CHAMBRE DES ENQUESTES
M. Boullays, homme sage, de bon sens, vit doucement et modérément, point departy. [D^utre écriture:] Un peu embrouillé et long en affaires (i).
M. Gosté, sr de Saint-Suplix, a de l'esprit, honneste homme, a de la vigueur, homme du monde, s'applique assez au palais présentement (2).
M. de la Place, sr de Grainville, habile, sçavant, honneste homme, bonnes intentions, mais un peu trop dévot et malsain et attaché à ses sentimens (3).
d'Estaintot. Publication de la Société des Bibliophiles normands, petit in-40 ; Rouen, igi3. (Introd., p. vij.)
(1) « i652. — Charles Boulais, conseiller laïcque, de Rouen, au lieu de Denis Languet...; il a épousé Caterine Voisin de Saint- Paul, sœur de Louis, conseiller cy-après ; il estoit fils de Charles Boulais, lieutenant particulier au bailliage de Rouen et de Madeleine Hébert. » (B. N., p. 189.)
Il était un des plus acharnés contre les sorciers. (Floquet, Parlent., t. V, p. 721.)
(2) « 16S2. — Alexandre Costé, sr de Saint-Suplix, au lieu de François Costé, son frère, sr de Buglise; on dit, ailleurs, Alexandre Costé, sr de Triquerville ; mort en 1700; il avoit épousé Marie-Marguerite Le Biais du Quesnay, fille du sr du Quesnay, cy-devant lieutenant général à Caen, issu de M's Le Biais, conseillers cy-devant. » (B. N., p. 189.) il était accusé de prévention contre les protestants. (Floquet, Parlent., t. VI, p. 119.)
Les Notes sur les officiers ... , dans Voysin (p. 238), portent: <( Costé, sieur de Saint-Supplix, capable, violent; entreprenant et de peu de probité pour la justice » ; mais il semble que ce jugement se rapporte à Pierre Costé, sieur du Mesnil et de Saint-Sulpice, reçu en 1 618 et mort en 1674. Au sujet de ce dernier, on lit dans le manuscrit de la B. N. (p. 1 56) :« Sa famille estoit originaire d'auprès Conches d'où sont venus aussy M»"8 Costé, trésorier de France et assesseur en \sic] vicomte, bien roturier ».
(3) « i652. — Claude [de] la Place, sr de Grainville, conseiller clerc, frère de Mr de Fumechond et de Ranfeugères président aux
M. Charles, sr du Grouchet, sçait le palais, difficile, à gauche (i). [Autre écriture:] Mort.
comptes, il fut receu au lieu de Pierre Bondel ou Blondel. »(B. N., p. 189.)
« Très mondain autrefois, aujourd'hui bigot plutôt que pieux, attelant par humilité des chevaux dépareillés à son carrosse, cela étant assez, disait-il, pour le pécheur Grainville » ; il était très hostile aux protestants. Une biographie manuscrite de lui est à la bibliothèque municipale de Rouen. (Floquet, Pai'lem., t. VI, p. 118.)
A propos d'un autre membre de cette famille, conseiller à la Cour des aides en 1 553, on lit : « Pierre de la Place, fils à ce qu'on prétend, de Jean de la Place, marchand à Rouen, trésorier de l'église paroissiale de Saint-Lo, puis secrétaire du roi et seigneur de Fumechon. Cette famille, comme la pluspart de celles qui ont fait quelque figure dans Rouen, s'est divisée en deux sortes de nobles, les uns plus anciens, les autres plus nouveaux; et en deux sortes de roturiers, les uns ayant encor quelque distinction, les autres dans la plus ville roture. Les' premiers méconnoissans absolument les antres et ceux-cy ayant un soin extrême de se dire parents de ceux qui les veullent méconnoistre. Tels sont les commencements de toutes les familles. Dans ces temps, les parents nobles veulent méconnoistre leurs parents roturiers, mais ceux-cy conservent quelque temps la tradition. Enfin le tems vient que ces derniers oublient leur origine et ils sont les premiers à ensenser l'idolle; ils trouvent bon que ces hommes de leur nom, devenus grands, rougissent d'avoir avec eux une mesme qrigine. Mettont [sic] hardiment dans cette cathégorie les Langlois, les Le Roux, les Bigot, les Voisin, les Puchot, et quantité d'autres. Nous en avons veu ne vouloir pas se présenter pour certains privilèges de famille parce qu'il faloit les disputer avec mesme des brouetiers et autres gens semblables portant le mesme nom et justifiant leur origine. » (B. N.,
(1) « ï653. — Nicolas Charles, sr de Gruchet, au lieu de Jacques Halle, sr d'Anfreville; frère de Louis Charles, sr de la Blandinière, conseiller aux requêtes ; il a épousé Calerine Petit, sœur de Mr Petit, conseiller cy-après et enfants d'Estienne Petit, ancien échevin à Rouen et [de] dame Vallet ». (B. N., p. 191.)
Probablement le de Grouchet chargé, avec, d'autres de ses col-
M. Puchot, sr des Alleurs, riche, débauché, qui aime le plaisir, peu apliqué au palais. [D'autre écriture :] Bon homme (Tailleurs ; va asse^ à la justice quand il ne s'agist pas de servir un amy (i).
M. Clérel, sr de Rampan, assez bon sens, grossier, rude (2). [Autre écriture :] Mort.
M. de Marguerit, sr de Guibray, bon enfant, ne manque pas de sens, de l'hardiesse, peu apliqué au palais, vit avec honneur [rectifié, d'autre écriture :] S'applique présentement à sa charge (3).
M. Ango, sr de la Mothe, sage, apliqué au palais, peu d'élévation; estoit gendre de M. de Lezeau, doyen du
lègues, de présenter un rapport sur les théories du parlement en matière de sortilège. (Floquet, Parlem., t. V, p. 721.)
La dot de sa femme était de 60,000 1. ; en cas de survie, elle reprenait sa chambre garnie, ses bagues et joyaux, son carrosse et chevaux, ou 6,000 1. à son choix. Leur succession accusa un revenu de 6,000 1. . . (A. Lechevalier, Les Charles de la Blandinière, dans Rec ueil des publications de la Société havraise d'Etudes diverses, 69e année. Le Havre, 1902, in-8°, p. 65.) On y verra l'intéressante histoire de la déchéance de cette famille qui brilla d'un réel éclat pendant plusieurs générations.
(1) « i653. — Nicolas Puchot, sr des Alleurs, au lieu de Charles son père; il a épousé Marie- Anne Sallet, fille d'Alexandre, cy-devant [conseiller en 1643.] » (B. N., p. 190.)
(2) » i653. — François Clérel, sr de Rampan et d'isamberville, originaire de Saint-Lo, receu au lieu de Phillipes Maignard de Hauville ; il épousa Marie du Rouil [fille duj sieur de la Rouillère et de Bois-Normand. » (B. N., p. 191.)
(3) « i653. — François Marguerit, sr de Guibray, Versainville et les Traits ; il fut receu au lieu de Jean Lhuillier et estoit fils de Guillaume Marguerit, sr de Guibray, vicomte de Falaise et de Charlotte de Vigneral; il avoit épousé Madeleine Tompson; il mourut doyen de la cour en 1709. Jean Marguerit, sr du Bu, conseiller et depuis advocat général étoit son père-grand. » (B. N., p. 191.)
conseil. [D'autre écriture:] Fort riche par sa femme, laborieux et un peu chaud ( i ).
M. Scot, sr de Feumechon, habile, point de party, entend fort bien le palais, gendre de M. de Feumechon (2). [D'autre écriture :] Mort.
M. de Bernières, sr de Louvigny, bon conseiller, trop dévot (3).
(1) « 1654. — Jean Ango, sr de la Motte, receu au lieu d'Adrien Lamy de Tubeuf, estoit fils d'un secrétaire du roy et a épousé Marguerite Lefebvre de Lézeau, fille du conseiller d'estat de ce nom. » (B. N., p. 192.)
Sa famille obtiendra, en 1693, que la terre de la Motte (en Jouédu-Plain) soit érigée en marquisat sous le nom de marquisat de la Motte-Lezeau. {Généralité d'Alençon, p. 168.)
(2) « 1654. — Jacques Scot, sr de Fumechon, est mort en i685 et est inhumé à Saint-Vincent. Il fut receu à la place de Charles Duval, sr de Manneville; il épousa Marie de la Place de Fumechon, une des filles et héritières du président de ce nom aux comptes et nièce des srs de la Place cy-devant. » (B. N., p. 192.)
Esprit indépendant, il répondit un jour au premier président Pellot, qui s'opposait à la discussion d'un édit fiscal : « Eh ! pourquoi donc convoquer les chambres ? S'il ne s'agit que d'enregistrer, sans opiner, il suffit de la présence du greffier, et le Parlement n'y a que voir. » (Floquet, Parlem., t. V, p. 588.)
« Tout le monde sçait que Mrs Scot estoient originairement négociant à Rouen et qu'ils ont esté anoblis dans ce dernier siècles [sic] [au xvne siècle]... » (B. N., p. 61.)
... « Il faut observer qu'à l'égard de Mrs Scot on a fait des histoires et des généalogies merveilleuse. Si on en croit quelques Mercures, Anne Scot, riche héritière écossoise, épouse du malheureux duc de Montmouth estoit aliée à Mrs Scot, de Rouen et d'une famille distinguée dès les premiers temps de la monarchie écossoise. Geluy de juin 1707 est un peu plus modeste... » (B. N., p. 62.) — Dans le même sens, voy. Ch. de Beaurepaire, Notes sur Mme de la Sablière. . ., dans : La Normandie, revue mensuelle, historique, archéologique et littéraire, 1898, t. VI, i3e année, p. 337-35i, 385-401.
(3) « 1654. — Roland de Bernières, sr de Louvigny, fils de Mr de
M. Blouet, srde Camilly, aime le palais, sage, n'entreprend rien, sçait les affaires et habile, souvent arbitre (i).
M. de Novince, sr d'Aubigny, bon gfentilhomme] de Caen, peu de chose. [D'autre écriture :] Ruiné ', sa charge adjugée (2).
M. Le Sueur, sr de Colleville, de la R. P. R., habile, particulier dans ses opinions, attaché aux formes. [D'autre écriture :] N'est plus officier (3).
Bernières, conseiller au grand conseil ; il est mort le 7 may 1692, et inhumé aux Jacobins de Caen ; il avoit esté receu au lieu de Pierre Damiens, sr de Tréville...; Pierre de Bernières, conseiller au grand conseil, avoit épousé Madeleine Lebreton de Gueures ; il estoit fils d'un trésorier de France à Caen. » (B. N., p. io,3.)
Floquet loue aussi sa haute piété, en même temps que son impartialité pour les protestants (Parlent., t. VI, p. 119); et, sur la piété de cette famille, voy. Maurice Souriau, Deux Mystiques normands, M. de Renty et Jean de Bernières. Paris, Perrin, igi3, in-8».
(1) « i656. — Augustin Blouet, sr de Camilly, receu au lieu de Charles Delafond et mourut en 1688; il estoit [fils] de Pierre Blouet, sr de Camilly, controlleur général des aydes et finances à Caen, anobly l'an 16 10, et petit-fils de Pierre Blouet, bourgeois de Caen ; il a épousé la fille ainée et héritière de M. Grossin de Trouville, procureur du roy au Ponteaudemer. » (B. N., p. 194.)
(2) « i656. — Adrien de Novince, s"" d'Aubigny, conseiller clerc, receu au lieu d'André de Tournebu ; il estoit de Caen. . . ; il estoit fils de Louis Novince, sr d'Aubigny, et de Françoise de Manneville. . . ; il est mort en 1722, sans rendre l'esprit. » (B. N., p. 194.)
(3) « 165g. — Pierre Le Sueur, de la R. P. R., sur la résignation de Phillipes Le Sueur, son frère, sr de Petitville ; on le nomme srde Colleville; il a épousé la fille unique de Samuel Bochart, ministre à Caen, un des plus sçavant hommes de son temps. » (B. N., p. 197.) Erudit, poète, il fut un des personnages les plus influents du parti protestant. (Frère, Bibliogr. norm., t. II, p. 227.)
Il fut remplacé par son fils, le 28 novembre 1678. (Floquet, Parlent., t. VI, p. 41.)
M. Hébert, bon homme et de plaisir, a du sens, sçait le palais, a des affaires sur les bras. [D'autre écriture :] Ruiné, a vendu sa charge ( i).
M. Bouchard, a du sens, sçait le palais, riche, vigoureux mais entesté, est le fléau des avocats, plus par caprice que par raison ; a du crédit dans les enquestes(2).
M. Hue, sr de la T rouerie, bon homme, mal sain. [D'autre écriture :] Mort (3).
M. Tiremois, sr d'Arqueville, bon conseiller, honneste homme ; a esté dans les gardes, sçait le palais, laborieux. [D'autre écriture :] Sa femme lnjr fait tort (4).
M. Dubosc, sr de Radepont, homme de qualité, sçaiî peu
(1) « 1659. — Mr Jean Hébert, receu au lieu de Michel de Barberie ; il est fils de Richard, conseiller en la cour des aydes puis procureur général aux comptes; il avoit épousé la iille de Jacques de Bétencourt, trésorier de France, nièce de t'Galien, cy-devant conseiller. » Richard Hébert « est fils de Jean Hébert, drappier, rue Malpalu, il portait d'azur à trois pommes de pin d'or... » {B. N., p. 197, 490.)
(2) « 1660. — Alexandre Bouchard, sr de Blosseville, petit-fils de Lenfranc, conseiller en 162g, d'Alexandre en 1 587, et de Jean en 1 553 ; il fut receu au lieu de Paul de Mathan de Semilly. 11 est fils de Nicolas Bouchart et de Marguerite du Jardin, fille et héritière du vicomte de Tancarville de ce nom; il épousa Suzanne Vauquelin, fille de Claude, si" de Méheudin et de Suzanne Boschart. Mr de Blosseville estoit frère du conseiller cy-devant. » (B. N., p. 198.)
(3) « 1662. — Pierre Hue, s1' de la Trourie et de Biéville, conseiller-clerc, au lieu de Claude Aubery ; il avoit esté marié, et lieutenant général à Saint-Lo ou Coutances ; il est père de Michel Hue, conseiller cy après et estoit frère de Jacques Hue, sr de la Trourie, advocat général. Mr de Biéville mourut en 1676. » (B. N., p. 198.)
(4) « 1662. — Jean de Tiremois, sr d'Harqueville, conseiller laie, au lieu de Pierre, son frère ; il épousa Marie de Fresnel de la Pipardière. . . » (B. N., p. 199.)
le palais. [D'autre écriture :] Attaché à ses proce\ particuliers qu'il a en nombre ( i ).
M. de Groville, fait rhomme de qualité, entend fort peu le palais. [D'autre écriture :] Homme hardy et fort décrié (2).
M. Guenet, sr de la Rivière-le-Bois, a de l'esprit; trop hardy, fait des affaires; est fort attaché à Made la duchesse de Guise (3).
(1) « 1662. — Nicolas du Bosc, sr de Radepont, receu au lieu de Jean Beuzelin ; il épousa Marguerite Rocque, fille de Pierre, sr de Varangeville et mourut en 1692. » (B. N., p. 199.)
A propos du président du Bosc d'Emendreville, exécuté en i562, à la suite des excès commis à Rouen par les religionnaires qui s'étaient emparés de la ville, on trouvera de longs et intéressants renseignements sur sa famille, fort ancienne, et dont, à diverses époques, plusieurs membres ont eu une grande situation et joué un rôle important en Normandie. » (Id., p. 461-4G3 ; — Floquet, Parlent., t. II, p. 448.)
(2) « i663. — Hervé de Grosville, receu au lieu de René le Chevalier. .. ; il épousa Angélique Boivin de Bonnetot, et est fils d'un gentilhomme de Gotentin et d'une dame de Varroc de Liéville... » (B. N., p. 199.)
(3) — « i663. — Alexandre Guenet, sr de la Rivière-des-Bois, receu au lieu de Charles des Hommets. Il est fils d'Alexandre, greffier au bureau des finances de Rouen. Il épousa, en premières noces, Anne Roussel de Freulleville, fille unique du sr de Freulleville et de Barbe Bigot de Sousmesnil [Sommesnil] ; 20 Françoise des Moulins. » (B. N., p. 199.)
On lit, ailleurs, à propos de Toussaint Guenet, conseiller en 1691 : «... est fils de M. Genêt [sic], secrétaire du Roy, nommé aussi Tousaint [sic] et petit-fils d'un autre Guenet, demeurant près Saint- Vincent. . . Il n'a laissé que deux filles l'une épouse, ad honores, du cheval [sic, chevalier ?] de La Baume, l'autre qui a épousé le sr du Lys, d'une ancienne famille de Bretaigne. Leur père et grand-père avoit esté cordonnier. » (Id., p. 219.)
Un autre ms., peut-être du même auteur, précise les origines de
M. Voisin, sr de Saint- Paul, a de l'esprit, sçait le palais, laborieux, un des plus habiles, mais un peu chaud, présumant de luy, entier dans ses opinions et fort persuadé des sorciers (i).
M. Penel, sr de Farcy, de la R. P. R., a de l'esprit, des connoissances ; sçait peu le palais et n'y vient pas. [D'autre écriture :] N'1 est plus officier (2).
M. du Houley, sr d'Argouges, honneste homme, entendu, l'esprit lent. [D'autre écriture :] Les intentions droittes, génie médiocre mais droit, attaché à M. de Blosseville (3).
la famille : « N. Guenet, maître cordonnier à Rouen, estant devenu riche par le commerce des souliers qu'il envoya à l'Amérique, ne s'occupa plus que des envois de cette marchandise. Toussaint Guenet, son fils, continua le même commerce et devint très riche ; il acheta, en 1680 [?], une charge de secrétaire du roi, puis eut la terre de Franqueville. .. » Son fils fut conseiller au parlement. (B. N., manuscrits, fonds français, 32,3og, p. 426.)
(1) « i663. — Louis Voisin, sr de Saint-Paul, receu au lieu d'Alexandre Sallet qui s'estoit fait conseiller clerc ; il est fils de Louis Voisin, sr de Saint-Paul, maître des comptes et de Jeanne Le Vallois, fille de Roger, receveur des restes de la chambre des comptes; il épousa en premières noces, Antoinette de Brinon, fille de Louis, conseiller; 20 Marie-Valentine Le Biais du Quesnay, de Caen. » (B. N., p. 200.)
Floquet (Parlem., t. V, p. 721) cite un conseiller « Voisin » comme un des plus acharnés contre les sorciers ; mais il ne dit pas qu'il s'agit de celui-ci et non de Voisin du Neubosc dont il a été parlé p. 70, note 1 .
(2) « 1664. — Michel Farcy, sr de Paynel, de la R. P. R., sur la résignation de M. Lepigné d'Arqués, qui, ayant abjuré, a pris une charge catholique et gardé son rang. On dit, ailleurs, Michel Paynel, s»" de Farcy. » (B. N., p. 200.)
(3) « 1 665. — Alphonce du Houllé, conseiller clerc, frère de Nicolas, conseiller en i63i ; il estoit sr d'Argouges; il fut receu conseiller clerc au lieu de François Anzeray, prieur d'Enver-
M. de Boyvin, sr de Bonnetot, a 40,000 1. t. de rente, jeune. [D'autre écriture :~\Son bienfait tout son mérite ( 1 ).
M. de Ferrare, abbé de Fontaine-le-Comte, dévot. [ D'autre écriture :] Peu [de] génie, paresseux, visionaire et qui a des lettres (2).
meu; il estoit fils de dame Marie Civille [sic] du Rombosc. >» (B. N., p. 201.)
(1) « i665. — Jean-Baptiste Boyvin, sr de Bonnetot, fils de M' de Boyvin, maître des comptes, a esté depuis premier président aux Comptes; il fut receu conseiller au lieu de Jacques de Malherbe et sa mère estoit Marguerite Le Cornu de Bimorel, fille du conseiller aux requêtes de ce nom et sœur de Mr Le Corhu, conseiller clerc cy-devant. » (B. N., p. 01.)
Au chapitre de la chambre des comptes on lit :
« 1692. — Messire Jean-Baptiste Boivin, chevalier, seigneur de Bonnetot, cy-devant conseiller au parlement en i665. Il avoit épousé Jeanne-Marie Mallet [sic] de Quilly, d'une famille de ce nom de la ville d'Alençon, et qu'on a métamorphosé en héritière d'une branche de la maison de Mallet de Craville [Graville ?]. 11 en a eu M' le marquis de Bacqueville qui, ayant épousé une dame de la famille de l'amiral de Coligny, a eu tout le temps de réfléchir sur la comédie de Georges Dandin. Une fille de M. de Bonnetot épousa M. de Pontcarré, dont Mr de Saint-Osmané [Saint-Osment], conseiller au parlement. » (B. N., p. 584*585.)
Saint-Simon dira, à tort, à propos de cette alliance avec une fille de la maison de Châtillon : « mais comme elle n'avoit rien, on l'avoit mariée à ce Bacqueville qui étoit riche, mais le néant. Son nom est Boyvin. Son père, qui s'appeloit Bonnetot, étoit premier président de la chambre des comptes de Rouen, d'une avarice sordide, dont le père étoit un fermier laboureur en son jeune temps qui s'étoit enrichi au commerce des blés. » (Saint-Simon, t. XI, p. 254, t. VII, p. 68, et passim où il le poursuivra de ses moqueries et de ses dédains.
(2) « i665. — Pierre Ferrare, abbé de Fonteine-le-Comte, frère de Charles Ferrare, sr du Tôt; il fut receu conseiller clerc au lieu de François Bertault. Il estoit aussy chanoine de la catédralle. » (B. N., p. 201.)
M. Petit, débauché (i).
M. de la Bazoge, de la R. P. R., a de l'esprit, sera capable. [D'autre écriture :] A vendu sa charge, retiré en Hollande (2).
M. de Vigneral, se fera habile, pesant (3).
M. de Brèvedent, sr de la Houssaye ; a de l'esprit ; capable des affaires, s'y attache. [D'autre écriture :] A présent lieutenant général de Rouen (4).
(1) « 1666. — Estienne Petit, receu au lieu de Jacques Cornier de Sainte-Hélène; il est fils d'Estienne Petit, marchand d'ardoise auprès Saint-Vincent et ancien échevin ; il a épousé Marie de Versoris, fille de Frédéric et de Marguerite de Fuquerolles et petitefille de François de Versoris, conseiller au parlement de Paris et de Caterine Chaillou... ; mort en 1705. » (B. N., p. 201.)
(2) « 1667. — Adam de la Bazoche, de la R. P. R., au lieu de Guillaume, son père ; d'autres disent Adrien de la Bazoche ou de la Bazoge, baron de Heugueville, receu au lieu de Guillaume de la Bazoge, son père; il épousa une dame Muisson de Paris. » (B. N., p. 202.) Un arrêt du Conseil, du 18 juin 1681, confirma un arrêt antérieur de la Chambre des comptes « qui ordonnoit que la qualité de conseiller-né au parlement de Rouen et de premier baron de Normandie, par lui prises dans les lettres de foy et hommage de la baronnie de Heugueville, seront rayées. » (B. N., p. 727.)
Pour s'être rendu coupable d'irrévérence à une cérémonie du culte catholique, il fut emprisonné et dut faire amende honorable. (Floquet, Parlent., t. VI, p. 170.)
(3) » 1668. — Raoul de Vigneral, au lieu de François, son père ; il estoit sr de Cantelou, et il épousa Marie Grossin, seconde fille de Mr Grossin de Trouville, procureur du roi au Ponteaudemer. » (B. N., p. 202.)
« Cette famille portoit autrefois le nom d'Estienne.» (Id., p. i65.) Il possédait des fiefs dans la Généralité d'Alençon. (Génér. d'Alençon, p. 278-279.)
(4) « 1668. — Marc-Antoine de Brèvedent, fils d'Antoine et, tous deux, lieutenant généraux à Rouen ; il estoit sr de la Houssaye et il fut receu au lieu d'Antoine de Montenay. Il a épousé une damoi-
M. Paviot, bon garçon, jeune, sçaura le palais (i). M. du Bouteroude-Le Faë, fils d'un maistre des comptes, honneste garçon qui commance à travailler (2).
selle Loquet, héritière d'un riche marchand de cette ville. On dit, ailleurs, fils de Marc-Antoine Brèvedent, conseiller cy-devant. » (B. N.,p. 202).
Au sujet d'un autre de Brèvedent, on lit dans le même ms. : « Cette famille a fait fortune par la faveur de Diane de Poitiers ; aussy, en leur maison size rue du Vieux-Palais, les armes de Brézé se trouvent partout. Ils furent annoblis par lettres du 5 juin i522. Il estoit de la vicomte du Ponteaudemer, autres disent de Nogent-le- Rotrou. » (Ibid., p. 96.)
D'après La Galissonnière (Elect. de Rouen), Marc-Antoine de Brèvedent, lieutenant général, mort en 1679, inhumé à Saint- Sauveur, aurait épousé Catherine Le Roux de Saint-Aubin.
La note suivante, relative à un autre conseiller de cette même famille, contient des particularités curieuses :
« i638. — François de Brèvedent, sr de Sahurs, fils de François de Brèvedent, échevin de ville en 1626, issu à ce qu'on prétend de Jean de Brèvedent, sr du Boccage et de Saint-Nicolas, annobly d'une manière singulière. En 1 588, le roy donna des lettres de noblesses pour les capitaines de la ville de Rouen, avec liberté, en cas qu'ils fussent nobles, de transférer les lettres de noblesses à qui bon leur sembleroit, en sorte que ceux-cy faisoient des nobles à leur gré. René de Brèvedent, qui avoit le privilège de noblesse à cause qu'il estoit secrétaire du roy, donna ses lettres à Jean de Brèvedent, son parent. » (B. N., p. 616.)
(1) « 1669. — Jean Paviot, sr du Menil, receu au lieu de Louis du Fay...; il avoit épousé Madeleine du Moucel, fille de Louis, président aux requêtes. » (B. N., p. 202.)
Il se trouva personnellement mêlé, en 1678, à une question d'intervention d'un prêtre catholique auprès d'un malade protestant. (Floquet, Parlent., t. VI, p. 95.)
A propos de Jean Paviot, conseiller maître des comptes en 1627, on lit qu'il était « issu de Paviot, marchand à Rouen, et de la famille de Guillaume Paviot, marchand, rue Courvaiserie, à présent la grosse Orloge. » (B. N., p. 614.)
(2) « 1670. — Charles Le Faë, sr du Bosctheroude, fils de M. Le
M. de Mareste, srd'Alge, neveu MrS Petit (i).
M. de Rouen, sr de Bermonville, jeune conseiller, gendre de M. d'Auzouville, riche de 20,000 1. t. de rente (2).
M. Baudouin, sr du Basset, fils d'un trésorier de France. [D^autre écriture :] Fort riche, honneste homme et doux ; a espousé en seconde nopces la sœur de Me la présidente de la Ferté, jollie femme (3).
Faë, maistre des comptes, s* du Bosctheroude et de Saint-Germain, fut receu au lieu de René Auber, sr de Daubeuf. Il portoit d'argent aux trois feuilles de chesne de sinople, qui sont les armes de M" Le Faë, anciens gentilhommes ; il adjoute néanmoins, comme pour brisure, un chef d'azur chargé d'une croix potencée d'argent acostée de deux testes de femme en regard aussy d'argent ... ; il épousa Madeleine Le Roux de Cambremont, sœur de Mr Le Roux d'Eneval, ambassadeur en Portugal ; il estoit frère de la seconde femme de feu Mr le marquis de Normanville; leur mère estoit une dame de l'Epine. M. Le Faë mourut en 1707. » (B. N.,p. 202.)
(1) « 1671. — Antoine Marettes, sr d'Alge, est fils de Mr Marette advocat-général à la cour des aydes ; il fut receu au lieu de Dominique de Montfort... ; M. Marette, advocat-général, avoit épousé une dame Petit, et son fils mourut en 1717, laissant une bibliotèque très curieuse. » (B. N., p. 2o3.) — Sur son père, érudit et historien, voy. Frère, Bibliogr. norm. , t. II, p. 280.
(2) « 167 1. — Abraham de Rouen, sr de Bermonville, conseiller laicque, par le déceds de Mr Adrien Sécart son beau-père : un ms. dit : Abraham de Rouen ou Lemonnier, sr de Bermonville, receu au lieu d'Adrien Sécard, sr d'Auzouville, une des héritières du quel il avoit épousée... ; il estoit fils de Pierre de Rouen, vicomte de Caudebec et d'une delie de la Rocque Hue. » (B. N., p. 2o3.)
(3) « 1671. — Pierre Baudouin, sr du Basset, est fils de Mr du Basset, thrésorier de France et d'une dame d'Eudemare, fille de Mr d'Eudemare, sr du Basset; il fut receu au lieu de Pierre Paulmier ; il a épousé une deUc Charles de la Blandinière, fille de Mr Charles, conseiller aux requêtes, mort doyen de la cour en 1727 ou 1717. » (B. N., p. 2o3.) Sa seconde femme, « jollie femme » devait être une d^ie de Civille. (Voy. supra, p. 65, note 2.)
M. deBrinon, sr de Foumanville, de condition. [D'autre écriture :] Dévot, appliqué et homme de bien (i).
M. Le Roux, sr d'Acquigny, de condition ; un des plus habiles du palais pour son âge ; a fort voiagé, sçait assez les belles-lettres ; se mesle desjà d'estre arbitre, mais présumant un peu tropde luy. [D'autre écriture :] A vendu sa charge, a espousé lapetitte-fille de Me la chancelier e de Boucherat (2).
(i) « 1672. — René de Brinon, sr de Fomauville, au lieu de Louis, son père, receu en 1644, qui estoit fils de Pierre, receu en i6o3, petit-fils de Nicolas, receu en 1572 et arrière-petit-flls du frère du premier-président. Il a épousé Marie Coquerel du Fresnoy, fille unique de Nicolas, conseiller en la cour des [aides] et de Geneviève des Hommets. » (B. N., p. 2o3.)
Sur sa famille, originaire de Paris, voy. ibid., p. 9 et 10.)
(2) « 1672. — Robert Le Roux, sr d'Enneval, sur la résignation de Claude, sr de Cambremont, son père ; a esté depuis ambassadeur en Portugal en 1688, et en Pologne en 1692, mort à la diette de Grodno, en 1693 ; on le nommoit, dans son ambassade, M. le vidame d'Enneval ; il avoit épousé une dame de Canouville, qui continua de gérer les affaires de l'ambassade après la mort de son mary ; elle a épousé, depuis, M. de Montholon, premier président de Rouen. » (B. N., p. 204.)
A l'occasion d'un de ses ascendants, on lit, dans le même ms., que sa famille remontait à « Guillaume Le Roux, successivement domestique [c'est-à-dire : attaché à la maison], intendant et secrétaire de Marie, comtesse d'Harcourt, et qui fut vicomte d'Elbeuf. . . ; Voyes l'histoire de la maison d'Harcourt. Ce secrétaire fit faire à sa maitresse un testament par le quel elle remettoit à ses domestiques tout ce qu'ils luy pouroint devoir de quelque manière que ce fust, deffendant de faire contr'eux aucune poursuitte. » (Id., p. 47-48.)
Voy. aussi, sur cette grande famille : « A la mémoire de Messire Claude Le Roux, chevalier, baron d'Acquigny, châtelain de Cambremotit et du Mesnil-Jourdain ; seigneur de Becdal, Vironvé, la Métairie et autres lieux, conseiller du Roy en son parlement de Rouen ; s. d., in-40, de 63 p. plus deux tableaux.
D'après le même manuscrit, cette généalogie aurait pour auteur
M . de Boran , sr de Catilly . [D'autre écriture :] Un homme capable de tout ce qu'il y a de mauvais (i).
M . de Becdelièvre, sr de Brumare, de condition . [D'autre écriture :] A présent président, bon homme, gendre de feu M' Pellot (2).
Jacques Bulteau, conseiller au parlement en 1 683. « On luy atribue, dit-il, une généalogie de la maison d'Enneval qui parut après la mort de M. de Cambremont et où il suprime la branche de Messieurs Le Roux de l'Epervier, crainte de faire voir l'origine de la maison de Le Roux à Louviers et à Rouen sur la parroisse de Saint-Estienne-des-tonnelliers; plusieurs de cette branche de l'Epervier ont esté échevins de Rouen. M. Bulteau faisoit descendre les Le Roux au tems des ducs de Normandie. » (Id., p. 2i3.)
(1) « 1673. — Alexandre de Boran, sr de Castilly, conseiller clerc, reçu au lieu de Gilles Fermanel. » (B. N., p. 204.) On lit François, dans d'autres listes.
Dans la première partie du manuscrit, intitulée : Observations, extraits, ou abrégé historique du parlement, on lit (p. 238), sous l'année 1681 : « François [sic] de Boran de Catilly, conseiller-clerc, ayant esté décrété de prise de corps au Châtelet et arrêté en conséquence, il réclama les privilèges des conseillers de la cour, et il fut renvoyé à la cour, par arrêts du conseil du i5 avril, et il fut justifié par arrêts du 14 juin; ses parties furent mesme décrétées de prise de corps, comme fabricateurs de faux témoins. »
(2) « 1674. — Thomas-Charles de Becdelièvre, sr de Brumare, des marquis de Quevilly, receu au lieu de Tenneguy du Moucel cydevant; il a épousé Marie- Anne Pellot, fille du premier président de ce nom et dame qui estoit bienfaisante à plusieurs. » (B. N., p. 204.) Il fut président en 1684, et, au chapitre des présidents, on lit : « 1684. — Thomas Charles de Becdelièvre, sieur de Brumare, fils de Pierre, premier-président en la cour des aydes, en 1644, et frère de Pierre, chevalier, seigneur d'Hocqueville et autres lieux, aussy président en la même cour ; il avoit épousé dame Anne Pellot, fille du premier président ; il estoit conseiller au parlement lorsqu'il fut receu en la place de Jacques Turgot. » (ibid., p. 60.) On voit que la mention énigmatique concernant sa femme n'est pas dans cette seconde notice.
L'église des Carmes déchaussés de Rouen fut construite aux frais de divers membres de cette famille. (Farin, t. VI, p. 385.)
M. Costé, srdu Mesnil (i). [D'autre écriture:] Mort.
M. du Moucel, sr de TOuraille. [D'autre écriture :] Beaucoup de proce\, fantasque (2).
M. de Bailleul (3).
M. Carré (4).
M. Dunot, abbé de Saint-Pierre-sur-d'Yves [sic]. [D'autre écriture :] Habille homme, bon conseiller (5).
M. Du Moustier, sr de Canchy. [D'autre écriture:]
(1) « 1674. — Robert Costé, sr du Mesnil, au lieu de Pierre, son père, mort doyen de la cour en i683 et inhumé à Saint-Laurens ; il mourut luy-mesme en i685 et il avoit épousé Marguerite Godard de Belbeuf, fille du dernier conseiller de ce nom. On prétend que M™ Costé sont originaires de Sainte-Marguerite sur du Clerc. » [Sainte-Marguerite-sur-Duclair.] (B. N., p. 2o5.)
(2) « 1674. — Jacques du Moucel, sr de Lourailles, fils [de] Louis, président aux requêtes ; il fut receu au lieu d'Henry Dambray. » (B. N., p. 2o5.) Il épousa, en 1684, Anne-Madeleine Sallet, fille d'Alexandre Sallet, sr de Quilly, etc., conseiller au parlement de Rouen. (Revue nobiliaire, t. VI, p. 271.)
(3) « 1674. — François de Bailleul, sr de Drumare [Rumare], receu au lieu de Gilles Halle, sr d'Orgeville; il a épousé une des filles et héritières de Jacques des Hommets, sr de Crèvecœur, conseiller cy-devant. » (B. N., p. 2o5.)
(4) « 1674. — François Carré, sieur de Saint-Gervais, fils de M. Jean Carré, maître des comptes ; il fut receu au lieu de Louis Jubert, sr de Chailly. . . ; il a épousé Marguerite Moysant, héritière. » (B. N., p. 205.)
(5) « 1674. — Georges du Not, abbé de Saint-Pierre-sur-Dive, conseiller clerc, au lieu d'Antoine Damiens ; il est petit-fils de Jacques du Not, sr de Hermonville, éleu à Falaise et anobly en 1622. » (B. N., p. 2o5.)
Lemaistre, procureur au parlement, écrivait, en 1687, à un client, qu'il avait pour rapporteur l'abbé de Saint-Pierre-sur-Dîves « qui est honneste homme et fort escléré : vous ne pouviez pas mieux espérer. » (Arch. Calvados, F. 446.)
Joueur, qui ri a nulle application, sachant, fils du lieutenant général de Caen (i).