‹ Notes et causeries sur l'art et sur les artistes parChapitre 29 sur 40 · GUSTAVE COURBET · texte numérisé non relu

GUSTAVE COURBET

ET LE REALISME

Il y a quelques semaines mourait dans un coin de la Suisse un homme, un artiste, dont le nom, quoi qu'on en pense et quoi qu*on en écrive aujourd'hui, n'est pas destiné à tenir dans l'histoire de l'art contemporain une place digne du bruit dont on Ta entouré depuis plus de trente ans. Cet homme est intéressant cependant à regarder de près , et d'autres plus tard feront bien d'écrire en détail l'histoire de sa vie, parce qu'il sera certainement un des témoins que l'avenir appellera à comparaître dans les débats, si nos descendants, ce qui est bien possible, s'avisent de rougir de nous, et s'ils intentent contre notre mémoire un de ces procès comme il s'en élève régulièrement tous les cent ans entre les vivants et les morts.

Nous sommes de ceux qui croient notre société bien malade. Le paradoxe la mine et l'afifaiblit sans

'épit. Il est Pennemi qui , en politique, en art, en ittérature, a tout attaqué , tout ébranlé. Si la raison lumaine n'était pas née immortelle, peut-être pourait-on conclure qu'il finira par la tuer.

Comme le médecin reconnaît la nature du mal .ux efflorescences qui s'élèvent parfois sur la face du naïade, on reconnaîtra celle dont nous nous plaignons à certains signes qui ont fait éruption au front le notre société. G. Courbet aura été un de ces sympômes significatifs. Combien aujourd'hui souffrent de la contagion sans avoir aidé à la répandre! Tous ne peuvent pas témoigner de leur innocence. Au nom de ces victimes tacites et non résignées, il est bon de protester et d'essayer de les dégager, et soimême avec elles.

Le paradoxe, en tout temps, a suscité des apôtres. Des Titans Font mené au combat. La race en est peut-être éteinte; mais les pygmées qui les ont remplacés continuent leur œuvre, et le mal , pour ne suivre plus que des généraux infimes et le plus souvent ridicules, ne continue pas moins d'avancer. Quanta la foule, elle fait son office ordinaire; elle écoute, et elle emboîte le pas.

Parmi les plus bruyants, G. Courbet a tenu une place tout à fait en vue; il a formulé des doctrines : il a presque fait école. Ces doctrines semblent sensées, elles ont acquis par le baptême de la presse un nom propre : dans la philosophie de l'art, on les appelle le Réalisme. Des écrivains de haute volée

4i6 NOTES ET CAUSERIES-

Pont pris au sérieux, sinon toujours le mot lui-même, du moins Thomme qui le prononçait. L. Veuillot Ta mesuré de cette même plume qui venait de toiser le grand Hugo et Béranger le sacro-saint; Th. Gautier a dessiné son portrait avec autant d'amour que si c'eût été le jeune divin Sanzio qui posât devant lui, et le bizarre et puissant sophiste Proudhon s'est servi de Courbet comme d'un argument contre ce qu'il appelait nos préjugés esthétiques. Il est vrai que le premier Ta conspué, que le second Ta promptement lâché, et que Proudhon , son entraîneur et son compatriote , l'a jugé en dernière analyse et achevé d'un mot : (( Courbet, tu n'es qu'un sot. »

Pour un sot, c'est possible qu'il le fût. Proudhon n'a pas seul porté l'arrêt; tous les amis de Courbet l'ont confirmé, et aujourd'hui encore, au bord de sa tombe à peine fermée, c'est Y amen qui termine presque tous ses panégyriques. Nous qui ne vîmes pas de près le discoureur , nous n'aurons pas la présomption de démentir son signalement; mais pour béte, nous nions qu'il le fût. Nous croyons même que c'était un fin matois que ce Franc-Comtois, et né plus malin que beaucoup de Français de sa connaissance. Arrivé à Paris , il en juge assez vite le public, et, en définitive, le dupe sans trop y employer d'efforts. De fine intuition , il savait que le nombre des esprits faux est immense , que la cohorte des bavards est innombrable, et que tout le monde, amis et ennemis, leur sert d'écho.

Il se fit donc son plan , et il le suivit avec adresse. Il a pu parfois y introduire des variantes; mais quand on regarde de loin sa vie , on voit bien que c'est ce plan qui lui sert de règle. Qu'on lise d'abord ses revendications et ses anathèmes, soit écrits, soit lancés ^ pleine volée de gosier dans les conversations de cabaret ou d'atelier , on les prendrait pour des plaidoyers de justicier, et n'étaient les preuves dont l'artiste en évidence les a par la suite accompagnés , on pourrait même les accepter comme les cris d'un révolté qui a ses bonnes raisons. A ces essais d'éloquence du genre sérieux , il joignait d'autres engins de polémique. La plaisanterie était son arme de choix. Que n'a-t-on pas raconté de sa faconde joviale? Plus d'un auditeur trouvait souvent sa gaieté affectée et son esprit un peu bien lourd. Quant à ceux qui en cherchaient le dessous, ils n'étaient pas long à comprendre le calcul. Avec la discussion, on ne réussit pas longtemps à amuser la galerie; elle se tient plus en éveil quand on se moque. Ce rustre, qui fait le naïf, sait l'effet du ridicule, et l'oeil aux aguets, avec cette blague — pardon du mot vrai — qui imite la verve, il pointe ses mots et s'essaye à tuer les gens. De ces projectiles , qu'il jette ici et là, plus d'un lui reviendra en plein visage; mais qu'imj)orte! quelques-uns arriveront peut-être à destination , ils feront tache ou blessure , et c'est toujours cela de gagné pour lui.

Examinons un peu l'aspect du champ de bataille,

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lorsque, pour y jouer son rôle et vaincre, Courbet sç présenta parmi les combattants. Une sorte d'accalmie y régnait : entre les romantiques apaisés et les classiques revêtus d'une cuirasse neuve, un armistice avait été dès longtemps conclu. Delacroix n'exaspérait plus le uns, et Ingres avait été salué par les autres comm un allié ; de plus, à côté de ces anciens ennemis, dan la paix d'une gloire plus bourgeoise, un tiers partr s'était formé, dont Horace Vernet et Paul Delaroch^ tenaient la tête, parcourant, leurs œuvres à la main l'Europe attentive et charmée. I>errière eux, un b taillon d'élèves , dont plusieurs déjà célèbres , ma chait nombreux, fidèle à ses chefs, le drapeau levé les coudes serrés. Le public était content. Dans l'ai nul vent de tempête. Pour un débutant, même tai^ié en audacieux comme Courbet, c'était là un repos dangereux à troubler. Il y a des silences qui, s'ils n'i/itimident par les hardis, laissent à Toreille des auditeurs trop de finesse.

Comment faire sa trouée dans la masse? comment étourdir la salle?

Est-il trop tôt pour avancer que Courbet avait mesuré la force des maîtres et leur science, qu'il entrevoyait le côté difficile à escalader de la situation, et qu'il avait deviné par quelle route nouvelle on pouvait la tourner?

Sans nul doute il se sentait vide d'imagination. D'études littéraires, ne s'en étant jamais soucié, il n'avait pas fait bagage. Mauvais signe. Le beau?

plus d'une face. Celui qui Taime les aime toutes. On citerait peu d^exemples d'esprits de haute allure qui aient jamais méprisé ces premières leçons où l'enfant et le jeune homme apprennent à comprendre la langue d'Homère et de Virgile. S'il en est que leur mauvaise fortune a tenus éloignés des sources, lorsque le succès est venu, quand le travail victorieux a conquis les heures de récréations , ils se rapprochent, comme ils le peuvent, des livres sacrés. Quelquefois, partis de la grammaire , ils ne s'arrêtent qu'après avoir parcouru le cycle en son entier. Ceux-là, il est vrai, ce sont les idéalistes. Toute hauteur les attire, toute auréole les tente. Courbet aurait peut-être essayé de réparer le temps perdu et d'attacher des ailes à ses pieds; mais il était trop tard, et leur lourdeur inguérissable l'enchaînait au plus bas du sol. Il eut son premier élan, lui aussi, vers le Parnasse; il y gagna une telle entorse qu'il ne recommença pas deux fois, et l'allégorie manquée, ses rêves de poésie ayant fait rire, il tomba si à plat qu'un autre en serait resté à jamais déconfit.

Lui, il se releva réaliste.

L'éducation première en littérature lui manquait ; en peinture, il n'était pas mieux armé. Il s'agissait donc d'inventer un art nouveau où toute grammaire serait superflue , d'où la tradition , l'histoire , la sensibilité et la grâce fussent tenues à distance, qu'on pût s'apprendre à soi-même sans maître, et exercer au long de sa vie sans reconnaissance.

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aller plus tard au delà, cela n'eût produit que Teffet habituel; les faibles applaudissent Tapprenti praticien, et puis, rangé parmi les forts de Tendroit, il est tenu longtemps à la même ration qu'eux. Mais lui, pour se contenter de si peu , n'était pas si modeste. Déjà il voulait plus : en proférant cette énormité de s'égaler au maître des maîtres, il devenait sur-lechamp pour tous un excentrique, il tirait Tœil, et dès le premier pas engageait la partie.

Peu de temps s'écoule ; il se sent bientôt assez frotté de l'huile du cirque, et il y entre. Tout d'abord cela commence mal.

Th. Sylvestre, le chroniqueur le mieux informé de la période des débuts, celui qui a le plus pieusement catalogué les oeuvres de Courbet, énumère plusieurs tableaux éclos à cette époque, dont personne, excepté sans doute les compagnons de l'Académie suisse, n'a pu garder le souvenir. Ils n'étaient à remarquer, paraît-il , que par leur nullité d'exécution , chose faite pour étonner chez un garçon qui montrait déjà la prétention de mettre au-dessus de tout en art Thabileté et le métier, puis par certaines prétentions de pensée et d'invention, qui ne sont pas moins à signaler de la part du contempteur futur de la poésie et des poètes, et aussi, mais le choix est plus logique et digne de sa politique, par l'obscénité de certains sujets. Ceux-ci montrent, à n'en pas douter, le calcul initial.

Ces sujets, c'étaient les Filles de Loth, voilà pour

les regards erotiques; la Captive, pour ceux qui se délectent devant des chairs réputées doctement épidermées; et enfin, V Homme délivré de V Amour par la Mort. Ceci devra séduire les pensifs. Hugo, Shakespeare et le marquis de Sade sont égaux devant Courbet.

Cependant, à partir de cette dernière élucubration philosophique, par suite de déductions personnelles et pas trop tardives qu'il a tirées du sourire des amis, ridée commence à percer dans les brouillards qui Tenveloppent encore. Il s'arrête, il se pose le doigt sur le front, et n'y rencontre pas Tattouchement de la muse; dès lors son parti est pris. Raca sur les vers et raca sur la Bible, plus de livres et plus de lyrisme. Ce sont les autres qui Tégarent et le perdraient. Vive VEgo qu'il sent s'agiter sous les ruines dont il n'est pas responsable, et voilà comment le Réalisme naquit d'un avortement poétique.

En 1854, Courbet, déjà célèbre, crut nécessaire de formuler un corps de doctrine auquel il donna le nom que nous venons d'écrire et qui devait, en exposant ses nouvelles convictions, faire comprendre leur valeur au public. A travers un premier fatras de phrases vagues et emphatiques, où il parlait de lui avec précision et de ses études avec plus d'obscurité, il arrivait à décrire ses desiderata : « Un siècle, disait-il, n'a ni le droit — remarquons le mot — ni le moyen d'étudier un siècle qu'il n'a pu voir ni étudier à vif. — La seule histoire à peindre, c'est

rhîstoire contemporaine. — Les pédagogues comme Phidias et Raphaël ont fait leur temps. Que nous enseignent-ils.^ Rien. Il n'y a de précieux que Poriginalité et la leçon d'actualité qu'on peut tirer de l'œuvre d'un artiste. Il faut traverser la tradition comme un bon nageur passe une rivière : les académiciens s'y noient. » Courbet, on le voit, n'était pas si bête qu'on Ta dit pour lui refaire une innocence relative, et tout cela, si c'est bien lui qui l'a écrit, i:i"*est pas tout à fait la langue d'un illettré qui ignore la pose et la valeur des mots.

Quelques années après, fondateur d'un atelier et professeur sans en vouloir avouer le titre , il redisait ^ ses élèves les mêmes axiomes solennels , et il ajoutait : « Je tiens la peinture pour un art essentiellement concret, qui ne peut consister que dans les représentations des choses réelles et existantes; c'est ^ne langue toute physique qui se compose pour mots de tous les objets visibles; — un objet abstrait »on visible, non existant, n'est pas du domaine de la peinture. L'imagination dans l'art consiste à savoir trouver la plus complète expression d'une chose existante, mais jamais à créer cette chose même.

w L'artiste n'a pas le droit d'amplifier le beau ; il est par sa nature supérieur à toutes les conventions de l'artiste. Le beau est une chose relative au temps où l'on vit et à l'individu qui le conçoit.

« Les écoles ne doivent pas exister; il n'y a que <ies peintres. »

Voilà le code qui fut inspiré à Courbet par Pinsuccès de ses tentatives de style, et voilà, parait-il le Réalisme.

L'enirevit-il avec cette limpidité de concept au len demain du décès de ses illusions? Cela est peu pr bable; un seul jour ne fait pas d'un aspirant à la lyr un musicien de carrefour, et Torgueilleux dut tra ner quelque temps ses pas sur le rude chemin de résignation. Mais enfin, puisque nous tenons en ma le formulaire, voyons-en Vintus et le neuf.

En somme, il n'inventait rien, ce nouveau Solo et bien d'autres avant lui avaient témoigné par lei-iii^ œuvres, sinon de doctrines raisonnées, du moins cfe tendances absolument semblables. Ils les avaient m^. nifestées , il est vrai, simplement , sans les rédiger en articles , sans batailler contre personne et sans vouloir faire la leçon à leur siècle. Les Espagnols, les Hollandais , les Français du dix-septième siècle et du dix-huitième, eux aussi et presque tous, s'en étaient tenus à la simple reproduction de la réalité; ils ne songeaient pas pour cela à jeter la pierre à aucun de leurs devanciers, ils ne maudissaient pas leurs enseignements. Jamais, au nom d'un quartier de bœuf saignant, d'un pouilleux chassant à la vermine ou d'un morceau de fromage onctueux, fût-on Reir brandt, Murillo ou Chardin, on n'eût traité de ha en bas le bon Dieu, la Vierge et les saints ; jamais n'eût cru manquer à la probité en peignant Césa' Cliarlemagne tant de siècles après leur enterreir

SUR L'ART ET SUR LES ARTISTES. 42b

Ces gens-là vénéraient Raphaël et Michel -Ange, Hemling et Holbein, le Poussin et Lesueur, et ils le laissaient voir. Ils peignaient avec un égal amour et autant de convictions les habitants de la terre et ceux du ciel, le buisson du chemin dans sa forme déchiquetée et sous la poussière, et les profils héroïques des montagnes. A qui donc en voulait ce Zoïle que des noms si respectés n'intimidaient pas, et qui ne s'apercevait pas qu'il radotait dans sa langue pédante et sous sa chevelure encore toute noire de jeunesse?

Nous Pavons dit : en toute sincérité, il n'en voulait à personne. Il essayait de démolir un escalier trop roide, croyant simplement qu'à niveau rabaissé îl rencontrerait la fortune et la gloire. Peut-être s'enlîuyait-il cependant d'entendre appeler justes les arrivés du succès, dont la réputation lui semblait barrer passage à son ambition. — Tout révolutionnaire est doublé d'un envieux; — mais, en somme, il leur eût peut-être volontiers tendu la main si, dès son début, ceux-ci lui avaient tendu la leur comme à un émule.

Nous avons extrait à peu près textuellement le suc et la moelle de son Credo; examinons maintenant de quels arguments, ceux-ci tout à fait personnels et originaux, il les vient appuyer devant son juge, le public.

Et c'est ici qu'il faudrait mener de front notre triple réquisitoire contre la complaisance de la badauderie parisienne , car ce fut elle seule qui soutint

Courbet; partout ailleurs, en Allemagne, même en Belgique , on se gaussa de lui tout d'abord sans mélange de concessions, puis contre les littérateurs en quête de thèmes à phrases, partant grands souteneurs de paradoxes, et enfin contre ce que nous ne craindrons pas d'appeler la native impuissance du novateur.

Arrivons d'une seule traite jusqu'en 1849. Courbe» a déjà exposé plusieurs fois ; il a été repoussé du Salon il a été admis; son nom enfin a paru dans plusieurlivrets. Tantôt il s'est montré en compagnie de se— chien, tantôt dans la pose d'un rêveur qui cherc son idée. Il aime son visage, il n'a pas tort; mais Jj en abuse. Le public n'y a pas pris garde , non plx 25 qu'à diverses autres toiles, lesquelles, bien que tir^ey de leur ombre en ces derniers temps par les commer?tateurs de la dernière heure , ne soulevèrent aucune tempête et sont parfaitement oubliées, même de ceux qui, venus sur le stage en même temps que Courber, gardent la mémoire des premières escarmouches et celle des noms de leurs rivaux d'alors. On sait avec quelle acuité de regard les débutants fouillent les rangs des débutants et interrogent leurs oeuvres. Lequel d'entre eux se rappelle le Guitarrero, la Baigneuse endormie ou le Violoncelliste?

En 1848, il est vrai, la politique, qui plus tard devait si bien servir Courbet , nuisit à la dilatation de sa renommée. Le voisinage de tant d'œuvres médiocres entrées à l'Exposition, sans passe-port et sans

arantie, gâta le mérite du peintre aux yeux des proleneurs, lassés du nombre et mis en gaieté par la ualité, et la République, cette mère imprudente, lîUit, par sa bonté trop large, étouffer dans son œut aiglon qui devait lui prêter plus tard son aide resectée et Tappui de ses sympathies.

Mais en 1849, il prend enfin son véritable essor.

Jamais las de se contempler lui-même, et pour se iposer sans doute des laideurs qu'il se croyait obligé e peindre en manière d'appeaux, c'est encore avec Dn portrait qu'il se présente au Salon; il y joint une -ène qu'il appelle : Une après-dînée à Ornans. Le ortrait n'était pas sans mérite. Le tableau dépassait t médiocre. Du reste, rien encore d'agressif. Dans ensemble, et d'après les goûts pljjs ou moins démoratiques des passants, on pouvait bien entendre une ertaine dominante, plébéienne, suivant les uns, ou anaille, suivant les autres; mais, en somme, il n'y vait pas de quoi se fâcher , et ceux-là qui aiment la einture pour la peinture seule, ceux qui ne cherhent pas et n'aiment guère les inspirés , disaient : -*est bien. Quant aux journalistes, ils louèrent si droitement le peintre et ses modèles, que le jury, ^ns prévoir à qui il allait avoir bientôt affaire , dé- Grna ù Courbet une secoiide médaille.

Du portrait, que nous rappelons encore, il n'y avait >€is grand'chose à contredire. Si l'on veut, c'était de ^ bonne peinture. Mais que d'élèves dans les ateliers, ^vec plus de sincérité dans le regard et dans le pro-

cédé , ont exécuté et exécutent chaque jour des mo^ ceaux d'après nature qui valent et surpassent le che^. d'œuvre de Courbet, sans que jamais personne ^ soit avisé de leur prédire l'Institut sur ces seu^, preuves, et sans qu'ils l'aient en effet jamais mér5i depuis! Que d'artistes exposent chaque année cj^ têtes plus méritantes , et avec plus de toile autovir, sans que leur nom mal servi par la chance, cette dignité capricieuse, soit parvenu à percer une injuste obscurité! Il y avait autrefois, dans Tatelier de M. Ingres, un jeune artiste, point de mire de tous ses camarades. Quand Al. Lafond s'en voulait donner la peine, le maître lui-même, et il n'était pas toujours facile à contenter, s'enthousiasmait delà ligure ou du torse peint par un élève qu'il venait corriger. Aujourd'hui , de loin en loin , le disciple vieilli envoie aux Champs-Elysées un portrait, une scène historique. Il n'a pas baissé sous le poids des ans; mais le portrait et la scène, avec le couvert du nom trop peu connu qui les signe, passent presque inaperçus. L'avenir, nous le croyons fermement, lui ouvrira la porte de son musée. A l'excepiion de quelques anciens camarades découragés comme lui, ou de quelques maniaques qui se font à eux tout seuls leur opinion, qui apprécie Lafond? Courbet ne Ta jamais égalé, et tout le monde cite le nom de Courbet.

Ce qui distinguait alors le talent de Courbet, puisqu'il faut céder à la clameur et lui reconnaître tout

abord du talent, c'est peut-être Tétrangeté; mais 5 n'était pas la sincérité. A ce moment, quand il >orde la figure humaine , de quelque rayon qu'elle éclaire, c'est avec le même ton opaque et fané qu'il . copie; du fond noir à la lumière jaunie des points allants , il passe sans autre transition que la demiîînte rougeâtre : le tout joue le vieux tableau et lanque de naïveté; mais cela est fait de pâte, et, il a vingt ans, qui se servait de pâte était sacré génie, ujourd'hui on en revient un peu : chaque époque sa manie. Quant au dessin , il n'en était pas queson, et le portrait de l'artiste, pipe en bouche , et de oeil toisant le passant, suffisait, — grâce à la pâte — t: à la parcimonie des accessoires, pour légitimer attention.

Nous l'avons revu dernièrement, ce portrait, au lusée de Montpellier; il a gardé ses quelques quatés. On peut en dire autant de VAprès-dînée à ^rnans ^ qui figure aussi dans un autre musée de rovînce; mais celui-ci est devenu noir, sans éclat, : n"*a d'autre originalité que celle du costume moîrne habillant des acteurs, de grandeur naturelle, )rtîs de petites tabagies de Téniers ou d'Adrien rauwer.

Gardez-vous de comparer ces chasseurs, avec leur essin mou et estompé de demi-teintes surabondantes, ux échevins de Van der Helst, ou même aux gais ivants de Frank Hais; honnêtes gens qui se montent à la pleine lumière sans se permettre de tricher,

43o NOTES ET CAUSERIE^

ni avec le trait, ni avec la teinte. Tête, main jambes, et costumes sombres et écharpes aux gi ramages, tout chez eux défie Penquête et sort cadre. Les acteurs de Courbet s y enterrent. Ceper^:^ dant, dans le brouillard se décèle une main as^;^ habile à manœuvrer la brosse, et si l'harmonie cji/j s'acquiert à ne rien illuminer , à ne rien diversifiei; est une harmonie savante et saisissante, conveno;?* que le tableau est harmonieux. Mais qu'un conscrit ou qu'un vieux soldat de Part, qui n'auront ni Vua ni Pautre gagné leurs galons, s'avisent d'en faire autant, et vous verrez sur le public et la critique rinfluence d'un nom propre.

Toutefois, jusqu'à présent, et Courbet compte déjà ses trente printemps , rien d'arrogant ni de provocateur. Le peintre a passé même sous le joug de la médaille, et il n'a pas regimbé; évidemment son caractère n'est pas affermi, et son esprit n'est pas guéri de son respect pour le bon sens. Attendons un an, et nous contemplerons l'éruption. Voici venir VEnterrement à Ornans et les Casseurs de pierres. Toutes les timidités sont submergées, toutes les voiles jetées par-dessus les moulins ; le tonnerre, dit un fanatique, éclate , et Courbet , le vrai Courbet , enfin , entre ea scène.

La première de ces deux compositions était immense; elle emplissait à elle seule presque la moitié de la frise du Salon , où , reçue à contre-cœur par le jury, elle a dû se résigner à monter. Cependant, à

SUR UART ET SUR LES ARTISTES. 43i

peine PExpositîon est-elle ouverte, que le tableau fait événement. Ah ! le fin paysan sait son public par cœur, et comme si depuis vingt ans il pratiquait le turf de la capitale. U Enterrement à Ornans efface tout, lue tout, fait taire tout autre sujet de discussion.

Au dedans, au dehors, on n'entend plus que le nom de cet Alcibiade en vareuse qui, si vite et d'une main si madrée, a coupé la queue de son chien. On le hue, on rit à gorge déployée, on se montre la trogne des bedeaux, les sans-culottes de village aux jambes disloquées, les pleureuses qui étalent sur leurs visages leurs grosses mains chaussées de gants bien noirs, on Eiomme la mère et la sœur de Courbet, et Ton rit, et ["•on s'amuse, bien plus que si le tableau était un vrai chef-d'œuvre, à tirer des larmes des yeux; ce que voyant, ce qu'entendant, aussitôt se constitue un parti d'opposition, et Thabile faiseur, que les uns veulent traîner aux gémonies, soutenu par de vigoureux champions, dont la voix fait écho dans les journaux, se voit pousser au Capitole. On l'y assoit déjà à côté de Vélasquez. Ah ! le bon Paris ! Et que bienvenu est Pasquin devant ce parterre qui ne demande qu'à s'amuser! Il est si content, si reconnaissant d'avoir trouvé son bouffon , que du même pied il court aux Casseurs de pierres , et là devant , sans plus réfléchir, sans songer à la contradiction, il s'arrête, et avec les claqueurs, il crie au chef-d'œuvre. Le tableau est bête comme sujet, et comme œuvre

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comme le fameux : Bonjour, monsieur Courbet; comment vous porte:{-vous ? il osait fièrement, en 1 85 5, se iresser un temple dont il se nommait le dieu unique. Là, il rassembla son œuvre tout entière, et, sans rraîndre \q fiasco, mit sur la porte son nom pour nvitation. Toutefois, il fallait payer pour entrer; "noyennant vingt sous, on ëtait admis à venir brûler ie l'encens devant son génie.

Rendons justice au public quand il le mérite : la arce durait depuis trop longtemps, il ne vint pas. Deux fois nous laissâmes tomber notre obole dans le ronc du quêteur, et deux fois nous nous trouvâmes ieul à donner cette preuve d'impartial courage. Et rependant il avançait si bien, Pintrépide, qu'à travers lorions et caresses, sifflets et couronnes de fleurs, "'auteur de tant d^inepties et de saletés osait, en 1861, >uvrir non plus un musée, mais un cours d'enseignement, tant il se croyait sûr de ses admirateurs ; ît le fondateur de l'art national érigeait, comme jadis .'abbé Châtel, une église nouvelle à côté de Pécole ju"*!! croyait avoir ébranlée.

Nous avons donné quelques extraits du manifeste programme adressé, sous forme de lettre, aux futurs îlèves. Un ami du dehors, un lettré, dressa dans le :emps la liste curieuse des quarante- deux croyants jui entrèrent au cénacle. Hélas! PEsprit-Saint négligea dY descendre, et après avoir prêché pendant quel- :jues mois son nouvel évangile, le prophète vit les

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delà de ses mérites, pour ces trouvailles. Si Courbet, débutant sans fracas par les études que nous mettent sous les yeux les avocats de sa gloire, se fût annoncé comme le peintre de la Curée, du Repos des chasseurs, du Lièvre sur la neige ou de la Remise des chevreuils; s'il se fût contenté de poursuivre sous la feuillée du printemps la buée humide qui monte en arc-en-ciel à travers le couvert des rameaux ou qui se colle en lichen et en mousse sur la roche des bois, croit-on qu'il eût atteint le but qu'il poursuivait : le bruit et la vente? Est-ce qu'il a surpassé Vollon pour le relief, Bergerat pour l'éclat du ton? Est-ce que Roybet ne le domine pas de toute la hauteur d'une exécution précise, maîtresse d'elle-même et probe , bien qu'il peigne contrairement aux injonctions du législateur franc-comtois les types et les jaquettes du passé? Est-ce qu'il a mieux que Daubigny rendu l'aube ou le déclin du soleil, mieux que Mesdag la vague qui déferle sur le rivage, et mieux que Troyon ou Stevens la vache paisible ou les chiens haletants, et sonné dans les forêts d'un cornet plus sonore que celui de Oudry, le hallali des grandes chasses ? Qui, parmi ses plus obstinés admirateurs^ oserait le soutenir sans hésitation? Très-inférieur à tous ces artistes-là , dont plusieurs sont ou deviendront les maîtres de l'avenir, il n'est arrivé à décider les acheteurs que par le scandale de ses compositions à personnages, que par le bruit des controverses qu'il savait provoquer par tous les stratagèmes dont, nous

le répétons sans nous lasser, il avait soupesé la valeur additionnelle, et c'est ce bruit seul qui a pu changer depuis des études de paysage incomplètes et des ébauches maçonnées sur le panneau , en œuvres vraiment sérieuses et vraiment durables.

Et tenez, vous, lecteur amoureux du vrai, qui me lisez avec indulgence, je l'espère, parce que j'ose dire ces mots qui peut-être vous brûlent la lèvre, est-ce que vous avez jamais rencontré dans l'œuvre de cet homme qui, nous lui reconnaissons au moins cette qualité, aima le travail et fut fécond, une de ces églogues comme celles que Lambinet, — lui aussi vient de mourir, mais sans oraison funèbre et sans regrets affectés, — excellait à nous faire entendre presque chaque année au renouveau des expositions? Revoyez-vous ces champs décrits par lui où la moisson étalait ses gerbes d'or le long des arbres du chemin ? Vous rappelez-vous comme il s'entendait à varier le thème de cet hymne que la nature chante, chaque printemps, à son vieil ami le soleil ? Comme la vérité et la poésie, pour le plaisir de nos yeux, marchaient d'un pas fraternel dans les sentiers où il nous menait à leur rencontre ! Eh bien, quel écho réveille le nom aim^ de cet aimable copiste des merveilles toutes simples du bon Dieu à côté de celui du paysagiste de la Loue ou des Falaises d Etretat? Un murmure léger, un regret affectueux et discret, et puis c'est tout. L'autre, c'est le branle-bas d'un combat qui dure encore. Et cependant, on en pourrait jurer, ce murmure qui en-

toure la tombe de Lambinet vaut mieux pour perpétuer sa renommée que tout le fracas de la passion. Celle-ci n'est qu'une fièvre : elle entraîne, en tombant, celui qui a pris ses paroles affolées pour la voix de l'immuable justice.

Courbet connaissait certainement le défaut de sa cuirasse, et il y portait la main. Deux fois il essaya de prouver que lui aussi savait dessiner. Les louanges que certains amis du moment donnaient en passant aux contours bavocheux de ses figures ne le trompaient pas. En revenant de rendre ses visites sournoises au Titien, à cet homme qu'il appelait un vieux filou, il rentrait en lui-même, et Tapprenti coloriste comprenait par éclair qu'en définitive cet autre qui avait proclamé l'axiome : « Le dessin est la probité de l'art », pouvait bien avoir raison. Ce n'était pas tout, en effet, que d'inventer l'art national, il fallait encore prouver qu'on pouvait dessiner au moins aussi bien qu'un médailiisle de la rue Bonaparte, et... il s'appliqua.

De cet effort sortirent deux toiles. Elles attrapèrent, malgré la déchéance et le déclin, leur minute de succes. Mais quel succès ! L'une fut le Portrait de Proudhon, l'autre la Femme au perroquet.

On a revu la première il y a quelques jours. Elle étonna, par sa nullité, ceux-là mêmes qui en ce genre attendaient tout de Courbet.

On en avait un peu perdu la trace. Restée pour compte à l'artiste, après que le fameux panégyriste

eut renié avec tant de mépris son favori, elle ét^^^ venue s'échouer à Thôtel Drouot, dans cette vente • le chef-d"œuvre du maître, soutenu par toute la pLf de la presse socialiste, n'^a pu atteindre le prix d^*^ simple bonheur du jour, vendu, dit-on, i,5oo finar a au dernier enchérisseur. O vanité de la louani^ Mais aussi quel tableau ! Et ce fut le portrait ami peint par son ami, dans toute la ferveur qureconnaissance ajoute à l'afiTeaion , et bien avai^ t j^ prononcé du jugement fatal : a Courbet, tu n'^s qu'un sot. » Non, jamais enseigne suspendue s\jrjç quai de la Mégisserie et. le long du pont Neuf, au bon temps du pécheur à la ligne et du tondeur de chiens, n^a surpassé en grotesque Feffigie de ce penseur. Il ne craignait cependant pas les quolibets, mais sa haine contre Courbet doit dater de Texposition de ce fantastique portrait, et le mot cruel qu'il lui a lancé n'est que le payement ou la vengeance d''un débiteur furieux de sa confiance.

Nous ne nous arrêterons pas davantage devant VOdalisque. Un pacha, qui aimait trop la France, la commanda, dans un jour d'incrédulité musulmane, au peintre de la Baigneuse, Mais la description de cette déesse du paradis réaliste nous fermerait la porte du Correspondant, et nous n'avons d'ailleurs pas de goût pour les polissonneries, fussentelles dessinées par Jules Romain ou modelées par Clodion. Celle-là de plus n'avait pour elle ni le charme d'une belle carnation, ni celui des belles

formes. Mais quelle ardeur nouvelle à mieux faire, et enfî/i, sous cette ardeur, quel doute de soi I Quoi ! rignorant laissait tomber son masque de praticien sûr de son pinceau, et qui dans la négligence même ne craint pas Texamen ! Quoi ! comme un débutant, frais émoulu des concours scolaires, le voilà qui entreprend son académie, qui en serre les lignes, la blairante, et malgré l'effort, de l'aveu de tous, il ne reste de cette tentative, au sujet honorable, que le souvenir d'un devoir très -travaillé, mais rempli de fautes, fait par un élève éveillé trop tard à la connaissance de ses faiblesses, et qui n'avait su ni les dissimuler ni les racheter.

Nous laissons dans Tombre de sa tombe, en terre étrangère, l'homme politique. Que le respect dû à la mort s'étende, nous y consentons, sur les erreurs et sur les crimes du patriote. Sous les plis du linceul, ne regardons plus que la silhouette de l'artiste, cellelà du moins nous appartient tout entière, et nulle considération n'aurait pu nous empêcher de la dessiner comme elle nous est apparue aux jours d'autrefois, comme elle nous apparaît encore à ce moment, sous quelque point de vue que nous la regardions Nous Tavons, dira-t-on, dessiné d'un crayon partial; c'est vrai peut-être. Du moins nous n'avons pas dissimulé notre intime pensée et nos rancunes. Plus d'un, nous l'espérons, nous le pardonnera, plus d'un trouvera exact le tracé de notre portrait.

Et maintenant, en finissant cette appréciation du

peintre, nous osons formuler un vœu qui sembler^ peut-être en contradiction avec nos appréciations mais qui n'en a pas moins sa logique. Nous souha.^ tons , nous demandons qu'on organise à PEcole cL^ Beaux-Arts une exposition la plus complète possifc::>> de l'œuvre de Courbet. Mais que, sans choix ^ mauvaise foi, sans précautions peureuses, on y f^ss entrer tout ce que l'artiste a produit depuis le Guitarrero jusqu'à la Femme au perroquet. Nous demandons une seconde représentation de V Enterrement à Ornans et des Demoiselles du village. Surtout, nous réclamons Pexposition de ce tableau où il résumait toutes les chimères qui avaient traversé son cerveau malsain, de cet Intérieur d* atelier, enfin, « qui déterminait une phase de sept années de sa vie artistique », et qui mieux qu'aucun autre dirait à tous ceux qui pourraient le revoir ce que valurent à la fois l'homme comme moralité, l'artiste comme génie. Nous convoquons Berlioz et Jean Journet, Proudhon et Courbet sous tous ses aspects; qu'arrivent la Remise des chevreuils, et les lièvres et les cerfs, et la neige et le vent soulevant la marée, et même cette fameuse Curée, dont il n'est pas permis de parler sans agenouillements, et si le public proclame son admiration, si la presse cette fois ne baisse pas le ton de ses dithyrambes devant cet amoncellement, nous nous déclarons tout prêt à faire amende honorable de ces quelques pages et de leur sévérité.

Oh ! me dit-on à côté de moi, qu'on fasse cette

exposition partout, mais non pas à l'Ecole des Beaux- Arts. Pourquoi non? Le bâtiment du quai Malaquais n'est-il pas devenu une sorte de terrain neutre, et ses murs n*ont-ils pas vu d'autres scandales se produire, non pas moins significatifs ni moins dangereux pour les élèves que celui d*une exposition réaliste dans le sanctuaire des études classiques? Qui sait, d'ailleurs (la logique est sans oreilles quand elle entre au service de certains illuminés), qui sait si Tadministration — elle a son va-et-vient de convictions et aussi ses obligations — n'autorisera pas Fouverture, dans ces mêmes lieux, d'un nouveau cours, oti quelque satellite du peintre d'Ornans professera, sous l'égide officielle, le culte démocratique du Laid, la libre pensée en esthétique et le catéchisme de Fart national ? Ce quoi faisant, aux applaudissements des nouvelles couches, on extirpera enfin des jeunes cœurs le fétichisme de l'idéal et le ver rongeur du passé, si bien qu'en frémiront dans leur empyrée démodé les ombres désormais impuissantes de Raphaël et du Poussin , voire même celle de cet aristocrate réactionnaire qui s'appelait Louis David.

Mais du réalisme, dira-t-on, vous ne nous avez guère parlé : n'en avez-vous plus de souci? Nous répondrons que nous avons dit tout ce que, à notre sens, il méritait qu'on dise de lui. Le Réalisme, c'était Courbet : un mot servant de réclame à un charlatan. 11 est mort probablement avec celui qui avait essayé de l'introduire dans la langue des arts.

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