‹ Notes et discours, 1873-1884Chapitre 35 sur 38 · CENTRES · texte numérisé non relu

CENTRES

d’enseignement.

CHEFS-LIEUX d’ACADÉMIE

Aix-Marseille.

Besançon.

Bordeaux.

Clermont.

Dijon.

Douai-Lille.

Grenoble...

Montpellier..

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NOTES

publique étaient réunis en un corps, cette institution donnerait 490 cours par semaine et 81 en moyenne par jour

Budget. — Le budget des Facultés est, en 1884, de 11,852,000 francs, sans compter 928,000 francs fournis par les -villes aux écoles préparatoires ; au total, 12,470,000 francs.

Les dépenses ordinaires des Facultés ont été, en 1884, de 9,199,000 francs ;

Facultés de théologie catholique. . t60,76b fr.

— — protestante.. HO,770

— de droit.. . 1,739,740

— de médecine. 2,804,715

— des sciences. 2,116,945

— des lettres. 1,397,475

Écoles supérieures de pharmacie. . 493,390

— — d’Alger. 375,865

Total. 9,199,665 fr.

Dans ces budgets ne sont comprises ni les dépenses pour les bâtiments, ni les bourses, ni les bibliothèques qui représentent plus de 2 mil-

1. Programmes des cours dans les établissemenls d'enseignement, supérieur de Paris. Paris, Delalain, 1884. — Voir aussi : Cours d'enseignement supérieur faits d Paris durant le premier semestre de l'année 1879-1880. Cette brochure mentionne un beaucoup plus grand nombre de cours, parce qu'elle indique ceux qui ne ressortissent pas au Ministère de l'instruction publique.

SUR l’enseignement supérieur en FRANCE 253

lions (500,000 francs pour les bâtiments ; 720,000 francs pour les bourses ; 468,000 francs pour les bibliothèques, etc.).

Muséum. — L’édit de 1626 et celui de 1635 marquent les caractères que dut avoir au début le Jardin des -plantes médicinales. Gréé pour faire concurrence à la Faculté de médecine, qui se renfermait dans les idées les plus étroites et que soutenait le Parlement, combattu longtemps par elle, cet établissement devait se consacrer surtout à l’étude des végétaux dans leurs rapports avec la santé humaine. Sous la direction de Buffon, de 1739’ à 1788, il étendit l’objet de ses recherches àPhistoire naturelle tout entière. La Convention (10 juin 1793) voulut que le Muséum s’appliquât à l’avancement de l’agriculture, du commerce et des arts. Elle le dota de douze chaires. Aujourd’hui, cet établissement est une réunion de laboratoires ; il est aussi, à proprement parler, un musée, et Fun des plus riches qui soient au monde ; il renferme de magnifiques collections qui sont confiées à des professeurs-adniinistrateurs. Ceux-ci ont pour mission principale is.

NOTES

d’enrichir leurs galeries, de faire des travaux personnels et de donner un certain nombre de leçons où ils exposent leurs découvertes. Les enseignements pratiques ou de vulgarisation appartiennent à d’autres établissements, par exemple à l’Institut agronomique et aux Facultés.

Les obligations du Muséum sont avant tout scientifiques ; il a le devoir de travailler aux progrès de l’histoire naturelle ; s’il admet des élèves, ceux-ci ne doivent pas venir y chercher les connaissances acquises, mais y écouter les théories nouvelles et se former eux-mêmes aux recherches originales. Les cours sont les suivants : chimie appliquée aux corps inorganiques, physique végétale, organographie et physiologie végétale, anatomie comparée, mammifères et oiseaux, reptiles et poissons, animaux articulés, annélides, mollusques, zoophytes, physique appliquée à l’histoire naturelle, géologie, minéralogie, physiologie végétale appliquée à l’agriculture, classification des familles naturelles, culture, physiologie générale, paléontologie, anthropologie, pathologie comparée, dessin appliqué à l’histoire naturelle *.

1. Le Muséum d'histoire naturelle. Paris, Société anonyme des imprimeurs réunis, 1884. Exposé publié par la Direction de cet établissement.

SUR l’enseignement supérieur en FRANCE 255 Collège de France. — Le Collège de Fi’ance doit son origine au désir qu’a eu le pouvoir royal, sous François F’’, d’assurer une place à des enseignements que laFaculté des arts n’acceptait pas ou qu’elle ne recevait qu’avec défiance. On voit que cette institution est due à des causes peu différentes de celles qui ont amené la création du Jardin du roi, au peu de goût de la puissante corporation univei’sitaire pour le progrès. Par la suite, le Collège a reçu des chaires auxquelles la Faculté de médecine et celle de droit étaient défavorables. Combattu, comme le Jardin du roi,' par l’Université, il a triomphé comme lui de ces attaques. C’est un des traits particuliers de notre histoire, aux époques les plus diverses, que l’État se soit montré souvent plus libéral que les corps qui aiu’aient dû lui donner l’exemple. Les premières chaires furent celles de grec et d’hébreu, puis de mathématiques, de philosophie et même d’éloquence latine. Sous François 1", on comptait déjà douze professeurs royaux. Henri IV créa une chaire d’anatomie et une chaire de botanique. Le Collège ne fut pas supprimé, même momentanément, par la Convention, mais réorganisé et augmenté ; il compte aujourd’hui 40 enseignements : mécanique céleste, mathématiques, physique générale et mathématique, physique

générale et expérimentale, chimie minérale, chimie organique, médecine, histoire naturelle des corps inorganiques, histoire naturelle des corps organisés, embryogénie comparée, anatomie générale, droit de la nature et des gens, histoire des législations comparées, économie politique, histoire des doctrines économiques (géographie et histoire économiques), histoire et morale, histoire des religions, esthétique et histoire de l’art, épigraphie et antiquités romaines, épigraphie et antiquités grecques, philologie et 'archéologieégyptiennes, philologie et archéologie assyriennes, langues hébraïque, chaldaïque et syriaque, langue arabe, langue persane, langue turque, langue et littérature chinoises et tartares mandchoues, langue et littérature sanscrites, langue et littérature grecqués, éloquence latine, poésie latine, philosophie grecque et latine, philosophie moderne, langue et littérature françaises du moyen âge, langue et littérature françaises modernes, langues et littératures d’origine germanique, langues et littératures de l’Europe méridionale, langues et littératures celtiques, langues et littératures d’origine slave, grammaire comparée.

Les enseignements spéciaux de philologie ont un petit pombre d’auditeurs qui sont de véritables

STJR l’enseignement SUPERIEUR EN FRANCE 257

élèves. Il en est de même des leçons scientifiques ; l’état des laboratoires ne permet d’y admettre que très peu de travailleurs, mais un projet d’agrandissement est soumis aux Chambres et sera certainement voté. Quelques cours de littérature réunissent un public choisi souvent réduit à rester en partie aux portes et dans les couloirs, tant est grande l’affluence.

Contrairement à l’idée qui a présidé à sa fondation, le Collège possède des chaires qui font double emploi avec celles des Facultés. Son règlement l’autorise, à chaque vacance, à supprimer un enseignement et à proposer de le remplacer par un autre plus nouveau. C’est un parti auquel l’assemblée des professeurs n’a jamais pu se résigner.

Plusieurs professeurs du Collège regrettent que leurs cours ne soient pas suivis d’exercices pratiques, ni complétés par des leçons de répétiteurs ou de maîtres de conférences.

Une statistique intéressante à faire serait celle des étudiants qui, venus au Collège des pays les plus divers, ont ensuite occupé des chaires dans les Universités de l’Europe, «e faisant honneur de leurs maîtres, les Burnouf, les Abel Résumât, les Stanislas Julien et tant d’auti’es.

NOTES

École pratique des hautes études. — L’École pratique des hautes études ne date que de 1868 ; elle a exercé une grande influence sur l’enseignement supérieur en France. Beaucoup des progrès qui ont été réalisés depuis cette époque se rattachent à cette pensée de M. Duruy. Le ministre se proposait de mettre à la disposition des savants les moyens matériels qui leur manquaient pour -faire des travaux personnels et former sous leur direction immédiate quelques élèves destinés à la science pure. Dans l’ordre de la philologie et de l’histoire, il voulait créer do véritables laboratoires où les méthodes de travail seraient enseignées par des exercices pratiques sans programme limité, avec la plus entière libei’té et aussi sans condition restrictive de grades. La section scientifique se confond aujourd’hui avec les établissements entre lesquels elle était partagée en 1868 ; elle a même dans bien des cas remplacé son budget par le leur. La section de philologie et d’histoire forme une institution indépendante, établie près de la bibliothèque de la Sorbonne, sous le patronage du savant M. Léon Rénier qui a si heui’eusemenl compris les idées de M. Duruy. Elle comporte vingt-huit à trente enseignements aussi variés que le domaine même de l’érudition : langues sanscrite, romane, cel-

SUR l’enseignement supérieur en FRANCE 259 tique ; arabe, zend, éthiopien ; antiquités classique», assyriennes, égyptiennes, orientales; patois français ; gothique, vieux haut-allemand ; institutions mérovingiennes, carolingiennes; épigraphie classique ; sources de l’histoire moderne, etc. Ce sont là autant de séminaires qui complètent les cours des Facultés classiques et ceux des établissements extra-universitaires, tels que le Collège de France. La çection s’administre avec une indépendance complète. Elle publie une bibliothèque arrivée aujourd’hui au 57“ volume ; beaucoup de ces ouvrages font autorité dans la science. Les étrangers suivent en grand nombre les cours de l’École.

Bureau des longitudes et Observatoires ; Bureau ventral météorologique. — Le Bureau des longitudes, institué le 2.5 juin 1795, devait avoir la direction de l’astronomie française. Il était investi de la plus large autorité. Il en a peu à peu perdu une grande partie. Un décret du 30 janvier 1854 l’a séparé de l’Observatoire ; il est aujourd’hui une Académie composée de savants astronomes et géographes. Il publie un Annuaire^ la Connaissance des temps et des Mémoires. Il compte 13 membres titulaires, 2 membres adjoints et 1 artiste titulaire.

NOTES

Le principal observatoire est celui de Paris, qui remonte à Louis XIV ; l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon, créé le 6 septembre 1873, est en construction. Le Bureau central météorologique (décret du 14 mars 1878) a remplacé l’ancienne division météorologique de l’Observatoire de Paris et a donné à ce service de lai’ges développements. L’Observatoire de Montsouris (loi du 10 septembre 1871) est consacré auxmémesétudes. Les autres établissements astronomiques et météorologiques sont des annexes des Facultés des sciences ;

L’Observatoire de Marseille, fondé en 1700, réorganisé en 1872 ;

Celui de Toulouse, réorganisé à la même époque ;

Celui du Puy-de-Dôme (Faculté de Clermont), créé en 1871 ; ceux de Lyon (1878) ; de Bordeaux (même année) ; de Besançon (même année) ; d’Alger (1838) ;

Celui du Pic du Midi, créé par le général Nansouty, cédé à l’État en 1882.

Les installations de Marseille, Toulouse, Lyon, Bordeaux ont été à peu près achevées depuis dix ans ; elles sont pourvues des instruments nécessaires. L’Observatoire de Besançon va être terminé ; de nouveaux plans sont faits pour celui

SUR l’enseignement supérieur en FRANCE 261

d’Alger et les crédits nécessaires viennent d’être votés. Une École d’astronomie a été créée depuis deux ans à Paris pour former le personnel dont ces nombreux établissements ont besoin.

École normale supérieure. — L’École normale supérieure, dont l’idée première se trouve dans le plan d’éducation arrêté par le Parlement de Paris en 1762, a passé par des vicissitudes diverses ; elle a toujours fait grand honneur à l’Université ; elle lui a fourni l’élite de ses maîtres. Elle est née de cette idée qu’il fallait une discipline spéciale pour former les professeurs de lycée et préparer des candidats aux chaires des Facultés. Comprise dès le début comme une sorte de séminaire qui réunirait une élite de jeunes gens, elle n’a point été séparée du reste de l’Université ; en 1808, elle suivait les cours du Muséum, du Collège de France, de la Sorbonne, et recevait de ses maîtres de conférences, qui étaient de véritables répétiteurs, des leçons complémentaires. ’ Elle a dépendu successivement du vice-recteur de Paris (1820), puis du proviseur du lycée Louis-le- Grand (1826). Elle n’a reçu un directeur spécial

262 NOTES

qu’en 1828. Jusqu’en 1847, établie clans les bâtiments ducollège duPlessis, ellen’a euni l’étendue des locaux que suppose une organisation indépendante ni l’outillage que comporte une institution-destinée à se suffire à elle-même. Depuis 1847, elle a complété ses moyens de travail personnel, et elle a tendu de plus en plus à n’emprunter que le moins possible aux institutions voisines, bien qu’elle soit toujours restée eu relation suivie avec le dehors, surtout pour les sciences. Aujourd’hui, les élèves de la section des sciences se partagent entre des maîtres particuliers et ceux de la Sorhonne ; ils continuent en grande partie la tradition de 1808 ; ceux de la section des lettres ne participent aux enseignements du dehors qu’en troisième année : ils ont à l’intérieur de l’École des moyens d’instruction complets. La force de cette institution est dans les services qu’elle a rendus, dans le mérite exceptionnel des élèves qu’elle choisit à un concours où les candidats ne cessent de devenir plus nombreux, dans l’influence que des esprits distingués ont les uns sur les autres par la vie en commun, dans les ressources que donnent de belles collections et en particulier une riche bibliothèque ; elle est aussi dans ce fait que les élèves doivent obtenir tous les grades

SUR. l’enseignement supérieur en FRANCE 263 en concurrence avec des candidats que l’Ecole n’a pas formés.

De 1832 à 1857, l’École était si bien considérée comme le moyen principal de recrutement qu’avait l’enseignement secondaire, que les élèves étaient autorisés à ne passer la licence qu’en deuxième année. Aujourd’hui, on demande s’ils ne devraient pas tous être licenciés avant l’admission. Les Facultés, en effet, forment un grand nombre de licenciés parmi lesquels il semblerait naturel de faire une sélection, de manière à élever le niveau des études ; cette idée, très simple en apparence, suppose un plan entier de réorganisation.

Un décret du 22 août 1854 avait institué à l’École une division supérieure composée d’élèves de quatrième et de cinquième année, qui, tout en profitant des avantages du régime intérieur, compléteraient leurs études près des grands établissements scientifiques de Paris. Il est resté de ce décret l’habitude de maintenir à l’École, sous le nom d'agrégés préparateurs, des élèves de choix de la section des sciences et; par exception, un ou deux él'eves de la section des lettres. Une des difficultés de la direction de l’École est de faire dans la mesure convenable une part proportionnelle aux connaissances que doit avoir tout bon professeur de l’enseignement secon-

NOTES

daire et à celles qui permettent des travaux personnels et originaux, de telle sorte que l'Ecole constitue toujours un établissement d’élite, à côté des concurrences qui se produisent autour d’elle. Sa haute situation est inattaquable ; mais ses meilleurs amis ne sauraient avoir pour elle trop d’ambition.

La durée des études est de trois ans; chaque promotion, dans les sciences et dans les lettres, varie de 20 à 24 élèves. Les candidats admis pour les lettres proviennent presque tous des lycées de Paris; pour les sciences, la province en fournit un plus grand nombre. Cette année, sur 60 admissibles pour les sciences, 32 venaient de province ; pour les lettres, 3 seulement sur 48

Écoles ÆAthènes, de Rome et du Caire. — Ces trois Écoles fondées, celle d’Athènes en 1846, celle de Rome en 1873 % celle du Caire en 1880, ont pour objet l’étude de la Grèce, de l’Italie à toutes les époques, mais surtout dans les temps anciens, des antiquités égyptiennes et des langues orientales. Des fonds spéciaux leur permettent

1. L’École normale (1810-1883), notice historique, par Paul Dupuy. Paris, Léopold Cerf, 1884.

2. A. Geffroy, VÉcole française de Rome. Paris, Thorin, 1884.

SUR l’ENSEIUNEMENT supérieur en FRANCE 265 f!e 0 voyages et des fouilles. Elles entretiennent de 18 à 20 jeunes gens qui n’ont d’autres devoirs que d’étendre leurs connaissances. L’École d’Athènes publie le Bulletin de correspondance hellénique; l’École de Rome, des Mélanges. Ces deux institutions ont une Bibliothèque commune où s’impriment des mémoires originaux .et qui en est aujourd’hui au 39° volume. '

École des langues orientales vivantes. — L’École des langues orientales (10 germinal an III, 30 mars 179S) Comprend les cours suivants, dont nous donnons la liste avec le chiffre des élèves inscrits sans tenir compte des auditeurs libres ‘ :

Arabe littéral. 21

— vulgaire. 9

Persan. 9

Turc. 10

Malais et javanais. 2

Arménien (chaire vacante à l’époque du

relevé des inscriptions). »

Grec moderne. 2

Chinois. 7

Japonais. 1

Annamite. 2

Russe. 7

1. Notice historique sur l'École spéciale des langues orientales vivantes, dans les Mélanges orientaux, publiée à l’occasion du Congrès des orientalistes ii Leyde. Paris, Leroux, 1883. Cette notice est de M. Carrièrei

NOTES

Serbe. 1

Hindoustani et langue tamoule. 1

Géographie, histoire et législation des

États musulmans. 4

Géographie, histoire et législation des

États de l’Extrême-Orient. 4

Roumain.’. 2

A aucune époque l’École n’a mieux rempli sa double mission, qui est de donner aux élèves la connaissance et la pratique des langues orientales et en même temps de publier de savants ouvrages. La collection des volumes qui a paru régulièrement depuis 1878 est déjà considérable L

École des chartes. — Décrétée en 1806, l’École des chartes ne commence ses cours qu’en 1822. Elle est destinée à former des archivistes paléographes. Le cours d’études y est de trois années : 1“ Paléographie, langues romanes, bibliographie et classement des bibliothèques ; 2° Diplomatique, histoire des institutions politiques, administratives et judiciaires de la Trance, sources de l’histoire de France; classement des archives; 3“ Histoire du droit civil et du droit canonique au moyen âge ; archéologie du moyen âge, sources de l’histoire de France.

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