A L'HISTOIRE DE LA VILLE DE LYON
DEPUIS L'ANNÉE 1550 (i).
Historia quoquo modo scripta détectât.
Pmr. Jeu. Epia, v, 8.
RÈGNE DE JEAN II , DIT IE BON (a).
1350. — Barthélémy, abbé d'Ainar, visite avec son officiai , par ordre d'Henry de Villars, le monastère de rlIe-Barbe, pour faire information de la vie et mœurs de l'abbé Dego, qui gouvernait assez mollement son église au spirituel etau temporel. — Il fut trouvé que cet abbé ne suivait point la communauté, qu'il n'assistait point au chœur, ne célébrait point la messe aux grandes fêtes, ne tenait point de chapitre, ne corrigeait point les défauts des religieux, ne leur prêchait point la parole de Dieu, ne mangeait point au réfectoire, n'exerçait point d'hospitalité, etc., etc. Matures de CUle-Barbe, i, 209. — Le véritable nom de l'abbé Dego était Uigon de Brossane.
— Henry de Villars permet aux chanoines de Saint-Nizier de percevoir les dons et legs faits aux pauvres, et d'en appliquer le montant à réparer le sanctuaire de leur église, attendu qu'il n'y avoit presque pas de pauvres. Cochard, Descript. de Lyon, p. 106. — Voyez ci-dessus, année ia53.
(1) Ces Notes et Documents font~suite à ceux que l'auteur a publiés dans l' Annuaite de Lyon de i838 , et qui remoulent à l'origine de celle ville. Les articles signés d'une M. sout exlmils des manuscrits du P. Menestrier ; ceux signés d'une S. sont tirés des manuscrits de l'abbé Jean-Nicolas Sodan , mort à Lyou le i*r avril 1827.
(1) Ce prince , successeur de Philippc-de-Yalois , parvint à la couronne le a3 août 1 35o. • I
— « Mandement de Bechevelin , appartenant à un moine d'Ainay» • nommé Y Âgrillolier, et cédé par celui-ci à son couvent. Peut-être est-ce « l'origine du nom de la Guillotiere que porte ce terrain. » Extrait du Tableau Chronologique de C. Beaulieu, Lyon 1837, in -4° obi. — Nous ignorons à quelle souree M. Beaulieu a puisé un document aussi curieux*, nous sommes persuadé qu'il serait lui-même dans l'impossibilité de le dire ; toutefois nous ne pouvons penser qu'il l'ait inventé. Si donc ce document est certain, il n'y aurait plus de doute sur l'étymologie du nom de la Guillotiere. Le 1*. Menestrier dit positivement, page 85 de son Hist. cons. , que ce faubourg est appelé dans les anciens titres la Grillotière et non la Guillotiere. Paradin, Hist. de Lyon, page 388, veut qu'on dise Grillotière et non Guillotiere; il prétend que ce faubourg fut nommé Grillotière « à cause des grillets et sonnettes des « mulets de voiture, desquels le fauxbourg n'est jamais dcsgarny. » Le P. Foderé, Narration hist. et top. des convens de 1* ordre de Saint-François, p. 379, a donné une étymologic ridicule du nom de ce faubourg. Il croyait que son nom dérivait de deux mots français] guy Chostière (ab hospite visco), dans l'opinion où il était que c'était là que les druides déposaient le gui du chêne qu'ils étaient allés cueillir dans les forêts du Daupbiné. Voyez le P. Mencstrier, toc* cit.
— Réforme de l'abbaye de Savigny. — Cette réforme fut faite par Barthélémy, abbé d'Ainay, et Guillaume de Thurey, délégués de l'archevêque de Lyon, par acte du ai mai. S.
— Aynard de Villeneuve et Henry Chevrier de Lyon s'étaient engagés, sans doute pour la ville, on ne dit pas jusqu'à quelle somme, envers un Juif nommé Jean de Vezon. Notes de l'abbé Sudan. — Puisque l'occasion se présente, nous placerons ici quelques lignes qui auraient dû être ajoutées à ce que nous avons dit de la peste noire, année i348 : «... Effrayé autant par l'apparition soudaine du fléau que par ses effets meurtriers, le peuple accusa d'une voix commune et simultanée, dans presque tous les pays , les Juifs d'avoir empoisonné les rivières et les fontaines, et même d'avoir empesté l'air par des conjurations et des opérations magiques. ... On prétendit qu'une conspiration générale avait été tramée dans l'ombre entre les Maures d'Espagne, les Juifs et les lépreux des pays chrétiens , pour faire périr toute la chrétienté. On conserve encore à l'ancien trésor des chartes, à Paris , les prétendues lettres que l'on produisit comme ayant été écrites par les rois maures de Tunis et de Grenade, pour engager les Juifs à ce complot redoutable ; mais ce n'est qu'une traduction faite par un docteur en théologie, signée de plusieurs témoins dont probablement aucun ne savait l'arabe, et scellée du sceau du bailliage de Mâcon. » Les Juifs au moyen âge, par G. B. Depping, p. 263. — On remarque parmi les témoins signataires de celte traduction François de Aveneriis , bailli de Mâcon, et Pierre Moreau , juge en dernier ressort à Lyon. Sauvai , Antiquités de Paris , 1. x. — Nos historiens ne nous disent pas si les Juifs furent alors égorgés à Lyon, comme ils le furent dans les différentes villes qui avaient été désolées par la peste. Voyez ci-après, année i58o.
1351. — Février. . . Le roi Jean, qui était venu à Lyon, nous ignorons pour quel motif, investit, durant son séjour en celte ville, Jean d'Artois de la comté d'Eu en IVormandie, confisquée sur le connétable Raoul de Nesle. Voyez Y H'mtm gènéalogiq. de la Maison de France, par Sainte-Marthe, tome 11, p. io85, édition de 1628. — Le roi était de retour à Paris le 3o mars. Itinéraire des rois de Fr. — Voyez ci-après au 1 1 mai i363.
1351. — Mars 11. Le cardinal Guillaume île Monthoton l'onde pour le salut son âme et île celles de ses parents, deux messe», l'une du Sl-$aercnient , et l'autre de la semaine, dans l'église de l'abbaye d'Ainay (monasterii Athanaiensis Lugduni), qu'il veut être célébrées tous les mardis et samedis de l'année , à l'autel consacré en l'honneur de S. Benoît, pour l'entretien desquelles il donne tous les revenus d'un domaine qu'il avait acquis du seigneur de Lysernble, situé dans les paroisses de Chasey (sic), de Marcilly (Mar$iliaci),S\\ ricu (Sivriaci), Lozane (Lozanœ), Dommartin {Domartini) et lieux circonvoisins du diocèse de Lyon. — Le cardinal de Monlholon est mort en i7»54 — L'ancien cbâtcaude Lyserable ou Liserable, dans la paroisse de Morancé, en Lyonnais, appartenait, en 17G5, à M. de Cbaponay. Ilist. des cardinaux français , par Duchesne, p. 5ao, Preuves, p. 54» î Alnx. de Lyon pour 1760 , p. iu5.
1351. — Avril 1 1. Des lettres patentes du roi Jean autorisent les citoyens de Lyon à percevoir un denier par livre sur toutes les marchandises qui s'achètent et se vendent dans la ville, pour fournir aux frais des fortifications de cette cité. Inventaire de pièces sur Lyon. Mss. de la Bibliolh. de, -Lyon, n° I..64. %v>;r
— Guillaume Farinier, général de l'ordre de Saint-François, convoque à Lyon un chapitre général dans lequel on fait quelques reformations et certaines ordonnances concernant le service divin. Foderé, p. i5a.
— Henry de Villars , gouverneur de Dauphiné , nomme lieutenant au gouvernement Berenger de Montautj archidiacre de Lodève. Chambre des C. de Dauphiné. M.
1352. — Février 7. Une bulle d'Innocent VI règle l'état du chapitre de l'église primatiale de Lyon. — Le premier doyen de ce chapitre est Aynard , qui paraît avoir vécu au commencement du xe siècle, et qui est mentionné dans une charte de Burchard de l'an 984. C'est donc au x' siècle que remonterait l'origine du chapitre de l'église primatiale de Lyon, qui avait le roi pour premier chanoine, et qui se composait de 52 chanoines qualifiés de Comtes de Lyon. (Voyez du Tenus, Clergé de Fr.,iv, 555 et 586.) Le peuple de Lyon avait pour eux une grande vénération, moins à cause de leur nom et de leur dignité, que pour les bienfaits sans nombre qu'ils répandaient à pleines mains dans toutes les occasions. Il n'y avait pas de malheurs publics, pas une infortune qu'ils ne soulageassent. C'étaient eux qui se chargeaient de faire rentrer dans le devoir les ouvriers que la misère ou d'autres circonstances poussaient à la révolte; c'étaient eux qui sollicitaient la grâce de ceux auxquels la justice infligeait des peines trop sévères: le xvui0 siècle en offre plusieurs exemples. Voyez années Ijfôi i/SG, etc. — L'auteur du Moyen de parvenir f qui parait être venu à Lyon (1), parle deux fois , dans cet ouvrage , des comtes de Lyon. Voici ce qu'il fait dire à Erasme, t. 11, p. 5, édition de la Monnoye :«.... Jadis il n'y avoit que les ecclésiastiques qui touchassent aux secrets, et surtout de la pierre philosophale ; aussi tous les livres nouveaux qui ont été faits sont issus de couvents. Or cst-il que les Orientaux ont eu les sciences les premiers : et cette là (la pierre philosophale), Messieurs les comtes
(1) Voyez t. I , p. i5 ; t. 11 , p. 56, 9!, i55 , if>5 et 169. — Mon savant confrère Charles Nodier croit , peut-être avec raison , que le Moyen de parvenir n'est pas de Beroalde de Venille. Il possède un exemplaire de l'édition originale, sur la garde duquel ou lit : « Cet outrage est d'Henry l'.stienne. » Il y a , en effet , une cei taiue conformité entre V Apologie pour Hérodote et le Moyen de parvenir. Ces deux livres peuvent être sortis de la même plume , et il serait très-possible qu'Henry Ëslicnue eût composé le Moyen de parvenir à Lyon, où il a fini H's jours dans notre Hôtel Dieu, eu mars iTujS.
de Lyon l'arrêtèrent, et s'entrc-communiquêrent ce secret , si que tous s'y rendirent maîtres. En signe de quoi, pour témoigner leur gloire pour telle invention, ils ont depuis toujours porté des soufflets sur la tête. Ainsi sont-ils mitres comme beaux petits évêques portatifs, p. 77. » Dans le second passage, p. 235, c'est le célèbre médecin Guillaume Rondelet (1) qui parle : • Tout beau , oyex notre ami, ce bon conseiller tourangeau qui est ordinairement monté sur un gros chevau , quand il va aux champs, comme ce gros comte de Lyon, dont ils disent de lui et de son cheval, que ce sont deux grosses bêtes.. .» Voyez ci-après, année 1 353.
1352. — Avril 18. Mort d'Hugues de Corgenon, chanoine et comte de Lyon. — Guichenon, Hist. de Bresse, partie III, p. i3o, a consacré à ce chanoine une courte notice dans laquelle on aperçoit la trace d'un usage fort singulier. Il y est, en effet, question d'une transaction entre Guillaume, archevêque de Lyon , et le chapitre de l'église métropolitaine, où « il est parlé « du droit prétendu par cet Hugues de Corgenon, comme chanoine et vicaire « de ladite église, sur le cheval de l'archevêque au jour de son entrée. » Yoy. les Mélanges de M. Breghot, p. 477.
1352. — Août 36 ( 7 des cal. de sept. ). Mort de Ponce de Vaux (Pondus de Vallibus), custode de l'église de Ste-Croix, pénitencier de l'archevêque de Lyon. — Pernelti s'est trompé en plaçant sa mort à Tannée 1307. Voyez Cochard, Descript. de Lyon , p. 140; et Artaud, Notice des inscript, du Musée de Lyon 9 p. 37.
1352. — Décembre 19. La pièce suivante contenant un fragment du procèsverbal de l'élection des consuls et échevins de la ville de Lyon, est extraite des Documens pour servir à V histoire de Lyon, tirés des archives de la ville , par M. Godemard, p. 44~46 :
In nomine Domini, Amen. Lettres se ferant del papa (3) du baillaio de Mascon del bourc de lila barbra, de l'oflicial et de la cort secular de Lion, de celui ou de celos que li conseillars ci dessos escris voudrant una ou plusors ou de tos se il volent que li puebles de luniversita de Lion assamblas en legliesi de Sant Nisies al son de la grossa campanna en la manieri acoustuma pour espubliar, nommar et establir los conseillars et pourueoir sus les faz de ladita uniuersita del conseil volunta et consentaient del mestros des mestiersde la dita cita et est assaueir:
Henri Cordier et Johan Pangut, drappiers. Jehan de Durchi, terriers.
Humbert Barrais et Jaquemtns Lumbs, merciers. Matheu de la Mura et Hugonnon Grigneu, sauners.
peleliers.
Michclel Pantzut et Guillemon Fornier , c/iangeors.
espicers.
Anthoyne de SantCitairs, tauerniers»
Thomas Brunei et Guillet de Perey , clercs. escoffiers.
(t) Guillaume Rondelet , né à Montpellier en i5o7, fut le médecin du cardinal de Tournon. H publia plusieurs de «es ouvrages à Lyon, où il séjourna à diverses reprises. Voyez ci-après , année 155i.
(3) Papa. J'ignore quelle est la signification de ce mot, qui ne se retrouve pas dans les autres Syndicats du même siècle qui sont rédigés à peu près dans les mêmes termes que celui dont nous donnons un extrait
Pieros Pereton et Guillet de Piraux, pane tiers. Jehan Eynars et Jehan de Bourc, tondorset codariers. Martin Je Bugau et Aquayra Dauenay, ehopitis.
Molisnans, htrbergeors et herbiers.
Guicherdet de la Conta Perronel Dorer, meisetiers.
Michelet Bonno Vincent Ginnar, pescheors.
Guiile li potiers Pero li doriers, potiers.
Andreu Bonins Pero de Beligna autrament perero, ferratîers.
Li quauls mestros des mestiers ant ita esleus par los conseillurs qui cetuy an ant gouerna segunt que comme leur est por le pueble de Iadita uniuersita fant et ordenent conseilla» de ladita cita, des le iour de chalendes qui sera mil ccc lij tant que le iour de chalcndes qui sera mil ccc liij. Est assaueir Johan du Nyuro , Peronnin de Beleis, johan de la Mura, Johan de Durchy le iono, Tienent Chastel viel, Hugonin de Vaux , Aquana Barrai, Berthet de Villanoua, Lyonnart de Varey , Guillcmon Fornier, Bernard de Varey et Johannin de Varey, quant li dis mestres des mestiers et li puebles assamblasyci comme dit est per elos et per tos les atros de ladicta uniuersita et communitu, donant plenna puissanci et especial commandamant de elos assemblar ensamblo lan ou Iour samblera bon per conseillier pourueir et ordenar es faz et es negocios del dict pueble toz los iours et tout les houres que leur plaira durant ledict tennen , el non de ladicta uniuersita en leur enioignant que il vignant tos los vendras et los atros iours que ay Iour samblera bon et sera neccssaro ou profitablo en la chapella de Sant Jacquemo, ou ailleurs lay ont il vouJrant deuers matin et yqui itant ensi comme il est acoustuma et autres houres ensi comme les besoignes chairant por entendre parlar et ruminar sus los faz de ladicta uniuersita , pourueir conseillar et ordenar communalement et singulerment esdicts habitans féalment et legalment sans prciudicio daleun segont que les besoignes requièrent. Item donnent auxdicts conseillars ou a la maiour partia puissanci de demanda r, retenir, deflendre per elos ou peraulcunsun ou plusors députas on députa perla maiour partia de ellos, ce qui appartiendra a ladicta uniuersita et qui leur sereit deu tant par le temps passa quant per cetuy an qui ores coraence per quelque causa que ce seit, et de quittar coraposar et compromettre et fere acordies sur le faict de ladicta uniuersita sy comme bon leur semblera. Et de fere impositions una ou plusors per elos ou per ceuls que li maiour? partia de elos ont députa toutes les veis que leur semblera necessaro per ladicta uniuersita entre les habitans de ladicta cita en tal manieri etquantes veis comme leur semblera bon expédient necessaro ou profitablo por ladicta uniuersita , mais que il seit del conseil et de la volunta de la maiour partia des mestres det mestiers, etc. etc.
1352. — Traité de paix, conclu à Voiron, entre le comte de Savoie et le Dauphin; Henry de Villars, archevêque de Lyon, traitant pour le Dauphin, et Guichard, évêque de Sion , pour le comte de Savoie. Un des témoins est Louis de Villars, archidiacre de Lyon. Guichenon, Hist. deSaxoye, Preuves, p. 187.
1363. — Juillet 14. Jean, roi des Français, écrit an parlement de Paris, sur la plainte du doyen et du chapitre de l'Eglise de Lyon : « Au temps ou S. Thomas, archevêque de Canlorbéry, martyr, était en exil et demeurait a Lyon , les chanoines de celte ville lui donnèrent un canonicat et prébende de leur église , et une maison nommée Cour de Quinzieux, et la maison de Licheron, avec les appartenances. En considération de la piété du saint martyr,
^ voulurent que lui et ses successeur* nu siège de Cantorbéry conservassent toujours son canonicat, fa prébende, la cour et la maison susdites. Quoique l'archevêque actuel de Cantnrbéry ait fait remise do ses droits aux suppléant?, Guillaume de Savigny, clerc cl notaire royal, a mis, sans motif laisounahle, obstacle à la prise de possession, parles chanoines de Lyon, desdiles cour et maison, cl les a fait remettre en la main du Roi. • — Jean ordonne au parlement do Paris d'appeler le bailli de Mûcon et tels autres qu'il sera besoin , afin de leur commander de ne rien innover et de faire bonne justice dans celle affaire. Nom, Àrch, du Bh. , i, 159. Voyez ci-dessus, année 1 1 f>8, et ci-après, année l4'9- — En 1 553 , le doyen du chapitre de Lyon était Guillaume de Thurey, qui fut ensuite évêqne d'Autun, puis archevêque de Lyon.
1353. — Décembre ... Le bailli de Mâcon renvoie les clefs desportes de la ville de Lyon aux conseillers et échevîns de cette ville. M.
— Bulle du pape Innocent VI adressée aux abbés d'Ainay, de Savigny et de l'IIe-Raihe, pour l'exécution des statuts du chapitre (/,ro extculoria êtatntorumcapituli). Codex prrgam. fol. 25 1. M.
— Thomas de Savoye , chanoine et comte de l'Eglise de Lyon, est élu évêqne de Turin. — Ce prélat fut le premier chancelier de l'ordre du Collier, Guicheunn , Hist. de Savoye, p. 32^.
— « Ce fut celle même année que les chanoines comtes de Lyon rassemblèrent eu un même corps tous leurs anciens statuts et règlements , et les présentèrent au pape Innocent VI, qui les confirma. L'acte eapiluluire qui approuve cette collection est daté du 7 février 1 552, c'est-à-dire, 1 355. »> Poullin de Lumina, de L'Eglise de Lyon, p. 535.— Voyez ci-après au 2 novembre i5Gi .
— On lit dans Pernetti. Lyonn. dignes de mèm., 1, \\i : « Gui de
Chauliac, communément dit Cauliac, vivait à Lyon, sa patrie, en 1 553
Clément V l'appela à Avignon, le fit son médecin, etc. 0 Pernetti se trompe. Gui de Chauliac n'eut pas Lyon pour patrie : il naquit dans le village dont il portail le nom et qui est situé dans leGévaudan; il ne fut pas médecin de Clément V , mais il le fut de Clémeut > I; or, comme il est constant que ce pape mourut le G décembre i55a, et que Gui de Chauliac fut aussi le médecin du successeur de Clément VI, il est très-probable que cet illustre médecin ne vivait point à Lyon en i555; toutefois il est très-certain que Gui de Chauliac, comme il nous l'apprend lui-même dans sa Grande Chirurgie , exerça longtemps la médecine à Lyon, avant de se rendre à Avignon ou il se trouvait en i5'|8 pendant la peste noire. Gui , dans le Chapitre singulier de sa Grande Chirurgie 9 cite parmi les plus illustres chirurgiens de son siècle Pierre de Bommt, de Lyon. Voyez le Dictionnaire d'Kloy et la Bfagr. univ.
1354. — Novembre i5. Mort d'Henry II de Villars, archevêque de Lyon. — Ce prélat fut inhumé dans la chapelle de Ste-Marie-Magdeleine qu'il avait fondée dans l'église primatiale, pour douze chapelains perpétuels, auxquels il avait acheté douze maisons dans le cloître. Henry eut pour successeur Raymond Saquet , qui mourut en i358 , et qui fut remplace par Guillaume II de Thurey, et non pas Thury , comme le dit le P. lkrlhier.
— Hommage de l'abbe de Savigny à l'archevêque de Lyon. M.
1355. — Âcril 8. Raymond, archevêque de Lyon, prête serment en qualité d'abbé de St-Just. S.
1356. — Août 8. Jcau Allcman, seigneur de la Rochechinard , qui servait
le roi sous le confite Je Yalcnlinois , passe la montre a Lyon, lui et sept écuyers de ta compagnie. Matures de l'I sis-Barbe, t. n , p. 196.
— Messire Raymond Saquet, archevêque de Lyon, se trouve au conseil du roi avec messire Jean de Craon, archevêque de Rhcims , et l'évcque de Laon, messire Rohcrt le Cocq, pour le clergé. Sauvai, Antiquités de Paris, 1-vi, p. 89. '\ ......
— Les Parisiens, ayant Etienne. Marcel, prévôt des marchands, à leur têle, s'étaient révoltés contre le Dauphin, à l'imitation des paysans qui, dans plusieurs provinces, s'étaient soulevés contre la noblesse. Marcel, qui tâchait d'attirer à sa faction toutes les principales villes du royaume, avait envoyé à Lyon un des chefs de celte révolte, nommé Guillaume Caillet. Arrivé à Lyon , ce séditieux sollicite les habitants de faire cause commune avec les Parisiens, et de prendre leur livrée, un chaperon mi-parti de vert et de rouge; niais le sage et très-prudent seigneur îmbert de Grclée, sénéchal et gouverneur de Lyon, avait tellement gagné le cœur de ses concitoyens . qu'il le? retint dans le devoir tant que durèrent les troubles excités parla faction des Chaperons et par celle de la Jacquerie. Fodcré, Narration historiq., p. 58 1.
1356 ou 1357. — L'empereur Charles IV, prétendant avoir le droit de nommer un chanoine de Lyon le jour de son sacre, élève a cette dignité Guillaume de Poleins, gentilhomme de Bresse , par lettres patentes donnée» à MeU en Lorraine, au mois de janvier. — Le chapitre, soutenant que ce droit de nomination n'appartenait pas à l'empereur, ne voulut pas recevoir Guillaume de Poleins. Guichenon, Hist. de Bresse, ni0 partie, p. 517; Poul- Iin de Lumina, Hist. de CEgl. de Lyon, p. 336.
1 * 'il 1 .
1357. — Avril 24I Raymond Saquet, par une ordonnance datée du château de Pierre- Seise, confirme les privilèges accordés aux habitants de Lyon, en 1020. Il défend, entre autres choses, aux bedeaux ou huissiers de la cour séculière de traduire en prison, dépouiller ou maltraiter, sous prétexte de résistance, aucun citoyen, pour quelque cas que ce soit, si son emprisonnement n'a été auparavant ordonné par le juge en la forme de droit. Menestrier, Hist. cons. , Preuves, p. 121 ; Gallia christ. , iv, 168; P. de Lumina , Hist. de l'Egl. de Lyon, p. 530 ; Cochard, Calendrier pour 1829 , p. 29.
— Les trois états de la langue de France, qui avaient été assemblés à Paris , ayant accordé au Dauphin un subside de quatre mois pour subvenir aux dépenses que nécessitait le fâcheux état du royaume, élisent, pour lever cet impôt dans le diocèse de Lyon, le prieur de Sl-Iréoée, Berard Delavieu, chevalier, et Humbért Bairant,' bourgeois de Lyon. Tous trois étaient sans doute députés de la province à ces mêmes états. L'exercice de leur mandat donna lieu à de vives contestations : les habitants* refusèrent de payer, parce que le comte de Forez ni eux n'avaient accordé ce subside. Les commissaires, pour punir cette désobéissance, condamnèrent Pierre de Bergisac, chevalier, bailli, et Pierre de Vemay, chanoine de Mâcon, juge de Forez, chacun en ceut cinquante marcs d'argent d'amende envers le roi. Le procureur du comte et un grand nombre d'autres personnes furent aussi condamnés, chacun en cinquante marcs d'argent d'amende. Le» élus mirent encore les juridiction, cens, redevances et rentes dudit comte sous la main du roi. Le comte, ses officiers et les autres personnes atteintes par ce jugement, en appelèrent au roi; mais les élus continuèrent leurs poursuites , et de concert avec le bailli de Mâcon, envoyèrent des sergents et des commissaires à MontbrisoD pour exiger le subside; ils firent même mettre en prison quelques-uns
des redevables. Aussi les habitants firent cornera cor et sonner le tocsin, s'assemblèrent en armes, vinrent dans les maisons où étaient les commissaires et sergents du roi, et en enfoncèrent les portes. Quelques-uns s'enfuirent par dessus les toits, les autres furent maltraités et battus, et leurs effets pillés. Le lieutenant du bailli de Mûcon fit informer sur cette rébellion, et saisir les biens des prévenus. Il y eut de semblables révoltes dans plusieurs villes et lieux du comté. Arch. du Bh., vm, 28. — La bibliothèque de la ville de Lyon possède un ras. in-fol. sur papier qui lui a été donné par M. Fulchiron , député du Rhône , le 2 mai 1 838 , ayant pour titre : Assemblées des trois estais tenus soubs le roy Jean, es années i355, i356 , 1 557 et i358 , etc. On lit sur la première page de ce ms. : Ex. Blbt. Thuanea. Nous n'y avons rien trouvé qui ait trait à ces révoltes. Voyez la Biblioih. hist. du P. Lelong, n° a;4»3«
— Vidimus de l'octroi du ao#du vin , du 3' du blé , concédé par Charles , dauphin et régent de France, pour les fortifications de la ville. Inventaire de pièces sur Lyon. Mss. de la biblioth. de Lyon , n* 1464.
1358. — Juin 5. Guillaume de Thurey, archevêque de Lyon, successeur de Raymond Saquet, prête serment en qualité d'abbé de St-Just. M,
1359. — Décembre 6. Jean de France , fils du roi Jean , ayant été investi du comté de MScon, prétendait que, parce que Philippe de Valois, son aïeul, avait joint à l'office de bailli de Mûcon celui de sénéchal de Lyon et de gardiateur de la ville, le droit de garde lui appartenait comme une dépendance de sa pairie ; mais le régent , depuis Charles V, par ses lettres datées de Melun, fit défense au comte de Mûcon de rien innover a cet égard. Notes de l'abbé Sudan; Clerjon, Hist., 111, 38 1. — Le Maçonnais avait été érigé en pairie par lettres du mois de septembre précédent. Art de vérif. Us dates, 11 , 491.
— - Le régent fait la paix avec le roi de Navarre par l'entremise de l'archevêque de Lyon, que le pape avait envoyé à Paris. Antiquités de Paris , 1. iv, p. 100.
—-Guillaume de Thurey rend, sur les plaintes réunies de tous les reclus de la ville de Lyon , une ordonnance portant qu'on rétablira en leur faveur l'ancienne aumône de trois ânées de seigle par an , et de dix deniers par semaine, que leur faisait son prédécesseur S. Euchcr. Paradin, Hist. de Lyon, p. 211; Poullin de Lumina, Hist. de C 'Eglise de Lyon, p. 63.
1360. — La ville de Lyon fournit deux otages aux Anglais pour la délivrance du roi Jean. -—Ces deux otages furent Aynard de Villeneuve et Hutnbert de Rletterans, qui furent nommés par les principaux bourgeois de la ville auxquels le consulat avait délégué cette élection. Chroniques de Froissait, année i36o. — Lyon fournit également une somme considérable pour la rançon du roi. Clerjon, m, 383.
— Lettres patentes du roi Jean et du duc de Normandie, dauphin de France, son fils , qui autorisent les habitants de Lyon a faire clore la ville du côté de St-Just. Privilèges et dons , n°i2i. M.
— Jean de la Roquetaillade , cordelier du couvent de Villefranche, en Beaujolais, né à Roche taillée près Lyon, séjourne à Avignon on résidait la cour de Rome, eJt prêche contre le luxe et la vanité des prélats. Voyez les Arch. du Rh. xui, I109, et les Variétés 41 A. P., p. 78. — Il ne faut pas confondre ce cordelier avec Jean de la Hochet aillée , fils d'un pêcheur, né aussi à Rochetailléc , et qui fut évêque, patriarche, cardinal , etc. Voyez ci-après, tmée 1437.
— Mort de Guignes \ "II I , coriiU- de Forez. — Le i(J juillet i o . | *. > » ctcomte avait rendu hommage , dans le couvent des frères prêcheurs de Lyon , au dauphin Charles, fils aîné de France, en présence de Henry de Villars, archevêque de Lyon, et d'autres personnes qualifiées, de la même minière que le comte Jean, son père, l'avait rendu au dauphin Ilumbert. Rec. de Fontanieu, vol. 77; Art. de và'if. les dates , 11, 471.
13CI. — Août i5. Mort de Berthet de Villeneuve qui avait été échevin et conseiller de ville, en i55a. — Son frère Aynard fit faire et bâtir , des biens de ce frère, la façade occidentale du cloître des dominicains, sur laquelle on lirait cette inscription en caractères gothiques :
«< L'an i56i , le xv iour du mois de aoust morut Berthet fils sire Estiennc « de \ illanoua et de ses biens et esmones Ainart ses frère a fait faire et ac- « complir cest quart pan de cloistre pourquoi sont tenus et obligiez ly frères « et conuent de céans de chanter perpetualement vne messe alte tous les « iours au grand hautel heure déprime alorcloche sonnant. Et ledit iour de « sa mort faire uns anniuersaire pour lame de lui et quieunques vient oïr la- « dite messe il y a vi.c iours de pardon si priez pour lame de lui en disant ■ Pater noster Aue Maria. » M.
1361. — Novembre 2. Le premier livre des Actes capital, de l'Eglise de Lyon commence sous cette date. Les registres étaient tenus par Alexandre Milet. Notes de Menestrier; — Du Tems, Clergé de France , îv, 554. Voyez ci-dessus, année i55*2 ( 7 février ).
— En ce temps-là le duc de Berri était lieutenant du roi dans le Lyonnais. Ord. des Rois de Fr. , v, 218; Notes du P. Menestrier (année 1064). — Suivant Belleforest, Annales, livre v. xxxix , il faudrait peut-être faire dater du règne de Charles V, l'époque à laquelle les sénéchaux et les baillis furent remplacés par des gouverneurs ou des lieutenants du roi. Toutefois il est à présumer que le duc de Berri ne fut que temporairement lieutenant du roi dans le Lyonnais, vers i3Gi , ct que le Lyonnais n'eut des gouverneurs que depuis Louis XL Ou croit que le premier qui commença à y exercer cette charge ( vers 1462 ) fut Tanneguy du Chastel. Voyez Charles Loyseau , Du droit des offices , 1. IV, c. îv.
— Mort de Barthélémy de Civens, abbé d'Ainay. — C'est lui qui avait fait arranger en i54 1 le précieux Cartulaire de son abbaye, dans lequel on trouve quelques diplômes des rois de France , et des chartes antérieures au 12e siècle. D. Jean Mabillon, Ouvrages post h. , t. 11 , p. 26. — Voyez ci-après, année 1G82. — Ce Cartulaire est actuellement dans la belle bibliothèque, de M. le conseiller Coste.
1362. — Avril 2 ou 6. Le connétable Jacques de Bourbon livre bataille dans la plaine de Brignais, à 3 lieues au-dessous de Lyon, à une armée de brigands, nommés les Grandes compagnies et les Tard-renus. Les troupes royale» sont mises en déroute; le connétable et son fils sont mortellement blessés; Louis I, comte de Forez, est tué, et Renaud, son oncle et son tuteur, est fait prisonnier avec quantité d'autres seigneurs. Voyez le tome IV des Chroniques de Froissart , pages 129 et suiv. , édition de 18*24 ; Y Art. de vérif. les dates, i,Goo, et il, 471 ; les Archives du. Rhône, 111, 4i5 et suiv.; Si— mondi, Hist. de Fr., x, 4y3; M. de Barante, Ducs de Bourgogne; Michèle!, Jlist dcFr. 111, 437, etc.
N. Les historiens varient sur la dale de cet événement ; ils ne s'aeouden
ni sur le jour, ni sur l'aimé*?. Le* raisons que nous donne l'annotateur du Froissart de 18^4 (page i35) pour la placer au 6 avril i5G?., nie paraissent assez concluantes; cependant il serait très-possible que la bataille eût été livrée le 2 , comme le disent les auteurs de V 'Art de vérifier les dates , ainsi que M. de Sismondi, et que le six fût le jour de la mort de Jacques de Bourbon qui fut inhumé dans l'église des dominicains de Lyon, et sur le tombeau duquel on lisait :
Cy gist messire Jacques <le Bourbon Comte de la Marche qui mourut à Lion de la IwUaille de Brigues :
Qui fut l'an mil trois cens Soixante deux le mercredi deuant Les Raraipos ( les Rameaux ). Item.
Cy gisl messire Pierre de Bourbon Comte de la Marche son fils qui Mourut à Lyon de reste inesme bataille l'au dessusdict.
Il nous semble que ces mots qu'on lit dansl epitaphe de Jacques, qui fut l'an mil trois cens soixante-deux, le mercredi deuant Us rampos..., peuvent tout aussi bien se rapporter au jour de la bataille qu'au jour du trépas de Jacques de Bourbon. Si l'on eût ajouté à l'épitaphe du fils le jour de son décès, j'ai lieu de croire qu'il n'y aurait plus d'équivoque. — Voyez, sur les ravages exercés dans le Lyonnais par les Tard-venus , les Archives du Rhône, v, i5G.
1362. — Juin ai. La fête des Merveilles est célébrée seulement quant à la messe et la procession , à cause du danger auquel la ville se trouvait exposée par la présence des eunemis qui l'environnaient de tous côtés. — L'année suivante, cette ffite fut également omise par les mêmes motifs. Notes du P. Menestrier. Ces ennemis étaient sans doute les restes de l'arme'e des Grandes compagnies. — Voyez ci-après, année i364-
1362. — Juillet 27 . « On voit par un acte portant celte date,que Jean de la Mu re le jeune, citoyen de Lyon, avait, par son testament, fondé l'institution d'une lampe d'huile ardente toutes les nuits devant l'image précieuse de la Vierge Marie, dépeinte au coin (//» quadrivio) de la rue Neuve de Lyon- (yici novi seu de rota nova), pour quoi il assigna une pension de 5o florins; plu» ayant fondé l'ofTiande d'un cierge de vaut l'autel de la Ste-Vierge tous les samedis de l'année, pour quoi il donna un capital de 6o florins; en conséquence Nicolas Chèretean, clerc et notaire, exécuteur dud. défunt fondateur, impose à Jean Chamossier citoyen de Lyon , et à Catherine sa femme , l'obligation d'entretenir cette lampe devant ladite image, et d'offrir tous les samedis un cierge ù l'autel de N.-D. de St-Nizicr, moyennant le capital de 160 florins que terîit Chamossier hypothéqua sur sa maison appelée de Chautay, située à Lyon devant le plat et cimetière de St-JNizier, s'étendant par le derrière jusque dans la rue Longue, a S.
1362. — Août. Lettres du roi Jean qui permettent aux habitants de Lyon de prendre, en payant, de la c haux et du sable dans les lieux les plus commodes, et sans que personne puisse s'y opposer, pour achever le fort, appelé l i Retraite, qu'ils faisaient construire entre la ville et le bourg de St-Just. Notes de M. Sudan, qui mentionne plusieurs autres actes relatifs à la construction de ce fort.
1362. — Décembre 9. Des lettres-patentes en forme Je commission sont adressées par le roi Jean au prévôt de Mâcon pour informer si la clé de la porte de Pierre-Scise appartient à la ville ou à l'archevêque, et si celle de Trion appartient à la ville ou au chapitre de St-Just; et cependant il lui enjoint de jrarder lesdites clés ou de les mettre en séquestre es mains de gens dignes. Notes de l'abbé Sudan; Inventaire de pièces sur Lyon, mentionné sous le n" 1 464 du Catalogue des mss. de la biblioth. de Lyon.
— Le chapitre de St-Jean assigne une Livraison perpétuelle à Pierre Desarques, peintre de l'église. M. Voyei ci-après, année i5;(>.
— Le chapitre donne grâce à un homme qui avait tué. M.
1363. — Mai 11. Arrêt du conseil du roi, donné a Villeneuve près Avignon, sur la plainte des habitants de la ville de Lyon de ce que l'archevêque et le chapitre avoient mis cès {tic) et fermé les églises à l'occasion de ce que par faule d'avoir voulu contribuer aux réparations, les officiers du roi avoient mis sous sa main le temporel de l'église. Sur quoi les ecclésiastiques ouïs , le roi ordonne qu'étant à Lyon où il sera bientôt , il fera droit aux parties , et cependant que les ecclésiastiques seront contraints au payement de leurs cotes par prise de leur temporel. Est notable que ladite prise avoitélé faite par le capitaine de la ville. Le chapitre se plaignoit aussi de ce que les habitans ruinoient un mur qui étoit pour clôture de la ville et de l'église , et prenoienl les pierres pour réparer les murs de la ville, etc. » S.
1363. — Juin 36. Un différend s'était élevé entre l'archevêque et le chapitre au sujet de la dépouille des prêtres de l'église primaliale que le prélat prétendait lui appartenir en entier. Par une transaction en date de ce jour, il fut convenu qu'au décès d'un chanoine titulaire, l'archevêque aurait pour son lit et sa dépouille, i5 florins de bon or, pour celle d'un simple chanoine 10 florins, et 6 pour celle des chapelains perpétuels. Gallia christ. , iv.
1363. — Septembre 9. On voit par une ordonnance du chapitre, en date de ce jour, que l'Kglise de Lyon jouissait alors du droit de battre monnaie. Menéstrier pense que cette ordonnance qui établissait des officiers pour la monnaie , ne fut pas exécutée, n'ayant jamais vu , dit-il, de monnaies fabriquées au coin de l'Eglise, de ce temps-là; mais, observe Poullin de Lumina, son sentiment à cet égard ne doit pas être une preuve décisive, puisque, sous l'épi scopat de Charles d'Alençon, douze ans après celte ordonnance , le chapitre en rendit encore d'autres sur cette matière, ffist. de rEglise de Lyon, p. 339.
— Le chapitre autorise les mansionnaircs à établir des foires aux lieux de leurs massions. — Il s'oppose et fait opposer les gens de ses terres à l'impôt mis sur le sel par le dauphin. AcU capit.9 1. 1, fol. i^S ; Notes de Menestrier.
— Un corps d'anglais s'étant arrêté à Savigny d'où il ravageait les campagnes, le chapitre promet cent florins à un maréchal qui avait offert de li s chasser; mais pour trouver cette somme les chandeliers d'argent de la cathédrale furent mis en gage. « Le chapitre, ajoute l'abbé Jacques auquel nous empruntons ce fait, fit ruiner le château de Thczé, de peur que l'ennemi ne vînt à s'en saisir. Humbert d'Albon fut nommé capitaine pour défendre Albigny et Couson. • Eglise primaiialc de St-Jean^ p. 10G- 107. Voye» ciaprès, année 1367.
HBCHE DE CHARLES V, DIT LE SACE OU LE RICHE (l).
1364. — Août i5. Charles V, par lettres-patentes datées de Cressycn Brie, supprime , à lu demande des citoyens de Lyon , la fête des Merveilles.
— Cette fêle se célébrait chaque année à Lyon de temps immémorial, le mardi avant la St-Jean-Baptiste ; on croit qu'elle avait été instituée pour perpétuer la mémoire de quelque miracle dont on ignore l'occasion. Atlon nous apprend qu'on nommait Jour des miracles la fête où l'on célébrait à Lyon , le 2 juin de chaque année, la mémoire de St. Polhin et des chrétiens qui souffrirent avec lui le martyre, l'an 177. — Tout le clergé de la ville se rendait ù l'église de St-Pierre, à Vaise; tout près de là, sur la rive droite de la Saône, on avait préparé à grands frais, plusieurs jours à l'avance, un immense bateau orné de feuillage et de banderoles. Le clergé, en sortant de l'église de Vaise, entrait dans ce bateau avec différents acteurs déguisés et revêtus de symboles analogues à l'événement qui avait donné lieu à la fête. On descendait la Saône au son des instruments, et en chantant des litanies et des antiennes, jusqu'au port d'Ainay. De là, le cortège se rendait processionnellement à l'église de St-Nizier où l'on disait la messe. Après l'office, on accompagnait l'archevêque jusqu'à la cathédrale où se terminait la fête. — Paradin , Hisi. de Lyon , page 20 1 , rapporte qu'il y avait sur le pont de Saône, au-dessus de XÂrc merveilleux , ainsi appelé, sans doute par allusion à cette fêle , une porte par laquelle on faisait sauter des taureaux dans la rivière, lorsque le bateau où se trouvait le cortège allait passer. Ces taureaux étaient ensuite écorchésdans la petite rue du Temple , nommée à cause de cette circonstance, rue Ecorche-Bœuf; et la chair de ces taureaux se mangeait aux repas que l'on donnait à la suite de la cérémonie. Paradin ajoute qu'il a vu , dans un manuscrit fort ancien, la donation faite à l'église de St-Just, d'un masy valant de revenu un quarlal de froment, une hémine de seigle, un septier d'avoine, un mouton, un demi-lard et un septier de vin pour faire bonne chère à la fête des Miracles. Le chapitre de St-Jean, dit M. Cochard, avait aussi destiné les quatre marcs d'argent que lui devait chaque année l'abbé de Belleville, à payer le superbe bateau dont on se servait dans cette circonstance. — Peut-être est-ce pour diminuer les regrets que le peuple dut éprouver lors de la suppression de cette fête qui ne cessa entièrement que vers la fin du xive siècle, que l'on imagina de tirer chaque année un feu d'artifice, le jour de St- Jean, sur le pont de Saône. Voyez ci-après, année 140a. — Paradin, Hist. de Lyon , p. 200; du Cange, Glossarium, v° F estant Mirabilium ; Mm. de Lyon pour 1781), p. 5oi ; Descript. de Lyon, par Cochard, p. 204.
M. Michelct , Hist. de Fr. , 1 , 77, après avoir parlé des jeux burlesques et terribles que Caligula avait institués à l'autel d'Auguste , s'exprime ainsi : « Sans doute ces jeux étaient renouvelés de quelque rite antique. Nous savons que c'était l'usage des Gaulois et des Germains de précipiter les vaincus, comme victimes, hommes et chevaux. On observait la manière dont ils tourbillonnaient, pour en tirer des présages de l'avenir... Aujourd'hui encore la tradition désigne le pont du Rhône d'où les taureaux étaient précipités. » — Ce
(1) Ce prince , successeur de Jean II , dit le Bon , panint à la couronne le 8 avril 1 364 .
n'est pas du pont du Rhône, mais de celui de la Saône, que l'on précipitait les taureaux. M. Miehelet revient encore sur ce sujet, t. il, p. 85.
1364. — Septembre ai . Lettres de Charles V, portant que les Juifs étant alors dans la ville de Lyon, contribueront à toutes les charges. Bévue du Lyonn. , vu, 3a5. Voyez ci-dessus, années 823 et 862; ci-après, années 1379-80-86- 94-90 et i548.
— Civca. « Les troubles qui se manifestèrent en France après la paix de Breligny , par suite du licenciement des armées, déterminèrent le roi, en l'année i364> u fortifier Lyon, afin d'opposer une barrière aux ravages qu'exerçaient les grandes bandes répandues autour de la cité. Dans cette circonstance le chftlcau de Pierre-Scise fut enclavé dans la nouvelle enceinte. Alors il existait , non loin de ce château, un étang très-vaste et très-empoissonné qui en dépendait. En creusant un fossé trop près de la chaussée de l'étang, les eaux filtrèrent à travers et s'écoulèrent dans la Saône. Le consulat promit de faire revêtir la chaussée en maçonnerie; le malheur des temps ne lui permit pas de remplir ses obligations, et cette négligence occasionna le dessèchement total de l'étang. » Cochard, Descript. de Lyon, p. 2i5, et Calendrier pour 1829, p. Si* Voyez aussi Paradin, Hist. de Lyon, p. 217 et 2^3; Arch. du Rh. v , 42^~424« — Les plaintes de l'archevêque de Lyon contre le consulat, au sujet des dégradations qui détruisirent cet étang , sont mentionnées dans un manuscrit de la bibliothèque du roi qui porte le n°987l5, et qui paraît avoir appartenu à Jean Sala, de Lyou. Note de M. Godemard. Voyez ci-après, années i36'9 et 1476.
— Le roi tenait alors le temporel de l'archevêque de Lyon, « comme il « conste par un registre de la bibliothèque royale, n° 9875.» M. Voyez aussi les Noies de l'abbé Sudan, année 1 365.
— Patentes de Charles V, portant que tous les habitants de Lyon , même tous les ecclésiastiques , doivent faire la garde. Inventaire de pièces sur Lyon, mss. de la Bibliolh. de Lyon, n" 1464.
— Le pape Urbain V avait excommunié tous ceux qui prêteraient secours aux soldats débandés des Grandes compagnies.... Un nommé Jacques Blanchi «lemande l'absolution , pour leur avoir vendu un bœufet un 2ne , au prix de 8 florins d'or. — Un homme et une femme de Villefranche qui avaient également vendu différentes choses aux soldats débandés qui Venaient Anse, se firent absoudre en vertu d'un bref du cardinal du titre de' St. Laurent m Lucina. M.
— Le chapitre se saisit de la régale de l'archevêque, et la remet à l'évêque d'Àutun. L. 1, Ad. capiU, fol. 42»
— Le reclus de la Madeleine enseigne la grammaire aux clergeonsdc St- Jean. M. — Voilà qui est édifiant, un reclus, sortant de sa cellule pour se faire professeur de grammaire! celui-là eût été bien certainement béatifié par St.-Foix. Chacun sait que l'auteur des Essais sur Paris n'aimait pas ces moines oisifs. C'est lui qui, parlant.de la belle Agnes du Rochier, fille d'un riche marchand de la rue Thibautodé , qui, en i4o3, se fit recluse à l'ûge de dixhuitans, et mourut presque centenaire, s'est écrié : «... Elle était née riche; « elle aurait pu, en visitant les prisonniers et les malades, contribuer pen- « dant quatre-vingts ans au soulagement de bien des malheureux; elle voulut « gagner le ciel sans sortir de sa chambre. » Œuvres, m, 3io. Voyez cidessus, années ffîo circa, et ci-après, année 146S.
1365. — Mai la. Mort de Guillaume II de Thurcy. — Sous «on épiscopal, l'empereur Charles IV tenta inutilement de faire valoir le droit de nommer à un ranonicat dans l'Eglise primatialc, et d'obliger l'archevêque à la prestation de l'hommage pour les terres de son siège, situées dans les limites de l'ancien royaume de Bourgogne. Noies du P. Menestrier; Guichenon, Hist.de Savoie, Preuves, p. 208. — En ce temps-la , l'Eglise de Lyon jouissait encore du droit de battre monnaie. G allia christ, et du Tems.
1365. — Juillet i5. Charles d'AIençon, prince du sang royal, qui était fds aîné du comte d'AIençon, et qui avait fait profession dans l'ordre de Saint- Dominique, malgré Marie d'Espagne, sa mère, est sacré archevêque de Lyon. — Le capitaine Seguin de Dadefau, qui était alors capitaine d'Anse pour le roi de Navarre, donna un sauf-conduit aux vicaires de Charles d'AIençon. M.
1366. — André de Borneville, damoiseau, était alors capitaine ou gardiateur de la ville de Lyon. — Brosselte, qui se trompe peut-être, dit que cet officier fut excommunié par Charles d'AIençon. Elog, hist. , i3a. Voyez ciaprès, année iZji, et ci-dessus , année i347-
1366 ou 1367. — » On vivait alors dans des alarmes continuelles; on disait que le prince de Galles arrivait dans le pays, et le 5 février , on crut que la ville allait être prise. Il fallut ordonner aux châtelains de retirer toutes les provisions et tous les habitants dans les châteaux, et donner asile , dans Tassins, aux habitants de St-Genis-les-Ollières, qui n'avaient plus de toits. » L'abbé Jacques, Eglise de S t- Jean, p. 107. Voyez ci-dessus, année i56o.
1367. — Le chapitre donne au maréchal de Odonat (sic) i5 florins pour la garde de la ville. Act, cap. , 1. 1, fol. 7a. M. Voyez ci-dessus, année i363.
— Charles d'AIençon nomme Martin deLorme, sacristain deSt-Niiicr, son officiai général à la cour de Lyon. M. Voyez ci-après, année i36o.
1368. — Avril. Lettres de Charles V, conArmatives de celles de Philippele-Bel, de i3a8, portant que le ressort du siège de la ville de Lyon sera transféré de la ville de Mâcon au bourg de l'Ile- Barbe. Ord, des R. de Fr. y v, 110. Voyez ci-après, au 28 août 1387.
1368. — Juin.,, Le chapitre ordonne , sur la réquisition du courrier de la ville, que la fête des Merveilles se fera le mardi devant la St-Jean. Act. cap.t I. 1, fol. 97. M. Voyez ci-après, année i4*5.
136S. — Octobre 20. Archaimbaud de Comborn, bailli de St-Gengoul, proleste contre l'archevêque et le chapitre qui n'avaient pas voulu faire sortir les habitants en armes, pour la défense du pays. M.
— Patentes du Dauphin , relatives au rétablissement des fortifications de la ville, que l'archevêque avait fait démolir. M.
1369. — Mars 18. Un arrêt du parlement assujettit les ecclésiastiques à contribuer pour un sixième aux dépenses qui se feront pendant deux ans pour les fortifications. Paradin, Hist, de Lyon, p. 373$ Arch, du BJt., v , 4^5. Voyez ci-dessus, année 1 364, et ci-après, année 1476.
1369. — Septembre,., Antoine, seigneur de Beaujeu , fait son testament et déclare que , dans le cas où ses héritiers n'exécuteraient pas toutes ses dispositions, il donne au roi sa ville de Ville franche. Chartes du roi, tit. Testam. des rois et grands seigneurs. M. Voyez ci-après, année 1400.
— Martin de Lorme, officiai de Lyon , approuve et atteste les anciens privilèges deVillefranche en Beaujolais. — Yoici quelques articles extraits de ces
privilèges écrits en lalîn ; j'emprunte la traduction qu'en adonnée M. Fleury Durieu, dans les Nouvelles Archives du Rhône , I, 146-147 :
• On ne peut jamais saisir, au préjudice d'un habitant de Villefranche, les habits qu'il porte sur lui.
« Si un gentilhomme doit quelque chose à un bourgeois, le bourgeois ne peut pas saisir son cheval pendant qu'il est dessus.
« On ne peut saisir pour dette et faire vendre les immeubles qu'après avoir préalablement épuisé les valeurs mobilières.
t Le débiteur, quel qu'il soit, se rend au marché de Villefranche; le magistrat l'avertit de payer; s'il ne paye pas, le magistrat lui interdit le marché de Villefranche ; s'il méprise cet ordre , il peut être arrêté.
« Si un seigneur bat un bourgeois de Villefranche, avec sang et tumeur, il est condamne a soixante sous. Un coupde poing coûte trois sous; un soufflet, moins dangereux, mais plus humiliant, en coule sept.
t Un mari peut battre sa femme tout a son aise, sans que le magistrat y ait rien ù voir, à moins qu'elle ne succombe sous les coups. •Si burgensis uxorem suam perçussent t seu xerberaxerit , dominas non débet inde recipere cUmorem, ncc entendant petere, nec levare, nisi Ma ex hdcterberaturâ moriatur. Voyea Ment, contenant ce qu'il y a de plus remarquable dans V elle franche , par le P. de ftussières, p. 109 et suiv. ; Oréonn. des Rois de JV., t. xu, p. i3 de la Préface.
1371. — Mai Si. Procès-verbal fait en suite des lettres de commission de Jean, fils du roi de France, contre noble Jean-Antoine de la Tour, seigneur de Vinay en Dauphiné, pour raison des extorsions et malversations qu'il faisait aux habitants de Lyon ; signé Cordier, notaire royal. Inventaire de pièces sur Lyon» Mss. de la BibIioth.de Lyon, n* 1464.
1371. — Juin 20. Lettres de Charles V, portant que dans la suite on lèvera des droits de sel sur la rivière de l'Isère en Dauphiné. — On y voit que les habitants des diocèses de Lyon , de Châlons et de Mâcon , au lieu de prendre du sel dans le grenier de Lyon, en prenaient secrètement dans les comtés de Savoie et de Bourgogne, dont ils n'étaient séparés que par le Rhône et par la Saône; cequijdiminuait lecommerce de Lyon, dont le sel faisait la principale partie. Ord, des Rois de fV\,v, 4<>4»
— Charles d'AIençon, enhardi par la confusion qui régnait alors en France, veut retirer des mains des officiers du roi le palais de Roanne, qu'il disait lui appartenir en vertu de l'échange fait entre Guichard et le comte Guy II. Il tente d'en faire sortir Archaimbaud de Comborn, bailli deSt-Gengoul, qui y faisait sa résidence en qualité de sénéchal de Lyon , et y tenait le siège de la justice. Pour parvenir à ses fins, il croit devoir donner des dégoûts au bailli; il fait emprisonner un sergent royal qui allait arrêter ua citoyen, par ordre du sénéchal; il fait chasser, par le ministère de ses huissiers, tous les officiers royaux qui résidaient au palais de Roanne. Le bailli, poussé ù bout, fait saisir le temporel de l'archevêque dans la main du roi. On ferme aussitôt les portes de la ville pour que l'archevêque,qui demeurait au château de Pierre- Scise, ne pût y rentrer. L'archevêque, poussé ù boulà son tour, appelle au roî des procédures du bailli , et met toutes les églises de fe ville en interdit, tant que le bailli y demeurerait. — Les chanoines de laPlatière, ayant refusé de cesser ïe service divin , furent excommuniés par Charles, et ne purent obtenir l'absolution qu'après que trois d'entre eux eurent fait amende honorable, à* genoux, et une torche à la main, dans la basifiqvre de Saint-Jean. Galtia christ., iv, 170; du Tems, rv, 37$; Pouïlin de Lumina, Aèr. cknm., i53; Cochard , Dcseript. de Lyon ,p. i20> et Calmdrier pour 1829, p. 35.
1371. — Juin ±j. Les doyen et chapitre do Lyon îiilerjctlun L appel au St- Siége des ordonnances de Charles <T Aie ne on qui, après avoir levé l'interdit qu'il avait mis, de leur consentement, sur les églises et sur la ville de Lyon , avait ensuite renouvelé cet interdit, sans leur participation et à leur insu. Cet acte d'appel, dont l'original existe dans les archives de l'Hutel-de- Ville de Lyon, est trop important pour ne pas trouver sa place ici; en voici une traduction que nous extniyons du tome icr des Nouvelles archives du R/tônc, p. 2i5-2i8 :
« Appel par les doyen et chapitre de l'Eglise de Lyon de l'interdit mis sur la ville par Charles d'Alençon , archevêque de Lyon , en date du 25 juin 1572, l'an 11 du pontificat du pape Grégoire XI, par lequel, en présence de Pierre Chevalier, notaire impérial et des cours de Lyon, et des témoins soussignés, par-devant Charles d'Alençon, archevêque, en son château de Pierre-Scise , s'est constitué Reynaudrfa Piscibus, procureur général et fondé de pouvoir des doyen et chapitre de Lyon , et a appelé dudit seigneur archevêque audit Siège apostolique par écrit, u demandé les Apôtres, comme il est contenu dans le libelle d'appel qu'il a intimé et exhibé audit archevêque , et dont la teneur suit :
« Ayant ordonné par vos lettres, révérend père Charles d'Alençon, archevêque de Lyon, depuis un an environ, aux doyen et chapitre de Lyon, et aux autres personnes bénéficiées en la ville de Lyon, de cesser toutes fonctions et service divin, à quoi vous avez procédé de leur consentement et après avoir requis ledit chapitre, et ce à cause de quelques injures et violences qui nous avaient été faites par noble seigneur Archaimbaud de Comborn , chevalier , bailli de St-Gcngoulphe ; depuis ayant reçu satisfaction dudit bailli , vous avez fait cesser ledit interdit , relevé la sentence d'excommunication portée contre ledit bailli , et remis les choses en leur état précédent. Mais dernièrement et depuis dix jours , il est venu à la connaissance desdils seigneurs , sans qu'ils en connaissent la cause, et sans avoir consulté lesdits seigneurs et autres que cela peut intéresser et sans leur consentement, ce qui est contre la coutume établie par le droit et par une possession paisible et immémoriale; se trouvant que de tout temps les seigneurs archevêques n'ont mis un interdit général sur les églises et sur la ville, sans le conseil et consentement préalable des doyen et chapitre de l'Eglise de Lyon, et après les avoir requis. Cependant, en attaquant ce droit incontestable, vous avez, sans avoir consulté ledit chapitre et autres non exempts, s'il y en a, et sans une raison suffisante qui nous soit connue, remis ledit interdit et ordonné auxdits seigneurs et autres et enjoint sous peine d'excommunication contre ceux qui n'observeraient pas ledit interdit jusqu'à ce qu'il ait été levé par vous ou votre supérieur; quoique vous n'ayez aucun pouvoir ou jurisdiction sur lesdits seigneurs qui sont exempts et privilégiés de toute espèce de juridiction archiépiscopale, mais devant procéder dans ce cas de leur assentiment et conseil, comme il a été dit, et quoique vous ayez suspendu depuis ledit interdit et le tenez encore suspendu jusqu'à la fête de Sainte Magdeleine prochaine, à moins d'un nouvel ordre que vous donneriez , disposition que vous entendez faire observer selon votre bon plaisir, ce qui pourrait durer très-longtemps, du moins tant que vous seriez archevêque, ainsi que le portent vos lettres, en dépouillant lesdits seigneurs de leurs possessions et droits. C'est pourquoi je , Ueynaud de Piscibus, procureur desdits sieurs Doyen et Chapitre et de leur adhérens, appelle à Notre Saint-Père le Pape et au St- Siège de tous ces torts et autres qui pourront être produits par l'exécution de vos lettres, et je demande les Apôtres, en soumettant moi et lesdits seigneurs, et leurs adhérens, à toute
juridiction et protection dudil pape et du Saint-Siège, se réservant d'ajouter à ladite appellation ce qui conviendra en temps et lieu, et de le faire signifier tant audit archevêque qu'à d'autres. A laquelle appellation ledit archevêque la recevant, a assigné le lundi après la fête de S. Pierre et S. Paul, pour y répondre ainsi qu'il avisera. De tout quoi ledit procureur a requis lui être donné acte. Donné au château de Pierre-Scize , le a5 juin ; présents : MM. Simon de Lay, prêtre, et Jean Fabry, sous-diacre de Lyon ; et ledit lundi 5 juillet, ledit Raynaud, procureur, comparaissant, ledit archevêque lui a assigné le mardi suivant pour répondre audit appel. Présents : MM* Mathieu de Yarcy , ehamarier de l'église de St-Paul , Philippe de Balma du Chancel , et Guillaume Canabi , clercs, témoins. Et ledit mardi 6 juillet, ledit procureur comparaissant , l'archevêque a répondu audit appel, ainsi qu'il suit, en lui livrant une cédule qui la renfermait : M. Reynaud de Piscibus , qui vous dites procureur de mon église de Lyon, quoique vous ne justifiiez point de cette qualité, pour appelerde la suspension de l'interdit que j'ai mis contre Archaimbaud deCoitihorn, chevalier , se disant bailli royal de St-Gengoul; nous répondons que nous n'avons point cru devoir déférer à cette appellation frivole, vainc, et ne signifiant aucun grief: pro apostolis refutaiorus , cum dimissoriis non sit iocus. De laquelle réponse et de tout ce dessus, ledit M* Reynaud de Piscibus, procureur, a requis ledit notaire de lui donner acte, et invoqué les témoins présents. Donné au chfileau de Pierre-Scize , ledit jour 6 juillet, au syndic; présents : vénérable M. Jean Formier, licencié en droit, Pierre de Chauppée et Guillaume Canabi , clercs, et plusieurs autres.
« Ledit acte souscrit par ledit Pierre Chevallier, notaire impérial et de la cour de Lyon , qui y a inséré son seing ordinaire. »
— Le chapitre prie l'archevêque de ne point aliéner le temporel de Lyon , ni au roi, ni à l'empereur, ni à aucun autre prince, ce que l'archevêque promet. — Vers ce temps, l'archevêque Charles d'Alencon était absent. Plusieurs lettres de ses grands-vicaires portent]: in remotis agentes. II était à Paris, d'où il envoya des lettres de grand-vicaire au doyen Jean de Talaru. M. et S.
1373. (1372, v. s.). — Février. Louis II, duc de Bourbon, obtient des lettres patentes portant union immédiate du comté de Forez et de la baronnie de Roannais a la couronne de France, quant à l'hommage et au ressort; en sorte qu'au lieu de relever, comme auparavant, des comtés de Lyon et de Mâcon, et de ressortir aux baillis, sénéchaux et autres juges de ces comtés , les vassaux et sujets du Forezctdu Roannais portaient immédiatement leurs causes par appel au parlement de Paris. Le motif de celte attribution , exprimé dans ces lettres, était le voisinage du Forez et du Roannais, comme une suite du duché de Bourbonnais, auquel ils étaient continus. Art de vérif. les dates, II, 47>- Voyez ci-après au 18 février i38a et juillet 146G.
1374. — Août io. «Claude Blanchard, delà paroisse de St-Julien , diocèse de Lyon, et Jean Marietli , de Hauteville, diocèse de Genève, de leur propre mouvement et pure volonté, pour la gloire de Dieu et de sa mère , ainsi que pour leur utilité commune, déclarent qu'à compter de ce jour ils veulent se regarder comme frères, issus de mêmes père et mère, aux conditions suivantes :
« Savoir : qu'ils s'aimeront et chériront comme véritables frères, qu'ils auront toujours même habitation , même table , même foyer; que leurs biens, meubles et immeubles , tant ceux de la campagne que ceux de la ville, le* instruments du labourage, tonneaux, ustensiles, or, argent; eu un mot, tout ce qu'ils possèdent à présent ou qu'ils pourront avoir à l'avenir, soit par droit
d'héritage ou autrement, leur sera désormais commun ; que leurs dépensas, tant celles qu'ils feront en santé que pour cause de maladie ou autrement, seront également supportées parla communauté , ainsi que les frais de noces s'ils viennent à se marier. »
Après avoir rédigé cet acte, les frères adoptifs s'envoyaient des chapeaux de fleurs et des cœurs d'or. Du reste, de semblables associations et beaucoup d'autres usitées alors, n'étaient guère pratiquées qu'entre les individus qui, n'ayant ni enfants ni frères véritables , évitaient l'isolement et l'égoïsme , à la faveur d'une fiction où les relations de la famille étaient loyalement simulées. Arch. duRk., iv, 35 1.
— Humbert d'Albon , seigneur de Pollionay, capitaine de Couzon et d'Albigny pour le chapitre , est nommé bailli de l'église pour un an. M.
1375. — Juillet 5. Charles d'Alençon meurt au ohâteau de Pierre-Scise.— Sa mort met fin aux déplorables démêlés qui existaient entre lui et le bailli de St - Gengoul. — Voyez, sur une monnaie qui paraît avoir été frappée sous l'épiscopat de Charles d'Alençon, le Courrier de Lyon du 9 janvier i838, et la Revue du Lyonn. , vu , ia5-i a5. — Jean de Talaru , doyen du chapitre de St- Jean, fut le successe ur de Charles. Gailia christ. Voyez ci-dessus, années 1076 et 1 157, et ci-après, année i3q4.
— Le nouveau doyen , Jean de Saint-Amour, ne pouvant aller faire l'hommage au roi pour le chapitre, celui-ci commet le custode. M.
1376. — Mars 3. Jean de Talaru célèbre un concile provincial, dans lequel il fixe le droit des curés pour les sépultures, et veut qu'il n'excède pas la somme de dix livres. Sevcrt, p. 45o.
1376. — Mai.... Des lettres patentes de Charles V approuvent une transaction faite entre l'archevêque et le chapitre sur le tiers de juridiction appartenant au chapitre et dont l'indemnité avait été fixée à 5oo livres paran, etc. Cochard, Calendrier pour 1829, p. 34»
1376. — Août, Le juge du ressort avait fait publier des ordonnances du roi , portant défenses d'exposer d'autres monnaies et espèces que celles que S. M. ferait battre; l'archevêque, le chapitre et les conseillers de la ville, conjointement, interjettent appel de cette décision. Ils soutiennent que, de tout temps, l'archevêque et le chapitre avaient le droit de faire battre une monnaie appelée monnaie de Lyon; que les habitants de cette ville avaient le droit d'en user , et que même les bourgeois de Mûcon se payaient en monnaie de Lyon. S.
— Pierre de Villette, abbé de l'Ile-Barbe, vend le fief de Rochctaillée au comte de Savoie. — Occasion de brouillerie avec le chapitre de Lyon. MazureSy p. 21 5.
— ^.e chapitre accorde à Pierre Desargues , peintre de l'église, deux finées de seigle annuellement, ainsi que de coutume, pour nettoyer, quatre fois par an , les images et peintures dans le presbytère , dans le choeur et au dehors. Âct.cap. 1. 11, p. 11. Voyez ci-dessus , année i36a.
1377. — Août 20. Lettres de Charles V qui ordonnent au bailli de M .1c on de faire défense aux juges du chapitre de Lyon , de connaître des affaires réelles et mixtes. Ord. des R. de F/\, vi, 295. Voyez aussi le mot Lion dans la Table du tome vi de ce recueil , et les Notes de l'abbé Sudan , et ci-après , année 1387.
— Guillaume de Sens, premier président du parlement de Paris, que
Charles V avait envoyé à Grégoire X pour terminer quelques difléicuds, meurt à Lyon. M.
1378. — L'auteur de l'Inventaire du chapitre de l'Eglise de Lyon rapporte que, dans le mois de janvier de cette année, trois habitants de Socieu-en-J.irrct (village situé au-dessus de Briguais) , s'étaient ligues contre un bourgeois de Lyon qui avait épousé en secondes noces une femme de Socîeu, qu'ils avaient insulté et battu les époux, exigé des vivres, et fait pendant dix nuits charivari ; que ces excès donnèrent lieu à une procédure criminelle; ce qui, ajoute naïvement l'auteur, prouve que les paysans de Socieu n'étaient pas très-sociables. Cochard , Arch. du Rh., Il»54< • Voyez ci-après, année 1758. — Boniface, dans ses Arrêts notables de la cour du portement de Provence, tome ti, p. 299 de l'édition de Lyon, 1708, in-fol>, raconte qu'en 1640, Gilibert Dalmas et autres, ayant fait le charivari, furent condamnés par la cour à répondre sur les charges et informations par-devant le commissaire, « conformément « aux conclusions de l'avocat-général qui dit que par les conciles, l'un tenu « à Lyon en 1421, et l'autre a Trêves en i453, ceux qui excitaient des chaii- « varis , in odium secundaram tel tertianarum nuptiarum , avaient été condam- • nés comme hérétiques. »• — Je ferai observer qu'il n*y a pas eu de concile à Lyon en 14^1, niàTrèves en i453. C'est au concile de Nantes, en 1 43 1 , et au concile d'Angers, en i44^> que l'on défendit les bruits et c/iarivatis qu'on lait lorsqu'une personne se marie pour la seconde ou la troisième fuis. Vo)ez Hist. du Charivari, par le docteur Calybariat (G. Pcignot), p. i35.
1379. — Ordonnance de l'Eglise de Lyon , portant que les Juifs seront chassés de la rue qu'ils habitent à Lyon (aujourd'hui la rue Dorée), et qu'ils seront tenus de se réunir dans une autre rue. Noies du P. Menestrier ; Descript. de Lyon, par Cochard, p. 25o. Voyez ci-dessus, année i364, et ci-après, annt'es i38o, 1409, i47$»etc. — En ce temps-là, ce n'est pas seulement à Lyon que les Juifs étaient persécutés : on lit dans l'Histoire de Charles VI, par Le Laboureur, 1. 1, c* vu, que, durant une émeute, arrivée a Paris, vers i38o, <> le peuple fondit avec furie dans une rue où ilyavait quarante maisons de Juifs qui les habitaient sous la permission et sauve garde du roi; que chacun y butina à discrétion; . . . qu'il s'en trouva d'assez cruels pour faire main basse sur tous les Juifs qu'ils rencontrèrent, et que le massacro eût été beaucoup plus grand s'ils ne se fussent sauvés dans le Chatelet; que leurs femmes éplorées ue savaient que devenir pendant cet horrible désastre, et que si quelques-unes gagnèrent le même asile avec leurs enfants, les autres, poursuivies de près, se rendirent toutes chargées à la merci de ces brutaux, qui , non contents de les détrousser, leur arrachèrent leurs enfants qu'ils menaient à l'église pour les faire baptiser... » — Ce dernier fait nous en rappelle un autre qui est rapporté par Saint-Julien de Baleure (Antiq. deMâcon). «C'étoit, dit cet historien, l'usage dans l'église de Maçon , de baptiser un enfant le samedi-saint, à la bénédiction des fonts. Une année personne n'ayant présenté d'enfant à la cérémonie, le comte Geoffroi, qui étoit présent, sort de l'église avec quelques-uns de ses nobles, court an Tont des Hébreux, et se saisit d'un enfant juif qu'il amène ù l'église , 00. sur-le-champ il reçut le baptême. La comtesse Béatrix, femme de Geoffroi, fut la marraine, et donna le nom de son époux à l'enfant, lequel ayant persisté dans larcligion chrétienne, se fit moine de Cluny, et donna ses biens aux apôtres S. Pierre et S. Paul, desquels, dit l'historien, il se glorifioit de descendre (Severt, in Episc. Matiscon. p. 91). » Art de vérif. les dates, 11, 487. — Geoffroi, qui avait succédé ù son père Otton dans le comté de Maçon , mourut nu plus tard en io65.
— Clément VI adresse ou chapitre de Lyon ses lettres, attestant que Nicolas, cardinal de Sainte-Marie, pourvu d'un canonîcat, est noble de quatre races. Le pape, en conférant cecanonicat, voulait aussi pourvoir le cardinal Nicolas des biens que le chanoine vivantpossédait. Le procureur du chapitre, pour repousser celte prétention, adresse aux commissaires apostoliques envoyés par le pape pour demander au chapitre les revenus d'une année, des remontrances qui nous apprennent comment se gouvernaient alors les biens de l'Eglise. On voit par ces remontrances que le chapitre seul est maître de tous les biens de l'Eglise, et que les chanoines, comme vicaires du chapitre* ne jouissent, sous son bon plaisir, que de certaines portions de terre et revenus dites dons de l'Eglise, pendant leur vie seulement, et dont ils ne peuvent disposer en mourant; que les jeunes chanoines, avant qu'ils soient in sacris et avant leur première résidence, ne jouissent d'aucune portion desdites terres, mais ont seulement leurs distributions et livraisons quotidiennes, que l'un paye aux présents aux heures de l'office de chœur; et quand il vaque une chanoinie par mort ou cession, la portion des terres du cédant ou décédé est partagée entre les autres chanoiues habiles, à condition de payer et contribuer aux charges de l'Eglise, qui sont si grandes qu'à peine y a-t-il pour se nourrir et entretenir; tellement que les places sont plutôt recherchées à cause de Ja dignité et prééminence de l'Eglise que pour les revenus, qui ne vont au plus qu'à dix mille florins : sur quoi il faut payer en deux termes le pay qui est destiné pour l'entretien des custodes, chevaliers ^et douze perpétuels, qui se paye aussi à certains desserviteurs de quelques chapelles de l'église , à certaines prieurés religieuses et plusieurs autres. Ledit pay se paye en argent et monte environ à i5oo livres annuelles; plus faut payer des livraisons et contributions quotidiennes des fêtes du Réfectoire, et des Anniversaires, où prennent les chanoines, custodes, chevaliers, perpétuels, le lecteur de théologie, la fabrique, le maître de l'œuvre, les officiants, candélabres et chapes, et le tire-corde , etc. : le tout monte environ à 1900 livres viennois. Plus la grande aumône aux hôpitaux, léproseries, pauvres vieillards de la ville et des terres, aux frères Prêcheurs, Mineurs, Carmes, Augustins, la Déserte , Brienne ; pour cela 200 ânées seigle valant environ aoo livres viennois. Plus, la petite aumône pour les mêmes, qui se paye en argent toutes les semaines, en tout 3oo livres. Plus, pour le pain, vin, toile, argent et bateaux, aux Rogations et fête des'JIfiracto, jeudi-saint, à la cène et au mandat, et aumônes en carêmeprenant, en plusieurs terres de l'église, 5o livres et plus. Plus, il y a des décimes papales, a4° livres. Dépenses des envoyés à Rome, 3o livres. Salaire des baillis, châtelains, portiers des châteaux, juge ordinaire, juge des appeaux, procureurs et autres officiers, 300 livres. Deux notaires qui écrivent les actes du chapitre, portier du chapitre, barbier de l'église, habits des serviteurs et courriers du chapitre , 60 florins. Pension à certains qui défendent l'église , 400 florins. Plus, autres frais extraordinaires pour messagers , procès , étrennes, réparations, plus de i5oo florins. De plus, les Dignités sont obligées de nourrir et entretenir chacun six prêtres, ou clercs, qui doivent servir à l'église, sans aucune autre récompense, et outre à six pauvres, et faire encore d'autres aumônes à leur porte, toutes les semaines; les hôteliers doivent nourrir trois prêtres ou clercs, autant de pauvres, outre les aumônes. A quoi ils ne pourraient parvenir s'ils n';ivaient d'autres revenus que ceux de l'Eglise. M.
nkCNE DE CHARLES VI (t).
1589. — Ce prince, successeur de Charles V, parvint à la couronne le i(i septembre i38o.
1380 «'va. — On lit dans des procédures relatives aux réclamations de la ville contre le clergé, et faiies vers ce temps-là, que les gens d'église perçoivent 20 deniers tournois sur tous les Juifs qui entrent a Lyon , ce qui est un grand profit, notamment depuis environ dix ù douze années que les Juifs sont venus demeurer au royaume, « dont il yen a déjà grande quantité, et chacun « jour y en vient dont la rente des gens d'église croît chaque jour, (a) »
— On lit dans les mêmes procédures qu'il n'y avait pas de charrettes à Lyon , comme aux autres lieux de France, et que tout s'y apportait « à chevaux et bêtes. » Noies de l'abbé Sudan. Voyez ci-dessus, années 82g, i35o, i564 et 1579, et ci-après, années 1386-94-95, et i54.
— Pcrrin, t. 1, p. 1 15 de son Histoire des Vaudois^ édition de 1619, cite le Forest parmi les provinces où il y avait alors des Vaudois. — Nous avons parlé ci-dessus, année 1 160, à l'occasion de Pierre Valdo , d'un NouveauTestameni en langue vulgaire que possède l'Académie royale de Lyon , et dont l'écriture paraît être de la première moitié du xive siècle. Nous avons communiqué ce précieux manuscrit à M. Chelle , archiviste de la préfecture du Rhône , et nous croyons devoir consigner ici les notes qu'il a eu l'extrême obligeance de nous transmettre. Cette traduction a été faite d'après le texte cl suivant l'ordre de la Vulgate ; elle est terminée par un rituel vaudois ou albigeois dont voici quelques extraits :
E si deu esser cossolatz ades fasa so milhoirer e prega le libre de la ma de lancia e lancia deu le amonestareprezicarab testimonis convinentz c ab ai tais paraulas coscoveno a cossolament e diga en aisi. En paire voletz recebre lo babtisme espcrital per Ioqual es datz san esperit en la glcisa de Deu abla sanla oracio abl empausament de las mas dcls bos homes
Si creslias als quais le menestre de la gleisa es comandatz siau message de
(1) Ce prince, successeur de Charles V , parvint à la couronne le 16 septembre i33o.
(a) Vers le même temps , à St-Symphorien-d'Ozon , en Dauphiné, et tout au plus à trois lieues de Lyon, un Juif à pied payait quatre deniers ; un Juif à cheval et une Juive enceinte étaient taxés au double. G. P. Dcpping , Les Juifs au moyen âge , p. »56 . — Ce n'est que par un édil de Louis XVI, du mois de janvier 1 784, que les Juifs ont clé affranchis des droit» de péage corporels qu'ils payaient encore à cette époque dans quelques parties du royaume , notamment en Alsace , et à l'entrée de la ville de Strasbourg , suivant plusieurs tarifs et pancartes , par lesquels ilsélaieut assujettis à une taxe corporelle qui les assimilait aux animaux. Cette imposition, qui avilissait l'humanité, répugnait trop aux sentiments que Louis XVI étendait sur tous ses sujets |w»ur qu'il la laisbât subsister plus longtemps.
crczcntz malaute nnar idcvo, e devo li demandai- en cossulh coses menai* vais la gleisa depuis que reccup la le ni sies dere en deulaîz vas la gleisa ni en colpalx e si deu lunda re e o pod pagar far o deu e si far no o vol nu duu esser receubutz
E puis devo li deraandar si vol recebre la oracio c si ditz quo vescan le de camisa e de bragassi far se pod e fascan le estar e sezentz si pod lavar lasmas e metan tovala o autra drap devant lui sers le leil e sus aqual drap melan le libre e digao una vetz benadisite, etc.
La dénomination de Bons Hommes, donnée dans le premier fragment à ceux qui font l'imposition des mains, nous porterait à croire que le rituel en question était à l'usage des Albigeois; car, divisés en divers ordres, quelques-uns d'entre eux se faisaient nommer les Bonshommes ou les Parfaits ; d'autres étaient appelés les Croyants. Les Parfaits portaient des habits noirs; ils se piquaient de chasteté, de tempérance, et avaient le mensonge en horreur. Ceux qu'on nommait Croyants menaient une vie déplorable, parce que, mêlant avec les plus énormes crimes une austérité apparente , ils 9e flattaient pourtant d'être sauves par la seule foi, ne doutant pas de leur salut , pourvu qu'avaut de mourir ils pussent recevoir /' imposition des mains de quelqu'un de leurs Bons hommes. Benoist, HisU des Albigeois, etc. , 1. 1, p. aS. — Voycx aussi du Cange ou Adelung, Glossariumy v° Boni homines.
11 y ade grands rapports entre le style du manuscrit de l'Académie de Lyon, et le style de l'Apologie àts Vaudois ou pauvres de Bohême dont Paul Perrin a parlé plusieurs fois dans son Hist.des Vaudois; voyez surtout 1. 1, p. l3« et p. aa4, édition de 1619. Cette Apologie a pour titre : Al serenissimo Princi-Rey Lancelao. AU duc barons et a liplus veildel règne. Lo petit tropel de li Chrestians appela per fais nom fol s a meut Pauvres o Va Ides. Gratia sia en Dio lo Paire et en Jésus lo fillide luy. Dans le même volume où se trouve cette Apologie, est un traité intitulé : Aiço es la causa del nostre despar liment de la Gleisa romana; c'està-dire : « Ceci est la cause de notre séparation de l'Eglise romaine. » Au reste, pour faciliter ceux qui voudraient pousser plus loin cet examen, nous reproduisons textuellement , d'après le manuscrit de Lyon, le Pater selon S. Matthieu et selon S. Luc; on pourra conférer chacun de ces Pater avec les fragments du Pater vaudois ou albigeois cités par Perrin, t. 11 , p. ao4 et suiv. de son Histoire des Vaudois (1), et qu'il a extraits du livre des Vaudois, intitulé le Trésor de la Foy.
(1) Voici ces fragments : .... Lo teo nom sia sanctifica. Lo teo règne vegne. La toa volunta sia f»ila , enximi es festa en ecl sia faita en terra. Dona nos le nostre pan quotidiau enchoi. Pardonna a nosli nostre débit o pecca, coma nos pardonnen a li nostre debilor o offendadors. Non nos ainenar en tentation , mas désirera no (sic) del mal. — Je ne sais si je me fais illusion , mais il me semble qu'il reste encore des traces de ce patois dans l'idiome des Vaudois qui peuplent aujourd'hui les vallées du Piémont. Voici leur Pater extrait de la traduction en langue vaudoise , par Pierre Bert , de V Evangile selon S. Luc , Londres , 18 3a , in-8 : <« Nostre Père qu'è arciel, que toun nom sia sanctifia. Toun régné vegua. Toua voulcntà sia faïla su la terra com ar ciel. Douna-uoû ogni di nosf pan quotidien per cliquent. V. perdon - non nensti pecà ; perqué noû quitten derô li debi à tui quili que noû diven E laisse noû pas tournba eut la tcnlutioun ; mas deslibra noû dar mal. »
Pater extrait de S. Mathieu.
Le noslre paire que es els cels sanctificatz sia lo teus noms avenga lo teus regnens e sia faita la tua volontaz sica el cel e e la terra. Ë dona a nos oi lo nostre pa qui es sobre tota causa. E perdonna a nos les nostres devtes aisi co nos perdonan aïs nostres devtors e no nos amenés en tentatio mais délivra nos de mal.
Pater selon S. Luc.
Nostre paire sanctificatz sia lo teus noms avenga lo teus regnens. Lo nostre pa cotidia dina nos cada dia. E sia faita la tua volontaz sico el cel e en terra. E perdona a nos los nostres pecatz acertas en aisi cum nos perdonam a totzeels qe devo a nos. E no nos menés en temptacio.
1581. — Février 19. Louis de France, duc d'Anjou, fils adoptif de Jeanne, reine de Sicile, donne ù son cousin, le comlc de Savoie, par acte passé à Lyon, le comlé de Pymont, etc. Guichenon, Hist. de Savoie, preuves, p. a 14.
— Novembre 12. Charles VI, par lettres patentes données à Paris, accorde aux conseillers de la ville de Lyon , la permission de faire reconstruire une tour sur le pont de Saône avec une horloge. — Cette tour avait été construite durant les guerres civiles qui eurent lieu pendant le xni' siècle entre le clergé et les habitants de Lyon. Ceux-ci l'avaient fait élever pour leur défense, et elle avait été renversée lorsque la tranquillité fut rétablie. D'autres lettres de Charles VI , du ao août i586, prouvent que celte tour fut rebâtie; ces lettres enjoignent aux citoyens de payer 800 écus d'or pour la dépense qu'elle avait occasionnée; mais elle ne tarda pas a être de nouveau détruite. Arch. du Bh.y xiii, 18. Voyez ci-après , au a3 juin 14.65.
1382. — Février 18. Jeanne de Bourbon fait cession du comté de Forez à la duchesse Anne, sa petite-fille. Art de vèrif. tes dates , 11, 4i5. Voyez cidessus, février
— Sentence et commission du sénéchal de Lyon, signée Currely , pour contraindre ceux qui avaient été élevés au consulat par les maîtres des métiers d'accepter la charge d'échevin. Inventaire de pièces sur Lyon. Mss.de la Bibliothèque de Lyon, n" 1464.
1585. — Septembre a. Des lettres du roi Charles VI font défense de ne molester les habitants pour raison du ressort ailleurs qu'à l'Ile- Barbe. S.
1383. — Septembre 19. JeandeTalaru nomme pour son officiai Mathieu de Marcilly, doyen de l'Eglise de Montbrison. M.
— Jean de La Grange, lyonnais, évêque d'Amiens et cardinal, vient à Lyon et reçoit des présents du chapitre. M. Voy. Ciacon. Hist.pontif.9 11,609.
1584. — Février 4* Jean Boville , bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon , suspend les poursuites commencées contre les citoyens de Lyon, au sujet de la transgression des ordonnances sur les monnaies. S.
1 384. — Novembre 5. Sur les remontrances du consulat, qui avait exposé au pape Clément VII que le pont du Rhône, à Lyon, avait besoin de réparations pour lesquelles le concours des fidèles était nécessaire) ce pape, par une bulle datée de Villeneuvc-lcs-Avignon, le i5 des calendes de novembre, l'an 6° de son pontificat, avait autorisé l'abbé d'Aiuay à accorder une grande faveuraux
personnes qui, dans un certain temps, entreraient dans la confrérie du St-Esprit que les consuls et la commune de Lyon se proposaient de fonder, et qui auraient contribue aux réparations. Leur confesseur pourra leur accorder une seule fois 9 et seulement à l'article de la mort, l'absolution de tous leurs péchés, etc. — En conséquence, l'abbé Adam (Dumont), assisté de Jean (de Talaru), archevêque et comte de Lyon, primat des Gaules, de notables ecclésiastiques, des professeurs de théologie , de droit civil et canon, et des consuls représentant la commune de Lyon, considérant la pauvreté qui, par le malheur du temps, accable beaucoup de fidèles, arrête que celui qui sera reçu dans la confrérie en question, payera, chacune des quatre années qui suivront sa réception , six gros d'argent tournois, monnoie courante en France, desquels seize valent un franc d'or, etc. Nouvelles Arch, du Bh. , i, i5g; Variétés d'A. P., p. 94.
— Jean de Talaru fait, dans l'église de Ste-Croix, la solennité du mariage d'Antoine de Talaru, son petit-neveu , qui avait à peine atteint l'âge de puberté, avec Alix d'Albon , fille de Guillaume, seigneur de St-Forgcux. Matures , t. 11, p. 141 et 57a.
1385. — Le doyen de Lyon et Guillaume Dulac, prévôt de l'église de Gênes, sont délégués par Clément VII pour régler les différends survenus entre les chanoines et les chapelains perpétuels de l'église de Gênes. Le doyen s'en excuse et laisse ce soin au prévôt. Chorier , Hist. du Dauphiné , 11, 38t.
«-*- On lit dans Guichenon, Hist. de Bresse , il" partie, p. 23, que l'église tic St-Antoine, à Bourg, ayant été rebâtie , l'autel et Ic'eimelière furent bénits par Clément, évêque de Damas. le jeudi après la Nativité de J. C. ( 2G décembre ). « Or il fallait que ce Clément, évêque de Damas, fût suffragant ou chorévêque de Jean de Talaru ; il l'avait été de Charles d'Alencon. » M.
1386. — Octobre 5. Lettres de Jeau de Talaru qui permet de lever le 20e sur la rente du vin pour les nécessités et réparations de la ville. Inventaire de pièces sur Lyon , Mss. delà biblioth. de Lyon, n" 1464»
— Patentes de Charles VI portant que les Juifs, habitants de Lyon , contribueront aux réparations de Cette ville. Inventaire de pièces sur Ljo/i.IVLs. de la lublioth. de Lyon, n° 1464. Voyez ci-dessus , année 10G4. — Voyez aussi la Bévue du Lyon nais , v 11 , 3 24 •
— Charles VI envoie des commissaires dans la sénéchaussée de Lyon , pour réformer les abus qui s'y étaient introduits par rapport au domaine et aux monnaies. Ord. des R.deFr., vu, 157.
1387. — Février 5. Transaction entre Jean de Talaru , archevêque, agissant en qualité d'abbé de St-Just , d'une part , et le chapitre de celte collégiale d'autre part , au sujet de la juridiction de St-Just. Cochard , Calendrier pour 1829, p. 35.
1387. — Mars i3. Charles VI fait défenses aux prélats de son royaume de tirer en procès les habitants de Lyon en cour de Rome ou autre part, soit par excommunication ou autrement, pour causes réelles et concernant le temporel, attendu qu'il n'appartient qu'à lui d'en connaître. Notes de l'abbé Sudan. Voyez ci -dessus, année 1377.
1387. — Juin 18. Guichard de St-Pricst, chevalier, seigneur de Sl-Chamond, est nommé capitaine gardiateur de la ville de Lyon. II paraît avoir succédé à Henri de ViégoMuseton, qui avait eu pour prédécesseur le fameux Archaimbaud
Comborn.— a Celle dignité, dit Brossette, fui ensuite réunie à celle de bailli deMâcon, sénéchal de Lyon, et les officiers qui possédaient cette dernière charge ajoutaient à leurs qualités celle de capitaines de la ville. » Elog. hist. i33. Voyez ci-après , année i58(), et ci-dessus, année 1371 .
13g7. — Juillet 20. Charles VI adresse au juge royal de Lyon des lettres par lesquelles il lui enjoint de supprimer les sergents créés par le maître des ports et passages, au-delà du nombre fixé par le bailliage deMâcon et la sénéchaussée de Lyon. Ord. des R. de Fr. , 111 1 i52.
1387. — jioât 28. Lettres de Charles VI, portant que les habitants de Lyon, qui avaient depuis peu le siège de leur ressort à l'Ile- Barbe, n'y ressortiront plus a l'avenir, mais seront du ressort de Mâcon comme autrefois. — Le 2 mars suivant, il y eut surséance à l'exécution de ces lettres. Ord. des R. de Fr.9 t. x, p. i53 et 157. — Voyez ci-dessus, avril i368.
1387... — Lettres de Charles VI, portant que les monnaies du Dauphiné auront cours dans la ville de Lyon, etc. Ord. des II. de Fr.y vu, 182. Voir aussi la table du même volume , au mot Lyon.
1388. — Février 28. Les prêlres de l'église de St-Nizier ayant refusé de faire un enterrement, parce que l'on n'avait pas voulu leur donner le lit du trépassé, procès-verbal en fut rédigé. Le temporel de l'église fut mis, le même jour, sous la main du roi, et les prêtres de Sl-Nizier furent assignés devant les officiers royaux à Roanne. Le G mars suivant, il y eut transaction entre la ville et les chapitre et curé , pour fixer les droits de casuel. — Une autre transaction pour le même objet eut lieu le a3 février 1089. S. Voyez ci-après > année 1 5q 1 .
1389. — Octobre 14. Entrée solennelle de Charles VI par la porte de Vaise.
— Cinq cents hommes à cheval, vêtus de rouge aux dépens de la ville , et précédés de deux trompettes et de trois hautbois, allèrent au-devant du roi. Un aussi grand nombre d'enfants furent vêtus de tuniques bleues fleurdelisées ; ils tenaient chacun à la main un guidon aux armes du roi , et , marchant deux à deux, ils s'arrêtèrent devant le palais de l'archevêque , on, s'étant rangés en haie, ils criaient Mont-Joye Suint Denis, rive le Roi ! Vingt-cinq dames vêtues de bleu se trouvèrent a la porte de Bourgneuf lorsque le roi arriva ; quatre d'entre elles lui présentèrent le dais qui devait être porté sur lui le long de la marche. Ce dais était de drap d'or; les battants ou campancs, de satin bleu à fleur-de-lis d'or, relevées en broderie, avec des franges vertes en soie mêlées d'or. On avait élevé sur la place de la Ùraperie ( aujourd'hui la place du Change ), une fontaine qui pendant toute la marche du cortège jetait par divers canaux du vin blanc et du vin clairet pour rafraîchir les passants et surtout la garde du roi. Celte fontaine avait pour sentinelles les deux plus beaux hommes qu'on eût trouvés à Lyon, et qui étaient travestis et vêtus en sauvages. Lejour commençant a faillir lorsque le roi arriva devant la place de la Draperie, soixante hommes vêtus de rouge prirent des torches allumées et escortèrent le roi jusqu'au palais de l'archevêque, où il fut logé. Hist. consulaire du P. Mcnestrier; Description de Lyon, par Cochard, p.
— Voici en quels termes Juvenal des Ursins a parlé de cette entrée, Hist. de Charles VI , p. 76, édition de i653 : « El le Roy s'en vint à Lyon , et les habitans furent moult joyeux de sa venue, et parèrent les rues. Et à l'entrée de la ville, joignant la porte, yavoitunbicn riche poille sur quatre basions^ que tenoient quatre belles jeunes filles, et se mit le Roy dessous. Et en certains lieux de la ville y avoit jusques à mille enfans vestus de robes royales,
jouans et chanlans diverses chansons sur la venue du Iloy. Chères se faisoient, léuxet tables furent mises par les nies, et ne cessèrent, pendant quatre jours, de ce faire jour et nuit. Jeux et esbatemens se faisoient, et tous signes qu'ils pouvoient faire de joyeusete», de la venue du Roy leur souverain seigneur, et de le voir en bonne santé et prospérité. De la ville de Lyon, après qu'il y eust esté par aucun temps, se partit, et s'en vint à Rocquemeure, etc. »
— Charles VI, reconnaissant du ïèleque les Lyonnais lui témoignèrent pendant qu'il était au milieu d'eux, et de ce qu'ils n'avaient pris aucune partit la révolte des Mai(tolins% transfère à Lyon la fabrication des monnaies établie à Maçon. Notes de feu Delandiue.
1389. — Novembre. Ordonnance de Charles \I portant, art." 12, que le blé se vendra dans le marché d'Eyricu (Dauphiné), à la mesure de Lyon, et Je vin à celle de Vienne. Ord, des Rois deFr., vu, 307.
— Jean de Talaru, ayant été nommé cardinal par Clément VIII, qui avait éléprécenlcurdc l'Eglise de Lyon, Philippe de Thurey est élu archevêque de L)on. — On ignore la date de la mort de Jean de Talaru qui, par son testament du 23 septembre 1092, légua a la chapelle de St-Michel du château de Pierre-Scise, un missel, une chasuble et quelques autres ornements d'église. — Ce testament est daté du château de Pierre-Scise. Cochard , Calendrier pour 1829, p. 55. — L'origine delà famille de Talaru se perd dans la nuit des temps ; mais elle paraît avoir commencé dans le Lyonnais. Voy. Le Laboureur, Mazures de l' Ile-Barbe, tome 11, page 56o et suiv., et le Dictionnaire de Moréri, art. Talaru. Cette famille qui subsiste encore dans la personne de M. le marquis de Talaru, pair de France, a fourni plusieurs personnages distingués. L'Église de Lyon lui a dû trois archevêques dont deux, Jean et Amédéc , furent cardinaux, et environ vingt chanoines, comtes de St-Jean. On voit par une pièce de Gilbert Ducher, insérée à la page 29 de son recueil, imprimé en 1 538 par Sébastien Gryphe , que l'un de ces comtes, qui portait le prénom de Jean, possédait une maison près de l'église de Fourvières, où il cultivait avec succès la poésie et les lettres , et où il réunissait probablement une société choisie de personnes qui partageaient ses goûts. Yoici une traduction de cette pièce :
Mon livre, va te rendre au Forum de Vénus , Ce sommet élevé d'où le soleil contemple De ses derniers regards la cité de Plancus ; Talaru , dans ces lieux , réside pi cs du temple Où du peuple chrétien Thomas est révéré. Ou ne l'y voit pas seul; il y coule sa vie Dans une douce paix , des Muses entouré , Si jamais toutefois un poète sacré Reconnut l'ascendant des nymphes d'Aonie. Ce piètre vertueux dont s'honore Lyon , Te fera , sois- en sûr , un accueil favorable : De tous ceux qui sont chers au dieu de l'Hélicon , Il est le protecteur et l'ami véritable.
Voyex Mél. de M. Breghot du Lut, p. 408-9 ; Arch. du Rh.9 xiv, ai/j.
— Jean de Fontaines remplissait alors les fonctions de bailli de Mm-on » sénéchal de Lyon et capitaine de cette ville. — Il paraît être le premier qui ait réuni ces différents titres. Brossette, i33. Yoyez ci-dessus, année i38~,rt ci-après , année 1416
1391. — Mai i5. Une sentence du juge ordinaire de la terre Je Rochefort condamne un homme et une femme convaincus d'adultère à courir et trotter nus, depuis la prison jusqu'aux confins de la juridiction... Ordinamus ferc cuirendos et irotandos nudos à dictis carceribus Rupis foriis, in quibus de line bantur prisonarii , usque ed finem jurisdictionis, etc. — L'obéancier commua la peine en une amende de Go sous, dont les condamnés souscrivirent, le 19 du même mois, une obligation. — La terre de Rochefort, située près de St-Martîn-en-Haut, ou des Anneaux, dans le Lyonnais, avait été acquise par le chapitre de l'Eglise de Lyon, en 1 i?3. Arch. duRh., VI, 35. Voyez ci-dessus, armées 1 3 02 ou i3o3 , et i347-
— Mai 16. Lettres patentes de Charles VI, relatives à l'exécution du traité fait (en i388) avec les ecclésiastiques de la ville de Lyon, pour les sépultures, épousailles, sonneries de cloches, eto. Arch. cgi. , n" ga. M.
— Le cardinal Amédée de Saluées , archidiacre , fait construire à ses dépens la voûte ou plutôt l'arcade de la voûte la plus proche du frontispice de l'église de Sl-Jean. Mss. de la BiH. de Lyon, n* i383. Yoyex ci-après, année 1 S99.
1392. — Juillet 2Ç). « Hault et puissant prince, Jean de France, duc de B.erry t et d*Auvergne, etc., meu de deuotion, prend l'habit de comte, en l'église « de Lyon, et est receu, sa preuue accomplie jusqu'au quatrième degré, ad « instar ducis Burgundict fundatoris; mais elle est égarée et ne se trouuc. Te-
« moins examinez pour la preuue : Messire Jehan, comte de Sancerrc ,
« Louis, comte d'Estampes. » M.
— Charles VI permet à des Lombards de s'établir dans la ville de Lyon pendant quinze ans, pour y faire le commerce, et pour y prêter de l'argent. Ord. des Rois de Fr., vu, 789.
1393(1392, v. s.) — Avril 3. L'archevêque de Lyon obtient des lettres datées de Paris, par lesquelles le roi déclare « qu'il n'entendoît plus que les juges « tinssent le siège de la justice à Lyon, ni au dedans delà baronme de Lyon, « moins d*y avoir des prisons qu'if entendoil être à MScon. » — Ces lettres, dit Pierre Dupuy, furent exécutées avec violence par un conseiller de la cour; à quoi supposèrent tous les officiers du roi demeurant dans Lyon, principalement son procureur, qui appela a Sa Majesté de toute cette exécution. Enfin toutes les parties fnrent ouïes au conseil privé du roi, tenu en son hôtel de Sl-Paul, où intervint arrêt du 5 octobre i3g4, par lequel il fut dit qu'il avait été mal exécuté par le commissaire , les officiers du roi rétablis en leurs charges, et le traité de Tan i5o7 ca*$é et annulé. Traitez touchant les droits du Roy, p. 87a. Voyez ci-après, année
1593.— Jvrit 3. Jean de Thurey obtient de Charles VI des lettres patentes qui confirment les traites passés avec Philippe-le-Rel, en i3oy, et par lesquels il est défendu an sénéchal, à son lieutenant, et au procureur du roi de tenir leur siège de justice dans son hôtel de Roanne. Rubys, p. 329. Voyez ci-après au 5 octobre 1394.
— Les officiers royaux de Lyon, prétendant que les châteaux de Rochetaillée et de Sl-Rernard dépendaient de la couronne de France, y avaient fait mettre, à l'instance du chantre de Lyon, les armes et panonceaux du roi: mais le eomtede Savoie, prétendant que ces châteaux étaient de sa souveraineté, et lui devaient hommage, envoya Jean de la Rauiue pour en avoir raison; n'ayant pu l'obtenir , il se saisit par armes du château de Benost et de Genay, en Lyonnais, appartenant au chapitre de Lyon qui, pour en obtenir la restitution, fit sommer, le 9 novembre, messire Odo du Villars, Jean, mîî-
gneur de Corgenon, et Pierre de Colomb, prieur de St-Pierre de Mâeon, concilier ordinaire du comte : à quoi il fut répondu que Jean de la Baume n'avait rien fait que par bon ordre, et qu'on rendrait Benost et Genay quand on aurait ôté de Rochctaillée et de St-Bernard les armes du roi. — Jean de Gorrevod était alors châtelain de Genay et de Benost (aujourd'hui Beynost. dép. de l'Ain). Titres de l'Eglise de Lyon, extrait des Notes du P. Menestrier. — Le domaine dans lequel était le château de Benost appartient aujourd'hui à M. Breghot du Lut, ancien juge de paix du canton de Montluel.
— L'archevêque prétendait avoir le droit de lever tous les ans, depuis la fête de S. Jean-Baptiste (24 juin) , jusqu'à la fête de S. Julien (28 août), un péage nommé le Péage du pont du Rhône « assavoir pour chacune beste « chargée de bled ou de fruits qui entroit en la cité, un copon desdits grains « ou fruits , du plus le plus , et du peu le peu. » Un arrêt de la cour de Paris, de l'an i4{)3> supprima ce péage. Mais, dit Paradin, feu M. le président Bellièvre , qui l'avait extrait des archives de la ville, l'annota de ces mots en marge: « Cest arrêt n'est pas à fond de cuve, et credo quod aliter fuit judicatum : 4 nam audio quod hoc pedagitan levatur. » RI. de Bellièvre écrivit à la page suivante : « Sont exempts les citoyens du péage de Bec/ieveillain , mais des au- « très non. » Paradin ajoute : « Du péage qui se lève à la porte du pont du Rhône et ès autres portes et entrées de la ville de Lyon ne sont exempts lesclils citoyens, sauf du vin de leur cru ou de celui qu'ils achètent pour leur usage; le tout par accord fait , en Pau i3q5, au traité de deux conseillers qui furent envoyés à Lyon pour faire enqueste sur les différends qui lors estoyent entre l'archevesque, le chapitre et certains autres d'une part, et la ville d'autre part. » I/ist. de Lyon , p. 177.
1594. — Juillet 29. Lettres de Charles VI , portant que les Juifs seront contraints de contribuer aux fortifications et réparations de la ville. — Par d'autres lettres du roi, de la même année, défenses furent faites d'emprisonner les citoyens de Lyon pour les dettes des Juifs. — Les comptes relatifs aux démarches faites à cette occasion, par le consulat, nous apprennent que l'archevêque fit faire cette même année une crie de la fête des Merveilles , et que la ville paya 7 sous parisis pour la copie de ladite crie. S. Revue du Lyonn.y vu, 525 et suiv. Voyez ci-dessus, septembre i564, et ci-après au 6 mars i5q5.
1394. — Septembre 7. Audience du parlement de Paris, tenue en présence de M. de Berry, M. d'Orléans, etc., «devant lesquels futplaidée la cause d'entre le procureur-général de S. M., et l'archevêque de Lyon , auquel ledit procureur-général soutenoit que , bien qu'en l'année 1620 le roi eût transféré audit archevêque de Lyon la justice dudit lieu, il s'étoit pourtant réservé la souveraineté et le ressort, et tous les droits royaux, foi et hommage, et que même ledit seigneur y avoit ses sergents, officiers et tabellions, et en outre y avoit un juge, des exempts et des monnoies ; et par ainsi soutenoit ledit procureurgénéral la cause d'appel faite par le procureur du roi à Lyon, en cas d'excès et d'ultentats : laquelle plaidoirie est au long étendue dans les registres du parlement dudit temps. » Germain Constans, Traité de la cour des monnoyés, p. 83, éd. de *658.
1394.— Sep tembre 22. La nouvelle de la mort du pape arrive au roi comme il était à la messe pour entrer dans le conseil qu'il avait convoqué pour juger le différend qu'il avait avec l'archevêque de Lyon pour la seigneurie de la ville, qu'il prétendait. — Cela fit remettre l'affaire a une autre fois, et il renvoya les gens du parlement. Le Laboureur, Histoire de Charles FI , p. 2G8.
1394. — Octobre 5. Le parlement casse les lettres patentes du 3 avril i5q3 qui avaient autorisé Philippe de Tliurey, et non Jean de Talaru, comme l'ont dit quelques historiens, a chasser de la ville et de l'hôtel de Roanne les officiers du roi. L'archevêque avait fait mettre ces lettres à exécution par un nommé Givry. Celui-ci, précédé de plusieurs ecclésiastiques portant des falots, s'était rendu à l'hôtel de Roanne, en avait expulsé le sénéchal. Il avait ouvert les prisons à deux criminels, enlevé de la salle des plaidoiries le tableau des ordonnances, et permis au nommé Cartula de monter A reculons sur un 5ne, et de traîner dans les rues, eu criant Tout est gagné , nous n'avons plus de roi, un panonceau où étaient peintes les armes du roi. L'arrêt du parlement réprima ces excès, punit Givry et Cartula, et condamna l'archevêque à payer des dommages-intérêts aux officiers du roi. Rubys, p. 239; Menestrier, Uist, cons. , p. 5 1 5 et 519; Alm. de Lyon pour 1789, p. 3o3; C. Breghot, Nouv. Mélanges, p. 243.
—Le pape Clément VII accorde dix ans d'indulgence à ceux qui contribuerontaux frais de la restauration du sanctuaire de St-Nizier. Cochard, Descript. dcLyon, p. 106. Voyez ci-dessus, années 1255 et i35o , et ci-après, année i456. — Le 14 novembre de cette année 1394, le même pape donne aux habitants de la ville de Lyon, de quelque sexe qu'ils soient, la faculté de pouvoir élire un confesseur en temps de peste.
— Les juges royaux qui avaient été troublés par l'archevêque Philippe de Thurey dans l'exercice de leurs fonctions, sont solennellement rétablis au palais de Roanne.
1595. — Mars 6. Lettres du roi Charles VI , contenant défenses de prendre au corps les débiteurs des Juifs. Inventaire de pièces sur Lyon. Mss. de la biblioth. de Lyon, n° 1464. Voyez ci-dessus, année 1 394, et ci-après, année 1429.
— En ce temps-là les Juifs de Lyon étaient allés chercher un refuge à Trévoux et dans d'autres petits états du Midi; car ils avaient tous été bannis de France par un édit de Charles VI, du 17 septembre i3o4. Ceux qui s'établirent à Trévoux y apportèrent une branche d'industrie qui s'y est longtemps conservée; c'était l'affinage et l'étirage de l'or (1). On ne sait si les réfugiés y apportèrent cet art dans toute sa perfection, mais il est certain que dans la suite l'étirage de l'or fut exercé a Trévoux avec une habileté telle que l'on parvint a étirer ce métal précieux jusqu'à la ténuité du cheveu. Les deux grandes villes manufacturières de France, Paris et Lyon, ne cédèrent point sous ce rapport à l'orfèvrerie de Trévoux , et lui enlevèrent même sa réputation ; mais outre l'or, les orfèvres de Trévoux surent aussi étirer eu perfection l'argent, et dans cette partie ils n'eurent point de rivaux. — Les Lombards ne manquèrent pas de profiter de l'expulsion des Juifs, leurs compétiteurs, pour se mettre à leur place et faire seuls des affaires d'argent... A Lyon ils avaient, depuis tin siècle, éclipsé les'Juifs par leurs richesses et l'étendue de leurs spéculatiorfs. Les Florentins, les Lucquois, les Génois, les Piémontais, etc., y formaient des corporations, et plus que les Juifs ils ont marqué leur séjour en embellissant Lyon et les environs d'édifices grands et magnifiques... Depping, Les Juifs dans le moyen âge, p. 3i5.
(1) Il existait à Trévoux , vers le milieu duxvm* siècle , un tireur d'or nommé Balmont , qui s'enrichit , dit-on , en faisant entrer à Lyon, par contrebande, des lingots dans des dindes, d'où lui vint le surnom de Balmont-la- Dinde. C'est lui qui Ct construire la belle villa duVernay, qui appartient aujourd'hui au collège royal. Voyez Lettres à ma Fille, etc., par Mazade d'Avèze, toni. 11 , p. 10.
1395. — Mai 2-17. Passage el séjour a Lyon de Messeigneors de France , se . rendant à Avignon auprès du soi-disant pape Benoit XIII , pour mettre en
état les affaires de l'Eglise. — La ville leur fit des présents de cilfonnet , de confitures, etc. S.
— Pierre de Thurey , cardinal-légat à la t ère en France , fait, dans l'dglise deSt-Just, la levée des corps de S. Irénée, de S. Epipode et de S. Alexandre. Le cardinal était assisté de l'archevêque de Lyon et des abbés de Savigny, de St-Ruf, de Valence, de l'Ile-Barbe, d'Ainay et d'Ambournay. M. — Poullin <Je Lumina met cet événement à 1409 ou 1410. Hist. eccl. 355.
1396. — Deux conseillers de Paris viennent à Lyon pour faire une enquête sur les différends qui existaient entre l'archevêque de Lyon, le chapitre et certains autres d'une part, et la ville d'autre part. Paradin, p. 177. — Dans un procès mû entre l'archevêque et la ville, en 1454» au sujet des poids et mesures, el sur lequel fut rendu un arrêt en faveur de la ville, on rappelle un règlement donné en 1396, par Philippe de Thurey, après un conseil tenu dans son palais avec les plus notables de la ville , et dans lequel il fut résolu qu'on ne se servirait à l'avenir que de poids a deux balances ; que le poids de Lyon serait d'un quintal, et le quintal de 102 livres, et la livre de 14 onces; qu'à l'avenir et incessamment tous les marchands feraient régler leurs poids sur ce pied-là, et que les auciens poids seraient cassés et annulés. S.
— Le roi écrit an chapitre pour l'assoupissement du schisme, et pour faire savoir qu'il ne voulait point que l'on conférât, en son royaume, lesprêlatures sans sa licence. Notes du P. Mcnestrier. — Il y avait alors deux papes, lionifaçe IX el Benoit XIII. \ oyez ci-dessus, anrue 1093.
— Philippe de Thurey , disputant avec l'archevêque de Rouen pour la primatie, écrit au chapitre et le prie de lui prêter les titres qui sont au trésor, afin do prouver que son Eglise est prima sedes Galliarum. M.
1397. — Février. La ville de Lyon est imposée à 800 livres pour les secours de la chrétienté et la poursuite de la paix et union de l'Eglise. — Vers ce temps, il y eut plusieurs démêlés entre la vîllede Lyon et certains gentilhommes du pays de Savoie. S.
1397. — Juin 7. Guillaume Buyer, élu chamarier de St-Paul, prête serment au chapitre, sur les saints Evangiles et sur les reliques placées sur l'autel, en cette forme : Audite, Canonici, et juro, ego Guillermus cw/ierarius , etc. — Il résulte de ce fait que les serments à la face des autels étaient encore en usage à la fin du xiv* siècle. C. Breghot, Lettres ly on. , p. 18.
— On lit dans les Acles capitulaires de St-Jean, 1. v, fol. 146 : Jubet Capitulum ad requtstam stuAtorum celebrantium festum stuttorum illis tribui scuia attri ira:, anno 1 397. Voy et ci-après , année i4o5.
1398. — Amé de Talaru , chantre , Guillaume de l'Aubépin et Raymond de la Faye , chanoines, sont députés par le chapitre à l'assemblée que le roi avait convoquée pour apaiser le schisme universel. M.
1399. — Novembre 26. Mort de Guichard de l'Espinasse, d'abord prévôt, et ensuite doyen du chapilrc. — Ce prélat, par son testament, voulut que tous ses biens fussent employés à la construction de la cathédrale. Voyez cidessus, annec i5<ji.
— Tristan du Bois, Jean de Norry et Raymond de la Faye» jeunes chanoines, sont envoyés au roi pour faire hommage à S. M., au nom de l'Eglise. — Trisian du Bois, qualifié de comte de Lyon dans l'ancien regis-
Ire des preuves , fut premier maître des requêtes de Charles VI et son ambassadeur en Allemagne , où il mourut en 1401. M.
1400. — Juin a 3. Edouard II cède à Louis de Bourbon sc9 terres de Beaujolais et de Dombes. — Voici quelle fut la cause de cette cession : Edouard ayant enlevé une fille de Villefranchc, fut ajourné au parlement de Paris pour répondre sur ce rapt. Il était alors dans son chiite au de Perreux, et, se croyant tout permis, il fit jeter par les fenêtres l'huissier qui vint lui faire la citation. On envoya des troupes qui l'arrêtèrent et le conduisirent en prison à Paris; il y courait risque de perdre la tête; mais ayant imploré le secours de Louis de Bourbon qui l'avait autrefois défendu contre le comte de Savoie, il fut délivré par son crédit, moyennant la cession qu'il fit a ce prince de ses terres de Beaujolais et de Dombes, au cas qu'il n'eût point d'enfants légitimes. Edouard ne jouit de sa liberté que six semaines, étant mort sans lignée le 1 1 août 1400. Art de vérifier les dates 9 El, 479.
Paradin dit que de son temps on chantait encore, dans le Beaujolais, une chanson dans laquelte se trouvaient ces vers, cités par l'auteur des Mémoires sur le Beaujolais, t. 11, p. 5c)3 j n° 1482 des Mss. de la bibliothèque de Lyon :
Sire roy , sire roy , faites-nous justice
De ce larron Edouard qui nous prend nos filles.
Edouard , Edouard , laisse-nous nos filles.
— Le duc de Iîerry étant entré dans l'église de St-Jean avec des éperons , donne six francs aux enfants de chœur. M.
— Le chapitre élit un roi du cloître , qui fait son serment, et nomme douze personnes qui ont le soin de porter devers la Saône a ceux du cloître, le blé , la paille, le vin, le bois, le foin, etc. — Ces douze personnes, qui s'appelaient coponiers ou du copon, devaient faire une loge devant l'église , la veille de St-Jean. Notes du P. Menestrier. — Voyez, sur le roi du cloître, qu'on appelait vulgairement le roi des ribauds, Lyon tel qu'il étoit, etc., par M. l'abbé Guillon; les Arch. du Rh. , iv, 35o ; le Roi des Ribauds , histoire du temps de Louis XI I , par le bibliophile Jacob ( Paul Lacroix ) , etc.
— La fête des Merveilles ne fut pas célébrée parce que les habitants n'avaient pas requis Messieurs du chapitre de la faire , ainsi qu'ils le devaient. M.
— Il y eut cette année une espèce de mortalité. S.
1401. — En ce temps-là les Lyonnais allaient en pèlerinage ù St-Claude. Vers le mois d'avril le seigneur de Dortan , son frère Bussicaud et quelques autres avaient insulté et maltraité plusieurs citoyens de Lyon, qui portèrent plainte. On fit des informations, on les renvoya à M. de Villars; le bailli de Mûcon s'interposa. On requit M. de Villars, qui était à Uossillon, de faire justice du seigneur de Dortan et autres, de l'outrage par eux fait aux bonnes gens de Lyon qui allaient en pèlerinage à Monsieur St-Claude. S.
1402. — Avril 34. Mort, ù Avignon , du cardinal Jean de la Grange, évêque d'Amiens, ministre d'Etat et surintendant des finances sous Charles V, etc. , né à Lyon, suivant quelques auteurs, en Beaujolais, suivant d'autres. Pernctti, 1, i45 ; Moréri; Le Laboureur, Introduction à l'Hist. de Chartes VI ; Hist. de C église cathédrale de Rouen , p. a 1 a.
— Un arrêt du parlement autorise la ville de Lyon à conserver des profes-
seursen droit civil et canonique. Âlm. de Lyon pour 1764, p. 1 55; /?/<>£. unir., suppl. , art. Danioine; Clcrjon (J. Morin), Hist. de Lyon, vi, ^87.
<403. — Fêtes de Pentecôte. Emeute populaire , dite la Sédition de Lyon , et en mémoire de laquelle on institua la confrérie du St-Esprit et la fête du Cheval fou. Rubys, Hist. de Lyon, \W. m, cb. 47> et liv. nr, ch. 10; Variétés d'A. P. , p. 92 et suiv. — Cette émeute pourrait bien être la même que celle arrivée, suivant Paradin, en 1400. Cependant cet historien cite un arrêt du parlement, qui aurait été rendu en 1402, et par lequel les citoyens de Lyon , postérieurement à la sédition, auraient été « maintenuz en droit de pouvoir a imposer et lever collectes et tailles pour les nécessitez de la cité, et causes « souvent émergentes. » Hist. de Lyon, p. 235.
1404. — Janvier ùo. Par lettres patentes données à Paris, le roi avait imposé une aide pour s'opposer à l'entreprise de Henry de Lancastre qui se disait roi d'Angleterre. La portion de la ville de Lyon dans cette aide fut de 1800 livres, et celle des villes et pays du diocèse de Lyon pour cette première taille, de 6,a5olivres, non compris 333 livres 5 s. tournois, pour les frais. Notes manuscrites du P. Menestrier qui mentionne d'autres lettres patentes de la même année, à l'effet d'exiger de nouvelles tailles pour résister à la même entreprise. Nous rappellerons que ce fut alors que commença la fameuse querelle entre les maisons d'Yorck et de Lancastre , sous la devise de la rose blanche et de la rose rouge.
1404. — Septembre. Séjour et prédications de S.Vincent Ferrier. — Le 25 du même mois la ville fit payer i° aux frères Prêcheurs, 16 livres tournois pour la dépense faite par cet illustre missionnaire durant les 16 jours qu'il avait demeuré et prêché à Lyon; a°à Jean Maignet , recteur de la chapelle de la Madeleine , près Lyon , à la partie de l'empire (Dauphiné), 10 livres pour indemnité des torts et dommages qui lui avaient été faits par le peuple dans sa grange et dans son pré , pendant que Vincent Ferrier prêchait dans ce pré qui dépendait de la chapelle de la Madeleine. — Ce fut maître Jean Goutel , lecteur de la grande église de Lyon , qui avait été envoyé à Genève pour prier Vincent Ferrier de venir à Lyon. S. — Voyez ci-après, années 1408, 141 5, 1417 et i443. — Nous croyons devoir reproduire ici, et nous pensons que nos lecteurs nous en sauront gré, un passage vraiment remarquable sur les prédications de S.Vincent Ferrier, que nous avons extrait du savant ouvrage de M. Depping, Les Juifs au moyen âge, p. 396 et 397 :
« Un des plus célèbres missionnaires de ce temps fut Vincent Ferrier, homme tout dévoué à la prédication, et dont la carrière religieuse ne consista, pour ainsi dire, qu'en un sermon perpétuel. Vincent avait toutes les qualités d'un prédicateur: une éloquence entraînante, une ardeur infatigable , un dévouement sans bornes pour l'Eglise, une énergie extraordinaire, une austérité de mœurs capable de résister à toutes les séductions, enfin une abnégation complète à l'égard des biens de la vie : voilà ce qui frappait le peuple en lui, voilà ce qui donnait à Vincent une autorité toute-puissante pour balancer celle des grands de la terre. Les rois l'appelaient auprès d'eux. le consultaient et l'employaient pour les affaires d'Etat; les peuples se félicitaient de sa présence. II passait de l'Espagne en France, delà France en Italie.
« Partout où il passait, on l'accueillait comme un saint; une foule de monde l'accompagnait; la population entière des villes, suspend.mt tousses travaux, courait à sa rencontre. Quand on voyait le pauvre missionnaire sur une mule ou sur un fine au milieu de la cavalcade brillante qui voulait lui servir d'escorte, et suivi de cette foule qui avait tout abandonné pour l'entendre chaque
fourj un profond sentiment de respect s'emparait dès chrétiens; mais quand , arrivé dans une plaine ou dans une place publique, il commençait à tonner contre les pe'cheurs; quand il peignait en couleurs vives vt animées la passion de Jésus-Christ, et la persécution du juste par les Pharisiens; quand pour l'amour de celui qui a versé son sang sur la croix, il commandait à la multitude de se découvriras épaule» et de ae meurtrir la chair, comme Jdsus-Chiist
pécheurs endurcis; enfin quand il fondait en larmes, comme suffoqué par ses sentiments pieux, des milliers d'auditeurs versaient des pleurs avec lui; les riches quittaient leurs biens pour vivre dans l'austérité'; des femmes de grandes familles se retiraient dans les cloîtres. Les confesseurs ne pouvaient suffire pour entendre tous les aveux qu'on avait à leur faire : on voyait des criminels, des fripons , des courtisanes s'accuser hautement du scandale de leur vie passée; les notaires qui accompagnaient le dominicain dressaient acte des restitutions de biens injustement acquis, ou des réconciliations qui s'obéraient entre les familles, les partis ou les villes. » Voyez P. Ranzar Fie de S, Pincent Février * dans les Actasanctorum^ 5 avril. — . L. Heller Vincent Ferrier tiach seincm Leùen und JVirktndargesteUt. Berlin , 1 83o, in-8.
1405. — Février 10. Le consulat fait payer cent livres tournois a frère Pierre Robin, maître provincial des frères Augustins , pour lui aider à faire la fête de son magistrement ; lequel fait , il viendra en la ville faire sa résidence, et la servir de la parole de Notrc-Se.igneur. M.
1405. — Août i3. Arrêt entre le roi , sa ville de Lyon, d'une part, et le sieur archevêque et chapitre de Lyon , d'autre part; par lequel il est dit qu'avant de prononcer où se tiendrait le siège des ressorts (au bourg de rilc- Barbe ou a Mûcon), il sera informé de la commodité ou incommodité de part et d'autre. M. 1
— Le chapitre de St-Jean accorde huit écus d'or pour la célébration de la fête des Fous... Decernit octo scuta àuri pro festo Stutlorum. Actes capitul.