montaigu; il a épousé une dame Paviot. » (B. N., p. 186.)

Il était très hostile aux protestants. Floquet (Parlem., t. VI, p. 1 1 3, 117, 128), rapporte, à ce sujet, plusieurs faits curieux et caractéristiques.

Les mots « de la bulle » font allusion aux discussions relatives à la condamnation des cinq propositions et du formulaire.

(2) « i65i. — Charles de la Porte, receu conseiller au lieu de Pierre Déry ; il estoit fils de Tenneguy de la Porte, président aux requêtes: il épousa Marguerite Dubosc de Radepont, veuve de Jean de Beaulieu, baron du Bec-Thomas, et sœur de Nicolas Dubosc, sr de Radepont, conseiller; il mourut en i685. » (B. N., p. 187.)

(3) « i652. — Raoul Bretel, conseiller clerc, sr de Grémonville, doyen de la cathédrale, frère du président d'Estalleville; reçeu conseiller clerc au lieu de Richard Morel ; il estoit un des fils de Raoul, président de Grémonville, et il mourut en 1682. » (B. N., p. 188.)

Au sujet d'un membre de sa famille, Raoul Bretel, conseiller en i552, puis président, on lit (p. 45), qu' « il fut anobly par lettres vérifiées en la chambre des comptes en i58g. »

M. de Palme, srde Feuguerolles, honneste homme, vit honnestement et agréablement, cordial, ne manque pas de sens. [D'autre écriture :] Ne l'apporte point (i).

M. de Ferrare, srdu Tôt, habile et bon juge quand il veut s'appliquer; de belles lettres, homme doux et honneste mais quelques fois bizarre, gendre de feu M. de la Groisette. [D'autre écriture :] Perpétuelle turlupinade, scachant hors son mestier ; mais bon juge, sévère et homme de justice (2).

Bretel de Grémonville, conseiller clerc et haut-doyen de la cathédrale, montra constamment une grande équité en faveur des protestants, et fit une noble réponse au sujet de leur temple. (Floquet, Parlent., t. VI, p. 120.)

(1) « i65i. — Alphonce de Palme, sr de Feuguerolle, receu au lieu de Michel Hue, sr de la Rocque; il épousa Caterine Igou, fille de François Igou, sr du Bois-Normand, trésorier de France. » (B. N., p. 187.)

Il était un des plus persuadés de la réalité des sortilèges. (Floquet, Parlent., t. V, p. 721.)

Le récit des Funérailles de M. de Feuguerolles, conseiller au Parlement de Normandie et de Madame de Feuguerolles, dans l'abbaye de Saint-Ouen en 1704 et iyi3 a été imprimé dans la Revue rétrospective normande. Rouen, Périaux, 1842, gr. in-8°.

(2) « 1 65 1. — M. Ferrare, secrétaire du roy..., a eu pour fils Charles Ferare du Tôt, mort le 6 aoûst 1694 et inhumé à Sainte- Croix-Saint-Ouen ; il avoit esté receu au lieu de Claude de Pengui [Périgny] ; et il avoit épousé Thérèze Le Blanc, fille de Mr Anne Le Blanc, seigneur de la Croisette, bailly et gouverneur de la ville et chasteau de Caen, sœur de Robert cy-après. » (B. N., p. 188.)

On a de lui divers ouvrages. — Une de ses œuvres est, précisément, un éloge funèbre de Pellot : Epicedium piis manibus Pellot senatus Rotomagensis principis, autore D. D. T. F.; Rotomagi, 1686, in-40. (Frère, Bibliogr. norm., t. I, p. 465.)

C'était un esprit éclairé, un cœur bienveillant. (Voy. Floquet, Parlem., t. VI, p. tig.) Voir, aussi, lndignatio pastoralis, par Guillaume Marcel, curé de Basly, avec introduction par le comte

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