Croquis aux environs de Bayonne
3. — Départ de Bayonne à six h. du matin. Traversé Saint- Jean-de-Luz, très-pittoresque. Relayé à Urrugne, été voir l’église. Arrivés à Béhobie, passé la Bidassoa, relayé à Irun, traversé Ogarsen, Sliganga, Hernani. Nous arrivons à Saint-Sébastien, ville pittoresque, et nous allons le soir au spectacle.
4. Eté, au nord-ouest de la ville de Saint-Sébastien, dessiner des Dunes de sable et Deux maisons de paysans basques. Diné chez le Consul, M. Tastu. Croquis de Soldats et de Femmes du peuple.
5-. Eté chercher ma palette perdue hier sur la montagne; je la retrouve au bout de trois heures. Je retourne vers la ville, croquis de Chariots. Je vais sur la montagne à l’est de Saint-Sébastien, je me trompe de route. Je vais ensuite au sud de la ville dessiner une Maison ruinée par la guerre. Croquis d 'Hommes et de Femmes.
6. Dessiné la Fontaine. Été dessiner au quartier d’artillerie et à la caserne d’infanterie. Le soir, nous allons nous promener au petit port marchand, au clair de lune. La porte de la ville est fermée quand nous revenons; on ne l’ouvre qu’au bout d’une heure.
7- Été dessiner à la caserne d artillerie et voir le fort qui domine Saint-Sébastien; fait une Vue de la Ville. Dîné chez le Consul; fait le croquis d’un Aide de camp.
8. Partis à six heures du matin à cheval. Arrivés au Passage, des femmes nous font traverser dans des barques; quelques-unes sont belles. A Lesso, qui est pittoresque, nous reprenons nos chevaux; la route est sauvage. Nous déjeunons à Irun. Nous allons à Fontarabie voir la course de taureaux. Elle n’est pas très-belle, mais la population est curieuse à voir. Nous revenons à Irun prendre notre bagage, nous partons pour Béhobie nous repassons la Bidassoa et nous sommes en France.
9- Partis à six heures du matin, nous passons à Saint- Jean-de-Luz ; nous visitons l’église où s’est marié Louis XIV. Nous arrivons à Bayonne, je dessine une Vue générale de la Ville. Je vais dire adieu à M. Barbet.
10. — Partis pour retourner à Paris, nous allons à Pau. Nous passons d'abord à Orthez, puis à Artix où je dessine un Lavoir. Nous arrivons à Pau à six heures.
1 1 • Ee matin je rectifie des croquis. Nous allons voir le château de Pau. Nous visitons la chambre où est né Henri IV, la carapace de tortue qui lui a servi de berceau, les salons, etc. La vue est superbe; on a devant soi toute la silhouette des Hautes-Pyrénées, le Pic du Midi... Nous allons de là voir le Haras. Avant d’entrer nous nous arrêtons pour goûter de ce vin de Jurançon que l’on fit boire à Henri IV le jour de sa naissance; il est très-bon. Nous visitons ensuite le Haras, où il y a fo chevaux, tous très-beaux, mais qui me paraissent de la petite espèce, cependant c’est très-curieux à voir. Nous revenons et je dessine le Château de Pau.
12. — Nous allons voir M. de Norvins, qui nous montre son portrait par M. Ingres. Nous partons à neuf heures pour Tarbes. La route est jolie, le paysage charmant, nous avons les Pyrénées à notre droite. Nous arrivons à Tarbes à trois heures; nous visitons le Haras où il y a 100 chevaux, la plupart très-beaux. Nous allons voir l’église qui pourrait être très-bien, mais qui est fort mal décorée. La ville n’est pas très-intéressante elle a cependant une fort belle place et une superbe caserne. Nous partons à minuit pour Saint-Gaudens. Il fait un magnifique clair de lune, la route est très-pittoresque. Nous longeons le pied des Pyrénées.
13. — Nous arrivons à Saint-Gaudens à huit heures et demie du matin, nous y déjeunons. Je dessine Quelques maisons. , la rue Dubarry, mais il y a fort peu de choses à faire. Sur la terrasse, au bord de la ville on voit un très-beau panorama de montagnes. Nous partons dans une voiture qui nous mène à Saint-Martory, très-jolie petite ville. Les costumes ne sont pas pittoresques. Il y a un fort beau pont, sur lequel est un petit arc de triomphe. A une heure, nous reprenons une autre petite voiture qui doit nous conduire à Saint-Girons La route que nous parcourons est très-belle et très-accidentée. Nous arrivons le soir, à huit heures et demie
14. — Je fais un dessin de l 'Intérieur de la Ville (Saint-Girons). Nous rencontrons sur la place un Catalan dans un très-beau costume. Nous faisons connaissance avec lui, il doit aller à Foix où je dois le dessiner Nous partons à une heure ; nous parcourons, au milieu des Pyrénées, une route qui est fort accidentée. Nous passons à Castelnau, à la Bastide-de-Séron. Les vallées que nous traversons sont riches en culture, et les montagnes sont très-belles. Les costumes ne sont pas très-curieux; cependant, en général, les hommes portent la veste brune et le bonnet catalan. Les femmes ont un petit bonnet appliqué sur un fond noir. Elles ont aussi des fichus et des châles noirs, dès camisoles et des jupes de même; peu de couleurs voyantes. Nous arrivons à Foix, qui est peut-être la ville la plus pittoresquement située que nous ayons vue. Sur sa droite s’élève un joli fort placé sur un rocher. La ville se trouve au pied d’une très-haute montagne. Une petite rivière coulant sur des graviers la traverse, et tout autour de la vallée s’élèvent des montagnes très-élevées. Je ne pourrai rien faire dans cette ville, car la voiture repart demain, à quatre heures du matin, pour Limoux-sur-Aude.
13. — Les voitures n’ont point de place. Nous sommes forcés d’en prendre une qui nous coûte 45- fr. Nous partons à sept heures, nous passons par Saint-Paul-de-Jarrat. Le pays est magnifiquement accidenté. Les vallées
sont très-bien cultivées, et les crêtes des montagnes rugueuses, mais, en général, le pays est mamelonné. Nous rencontrons un enterrement de jeune fille à Nalzen. Les enfants de chœur précèdent, vient ensuite le prêtre. Des femmes, vêtues de blanc, portent l’enfant à bras, d'autres suivent vêtues de noir. Nous arrivons à Lavelanet, petite ville assez gentille; on suit les parapets du quai. Nous passons à Larroque, village bâti en élévation, puis dans un autre village dont nous ne savons pas le nom, à Sainte-Colombe et enfin à Chalabre où nous restons une heure et demie pour reposer les chevaux. Nous allons voir la ville, qui a 5 ou 4,000 habitants et qui est propre. 11 y a un vieux château fort restauré. Je dessine un Marché aux Bœufs, et nous repartons à quatre heures. Nous faisons, moitié à pied, une longue route toujours en montant, et nous arrivons à un endroit d où nous découvrons toutes les Pyrénées-Orientales, et les contre-forts qui vont en s’affaiblissant vers le nord de la France : c’est le plus beau panorama que j’aie encore vu. Nous arrivons à Limoux vers neuf heures du soir ; nous sommes dans une auberge qui est très-pittoresque. Nous attendons la diligence de Perpignan, qui doit passer à minuit.
,6. Nous partons à minuit trois quarts. Je ne me réveille qua Quillan. Nous passons par Caudièsde-Saint-Paul. Le pays que nous traversons est magnifique, c’est un des plus accidentés de notre voyage. Sur le haut de la montagne est la Séparation, limite qui sépare le département de l’Aude de celui des Pyrénées-Orientales. Nous déjeunons à Saint-Paul-de-Fenouillet ; nous voyons le Canigou à notre droite. Nous passons la Gly et nous traversons Estagel, où est né Arago, Les Cases-de-Pène, Peyrestortes. Nous arrivons à Perpignan à trois heures.
17. — Je vais dessiner le Castillet. La ville n’est pas très-belle, mais la population est curieuse. 11 y a un bâtiment ancien qui sert de grand café. Dessiné une Tombe à la cathédrale. Croquis de Gitanos et de Tondeurs de mulets espagnols.
18. — Je vais finir le Castillet. Nous partons à une heure pour Narbonne.
19. Nous arrivons à une heure du matin. La ville est en très-mauvais état; la plus grande partie des remparts est ancienne, et a servi à faire la guerre sous François l". Nous repartons de Narbonne à deux heures et demie sur le canal. La promenade est charmante. Nous changeons de bateau ; nous marchons toute la nuit, traversant les écluses qui sont nombreuses.
20. Nous continuons notre voyage sur le canal. Nous passons devant Avignonet, Villefranche, et nous arrivons à Toulouse à huit heures du soir.
21. — Nous restons à Toulouse; il pleut. Nous allons voir le Musée qui est très-curieux (Eugène Delacroix, Gros, des Rubens admirables).
22. — Nous quittons Toulouse à neuf heures du matin, nous courons sur Bordeaux. A Saint-Jory, les maisons sont en briques; à Grisols, il y a une foire; à Moissac, nous déjeunons, nous voyons le collège, le bal Marengo, le tir au pistolet. Belle promenade, mauvais dîner. Il y a une église très-remarquable, de style roman. Nous longeons la Garonne. Nous passons à Valence, à Agen, où il y a plusieurs rues à arcades, et nous arrivons à Bordeaux à neuf heures. Nous partons le lendemain.
2J. Nous passons à Montbazon, où il y a un vieux château, et nous nous arrêtons le soir à Orléans.