vu. Voyez ci-dessus , année
— Le roi de Navarre passe à Lyon. La ville lui offre 24 torches et 24 livres de confitures. — Ce prince repassa à Lyon le i5 septembre 1408; la ville lui fit les mêmes présents. S. Voyez ci-après au 4 décembre 1410.
— Jean de Hangest, grand-maître des arbalestriers de France, s'avance jusqu'à Lyon , et y fait un gros d'armée pour le conduire au comte de Valcntinois. Chorier , Ilist. du Dauphiné , p. 397.
1406. — Mars. On paye 1293 livres 12 sols , somme à laquelle la ville a été imposée pour l'aide mise au mois de septembre précédent, pour le voyage de Cuienne elle renforcement des frontières du royaume. S.
1 406.— Septembre. Les citoyens forment une appellation pour le soutènement de la juridiction royale dans la ville de Lyon. S.
1406. — Octobre ou décembre 12. La ville présente au roi Louis et à la reine de Sicile a4 torches et 24 livres de confitures. — Voyez ci-après, au 24 septembre 1408 et au 4 décembre 1^10. •
1407. — Février 25. Leduc de Savoie, Amédée-Ie-Pacifiquc, établit àLyon, dans le palais qu'il y possédait, et qui avait d'abord appartenu aux Templier*
les religieux Céleslin». Artdevérif. les dates, 111,631; Notice sur les CéUsiins de Lyon, par A. P. , lue à l'Académie de Lyon, le 28 novembre i83?.
1407. — Octobre 12. Lettres de Charles VI portant commission on sénéchal pour informer, a la requête des conseillers , contre Humbert Mcrlet, a raison des injures par lui proférées contre la ville, et pour avoir dit que les habitant» de Lyon étaient traîtres à Sa Majesté. M.
— « Pierre de Cuysel avait été ajourné à comparaître par-devant le roi personnellement au mois de novembre i4©4 ? pour répondre à Jean de Courronbrot, écuyer d'empire , en gage de bataille et autrement induement (sic) contre l'honneur et liberté de la ville selon noire avis. On députe en France Humbert de Varey avec des lettres de recommandation à M. le duc d'Orléans, au chancelier de France, an chancelier d'Orléans et autres seigneurs. » M.
1408. — Avril 1. Lettres d'octroi du roi Charles VI, dans l'exposé desquelles on lit que les villes de Bourg, de Montluel et de Chûlillon s'étaient faites riches , grandes et bien peuplées de la dépopulation de Lyon, et que la marchandise s'en était distraite, à cause des grandes levées, aides, emprunts, gabelles mis pour le fait de lu guerre ; que depuis Noël en ça les rivières du Hhône et de la Saône avaient été tellement grandes , que tous les ponts en étaient ébranlés et cassés; que l'eau n'avait été , de mémoire d'homme , si grande et si haute (jusqu'à la hauteur d'un homme ) , même qu'elle avait élépresque par toute la ville, du côté de l'empire... ; enfin, que plus de 200 maisons y étaient tombées. Le roi accorde le quart de toutes ses aides pour le lait de guerre, pendant quatre ans; lequel quart sera employé à la réparation des ponts et des murailles de la ville. — Ce quart pouvait monter à 1000 livres. Ennemond de Sivrieu avait été député au roi pour obtenir ce don. S. Voyez la Revue du Lyonn, , v, 3.
— « Maistrc Michel de Jalongnes fut en ce temps moult expert en la science des étoiles. Cestui prédit à Lion les innundations que fist le Uosne qui fut sanscomparaison moult grant... » Catalogue des principaux astrologues qui ont eu de la réputation en France sous le règne de Charles V , inséré dans les notes de l'abbé Lebœuf sur Vffist. de Charles f , écrite par Christine de Pisan, t. 111 , p. 44<J de ses Dissertations.
1408. — ^rrt7 5o. La ville fait payer à M* Jean Aynard , lystre ( lecteur ) des frères Prêcheurs, qui fit le sermon chez lesdits frères pour annoncer lamonition de la ville ledit jour 3o, savoir, un gros; item autant à Pierre Robin, . frère Augustin, qui fit le sermon à la Chana pour annoncer ladite monition. S.
— Saint Vincent Fcrricr, qui était déjà venu à Lyon en i4o4> y revient et y séjourne quelque temps; il se rend ensuite à Avignon auprès de Benoît XII !» et de là à Aix en Provence , où il se trouve avant la fin d'octobre. Acla tanctor., 5 avril, p. 481 . Voyez ci-après, années i5»5 et 1517.
1408. — Septembre 24. Louis, roi de Jérusalem et de Sicile, duc d'Anjou * comte de Provence , etc. , déclare , par lettres datées de Lyon , qu'il passe p.ir Lyon accompagné des gens de son hôtel et aucuns autres armés et garnis de barnois ; qu'après lui doit passer un écuyer nommé Guillaume d'Anthon , et 4o hommes d'armes en sa compagnie. Il déclare enfin qu'il se rend à Paris* suivant ses ordres, etc. La ville lui fait offrir 24 torches et 24 livre» de confitures. M.
1409. — « Le comte de Savoye commença guerre au duc Louis de Bourbon , oncle du roi , en ses pays de Bresse et Bcaujolois : disant que ledit duo de Bourbon éloit ton homme, à cause de certaine* places qu'il tenoiten Bresse ;
et fit pnsser ledit comte de Savoye la rivière de la Saône à plusieurs grand» nombres de gens d'armes et de trait, et en estoit conduiseur un gentilhomme de son pays nommé Amé de Viry , etc. » Alain Chartier, Hist. du roy Chartes Vit* — .... Fut donnée la charge de mener lesdits gens d'armes au sire de Gaucourt , à Lyon. Ibid. , p. i5.
« En janvier 1408 , avant Pâques, M. de Savoie avait envoyé aux conseillers de la ville de Lyon une lettre contenant ordre au sire d'Entremont et ù ses gens d'armes , qui étaient alors aux environs du Lyon, de ne faire aucun doin*uiage à ceux de Lyon, et qu'ils eussent à se départir du pays lyonnais.
« En mai 1409» le seigneur de Gaucourt, chevalier , lieutenant du connétable, fait publier à Lyon l'ordre que les gens d'armes qui étoicntde présent à Lyon , de quelque condition qu'ils fussent , ne soient si hardis de faire insulte ni offense à aucun de la ville de Lyon. — C'était pendant la guerre du duc de Bourbon et du comte de Savoie. — On avoit pris cependant quelques précautions pour la garde de la ville. On fit refaire la porte du portail vieil, et réparercelles de Vienne, de St-Marcel , etc.. — Le roi écrit pour que nul ne porte faveur à Amé de Viry, au temps de la guerre de ML de Bourbon. » S.
1409. — Mai i5. Lettres de Charles VI, qui commet le sénéchal do Lyon pour informer contre l'archevêque, qui s'était approprié une juridiction à Bechevelin, au préjudice de la sienne à St-Saphorin. Chambre des comptes du Dauphiné.
— Philippe deThurey assiste au concile de Pise.' — Il y siégea le second des archevêques après celui de Narbonne, devant ceux de Bourges, de Tours, de Toulouse et de Vienne. Le chapitre de Lyon et de la province y envoya ses députés. S.
— Le doyen adresse au chapitre copie de la sentence donnée au concile de Pise contre les deux antipapes Benoît XIII et Grégoire XII (Pierre de Luna et Ange Corrario). S.
— On publie a Lyon des lettres du roi, qui prescrivent aux Juifs de porter des signes à leurs habits. — L'année suivante , on fit une nouvelle publication pour que les Juifs eussent à porter lesdites marques quand ils iront par la ville. S. Voyez ci-dessus , année 1379; et ci-après , année i548.
1410. — Mars i5. Le roi ayant demandé qu'on lui envoyât deux ou trois des plus notables de la ville, on lui envoie Humbert de Yarey et Pierre de Cuysel. S.
1410. — Mars (circa). On fait publier dans la ville que tous ceux à qui appartenaient les maisons où sont attachées les chaînes de fer communes de la ville, eussent à les faire apprêter et fermer sur grosses peines. — En avril 1410 et 1411 , la chaîne fut tendue sur la Saône, yers Pierre-Scise , pendant 19 jours. S.
1410. — Avril... Le roi avait demandé à la ville de lui prêter 3, 000 livres. On députe Humbert de Varey en cour pour excuser la ville. S.
1410. — Mai... Pierre de Thurey, légat apostolique, et l'archevêque de Lyon, Philippe de Thurey, son frèie, résidant alors à Avignon, exposent dans leurs lettres au consulat qu'ils ont un besoin pressant de grosses pierres pour engins et pour bombardes, afin de recouvrer le palais d'Avignon qu'ils disen être occupé indûment par les ennemis de l'Eglise romaine, et prient d'en envoyer, attendu que le roi y donne aide, et y a envoyé des gens d'armes
te consulat, considérant le plaisir que le cardinal a lait à la ville en donnai
certaines grandes indulgence? aux bienfaiteurs du pont du llhùne , fait apprêter, du consentement des notable* et avec l'autorisation des officiers du mi. environ 60 quartiers de pierres appelées choings que l'on envoie à Avignon n e qui coûta d'apprêter 5o livres i5 s. îod. tournois). — On avait fait tailler du la pierre de la chaux de pierre blanche qui est au-dessus de Yaise.... « pour faire pierres rondes pour traire à l'engin et à la bombarde... »
1410.— Septembre 4. Mort de Jean de Ijoissy , évêque d'Amiens , neveu du cardinal de La Grange.— Adrien de la Morliére nous a conservé l'épitaphe de ce prélat ; la voici :
Hic jacet reverendus in Christo Pater et Dominas D. Johannes de Boissiacolegum professor eximius Lugdunensis diœcesis , miseratione divina primo Matisconensis , et post Ambianensis , episcopus , nepos domini cardinalis Ambianensis hic supra jacentiSf qui prœ fuit ecclesiœ A mbianensi xxu annis mensibus sex et diebus septem. Obiit anno Domini mccccx die quart a mensis septembres. Orate Deum pro eo.— Ce prélat portait cinq points d'argent équipollés à quatre de gueules. Gallia christ. , u$ 104. S. Voyez ci-dessus, au 24 avril i4oa.
1410. — Décembre 4* La reine de Sicile et son fils, revenant de France , paslent à Lyon. Voyez Ci-dessus, année i^oG.
—» Kœrados des Quesnes avait cessé d'être bailli de Maçon vers novembre 1409 , et Jean de Chastellux, seigneur de Vivaux, chambellan du roi Charles, l'avait remplacé et avait été nommé en rnSme temps sénéchal et capitaine de Lyon. Le 14 mai 1^10 , la ville, considérant les services qu'elle peut en attendre , lui fait payer 100 livres pour les gages de la capitainerie pendant une année. Le 9 avril i4»i 9 on lui compte pareille somme pour les gages de l'année qui écherront au mois de mai. S.
— Les preuves de noblesse commencent à se faire par litres jusqu'au bisaïeul et à la bisaïeule inclusive , par Pierre de Trczettes. M.
— Relevation des corps de SS. Irénée , Fpipode et Alexandre. Ilist. de Tournus , Preuves , p. 4^5; Le Laboureur » Masures , p. a 18 ; Sevcrt, etc.
— M* Robert Magier , président du parlement, refuse d'accepter six lapereaux et six perdreaux que la ville de Lyon lui avait fait présenter, et qui avaient coûté 26 gros. S.
— Mort à Paris du cardinal Pierre de Thurey , lyonnais , suivant les uns, bourguignon, suivant les autres. BisÙ d'Avegnone , lib. 3, p. 297; Morcïi, etc. Voyez ci-dessus, mai 1410.
1411. — Le chapitre écr it à l'archevêque et au chapitre de Cantorbie ( Cantorbéiy ) pour le fact de la maison de la sale de Quincicu , laquelle anciennement avoit été donnée à S. Thomas de Cantorbie quand il eut été chassé u'xingle terre. Note du P. Mcncstrier , qui ajoute : 0 J'ay copie de la lettre. » Voyez ci-dessus , année 1 168 et i355, et ci-après, année 1424.
1412. — Avril a5. Traité fajt entre le bailli de Maçon pour S. M., et le sleuv de Fougerolles pour dame Anne Dalphine, duchesse de Bourbonnais , comtesse de Forez et baronne de Beaugieu , portant que paix demeurerait entre S. M. et ladite dame , sous la reconnaissance et ollre de ladite dame de ne refrain aucun ennemi de la couronne. M.
-r— Jean, patriarche de Constantinople, légat du Saint-Siège aux royaumes de Castillc, Léon , Aragon, etc. , demande au chapitre un lieu de sépulture en |eur église , ce qu'on lu} accorde. M.
— <- En ce lemps-Iù , Jean ttaro était peintre de Lyon. S.
1413. — Juin y. Mandement de Charles Vf, qui ordonne une nouvelle fabrication d'espèces à la monnaie de Lyon. Ord. des Rois deFr. , x , i5i.
1413. — Août 28. L'hôtel de la monnaie, qui était à Mûcon, est transféré à Lyon. Ord. des Rois deFr. , x, 161 ; Lettres de M. Cochard à M. de Lamartine , t. iv , p. 43 - 5y des Arch. du Rh. ; Variétés d'A. P. , p. 10 ; Essai hist. sur Part monétaire , etc., par M. Foulques. — L'atelier monétaire fut placé dans le palais de Roanne.
1414. — Octobre 29. Lettres et procédures relatives à la querelle qui existait entre les habitants de Lyon et les Dauphinois, et qu'on appelait la querellé de la Serpe, Inventaire de pièces sur Lyon , mss. de la Bibliothèque de Lyon, n' 1464.
— Lettres du roi, portant sauvegarde pour les habitants de Lyon contre ceux de Vienne en Dauphiné. M.
1415. -— Juillet 3i. L'empereur Sigismond arrircàLyon avec le comte Àmé, duc de Savoie , qui était allé le recevoir à Seyssel, où ils s'embarquèrent sur le Rhône. De Lyon , Sigismond se rendit sur le Rhône pour prendre le chemin d'Aiguepeise et de Perpignan. Le comte prit congé du monarque , et ayant obtenu de Philippe de Thurey son consentement pour la fondation d'un couvent de Jacobins a Bourg en Bresse, il alla en jeter les fondements. Guichenon , Hist. de Bresse, p. 19; Hist. de Savoje, p. 455 et 456.
1415. — Septembre 9. Mort, à Avignon , du cardinal Pierre Girard, né à Saint-Symphorien-le-Château , dans le Lyonnais, vers l'année i33o.— L'Eglise de Lyon, dans laquelle ce cardinal avait reçu les premiers principes d'éducation , et dans laquelle il avait été bénéficier, ne fut point oubliée dans ses dispositions testamentaires; il lui légua sa mitre en or frisé, enrichie de pierres précieuses, de perles et de rubis, qui lui avait été donnée par le duc de fierri; un calice en argent 9 du poids de trois marcs, et deux ornements, l'un pour les dimanches et fêtes, et l'autre pour les morts. Tl n'appose à sa libéralité d'autre charge que celle d'une messe qui sera célébrée chaque jour à son intention. L'église deSt-Paul de Lyon obtint aussi des marques de souvenir du cardinal ; il lui donna un pluvial de drap de soie de Lucques ; celle de Lodève, dont il avait été évêque, fut gratifiée d'une belle chapelle avec un poêle en broderie d'or, qu'il avait eu dei funérailles du pape Clément VII; enfin tous les prieurés , tous les bénéfices dont il était pourvu se ressentirent également de ses largesses : il leur fit des legs aux uns et aux autres. Archives du Bhâne , v , 2o5.
1415. — Novembre 28. Mort de Philippe de Thurey. — On lit dans le Gallia christiana que ce fut ce prélat qui abolit la Fête des Merveilles. Voyez, ci-dessus, au i3 août i364- — Suivant M. Cochard, Descript. de Lyon , p. 2o5, cette fête cessa en i4oo;et voici la raison qu'il en donne : a Le prévôt et le chancelier de la cour séculière, accompagnés des conseillers de ville et des maîtres des métiers, venaient ordinairement prendre les ordres du chapitre pour cette solennité ; ils négligèrent en l'an 1400 de remplir ce devoir , dès lors la fête cessa. »— «Suivant M. l'abbé Jacques, la Fête des Merveilles se fit encore l'an 1459 ; elle n'aurait manqué en 1400 que par l'effet d'une mésintelligence passagère. Eglise de St-Jean , p. 1 17. — Philippe de Thurey eut pour successeur Amé ou Amédée de Talaru, doyen du chapitre , qui se trouvait alors au concile de Constance ou il avait été député par son Eglise. Henri d'Albon , chanoine et chantre de l'Eglise de Lyon , fut envoyé au concile de Constance
pour demander la confirmation de cette élection. — Gcoffroi de Monchenu ayant été élu doyen du chapitre, demanda un mois pour accepter. On écrivit en ces termes au concile de Constance, pour obtenir sa confirmation : Ut Deo aulhorenobiset toto collegio relut pastor idoneus prœesse valent et prodesse, nosqu» <t alii ejus subditi sub ipsius regimini felici possimus coram Deo salubriter mititare. M.
— Saint Vincent Ferrier, qui avait déjà séjournéà Lyon, en 1404 et en 1408, revient en cette ville. Le célèbre jurisconsulte Guy Pape nous apprend, dans sa 84* Question, qu'il se trouvait alors àL}'on,et qu'il y entendit cette grande lumière de la théologie. « Vidi duo luminaria sacrae theologiœ, actu prrcdicantia per mundum. Primo videlicet sanctum Vincenlium Ferra riae ... quem vidi praedicare in civjtate Lugdun. deannoDomini currente 1 41 5.... Secundo ,etiam vidi samtum Bernardinum de Senis (S. Bernardin de Sienne ).. . praedi- ,carc in patria Pedemontium , anno Dom. 1429.... »
— Guillaume d'Albon, prieur de Montrotier, est nommé abbé de Savigny. Se vert.
1416. — Janvier ai . Les consuls de Lyon arrêtent que Ton offrira, le dimanche suivant 24 (jour de son sacre), à M. l'élu archevêque de Lyon, 24 torches de cire, 24 livres épices confites et deux queues de vin, chacune de six ûnées, l'une de vin blanc, et l'autre vin claret du meilleur que trouver se pourra. — jLe tout coûta 3o livres 10 s. S.
1416. — -Novembre 3. Charles VI ordonne aux propriétaires des mines qui sont voisines de la ville de Lyon, et aux marchands et changeurs, de porter les matières d'or et d'argent qu'ils auront, à la monnaie établie en celle ville. Ord. des Rois de Fr., xt 419.
1417. — Février 2. « L'empereur Sigismond étant a Lyon, A son retour de Paris,veut ériger en duché la Savoie, à la demande d'Amédée, qui l'était venu trouver en cette ville ; mais les gens du roi, dit un manuscrit du temps, prévenus de son dessein , allèrent lui remontrer que tel acte d'érection étoû acte de souveraineté , et que le roi ne vouloit et ne devoit reconnoitre autre supérieur c/ue Dieu; quoi voyant, C empereur repartit de Lyon grandement indigné , et passant en ta ville de ÎHontluet , y fit l'érection ducale , par un diplôme daté du 19 février 1416 , v. s. Art de vérif. les dates , 111 , 621 ; Dupuy , Traitez , etc. , p. 872. Voyez, ci-dessus , année 1392 , ef ci-après , année i53i.
1417. — Mars 28. Les conseillers de la ville arrêtent que l'un d'eux, Aynard de Chaponay, portera de leur part à frère Vincent Ferrier, qui estàCourzieu, une lettre dans laquelle ils lui annoncent que les habitants de Lyon sont tous joyeux de savoir qu'il doit venir prêcher en cette ville. — Le 6 avril suivant, les conseillers réunis dans la chapelle de $t - George , autorisent le sieur Nantuas, receveur et trésorier de la ville, à payer chaque jour 22 sols 6 deniers tournois au frère Vincent , pour sa dépense, pendant qu'il prêchera à Lyon. Ils autorisent en outre le même trésorier à payer aux chapuis ( charpentiers ) qui avaient fait le chaffai (l'échafaud) du frère Vincent au pré d'Enay : i° six livres tournois ; 1" vingt sols tournois pour aussi er ledit chaffai qui était trop kns. Ils allouent encore au sieur Nantuas quarante-un sols trois deniers qu'il it payés pour la dépense du conseiller Jean Leviste qui, accompagné d'un cureur, de son chapelain et de son verlet% avait été envoyé de Lyon à JVJ^bresle vers frère Vincent. — Le 17 dudit mois d'avril, les conseillers orï ent que l'on payera aux gens de frère Vincent, oulre seize écus qu'on j j donnes pour la dépense de sa chambre, pendant les seize jours qu'il a
demeuré à Lyon, huit écus qui seront comptés au régidout* de sa compagnie. Ce mandement, qui s'élevait à vingt -quatre écus , fut refait comme il suit: o Mandement de 4o liv. i3s. 4°"., savoir : pour la dépense de maistre Yincent qui demeura à Lyon 16 jours, pour chacun jour 22 sols 6 d., monte 18 liv. ; — item qu'on donna à ses compagnons, 9 liv. ;— item que reçut Jean Leviste pour 4 chevaux pendant deux jours, 2 liv.; — - item pour abattre et refaire le mur d\Enay , par où l'on passait au pré, 4 uv- 10 s« — item pour faire une chapelle audit pré, et pour rapporter une partie du bois de ladite chapelle en la grange de la ville, et pour crosses, clous, etc., 6 liv. 3 s. 4d.; -—item que l'on a donné à Guillaume Laperrieres pour cierges et torches qu'il afournies et pour messes duditnjaistre Vincent, aos. tournois. »Jclescons. S.
1417. — Avril 27. Le consulat ordonne que M* Jean Leviste , Claude de Pompière et Eynard de Chaponay parleront demain, devers malin , a M. de Lyon et i\ ceux du chapitre , pour advîser qui îra en France pour le fait du roi des Romains que l'on dit qu'il veut guerrier la ville et le Dauphinô, et s'ils voudront contribuer à la dépense qui pourra se faire. S.
1417. — Août 1. Le pape Martin V confirme la primatie de Lyon. Du Tems, îv, 5;;.
1417.— Novembre 27 et 28. Charles VI écrit aux consuls , bourgeois et habitants de la ville de Lyon, relativement aux fuicts et enlreprinses du duc de Bourgongne. — Les deux lettres de ce roi, ainsi qu'une troisième non moins intéressante, et portant la date du iqjuin 14 18, ont été insérées dans les Documents publiés par M. Godemard, ancien archiviste de la ville de Lyon, n~45, 46 et 47.
— André Chevrier, citoyen de Lyon , commissaire délégué par le bailli de Mâcon , visite les forteresses du Lyonnais, pour les faire réparer sans délai, en exécution des lettres patentes de Charles VI, du 3i août précédent. — « Cette mesure, dit M. Cochard, était occasionnée par la triste situation où se trouvait la France. La réunion qui eut lieu cette année entre la reine Isabeau de Bavière et le duc de Bourgogne , donna naissance à différents partis. Le roi des Romains, Sigismond , menaçait Lyon ; l'anarchie la plus complète désolait le royaume. La fidélité des Lyonnais envers Charles VI et Charles VII ne se démentit point, et cette persévérance fut utile à la province. » Arc/i. du Bh. , yi , 57.
— Kœrados des Quesnes , bailli de Mâcon , écrit à Guichard d'Albon, chevalier, seigneur de St-Forgeux et de Curis , et lu! envoie ordre de la part du roi de fortifier les châteaux de Sain-Bel , de Vindry et de Montrotier, et d'y mettre garnison suffisante pour réprimer les courses des Anglais et des Bourguignons, et pour leur fermer les entrées de ces places dont ils voulaient se saisir pour étendre leurs quartiers et favoriser leurs pilleries. Jean de FEspinasse, frère de Guichard d'Albon, tenait la campagne avec ses amis pour écarter ces coureurs, mais il tomba entre leurs mains , et n'en sortit qu'en payant sa rançon. Matures de Vite-Barbe, IV partie, p. 140 ; La Chenaye-De.*bois , Dict. de la noblesse.
— Le prince d'Orange passe par le Lyonnais pour aller le long du Rhône jusqu'au St-Esprit , afin de conquérir le Languedoc pour le duc de Bourgogne. Alain Chartier, p. 4l- Voye* ci-après , année 1429.
— Philippe de Bourg ou de Bonnay, chevalier, était alors bailli de Mâcon, sénéchal de Lyon et capitaine de cette ville. — Il paraît avoir succédé à Kœ-
rados des Quesnes , qui avait peut-être succédé à Jean de Fontaines. Vovex ci-dessus , année 138g , et ci-après , juin 1418.
— En ce temps-là, le consulat pu la ville avait un perrier ou carrier à Curis, d'où l'on tirait des pierres pour les réparations du pont du Rhône. Les seigneur de Curis prétendaient avoir un droit sur cette carrière. L'Eglise de Lyon avait aussi la sienne vers Anse ou Luccnay. S.
1417 et 1418. — Plusieurs habitants de St-Didier , Jacquemet et Thevenet Besson , François de Pierre , Jean Gouterbn, Matthieu Bcrtholier, Pierre de Precia , et Jean de la Chaux quittèrent leur village , à cause des guerres qui régnaient en ce royaume , et se retirèrent à Lyon. On led reconnut habitants de cette ville ; ils promirent d'y résider et de supporter les mêmes charges que les autres citoyens. M. et S.
— Il y eut vers ce temps-là une guerre qu'on appela la guerre de Vimies (Vimy, aujourd'hui Neuville). On lit dans un cahier des Etablies de la ville, que diverses pièces d'artillerie furent gâtées à la guerre de Firmes. S.
1418.— Février 1. Le consulat refuse de laisser la garde des clefs de Saint- George à Jacquemet le Brodeur, parce qu'il est suspect, comme l'on dit; que son fils va et vient à Montluel et autre part, par devers les Bannis. — Ces Bannis étaient vraisemblablement les Lyonnais tenant au parti du duc de Bourgogne , et qui avaient été obligés de se retirer à Montluel. S.
1418. — Avril 10, lundi-saint. L'alarme est générale. Le consulat requiert le sieur du Cuysel de faire la garde en personne, et de commander Tes petits corps de garde. S.
1418. — Juin. M* ImbertouHumberl de Grosléc est nommé bailli de Mâcon, sénéchal et capitaine de Lyon. — M* de Bourg, son prédécesseur , fut payé jusqu'à cette époque. Notes de M. S.— Ce M* de Bourg , qui avait succède à Kœrados des Quesnes, est probablement le même dont Brossette a parle' dans son Eloge Ziist., p. i33, et qu'ilappelle Philippe de Bonnay. Voye2 ci-dessus, année i4»7«
1418.— Juillet. Il y eut pendant ce mois une grande mortalité'. Etienne Gisèle et autres physiciens de Lyon s'étaient enfuis de la ville , au lieu de secourir les malades. On arrêta de ne les pas tenir exempts des charges et impositions de la ville. — On arrêta aussi de prier Me Imbert de Groslée, capitaine de Lyon , de mettre chez chacun des gros bourgeois de la ville et autres qui s'en sont allés de Lyon, un homme d'armes pour la défense de la ville au besoin. S.
1418. — Octobre 3. Pierre Pape , officiai de l'archevêque de Lyon , ratifie la donation de la recluserie de St-Marcel faite à Jean Ponteillet , prêtre , par Antoine Yassal , prieur de la Platière. Colonia , n, 56o. — Pierre Pape e'tait l'oncle du célèbre jurisconsulte Guy Pape , né à Lyon vers 1402 , mort , à Grenoble , après i4/5.
1418. — Décembre. Le consulat envoie un député vers le dauphin pour solliciter l'établissement à Lyon d'un parlement de droit écrit , d'une université et d'une draperie ( manufacture de draps ).
1419. — Janvier,... Le chapitre ordonne que quand le dauphin sera ù Lyon, le doyen lui fera le fief au nom du chapitre , et que le dauphin , comme dauphin , rendra celui qu'il doit à l'Eglise. M.
1419. — Janvier 19. Isabeau de Harcourt , veuve d'Humbert de Villars ,
rend hommage (ù Lyon) au dauphin Charles pour les terres de Rossillon et d'Annonay. Chorier, p. 358.
1419. — Février 9. Les conseillers et habitants de la ville de Lyon ayant représenté au dauphin Charles , que le moyen le plus facile de repeupler cette ville , qui était en partie inhabitée à cause des guerres, mortalités et disettes qu'elle avait éprouvées , serait de lui accorder deux foires franches par an ; le dauphin , après s'être transporté lui-même à Lyon , considérant que les habitants de Lyon sont/» hommes du roi et les siens , pourquoi ils renouvellent, tous les dix ans, le serment de loyauté et féauté , leur accorde lesdites deux foires franches chaque année. Ord. des Rois de Fr., xi, 45 ; Ârch. du Rh., m, /|86; vu , 146 ; Conf. des ordonn. , p. 664 ; Rubys, p. 333.— Voyez ci-après, année i/,43. — Quelques auteurs ont fait remonter à Tannée i34g rétablissement des foires à Lyon ; mais nous avons lieu de croire qu'ils se sont trompés. Les lettres patentes de Philippe-de- Valois, du 6 août i349, sur lesquelles ils se sont appuyés , ne font aucune mention de la ville de Lyon. Voyez les Ord. des Rois de Fr. ; le III' livre des Offices de France, par Girard, titre xv, de ta Juridiction des Juges et Consuls; et le Mémoire sur l'état du commerce , etc. , par Clicquotde Blervache, p. i58.
1419. — Septembre. L'archevêque, le bailli, le clergé, les gens de justice et les conseillers de ville écrivent à ceux de Mûcon pour se mettre en l'obéissance de M. le régent. S.
1419. — NotembreB. Charles VI, irrité contre son fils, le dauphin Charles, qui s'était déclare régent du royaume , après la mort du duc de Bourgogne , tué à Montereau, nomme Jacques de la Baume son lieutenant général en Velay, Gévaudan , Vivarais, sénéchaussée de Lyon et de Valentinois , avec pouvoir d'y lever gens de guerre , assiéger les villes rebelles, les démolir , les fortifier, prendre prisonniers, recevoir les villes et communautés en l'ob«i>sance du roi, leur octroyer pardon, confirmer leurs privilèges , démettre les officiers et en substituer d'autres. — Cette commission est datée de Troyes. Guiclienon , Hist. de Bresse , p. 3o.
— Un des plus illustres chanceliers de l'Eglise et de l'université de Paris, Jean Gcrson, qui, pour échapper à la fureur de ses ennemis , s'était d'abord réfugié en Allemagne, quitte l'Autriche, et, passant par les endroits les plus déserts de la Suisse, s'achemine vers la ville de Lyon, laquelle, tenant le parti du dauphin contre la faction bourguignonne, lui offre un asile assuré. Gcrson y est d'ailleurs attiré par son honorable ami l'archevêque de Lyon, et par un de ses frères, célestin et prieur du monastère de cet ordre, chez lequel il reste quelque temps cache avant d'aller se loger dans le cloître de l'église collégiale de St-Paul. Essai sur la vie de J. Gerson , par l'Ecuy , p. 2^2 et suiv. — Voyez ci- après , année i^2(). — Gerson vécut dix ans à Lyon ; il ne s'y borna pas à prier, à méditer, à prêcher et à faire le catéchisme aux petits enfants; divers ouvrages y furent le fruit de ses loisirs. Quelques critiques veulent qu'il y ait composé les deux derniers livres de l'Imitation de J. C; mais ce n'est pas ici le lieu d'examiner la question si souvent agitée de savoir s'il est ou non l'auteur de ce divin traité. Nous renverrons nos lecteurs aux savantes dissertations qui ont été faites dans ces derniers temps par M. de Grégori et par M. Gence, et surtout aux Prolégomènes de V Imitation polyglotte publiée à Lyon en 1837. Gerson a consigné dans un appendice à son traité de Examinatione doctrinarum ( Opéra, 1 , xg et 20 ) , composé à Lyon, quelques détails qui lui furent racontés dans cette ville sur une femme de Bourg en Bresse , traduite comme affronteuse devant les magistrats, en i^a* : cette femme, se couvrant du man-
tcau de. la dévotion, faisait accroire qu'elle était une des cinq femmes envoyées de Dieu puni racheter un grand nombre d'âmes de l'enfer. Elle avait à l'un de ses pieds deux ulcères, qui la faisaient cruellement souffrir toutes les fois qu'une finie descendait en enfer ; elle avait de fréquentes extases, durant lesquelles elle apprenait par la révélation des choses admirables. Enfin elle pratiquait une abstinence extraordinaire , et sa fie était très-exemplaire. Emprisonnée et mise à la question , elle avoua que c'était la misère qui l'avait poussée à ces impostures. On reconnut en outre qu'elle était épileptique. Son repentir loucha ses juges, qui l'admirent à faire pénitence et qui lui rendirent sa libel le. L'histoire de Lyon pourrait fournir plusieurs exemples d'une pareille jonglerie. — Voyez ci-dessus, année 85a, et le Dict. de jurisprudence de Prosl de Iloyer , art. Affronteuse.
1420. — Septembre |5. La mortalité régnant alors à Lyon, le chapitre de Saint-Paul permet à Harthélemy Chevrier, chanoine , de sortir de la ville ou de résider à St-Jusl , sans qu'il pûl être tenu pour absent. S.
— La guerre continue dans le pays voisiu. Humbert de Grolée , bailli, obtient de la ville 4" hommes d'armes qu'il mène à Celleville- S.
— Le chapitre de. St-Jean faisait reconstruire la porte de Porte-Froc, et voulait en refaire et accroître les fortifications « à ce temps de guerre on de « toutes parts on se fortifiait ; » le consulat s'y oppose , craignant que le chapitre ne voulût en faire « une grande bastille que l'on doutoit qui ne fût au « temps à venir au préjudice de la ville. » S.
1421. — Mars 8. Le prieur de St-Irénée revient de Savoie avec des lettres du duc. Sa personne paraît suspecte. On en laisse le jugement aux officiers du roi. S.
1421. — Mars 17. La ville est informée que le duc de Bourgogne doit être dans peu de jours à Genève. L'alarme devient générale : on met des gardes partout ; on fait fermer toutes les ouvertures des portes de la ville, etc. , etc. On envoie vers le dauphin demander les trêves de cinq ans que sollicitent ceux du Méconnais , etc. S.
1421. — Mars 27 et avril i5. Quelques citoyens se plaignent au consulat du Prince d'Amour qui est vers St- Vincent. S. — Le Prince d'Amour figure assez souvent au xve et au xvi siècle dans les fêtes populaires , et surtout dans les chevauchées de l'asne. Voyez Yltist. et Chronique de Provence , par César de Nostredanu3,p.G8ietC89;rH/fl/.^/rfwiV<5cnjcè^,parMaurice,p. ao6,etc.,etc. Voyez aussi ci-après, années 1 566 et i5;8.
1421. — Avril 4. Le consulat déclare que la ville de Lyon ne peut, en ce moment, contribuer à la rançon de M. de Bourbon, prisonnier en Angleterre.
•— Même jour. On reçoit des lettres du dauphin , adressées au clergé et à la ville, annonçant une défaite des Anglais près de Ueaufort en Anjou , en la lande Charles. S.
1421. — Novembre 3. Le consulat fait écrire au dauphin au sujet d'tluinbert de Grolée , que l'on disait devoir être désappointé de son office; on se concerte avec M. l'archevêque et le chapitre qui doivent écrire aussi; niais on écrira de sorte que, s'il était désappointé, son successeur bailli n'en fût point mécontent. Ou envoie un double de la lettre du consulat a M. H. de Grolée, qui était vers M. le régent. S.
1421. — Novembre 14. On fait chez les frères Prêcheurs de Lyon le sevelis- '«ment du seigneur de Hcauchâtcl. Le consulat y assiste. S.
1421. — Décembre n. Le consulat désigne Jean Loistc, el a son défaut .lean Patciin , pour faire le syndicat, aux gages accoutumés. — Jean Levisle le fit, et le 22 du même mois on lui fît payer, pour le syndicat qu'il avait /rêc/ià hier, un écu d'or qui coûta i5 lt v. tournois. — La monnaie était faible alors ; l'écu d'or valait 12 francs. — Ce fut aussi Jean Levisle qui prêcha le syndicat en i^n5 et 1426. Chaque fois on lui fît payer un écu d'or. S.
— L'abbé et l'économe do Haute-Combe cèdent à l'abbé de la Chassagnc les droits et les revenus qu'ils avaient au pont et a l'hôpital de Lyon. M.
1422. — Maiay. Le consulat faît faire une enquête solennelle pour prouver que de temps immémoriar les citoyens de Lyon sont payés des louages de leurs maisons sur les biens qu'ils trouvent dedans , avant tous autres créanciers. S.
— Bernard d*Armagnac, comte de Perdriac, ayant réuni ses forces à celles d'Humbert de Grolée , livre bataille , a ServeretU: , près du Puy en Velay , & un seigneur du Forez , nommé le sire de Rochebaron , qui, tenant le parti du duc de Bourgogne , et ayant en sa compagnie 800 hommes d'armes de diverses nations, parcourait en les saccageant les provinces de l'Auvergne, du Forez, du Lyonnais et du Beaujolais. Le sire do Rochebaron , mis en déroute, alla rejoindre le duc de Bourgogne. Rubys, pag. 534 ; Alain Chartier, pag. 54; Fodéré, pag. 58i; Guichenon, Hi$t. de Savoie, p. /|(io. — Y oyez ci-après, 11 juin i43o.
Règne db Charles VII , dit lb Victobieux (1).
142?. — L'archevêque Amédée de Talaru,à son retour de Constance, avait lait ôler les armoiries de la ville de la porte St-Marcel ; elfes tont remises par arrêt du parlement. M.
— Le p:ipe Martin V voulut interdire la ville de Lyon ; mais le parlement cassa l'interdit et ordonna qu'il ne serait point gardé. M.
142 ). — Pendant que les Anglais et les Bourguignons faisaient trembler la France, Charles VII obtient un renfort de 5oo lances et de 1000 archers du duc de Milan. « En arrivant à Lyon , cette troupe, conduite par le bailli Imhcrt de Grolée, s'était portée en diligence au château de la Bussièrc , près de Mâcon , le jour même où le sire deToulongcou , maréchal de Bourgogne, devait y entrer; car le gouverneur devait rendre la place pour ce terme, s'il ne lui arrivait pas secours. Selon l'usage , le maréchal, au jour prescrit, mit >a troupe en bataille pour tenir journée et attendre ceux qui se présenteraient au secours de la forteresse; tout à coup les Lombards et les Lyonnais tombèrent sur sa troupe; elle fut taillée en pièces , et il fut fait prisonnier. » M. de Murante, Ducs de Bourgogne , y, 160, édit. de 1825 ; M. l'abbé Pavy, Grands Cordcliers , pag. 29. — Voyez ci-après, année i43o.
1424. — Depuis plusieurs années la ville était en proie à de continuelles alarmes, à cause des troupes que rassemblait le duc de Bourgogne, et qui portaient partout où elles passaient le trouble et la dévastation. Il y eut
( x ) Ce^pHnce , successeur de Charles VI , parvint à la couronne le 20 octobre lit M* — Ou ne reçut à Lyon la uou\eile de 1* mort du feu roi que le 1 1 novembre.
cette année deux terreurs paniques à Lyon , l'une au mois d'avril, et l'autre au mois de septembre. A cette dernière époque, le bailli pressait la ville de payer les aides royales; le consulat le pria de surseoir, attendu les circonstances qui obligeraient peut-être d'employer les deniers pour les fortifications de la yille, sauf ensuite, si le roi l'exigeait, à mettre une antre taille. Le consulat ajoutait : o . . . . Car plus bel service ne peut-on faire que de garder sa ville. » — Cette même année , le Bâtard de Chalamont fut employé à veiller aux fortifications. On fit rompre le pré du bourg de St-Vincent, et on le fit clore; mais on prit l'engagement de réparer les dommages qui pourraient être faits par ces barrages, etc. S.
— Le consulat achète, pour en faire l'hôtel de ville , une maison traversant de la rue Longue à la place de la Fromagerie; mais, dit M. Cochard , il ne put en obtenir l'investiture de l'archevêque et du chapitre qu'en 1461 ♦ etc. Description de Lyon , pag. 104. — Celte maison appartenait ù Atmarde, femme de Léonard Molon. Menestrier, parchemin, pag. 8a.
1425. — Janvier 3. Une assemblée générale des notables avait été convoquée dans le réfectoire des Grands Cordeliers de Lyon ; quarante-cinq députés des villes et villages du Lyonnais y assistent.... D'une commune roix, on élit le doyen de Lyon, Godefroy de Montchenu , et Guiehard d'Abon , députés, tant pour la ville que pour le plat pays , afin d'aller vers le roi, obtenir de lui le rabais de l'aide dernièrement octroyée à Poitiers (20,000 livres). — Cette démarche fut inutile , car on reçut presque aussitôt des lettre* du roi qui convoquait a Poitiers les trois états du royaume. L'abbé Pavy, Grands Cordeliers , pag. 71.
Ï425. — Mars ai. Les chanoines de la cathédrale de Lyon consentent que JeanGerson, chancelier de l'université de Paris, et Gérard Mâche t (que Se vert appelle 3Iathet, et Cochard , Machetî ) , confesseur du roi, tous deux lecteurs et professeurs en théologie, jouissent, leur vie durant , du chfUenu de la Salle de Quincieu , situé dans le comté de l'Eglise de Lyon, et des appartenances et dépendances d'icelui , dont saint Thomas, évêque de Cantorbery , exilé d'Angleterre et demeurant à Lyon , avait joui autrefois. Actes capitutaires de l'année i4a4 » c'^s par Severt , Chronologia historica... Lugdunensis archiepiscopatus , etc., édit. in-4* de 1607, pag. i54; G. du Peyrat , Hist. ecclêsiastiq. de la Cour , etc. , pag. 328 ; l'abbé Oroux , IJist. ecclêsiastiq. de la Cour de France, 1, 55a ; Arch. du Rh. , 111 , 490; Grégoire, Hist. des Confesseurs des Rois , pag. 379; Notre-Dame de Fourvière , par M. Cahour, pag. 404. — Voyez ci-dessus, années 1168, i353 et i^n.
1426. — Juin 8. Séance consulaire, dans laquelle on conclut « de vivre et mourir à la vraye obéissance du roy et tenir le parly du roy, qui qu'il le vouldra tenir. » S.
1425. — Septembre 1 1. Le consulat tient une assemblée où se trouvèrent plusieurs habitants des bonnes villes du pays de Lyonnais. On y conclut d'aller ensemble à l'assemblée des trois états à Poitiers, et de se gouverner tous de la même manière. S.
1426. —Avril a. Maistre Jean Jarson (Gerson) reçoit dix francs que la ville lui fait payer par M* Guillaume Le Tur. S.
1426. — Juin 19. Le consulat arrête que la ville fera une aumône de 10 liv. aux malades de Vaise et à ceux d'outre-llhônc. Au moyen de cette aumône et de celles que leur feront aussi MM. de Lyon et des églises , défense leur
sera faile d'entrer en ville « pour éviter les mouvements. »> Voyez ci après, y Juillet 1 499-
1426. — Juillet a4« Le consulat conclut de signifier a Mgr. de Lvon . i*t à M. le bailli ou son lieutenant , la fête de la Nativité de USte. /'ùrgr.'ipie l'on veut faire en cette ville , ce qui pourra être d'une grande charge à la ville , et d'en consulter avec ceux qu'il conviendra , afin d'obvier à tous inconvénients. Voyez ci-après, au »5 Mai i483 , et les années \5oy , 1607 , etc.
1426. -"Décembre 27. Défi du prince d'Orange à la ville de Lyon pour quatre chevaux que le bailli avait fait saisir. Notes de M. Sudan qui mentionne deux autres défis du même prince , l'un du 6 avril et l'autre du 9 août i4^9*
1427. — Juillet a4« On arrête de faire un scel d'argent notable aux arniis de la ville , et ce avec une courroie d'argent qui avait appartenu à Pierre de Gex, et qui était en V arche pour quatre cens que le dit P. de Gex avait reçu.-* des absolutions du Khône, attendu que celui dont on scelle est trop petit selon la noblesse de la ville. Actes consul. — On paya 4 francs pour la façon de ce sceau. S.
1427. — Octobre 19. Lettres du roi pour mander les états à Poitiers. Pierre de Nyèvre et Bernard de Varey sont nommés députés de la ville.
1427. — Novembre y. La ville fait chanter aux (larme? une messe du St- Esprit, pour que Dieu veuille avoir les affaires de la ville pour recommandées. — La ville en usait ainsi dans les circonstances difficiles.
1427. — Décembre 1. M. 'Jean Merlin avait obtenu des lettres pour s'exempter d'être conseiller ; la ville s'y opposa et procéda à ce sujet. S. — Jean Merlin ou Mutin, licencié ès-loys, avait été conseiller de ville en 1420 et en i4a5.
1428. — Février 14 et ao. Séances consulaires. On avait obtenu depuis peu des lettres d'octroi ou entrées à mettre en la ville sur les marchandises. On veut les établir, quelques conseillers s'y opposent.
1428. — Juin 16. Alarme. Disposions pour la garde de la ville. — Guerre d'Anrhon, etc. On obtient par le duc de Savoie prolongation de trêve* pendant trois ans.
1428. — Août 14. Le consulat casse deux conseillers, Guillaume de Bannes ( oude Bennes) et Pierre Bullioud, parce que, comme conseils de l'archevêque et du chapitre, ils avaient plaidé contre la ville dans l'affaire des bancs du pont. Il ôte aussi à Guillaume de Bannes le pennonde St-Geurge. — Onconvoque les maîtres des métiers, qui nomment en effet trois nou\ eaux conseillers; le troisième à la place de Jean Sala, dit Bastier , qui était prisonnier et qui était accusé avec son frère d'avoir reçu dans leur hôtel certains ennemis du roi : cependant quelques conseillers s'étaient opposés à ces destitutions. S.
1428. — Octobre 16. Diverses compagnies de gens d'armes sous les capitaines Valette, Rodrigue, etc., soi-disant être au comte de Perdriac , se disposent à s'approcher de la ville. On avise au moyen de les éloigner. Ou traite avec les capitaines par l'entremise du bailli et de Gilet Richard, sieur de St-Pierre, etc. Mais ces capitaines voulant faire composer trop chèrement, ou convient avec le bailli , le clergé et ceux du plat pays, d'employer plutôt la somme demandée à repousser ces gens d'armes par des hommes d'aunes que l'on amènera tant de la ville que du pays. La ville, le clergé et aulics fournigsent leur contingent. S.
1 428. — Octobre 21. Le chapitre de l'église île St - Paul concède à Je.tu Gerson l'autorisation de fonder un anniversaire qui sera célébré l<: i/j décembre, jour de sa nussanre. Cochard, Arch. du It/t. « m, /jtjo. — L'Kcuy nous a donné, dans son Essai sur la vie de J. Gerson ^ 11, 245, ,,ne traduetiou de cet acte auquel il a mie par erreur la date du 1" octobre.
1428. — Décembre 3. Le comulat reçoit des lettres de Charles VIT, qui demande que Ton aide ceux d'Orléans assiégés par les Anglais. — Le i3. on délivre au porteur des lettres du roi deux quintaux de salpêtre, six ballots d'acier, trois quintaux de soufre, etc. Le tout montant à 235 livres i5sols 5 deniers tournois.
1429. — Mai. Alarme. La ville fait barrer les ouvertures et les pnssagesdes arches du pont du Rhône avec de grosses poutres mises en travers, afin que personne ne pût passer sans le su et consentement des» conseiller». S.
1429. — Juillet 12. Mort de Jean Gerson. Le pieux chancelier est inhumé dans l'église de St-Laurent, qui n'existe plus, et qui était situé à côté de celle de St-Paul. Les miracles opérés sur sa tombe , dit M. Cochard {Arch. du H h., 111, 49°)' donnèrent occasion au roi Charles VU d'établir un autel en son honneur, à la sollicitation de Laurent Bureau, son confesseur, de l'ordre des Carmes, depuis évêque de Sistcron; mais cet autel ayant été renversé par les calvinistes pendant les troubles de i562, fut rétabli dans la suite parles soins d'un apothicaire, nommé Laurent Calagne. Spon nous a conservé, dans sa Reiherrhe des Antiquités de Lyon , p. 53, l'inscription qui avait e'té mise sur le tombeau de Gerson (voyez ci-dessus, année 1 4 ■ Q; et ci-après, année — Auiédée de Talaru , archevêque de Lyon , dans la lettre de condoléance qu'il écrit au prieur des Célestins, après la mort de celui-ci, dit que sa doctrine était apostolique, son génie sublime, et qu'il n'avait connu personne qui l'é#ilât. 11 ajoute que Gerson a subi un long exil pour la vérité , et qu'il en fut le martyr. 11 compare l'éclat de sa doctrine et de ses vertus à la clarté resplendissante de l'astre du matin.
Le P. Théophile Uaynaud a consacré à Jean Gerson une notice dans sa Mantissaad indiculum Sanctorum htgd. Si Poullin de Lumina «ut connucette apologie, il se serait bien gardé d'acc user les disciples de S,. Ignace d'avoir influé sur l'oubli dans lequel est tombé, vers la fin du xvir* siècle, l'espèce de culte que l'on rendait à Gerson dans Péglise où il avait été inhumé. Hitt. de VEgiise de Ly- n, p. 559. — llubys s'est trompé en plaçant en 14^0 la mort de Gerson , mais il n'a point erré quand il a dit, en parlant de ce tant renommé docteur : « C<* .-ont à telles gens que l'on devroit donner les prébendes théologales or-
• données ès églises collégiales, et non pas à des pédants plus sers que verts-,
• comme l'on faict de présent pour eu avoir meillicur marché. *> Hist. de l.yvn, p. 337.
1429 (circa). — Pierre Chnrpin, officiai de Marie de Berry, duchesse de Bourbonnais, princesse de Dombes, est commis par cette princesse pour prendre connaissance des différentes hérésies dont les Juifs de Trévoux s'étaient rendus coupables. Charpin les interrogea . instruisit une procédure contre eux , et déposa ensuite le résultat de ses recherches dans les mains du conseil de la duchesse. Par une décision de ce conseilles accusés furent condamnés à sortir de la ville de Trévoux. Leur expulsion suivit de près le jugement. » Cochard, Arch. dulih., \y a54; Paradin, 245-24;- — Suivant Guichenon , les Juifs qui furent cxpul.-cs de Trévoux étaient venus s'y réfugier avec la permis-ion des sieurs, de Thoire et de Villa rs ; il nous apprend qu'Aîné de Talaru , «lors archevêque de Lyon, s'était joint à la duchesse de Berry pour faire le
procès aux Juifs de Trévoux, ///.s/, tic Bresse, u* partie . p. 38. - On trouvera de longs déluilà à ce sujet dans un article de M. F. Lascrvc , inséré t. vu delà Jîeruc du Lyonnais. Voyex ci-tkssus, tînmes »r>5o-;r)-î5o-cH>-(i4 -<j5 ; et ci-après, annê; i54^.
— Pierre Charpin eut un neveu qui portait aussi le prénom de Pierre. Celle homonymie a l'ait commettre uneerreur à Paradin, qui attribue a l'un et à l'autre Pierre l'expulsion des Juifs de Trévoux. Voyex sonJIist.de Lyon, p. s'|5 et p. 255. Nous parlerons de Pierre Charpin, deuxième du nom, année* i465 et 1476.
1430. — Mars 7. Le roi dauphin donne a Etienne de Viltcmorand le (hâtcau de Pusignnn, confisqué sur la dame Alix de Varax, épouse de Guillaume de la Baulme , pour avoir réfugié Jean de Chfdon, prince d'Orange. Chambre des comptes de Dauphiné.
1430. — Mai. La ville donne une torche à Notre-Dame de St-Nizier pour les bounes nouvelles que l'on reçut contre Me Jean de Lysembours. S.
— On fait mettre sur la tour du pont du Rhône, que l'on faisait reconstruire, au-devant de la trappe du pont, les armes du roi et de la ville. — L'arche qui était au-devant de cette trappe était tombée cette année ou la précédente. S.
1430. — Juin 8. Le bailli Humbert de Grolée écrit de St-Jean de Pannelière (Pannissières) , aux conseillers de la ville, qu'il a examiné le capitaine principal des brigands, « lequel dit qu'ils étoient d'intention de détruire toute « noblesse; après les prestres , excepté un en chacune paroisse, et puis après « tous bourgeois, marchands, gens de conseil et autres notables des bonnes • villes. »S. — Cette lettre n'a pas de millésime; peut-être a-l-elle été écrite l'année précédente.
1430. — Juin 1 1. Le sire Louis ou Raoul de Gaucourt venait d'être choisi pour gouverner le Dauphiné, dont Louis de Chûlon, piiiv e d'Orange, était sur le point de s'emparer. Ce brave seigneur, quiavait si vaillamment défendu Orléans, s'accorde avec le sire Imbert de Grolée. bailli du Lyonnais et maréchal du Dauphiné, qui depuis plusieurs années avait l'ait très-bonne guerre aux Bourguignons. Ils vont chercher dans le Velay un capitaine espagnol, nommé Uodrigue de Villandrada, qui s'y trouvait avec une compagnie de gens de toutes nations, qu'il amenait au roi de France. On rassemble aussi «les hommes lie bonne volonté à Lyon et dans le Maçonnais. Un emprunt est mis sur les plus riches de ces contrées, sauf à le leur rembourserpar une taille, ('.lia • « un est porté à faire de son mieux, et à ne se point laisser conquérir ni opprimer par le prince d'Orange, qui depuis plusieurs années entretenait la guerre dans la province. On se hâte de commencer avant qu'il arrive , et le sire 1 aucourt s'empare d'abord de la forteresse de Colombiers. Le prince d'Orange tSt surplis de voir qu'on avait eu l'audace d'attaquer, quand il ne croy .il pas qu'on pût essayer de se défendre. II s'empresse de venir offrir la bataille. C'était pour les Français une chose grave que de l'accepter. Ils étaient moins nombreux ; le sire de Villandrada n'était pas sûr de tous les étrangers qui formaient sa compagnie. Si la bataille était perdue, c'en était fait du Lyonnais, du Dauphiné et même du Languedoc ; le roi pouvait, de cette affaire, perdre son royaume. D'un autre côté , le prince allait ravager tout le pays; ses forces devaient chaque jour s'augmenter. Ceux qui sont venus combattre sous le sieur de Gaucourt, et qu'a amenés le sieur de Grolée, ont grande volonté bien guerroyer, et bonne idée de la justice de leur cause. Le capitaine cs-
pagnol demande qu'on loi donne l'avanl-gardc , afin qu'on put mieux s'assurer* si se.- gens se eoinluiiaienlbieu. ...On célèbre la messe, et le sire de Grolée se jette à genoux et fait sa prière a haute voix. Cependant le prince d'Orange ne Taisait pas grand cas de cette armée, si petite en comparaison de la sienne..: il ne doutait pas de la voir s'enfuir au premier choc ; mais il en fut tout autrement. Avant que les bourguignons eussent débouché d'un bois qu'ils traversaient et se fussent rangés dans la plaine, le sire de Vittandrada et sa troupe sr jettent si vivement sur eux qu'ils les ébranlent. Bientôt l'attaque des Français devient tellement rude, que les ennemis sont rompus et mis en déroute... Le prince d'Orange combattit bravement et fut blessé. Plutôt que d'être pris, il se jette à cheval cl tout armé dans lellhônc; son cheval, malgré le poids i!es armures, traverse le fleuve à la nage et 1»; conduit dans le Bugey. . . Par celle victoire, tout le midi du royaume se trouva délivré des Bourguignons. Chorier, Ilist.duDauphinè, u, 427; M. de Barante, Ducs de Bourgogne , m, o.r» et suiv., édit. de i8a5; P. de Lumina, Abr. chron. , année i43o; Arch. du Rit., m, 486, xi, 25. — Pernclli place à l'année 1429 la bataille d'Anili.iii ; il est en cela d'accord avec les auteurs de Y Art de vérifier les dates , 11 , 45 1 ; toutefois j'ai pensé que Chorier et M. de Barante devaient être mieux informés, et je la mets, comme eux, à 1 4 3o. Voyez ci-dessus, année \\i?>. — Anthon, ou Anton, village du canton de Crémien, esta cinq lieues au-dessus de L\on. Le champ de bataille fut la plaine qui est entre Colombier et Anthon . Chorier, loc. cit.
— Le consulat fit donner deux torches à Notre-Dame de St-Nizicr quand les bonnes nouvelles vinrent de la bataille d'Authon. S.
1430.— Juillet g. Humberl de Grolee écrit de Vinzelles, du côté de MScon, aux conseillers de ville, que lui et le gouverneur ont reçu l'obéissance de plusieurs lieux et villages, comme Germolle , Chastrye-de-Vinzclles où sont logés ses gens; que le lendemain il a l'espérance d'avoir les Tours, Chavigny, etc. ; que Morellet de Salornay est en traité défaire pareillement de lui et de sa place. Et, Dieu merci ! l'on peut venir de Lyon à Mâcon sans trouver forteresse qui ne soit de l'obéissance de M. le régent; mais éprouvant disette de pain et blé, il demande que la ville lui fasse parvenir à Germolle, tous les deux jours, une ou deux battelées, chargées de pain, promettant de bien paver, etc. , autrement il faudrait se retirer avec sa troupe au pays de Ly onnais , ce qui serait grand dommage, etc. S. — Voyez ci-dessus, au 8 juin.
1430. Fin juillet. La ville fait des présents au gouverneur du Dauphîné,
qui était venu à Lyon avec le bailli et Kodrigue (de Villandrada). S.
1431. Mai 18. — Assemblée de seigneurs, tenue à Lyon pour terminer
des différends entre les ducs de Bourgogne et de Savoie, relativement à la ville de Trévoux. Guiihenon, Hist. de Bresse, p. 290.
1431. Juin.,. Guillaume de Durche est envoyé par la ville à Poitiers. —
Vers le même temps, le consulat avait envoyé Jean Colas, spinolier , natif de Lorainc, demeurant à Lyon , porter ses lettres closes et rapporter réponse nar-devers M. le duc de Bar, au sujet de certaines paroles qui avaient couru a Lyon, que cette ville devait être remise (que Dieu ne veuille!) aux ennemis du roi. S.
1431. Juillet 17. Lettres du roi Charles, données à Poitiers, défendant
aux officiers de l'archevêché de mettre par amende les habitants de Lyon , à cause de ce qu'ils chantaient des chansons de réjouissance sur la défaite du prim e d'Orange. S.
— L'ancienne confrérie ilu Jeu île l'Arc est h igée pur Charles VU en compagnie royale. Arch. dufih., vu, 94.
— Le» Bourguignons ayant pillé Belteville, le chapitre relâche, pour deux ans seulement, les quatre marcs d'argent que l'abbé lui devait. S.
1432. — Janvier 27. Lahire écrit à ses ires chiers et grands amis les gens d'fsgtise, bourgeois, mananset habitons delà cité de Lion, afin de lesengager à le secourir de ta plus grande somme que possible leur sera, pour lui aider à payer sa rançon. Mélanges de C. B., p. foZ.
1432. — Avril 27. Les conseillers de ville étaient détenus depuis deux jours, à Roanne, ù la suite des contraintes pour le payement de l'aide mise dernièrement à Poitiers pour la portion de la ville, fixée à 1,200 royaux. Guillaume Morel , député du roi ù cette recette , tient quitte la ville pour 600 royaux ; les royaux comptés a raison de 42 s. 6 d. tournois la pièce. S.
— Passage h Lyon d'un religieuxde l'ordre des Carmes, nommé frère Thomas Conette, natif de Bretaigne, que le vulgaire appelait le saint homme: « lequel alloit sur un nsne , et estoit suivi de quelques religieux et de plusieurs simples gens, plus pour sa vie exemplaire que pour grand doctrine qui fût en lui : et par son zèle, il attiroit les gens à pénitence : mesmes preschant à Lyon, il fit poser aux dames leurs afliquets et grands bobances : il fit cesser tous les jeux de caries , dez et autres jeux d'azard, et les faisoit brusler en sa présence : et s'eslimoyent bien-heureux ceux qui pouvoient avoir du poil de son asne, ou le mener par la bride , luy estant dessus. Il disoit qu'il alloit à Rome pour réformer le pape et les cardinaux : mais arrivé qu'il fut à Rome, comme U parla trop librement contre le pape et le consistoire , on lui fit croire qu'il esloit hérétique, et on le fit brusler pour tel. » De Rubys, p. 337. — Le pape qui siégeait alors était Eugène IV , qui lui-môme fut déclaré hérétique et déposé par le concile de Baie, en 14&9.
1433. — Septembre 6. Alarmes occasionnées par l'approche des troupes du duc de Bourgogne. S,
— a5. Siège de Belleville. — Ordré du roi d'obéir à M. de Bourbon qui commandait les troupes royales en Beaujolais. — Divisions dans la ville. — Garde des tours et des portes par les habitants et ceux du clergé ensemble. — On fait planter des pilotis à travers la Saône. S.
1433. — Octobre 19 et 26. On se prépare à recevoir le roi à Lyon, a lui faire la plus notable et la meilleure entrée, ayant égard à ce qui fut fait à la venue de son père que Dieu pardonne , etc. ; et si le dauphin vient avec lui , on le servira de vaisselle d'argent jusqu'à 25 marcs.
— Vers le même temps on donne des ordres pour la défense et la garde de la ville , les ennemis du roi ayant naguère gagné la ville d'Avalon , et étant d'intention de descendre , comme l'on dit, en ce pays de Lyonnais.
— On travaille aux fossés de la Lanterne. — Le bailli prête a la ville cent royaux pour l'ouvrage des fortifications. S.
1433. — Novembre 19. On parle encore de la prochaine arrivée du roi. On veut lui faire présent d'une nauf(net) de cent marcs d'argent , dorée et bien faite. S.
1433. — Décembre 7. M* Jean Chapuis est envoyé vers le roi par l'archevêque , le chapitre et la ville pour lui exposer les pilleries que font les Rodi-
goys en ce pays de Lyonnais. — Le roi vint à Vienne , mais il ne paraît pas qu'il vint à Lyon. S.
— Humbert de Grolée , bailli de Mflcon , était en procès avec la dame de Tournon (Tumionis), pour le château d'Hlins Guy Pape, qui n'était alors qu'avocat à Grenoble, est appelé pour être du nombre des juges, quoiqu'il ne fût pas encore reçu conseiller. Quœst. 35o. Decis. gratianop. M.
1434. — Juin»... Marie de Berry, duchesse de Bourbon, meurt à Lyon. Sainte-Marthe , Hist. de la maison de Fr., 1. vm , p. 56o. Guy Coquille met 1^33 , Hist. du Nivernois , p. 3o5. Ri«
Charles VII , accompagné des ducs de Bourbon , d'Alençon, du comte
de Vendôme, du connétable de Riehemont, et d'autres grands seigneurs , en bon nombre , fait son entrée à Lyon , où il est reçu avec toutes sortes de réjouissances.— Lorsqu'il entra dans l'église de Sl-Jean , il prit la chape et l'aumusse qu'il porta jusqu'à l'autel. S. De Rubys , p. 55; .
1434. — Novembre ai. Le duc de Bourbon demande deux ou trois des habitants pour délibérer avec lui s'il fera trêve avec les Bourguignons. Le consulat arrête de n'en point faire sans le consentement du roi. — Il n'y eut des trêves que vers la fin de décembre. S. — Voyez ci-après, au 17 octobre i435.
1434. — Novembre 37. Le consulat prend différentes mesures pour préserver la ville de l'invasion des Bourguignons qui ont déjà pris d'assaut St-Genis, Sle-Foy et Tassin. Les portes de la ville ne seront ouvertes que demi-heure par jour. Ducs de Bourgogne, par M. de fiaranle , tom. vi , pag. 164 et suiv.
1 434. Décembre a3. Le bailli Humbert de Grolée meurt à Lyon. — La
ville nomme pour le remplacer par intérim le sieur Pierre de Chandieu , seigneur de Chandieu. — Au mois de mars suivant , Théode ( ou Théodore ) de Valpergue fut pourvu par le roi. Notes de M. S.-, Brossettc , Eloge hist. , pag. i33. Voyez ci- après, au 19 mars i435 , et à Vannée 1442.
Denis de Quercu (duChesne) argentier du roi, avait joué dans un
jardin près de St-Paul, avec M* Robert deFrécon, chevalier, une partie de boules ( imprisia cum scopho) , à un éco ou un réal d'or par partie. Pour cela les deux joueurs avaient déposé entre les mains de M* Jacques Meyret , prêtre de St-Paul , des gages , savoir : Denis du Chesne , une courroie (corrigiam ) d'argent , et R. de Frécon , son collier d'or. Jacques Meyret ayant refusé de livrer le collier à du Chesne qui avait gagné la partie, celui-ci fut obligé de se pourvoir devant Poflicial. S.
1435. — Janvier i3. La paix d'Arras entre Charles VII et Philippe-le-Bon , est publiée à Lyon par M. Théodore de Valpergue , sénéchal de celte ville. Solennité* et rejouissances, jeux de personnages a ce sujet, pendant deux jours, devant St-Jean , aux Jacobins, etc. La ville fait faire les échafauds nécessaires. S.
a 1 . Un des frères du bailli était prisonnier des Anglais. Le bailli fait descendre des blés pour aider a sa rançon. — D'autres blés passent franchement pour messire Tanneguy du Chastel, prévôt de Paris. S.
1435. — Mars 19. Service solennel pour le bailli de Grolée, fait aux Cordeliers. Le consulat y assiste , attendu le notable gouvernement dudit feu bailli. On y porte douze torches pour les conseillers. Notes de M. S ; - M. l'abbé Pavy , Gr. Cordeliers. —Voyez ci-dessus, au a5 décembre j43$.
1435. — Juin 1 1 . La reine de Sicile, duchesse de Bar et de Lorraine, passe à Lyon , el reçoit les présents d'usage. — On apprend par une lettre du bailli, écrite à la ville , et datée du 8 mai, la détrousse des Anglais devant Gerberoy, où ont été faits prisonniers le comte d'Arondel et autres. S.
1435. — Juillet 19. On exempte des tailles les héritiers de Claude Tieulier qui a bien servi pendant sa vie au capitainagc de St-Vincent , et mêmement quand Belleville l'ut prise. Jctts consul.
— 24. On députe au roi et on s'adresse à M* de Gaucourt pour obtenir rabais de l'aide demandée à la ville et au pays. Les députés jurent aux Saints d'yaller au plus tôt. Actes consul.
1435. — Octobre ly. Par suite des trêves faites a Nérac par M. d î Bourbon avec les Bourguignons, des garnisons avaient été mises à Charly et à Chfiteauneuf. La ville et le pays de Lyonnais furent taxés ù 5oo francs pour le soudoyement de ces garnisons. Notes de M. Sudan , qui observe que« déjà la paix générale avait été signée à Arras. » — Voyez ci-dessus, au i3 janvier.
— 23. Depuis longtemps le consulat avait obtenu du roi des lettres pour établir à Lyon des gabelles au lieu des tailles et subsides que l'on mettait si souvent ; mais les habitants de Lyon y avalent eo général tant de répugnance qu'on n'osait les établir. — Plusieurs des conseillers craignaient d'être maudits. — M° Jean Leviste , un des trois commissaires réformateurs envoyés à Lyon, porte plainte contre eux. — Dans sa séance du 1 1 novembre suivant, le consulat déclare qu'il se pourvoira au roi contre les commissaires. S.
1435. —Novembre 16. On députe au roi l'ofllcial pour demander entr'autres choses la translation ù Lyon du concile de Basic — Le roi chargea M. de Vienne et messireSymond Charles, de prier que le concile fût mis à Lyon. S. — Voyez ci-après, au 3o avril ifàô.
1436. — «Celuy an fut le Boy à Lyon et au Dauphiné pour aller en Languedoc, et vint à Montpellier, et là fit ses Pasques. » Alain Cliartier , p. 10a.
— « Après la bataille de Morat où les Bourguignons furent défaits , le roi partit de Lyon où il avoit séjourné six mois pour demesler les entreprises du duc de Bourgogne sans rompre la tresve. A bien connoistre Testât des affaires, le roi faisoit plus de guerre en laissant faire au Bourguignon tout ce qu'il vouloit, et en lui sollicitant des ennemis en secret, que s'il se fust ouvertement déclaré contre lui. » Chronique de Hollande, de Jean Petit, liv. vi , pag. 5o6 ( citation extraite des Notes du P. M. ).
— « Le roi et le dauphin durent venir à Lyon vers le mois de janvier i436. À celte époque la ville imposa une taille d'une maille. Sur cette taille on leva la soin me de 5oo francs qui fut donnée au dauphin par la ville. Notes de M. Sudan, qui fait observer que« les Actes consulaires ont une lacune de dix ans, de i436 à 1446. »
— « Le syndicat de la nomination des conseillers de ville pour i43ô ne fut ouvert et rétabli que le jour de S. Antoine 17 janvier, parce que le roi, le dauphin, Charles d'Anjou et quantité d'autres princes et seigneurs se trouvaient à Lyon le jour de S. Thomas ( 21 décembre précédent). Brossetle , Eloge hist. , 3e partie , pag. 58.
1436. — Avril 18. Le consulat fait payer 6 réaux d'or à Rozier le Lion , poursuivant ( courrier ) de M* Théode de Valpergue, bailli, pour les joyeuses
nouvelles qu'il a apportées de la bonne ville île Paris, qui fut réduite vendredi dernier passé , en l'obéissance du roi notre sire , parle moyen de M. le comte de Rîchemont, connétable de France.
— Même mois. Les conseillers font faire la bandière de la trompette. — Pour cela on acheta chez Michclet Bastier trois quartiers d'aune de ta/fatin roge , et un quartier d'aune de taffatin pers, à ao gros l'un, plus un quarteron d'or 6 g*os, et un cent d'argent battu 4 gros; enfin trois aunes de frange bordé pesant une once et quart, à 10 gros Ponce. S.
1436. — Atril 3o. Les conseillers font payer à mess ire Simon Charles , chevalier de l'hôtel du roi, la somme de aa ducats d'or employés en 4 aunes d'esquarlate (écarlate), donnée à Lyon, en l'église de St-Alban, audit m ess ire Simon Charles , afin que plus diligemment et «le meilleur cœur il procure que le saint concile qui est à Basic, quand il s'en départira, s'en viengne lougier en teste ville de Lyon, comme le roi notre sire de ce a chargé expressément , entr'autres choses , Mgr. l'archevêque de Vienne et ledit messire Simon Charles, qui pour cette cause et plusieurs aut:es vont au dit concile de par le roi notredit sire. S. —Voy .ci-dessus, au îG novembre i^35.
1436. — Mai{\. Le consulat fait donner un réal d'or à messire Jean de Vaux, chevalier, pour Dieu, et pour lui aider à payer sa rançon aux Anglais dont il est prisonnier députe la bataille de Verneuil. S.
1436. — Mai 19 et ao. Fêtes de Pentecôte. « Le peuple de Lyon , dit Paradin, se leva en armes, et y eUst grande rebeine et désordre.... » But, de Iyon, pag. a35. — Suivant le même auteur , cette révolte eut pour cause de nouvelles tailles et gabelles introduites en vertu de l'arrêt du parlement de 1402 , dont nous arons parlé ci-dessus, année i4o3. — On rappelle encon» dans les actes consulaires de i446, i447 el «45a, la rebeine de i436. — Dans la séance du a5 novembre i446, on arrête de rendre à ses héritiers les gages pris chez feu M' Jean Paterin , au sujet de ses tailles; — dans eelie du 11 janvier i447t on prend la même décision à l'égard de ceux pris che* Antoine Aygue, notaire; — enfin dans celle du i"juin i45a, Pierre Fouriiier et André Chevrier, gendres de feu Jean Paterin, demandent qu'il leur suit délivré par la veuve du sîeur Gonlier, receveur , certaines robes , manteaux et autres gages pris sur ledit feu Jean Paterin, au temps de la rybaine , ce dernier étant à l'article de la mort (en effet il mourut en mai ï436), lesquels furent donnés en garde à Pierre Gonlier. A quoi les conseillers répondent : Qu'ils ne sont point d'intention d'approuver rien qui ayt esté faict du temps de tadicte rybaine, ni par les auditeurs à ce commis, mais qu'ils ne mettront aucuns empêchements à ce qu'on leur remette lesdits gages. S.
1436. — Mai. Depuis le 8 jusqu'au 39 de ce mois, les conseillers de ville furent tenus aux arrêts à Roanne, à cause du retard du payement d'une taille mise sur la ville (manière de contraindre assez fréquente à rette époque ). On voit par un compte de la dépense faite pour Sa nourriture des conseillers, que les repas montaient à environ ao gros. Cette dépense pour tout le temps s'éleva à 18 francs 10 gros. — A 34 gros moins un quart, poids royal , monte 1 5 ré aux , a gros , 9 deniers. — On trouve encore dans ce compte que le 29 mai (probablement jour de la cessation de leurs arrêts) , les conseiller* firent ehun ter u St-Arbrin (Alban) une messe qui fut payée un gros. S.
1436. — Juin ao. Le consulat fait payer à Chasteauvillain le poursuivant onre réaux d'or qui lui étaient dus pour un voyage qu'il a fait pardeurs le roi notre sire , pour lui porter <« lettres d'exmsaliont d'aucuns blâmes et
• reproches que aucuns a voient mis en avant pardevers le roi contre les « habitans de la rille de Lyon , à cause de certaines assemblées naguère* faites m aux Cordeliers, combien que lesdites assemblées aient été faite» en toute « vraye obéissance envers ledit seigneur roi. » S.
— - L'archevêque Amédée de ïalaru présente requCtc au concile de Uîlle pour contraindre le duc de Bourbon, baron de Beaujeu , prince de Dombes , à reconnaître et l'aire fief et hommage à l'Eglise de Lyon pour les châteaux, terres et dépendances de Trévoux , Chalamont, Beauregard, etc., sous peine d'excommunication et d'interdit. Le concile commet pour cela Albert de Valentrapp, chantre de Liège, avec plein pouvoir au nom dn concile. — Le verbal de cette affaire est ù la bibliothèque royale, avec les exécutoires, au cartulaire marqué n° 8974* Notes du P. Meneslrier. Voyei duTems, Clergé de Fr. , iv, 377.
— « Le prince de Vaiachie , chassé de ses états par les Sarrasins, se retire à Lyon où le chapitre l'assiste. » M.
1437. — Mort de Jean de Rochetaillée , fils d'un pêcheur, né à Rocîu?laillce prés Lyon, et qui d'enfant de chœur dans l'église de St-Jean parvint aux plus grandes dignités , et fut évêque , patriarche, cardinal, etc. Pcrnelli , 1, 157. — 11 ne faut pas le confondre avec Jean de Rochetaillée ou de la Roquetaillade, fameux prédicateur du xiV siècle. — Voyez ci-dessus, année i36o.
1438. — L'an i655, en réparant l'église de St-Paul, on enleva l'inscription suivante qui était sur une pierre élevée à dix pieds de terre , appliquée et cimentée dans la muraille du chœur, ù la droite du maître-autel :
« L'an de N. S. §438, îc 13" jour du mois de tnay, noble et poissante dame Isabeau d'Harcourl délaissée de feu bonne mémoire Monseigneur Humbert de Thoire et de Villars, dame des baronnies de Rossiflon et de Uivirie , a fondé en celle église de St-Paul de Lyon pour le salut de son aine et des ames de sondit feu seigneur et mary et autres ses bons parens et amis 12 anniversaires généraux avec vigiles, oraisons et suffrages des morts, que le collège de ladite église, avec la sonnerie des cloches, feront annuellement en ladite église, comme il est accoutumé de faire pour grand seigneur et dame, et pour ce a donné ladite dame et fait délivrer au chamirrier et chapitre de ladite église , fa somme de six cens escus d'or bons et vieux poids de 64 au march , et lesdits chamarricr et chapitre seront tenus et obligez de dire et célébrer par eux et leur collège lesdits anniversaires doresnavant tous les ans. C'est à sçauoir le premier jour d'un chascun mois «le l'an, un d'iceux avec les vigiles et oraisons, suffrages, procession et sonneriede cloches. Et outre leur a donné une belle croix d'argent doré , où il y a du bois de la vraye croix et l'annel de S. liernard de Thoire orné de bonnes pierres précieuses. Prie* Dieu pour le salut de ladite Dame. » M.
1438. — Juillet 24. Dans la fondation faite sous cette date, par laquelle MeBarthéIemi Berchier, custode de Ste-Croix, prévôt de St-Jean de Lyon , et collatenr ( ou collecteur) apostolique pour la fête de S-. Pothin, veut qu'il soit célébré la veille et le jour, et à la grand'mcsse, par le chapitre et le clergé de l'Eglise de Lyon, unam perpétuant commemorationem loco nrrabilium quœ fieri solebant , il paraît que la fête de S. Pothin se célébrait alors toujours un mardi ; car il eat dil que le lundi veille de S. Pothin , le clergé de Lyon irailire les primes (ou la première messe )r et que, après la procession fajte à Saint - Jean, selou l'usage, en U chapelle «Juilil saint Pothin à la
grand'messe , D. Vrœcentor dicta ecctesia Lugd. m ci put magnam missnm et o/ficiabunt ebdomadarii magnœ missœ evangeliis et epistota sicut fieri solebat die mirabilicm, ob reverentiam\Dei , B. M. Virg., Sti. Pothini et 48 martyrum...et casa quo tempore fut uro fièrent mirabilia ut fieri solebant, dictusD. Bartholomteus vult et est contentas quod dicta missa sic per eum ordinata , sit computata pro missa dictorum mirabilium. Il donne pour dotation cent bons éctis d'or anciens valant un marc et demi , et îa deniers d'or pour acquérir une rente de (J écusd'or. — Le chapitre, en donnant son consentement à cette fondation, met celte réserve : Sine tamen prœjudicio lilispendentis in parlamenli caria Paris us inter D. Arc/iiepiscopum^Decanum et Capitutum Lugd. ex una parle , et
consules civitatis Lugduni ex altéra et nilàl contra ipsam iilem innovando tel
attenuando. Note de M. Sudan , dans un Recueil in-4° Ms. , ayant pour litre : Divers Extraits sur tes églises et le clergé de Lyon ( Archives de la mairie de Lyon).
1439. — Janvier ai. Guillaume de Chauvirey , chanoine et précenteur de l'église de St-Jcan, obtient la permission de sortir à pied du cloître , pour conduire à l'église la fille de Guichard Hastier, juge du comté, qui se mariait. — Alors les chanoines ne pouvaient sortir du cloître qu'a cheval, comme s'ils allaient en voyage , à moins d'une dispense du chapitre. Guillaume de Chauvirey, dit M. Coehard, ne l'obtint qu'en considération de ce que l'Eglise devait, dans de pareilles circonstances, honorer ses serviteurs. Desctipt. de Lyon, 2/48. — Voyez ci-dessus, année i5ja , et ci-après , année l477«
1439. — Mars 4* Sur la plainte des conseillers que les boulangers et plusieurs marchands de Lyon font des monopoles de blé , en sorte qu'il est devenu très-cher, le courrier de la cour séculière ordonne à noble Girard de Varey. prévôt, de défendre aux boulangers, sous peine de 10 livres tournois d'amende, d'acheter le blé à laGrenette, si ce n'est entre onze heures et midi. S.
1439. — Avril 7. Le mardi après Pâques. « Le roy se partit de Rioin , et de là vint à Lyon, et trouva sur le pavs de Beaujolois les gens d'armes qui estoient plusieurs, malades, à pié et desarmez, tellement que c'estoit grunt hideur de les voir. » Alain Chartier , pag. 11a.
— Charles VII étant à Lyon en son conseil avec les ducs de Bourbon et Charles d'Anjou, comte du Mans, etc., concède des lettres patentes ù l'abbaye de Tournus. St-Julien de Baleurre, A ntiq. de Tournas , pag. 5ia.
1440. — Novembre. Améde'e de Ta la ru est créé cardinal par l'antipape Félix V. — Rainaud d'Albon élu archevêque de Lyon , ayant été rejeté à « anse de sa grande jeunesse , et Jean de Bourbon ayant renoncé à son élection , le siège épiscopal de Lyon reste vacant. — Voyez ci-après, année 1444.
1442. — Théode de Valpergue , sénéchal de Lyon, qu'Alain Chartier (pag. 146) nomme baitty de Lyon , se trouva au siège d'Acqs ( Dax) avec le roi ; -—et au siège de la Réole (pag. i^S). Il fut fait gouverneur ou commandant d'Armagnac ( pag. i53). Il se trouva à l'entrée solennelle de Charles VII à Rouen , et commandait 600 archers avec le sire de l'rully et le sire de Clerc. M. Voyez aussi les Chroniques de Monstrelet, passim 9 et cidessus au a3 décembre 1454 ; ci-après, année i45o.
1443. — Février.... Leltres de Charles VII qui accorde à la ville de Lyon une troisième foire franche chaque année, avec permission d'y userde toutes monnaies étrangères. Ord. des R. de Fr. , xin, 399; Arch. du Rh.t vu , 14'»- Voyez ei-dessus , au 9 février 1419. — Le a5 août de cette année 1443 ,
Vjr^A0T V,,,f.rrS,,c ' ^valier, bailli do Mâeon, sénéclu.1 et «,„. vemcurde Lyon, rendit une ordonnance pour faire publier le» lettres du roiil «nnonça que la première foire aurait lieu le premier mercredi après Pâques-' a. seconde, le lendemain de S Jacques et S. Christophle ; la troisième ' «premier janvier. - Ces lettres furent vériuées au conseil delphinal le t 9 mars 14 45. M. r
1443. --Août 6. Le roi donne des lettres patentes pour parfaire les criée* Pnr les généraux des monnoies, des héritages d'Etienne de Villeneuve , qui
M?LtVSÙamne à-.tCnir Pri3°-n fCrméc i"8^ P,eine «ntisfacttei dè ^ v f "t r' r°mpu P™?n, et s'était rendu fuoitif.-Etienne de V lleneuve était frère d'A.nard et l'un et l'autre avaient été plusieurs fois e hevins - Les lettres du roi sont rapportées dans les Preuves du Traité a de la ch. des Monnoyes, pag. 57. M.
- « On va quérir au couvent de S. Donat du diocèse de Vienne , la relique du bras de S. V.ocent Ferrier, donnée au chapitre parle cardinal de diluées. • M Voyei ci-dessus , année 1404.
UU. -Février ,,. Mort du cardinal Amcdée de Talaru, ancien archevêque de Lyon. - Quelques auteurs le font mourir le .9 iui let ,4A3 ,naL .U se trompent Ce ,our est celui du testament, et non de la mor VLèZ ™ r^Tu CJPUulai;edu 10 K"ier ,443 (a,antPiîq„esT n us
2 :Zi)rJ A f °?*Ti' Jea" d'KTDlé ' Chan0ine- *»» «nu avec le ous-ma.tre de I église, annoncer au chapitre que la maladie grave dont
archevêque était atteint les avait déterminé, à faire apporter STehtt™ de fterre-Sc.se quantité de lettres et de titres relatif, soit au site archiépiscopal, son à l'église, et a les déposer au trésor du chapitre T«£*Sr pour 182$, Pag« 36. r m*'lfr
V44V~^!ri/«0, H PaPe.Eugèn«Ivnomme archevêque de Lyon Gauffridiu s
v°em^^^ Paris, ensuite arche!
vequede vienne. M. Cochard, dans une dissertation restée inéditeCMss de I Acad. de Lyon n- afc ) , soutient que Geoffroy de Vassali n'ayant poin! pris possession de son siège, parce que le chapitre de Lyon s'y était opposé sous Prétexte que sa nomination par le pape était contraire aux droits de son Eglise et à observation de la pragmatique dans le royaume , ce prélat ne doit pas être place au nombre des archevêques de Lyon. Geoffroy de i mourut à Tours le 18 octobre 1446. La Mure et quelques autres historiens m cru qu'il était mort à Vienne, et qu'il avait été inhuL dans ï«tKe. on ete conduits ; .commettre cette erreurpar uneinscription latinequ'on li'sii autrefois devant la chapelle de Ste-Croix dans l'église de St-Mau?ice " X m^cription, qui n a pasété inconnue au P. Menestrier, ne lui a paru être aucune fondation d un anniversaire (Notes inédites). On la trouvera dm. ttL Z VH.toire de l>Eglise de Vienne, par Charvet < Boer.0,1 TSSUmr^Us auteurs du Gattia christiana, qui ont placé Geoffroy de VassaH parmi es a ! cheveques de Lyon entre Amédée de Talaru et Charles de BourbT disent qu'il eut pour grand-vicaire Antoine du Terrail , abbé d'Ainav ( oné h «1 chevalier Bayart). Voyei ci-après, année i5o5, mai6 * [ d-°
— Le chapitre met en gage les joyaux du trésor pour 43a livres montant
t!p\i„UM8a SC daDS 2000 lïm* qUC bWwdTrï
1446. — Jacques de la Beaume, Iieulenant-général et bailli de Bresse est d-pute par Louis duc de Savoie pour faire rendre le château de ctenay eu
Lyonnais à l'Eglise de Lyon, sur laquelle il ;ivait été occupé par le seigneur de Chût* au vieux. Guichcnou, Hist. de Bresse , pag. 3o. A
— Les grandes chroniques de Saint-Denis rapportent que , en cette année i445 » Jean de La Gardctte , chevalier, sieur de Fonlenelle , prévôt de l'hôtel , arrêta sur le pont de Lyon , le roi y étant , Otho Castillan , Florent in , argentier de Sa Majesté.
1446. — Février 7. 11 n'y avait pas longtemps que le dauphin était venu à Lyon. La ville , au lieu de deux queues de vin qu'elle voulait lui offrir , paya à M" Jean Bouchctel , contrôleur des finances, ao écus d'or neufs. Les poissons qui furent présentés au dauphin furent payés jo écus et demi d'or neufs. S.
1446.— Mai 4, et juin 17. Noble Jacques Cœur, argentier du roi , est rayé du rôle des tailles pour les maisons qu'il lient en cette ville , « vu qu'il pour- • roit plus nuire à la ville que qui que ce soit. » S.
1446. — Juillet 7. L'archevêque de Reims et l'évêque de Carcassonne, conseillers du roi et ses commissaires à Lyon , vont en roméage à St-Antoine de Viennois. On leur demande assistance pour les franchises »les foires et contre les vexations des maîtres des ports. S.
1 446'.— Décembre Je 18 des Calendes). Charles de Bourbon, fils de Charles, dur de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne , est nommé archevêque de Lyon par le pape Eugène IV ; — mais il posséda cet archevêché' en commande jusqu'à ce qu'il fût en état de gouverner, ayant à peine onze ans lorsqu'il en fut pourvu. Jean de Bourbon, son oncle , administra pour lui l'Eglise de Lyon conjointement avec l'abbé de Belle ville , qui exerça les fonctions épiscopales en qualité de suffrngant. Ga/l. christ. , et du Tems ; Mat. de l'Ile-Barbc , 1 , 247.— -Voyez ci-dessus, au ao avril 1 444 * et ci-après, au 21 septembre 146G. — Le P, Mcnestrier rapporte, dans ses Notes inédites, que Charles de Bourbon, après avoir été élu archevêque , donna ù l'archevêque de Vienne mille ducats de pension pour qu'il se désistât de ses prétentions sur l'archevêché de Lyon.
— Philibert de Grolée, chevalier, seigneur d'illlns, chambellan de Louis XI, était alors capitaine de la ville de Lyon — Il paraît avoir succédé à Théode de Yalpcrgue. Brosselte, i55. — Voyez ci-dessus, année 1424; et ci-après, atnu'e i^lio.
1 447. — Marsi 5. Le grand nombre de taillesque le consulat était obligéde met" tre pour fournir aux charges, réparations et aides du roi, faisait déserter la ville à plu>ieurs des plus riches et des plus anciennes familles. — Pierre de Nièvre et Jean de Chaponay étaient allés résider en Dauphiné.- — Jean Lcviste avaitaussi quitte Lyon. (Jct.cons. du i5 février i44?)«~ On apprend encore par les^rt. cotis. du" 10 juillet 1448 , que Jean de Varey, sieur de Kontalon , se voulait retirer avec sa famille à Ronlalon, et aller au service du roi. S-
1417 Juillet 9. Commencement des longs démêlés du consulat avec
Charles de Bourbon pour la police de la ville , que l'archevêque et le doyen de l'église s'étaient attribuée. S. et M. , années 1447 et 1448.
1 447 '.^-Octobre i5 ou 16. Le cardinal de Bourbon arrive à Lyon. La ville lui fait offrir deux domaines de torohe9 pour le défrayer, et deux autres douzaines à titre de présent. S.
1447. — Décembre 4. Règlement pour la nomination et la durée du service des conseillers échevins. Ils serviront deux ans, et on réélira, chaque année
les six derniers, comme on le pratiquait autrefois, etc., etc. Les six ancien! auront l'honoraire de 20 liv. S.
1448.— Février g. La maison de Philippe Oydel , située rue des Hébergeriez , et ayant pour enseigne un heaume, avait été brûlée pendant que les gens d'armes du roi y étaient logés. Oydel s'était adressé au roi qui lui avait accordé un don de i ,5oo livres a recevoir tant de la ville que du plat pays. La ville s'était pourvue en opposition ; mais par égard pour les services qu'Oydel avait rendus , elle lui accorde 5o livres. Act. cons.
1448. — Juillet 27. Le cardinal d'Arles , l'archevêque de Trêves et l'archevêque de Reims étaient venus à Lyon pour traiter de l'union de l'Eglise ; on leur fait offrir des torches et des configures. L'archevêque de Reims reçut en outre six ânées et demie de vin clairet. Ce dernier prélat et messire Elie de Pompadour, archidiacre de Carcassonne, conseillers du roi et lieutenants en la ville pour le roi, logeaient en l'hôtel de nohle Jacques Cœur, argentier du roi. — Le 1" octobre, le eonsulat fut se plaindre à eux de ce que M. le duc de Bourbon, devant venir a Lyon, faisait marquer, par ses fourriers, ses logis dans la ville, privilège qui n'appartient qu'au roi. S. Voyez ci-après, au 9 avril i449«
1448. — Juillet.... Les grands Cordeliers font représenter dans leur maison le jeu de ta passion de J. C. « Ce fut sans doute, dit M. Cochard , pour récréer les prélats alors assemblés à Lyon afin de mettre fin au schisme de l'Eglise, que ces bons religieux donnèrent ce divertissement (voyez ci-après , au 9 avril 1449)* Ces sortes de spectacles étaient très- usités; l'Eglise ne voyait dans la représentation des Mystères qu'un moyen pour attacher le peuple à sa religion et lui en faire aimer les préceptes : aussi les clercs, les prêtres même y prenaient une part très-aetive. » Descript. de Lyon , p. 100. Voyez ci-dessus, année 1426; et ci-après , années 1 485 , i5o7, 1607, etc.
1448. — Août 8. La ville est obligée de fournir les frais et d'équiper huit arbalestriers pour la portion à sa charge dans la création des francs arbalestriers faite parle roi. S. Voyez ci-après , au 6 juin 1^52.
— Même jour. Les médecins seront taxés aux tailles comme les autres citoyens. Act. cons.
— Même jour. Le consulat fait élever un nouvel incident dans le procès de la ville avec l'archevêque; il prétend le droit («c) des habitants de vendre le vin tourné pendant le ban d'août, etc. — On trouve en ce même temps, qu'un chef de ce procès était pendant au siège de St-Just (le bailliage). S. Voyez ci-après, au 19 août i455.
— Le consulat fait paver, pour servir de voie publique, une partie du cimetière dépendant de l'église de iV. D. de la Saonerie. — Cette opération donna lieu à quelques débats. On lit dans l'enquête faite a cette occasion « que plusieurs fois on a vu diverses personnes s'y réfugier comme en un lieu d'asile; qu'en arrivant elles criaient : Franchise ! et qu'alors ceux qui les poursuivaient ne passaient pas outre ; que cependant un nommé Pelisson en ayant été arraché par des sergents de la cour séculière, le chapitre de St-Paul intervint , et, sur sa plainte, le prisonnier fut ramené dans le lieu de l'immunité. «L'ordonnance d'Orléans fit cesser ces franchises , qui ne servaient absolument qu'à favoriser le crime. Cochard, DescripU de Lyon , p. 224.
1449. — Avril 9. Amédée VIII, dit le Pacifique, comte de Savoie, qui avait été élu pape en 1440 , et qui avait pris le nom de Félix V , abdique le ponli-
ficat dan* le couvent des Dominicains. — L'année précédente, Charles VII avait fait tenir à Lyon une assemblée dans laquelle on avait dressé les articles de l'accommodement projeté entre les deux pontifes quî se disputaient la tiare, Félix et Nicolas. Charles avait été favorable à Nicolas , qui , par reconnaissance , fit peindre dans le palais du Vatican , par Pietro deWa Francesca , florentin , le roi de France et plusieurs autres personnages de marque , qui furent depuis ôlés par Jutes II , qui fit peindre à leur place , par Raphaël, le miracle du Saint-Sacrement arrivé à Bolsène , et S. Pierre dam sa prison. M. — Le P. Colonia, Hi&t.litt., u, 38g, rapporte qu'après l'abdication de Félix, on chantait publiquement d Lyon et partout ce vers assez bon pour ce temps-là :
Fdsit lu* mundo ; oesut Félix Nicdao .
1449.— 'Mai 16. Le consulat députe auprès du roi Me Gui Flamosset, maître en théologie de l'ordre des Prêcheurs, et M* Pierre Thomassin, conseiller, pour solliciter la rémission de l'aide ou portion â laquelle la ville avait été taxée dans l'aide de 200,000 liv. accordée au roi en la ville de Montargis. — Les deux députés se rendirent àChinonauprèsdu roi; ils restèrent 5a jours en voyage. Le Jacobin , quî avait un valet pour compagnon , rejut une indemnité de 4o écus. S.
1449. — Mût 19. Le consulat assiste au service du grand-maître de l'ordre des Prêcheurs , enseveli aux Jacobins de Lyon , en considération du défunt , et aussi de M* Gui Flamosset , vicaire-général dudit ordre. S.
1449. — Décembre 3 1. Le consulat veut s'opposer aux efforts de l'archevêque et du chapitre pour faire transférer le siège de la sénéchaussée de cette ville à Mâcon. S.
— - L'archevêque Charles de Bourbon fonde , dans l'église de St-Jean, une chapelle qui passe, ajuste titre, pour un chef-d'œuvre de sculpture. Cochanl, Descript. de Lyon, p. 242.
1450. *-Vttin 3o. Pierre de Bourbon , sire de Beaujeu , frère de Charles , vient à Lyon et s'établit, durant son séjour en cette ville , dans le château de Pierre-Scise. Cochard, Calendrier pour 1829, p. 57.
\ 450.— Septembre 6. Mort de Louis Alleman, d'abord chanoine et comle de Lyon, puis évêque de Maguelone, archevêque d'Arles, et enfin cardinal. M.
1 450. — Novembre 20. Le consulat arrête que l'on ne tiendra plus de séances les dimanches, « attendu qu'un chacun se doit occuper au service divin. * S.
«La veuve et la fille d'Ennemond Lambert, Sr de Lissieu, demandent au
chapitre l'absolution pour ledit Sr qui avoit été excommunié de l'autorité du glaive pour n'avoir payé ce qu'il devait ; et, comme on refusoit de l'enterrer en terre sainte , elles s'obligèrent pour lui de payer les arrérages qu'il devait au chapitre. » M.
— Maistre Louis Langre, espagnol, médecin et astrologue à Lyon, prédit à Charles VII sa victoire de Formigny ( Fromigny ) , l'an i45o , et la grande peste qui fut à Lyon l'année d'après ; pour raison de quoi le roi lui donna 400 livres de pension. P. Matthieu, Hist. de Louis Xl9 p. 728. — L'astrologue ou l'historien se sont trompés ; ce n'est pas Vannée d'après que la peste fut à Lyon; cette ville n'en fut affligée que sept ans après la bataille de Formigny. Voyei ci-après, année i'4^7*
1461. — Janvier 17. Le cardinal d'Ealnutevilte , légat du pape, venait de passer à Lyon ; ou lui avait laie de» présent*. 9-
— Même jow. Le cen-sulat fait payer ans cetrrriers dé la confrérie de Saint- Sébastien ao s. pour leur aider à payer la bannière de cette confrérie. S.
1461. — Février 5. Les officiels de la cour séculière demandent au consulat l'exhibition de Yéchandil,ou étalon des aunes crues des tisserands, pour les échandiller, et autres dont on se sert. On arrête d'en faire exhibition auxdits officiers , à St-Jacque*, et5 non dehors. S.
— Février Le chapitre avait appelé au parlement , au sujet des lettres
obtenues par la ville , de l'imposition d'un gros par quarte de sel!. S.
1451. — Juin 24. Jubile* a l'occasion de la rencontre de la fête du Saint-Sacrement avec la fête de S. Jean- Baptiste. — C'est pour la première fois que celte rencontre avait fieu depuis Finstîtution de la Fête-Dieu ; la seconde rencontre eut Heu en 1 546 ; la troisième en 1666"; la quatrième en 1734; elle reviendra en 1886.
1461. — Juin 3a. M. de Beaujeu, frère du duc de Bourbon , vient à Lyon pour la première finis. S*
1451. — Août a5. Le. consulat obtient avec peine le renouvellement des entrées pour le barrage du pont et pour le dixième du. vin, t à cause de l'imposition royale du 4e du vin, mise par le roi à Lyon- et au pays lyonnais. S.
1451. — Octobre 4. Le consulat sollicite auprès des élus pour que les pauvres et les mendiants soient cxemnls des fouages. S.
— Il y avait eu bruit de mortalité, vers le pont du Rhône * ce qui avait empêché les pèlerins qui étaient ailés à Rome de revenir par ce pont. S.
1451. — Décembre 14. Entrée, par la porte de la Lantorne, du cardinal d'Estouleville,. légat du pape.. — Pierce de Bourbon , sire de Reaujeu , qui ré^sidait au château de Pierre-Scise , depuis le 3o juin 1460, se rendit au' - devant de ce cardinal-. Coehard , Cal. pour 18291, p*
— Epoque présumée de l'achèvement de la cathédrale dont la construction avait été commencée vers les premières années du »»• siècle. L'abhéJacques, Hist. de V église de.St-J&an.
1452. — Janvier ' 3t. Le seigneur de la Palïce (sic) était' venu â! Lyon pour faire augmenter lu- garde de la ville. S:
1452. — Février 5. Le seigneur du Château-Viffars fait une sommation à la ville au nom du dauphin. S.
1452. — Juin 6. Les francs arbalestriers fournis et soldés par la ville , au nombre de huit , reviennent de leur expédition de Guiennc; on fait leur monstre ( inspection, parade, revue). Us étaient tenus exempts de la taille. S. Voyez ci-des?os, au 8 août i4{8.
1452. — Août la. Les conseillers se rendent au chapitre on étaient les officiers du roi , et leur signifient que le dauphin veutallerau-dcvantdu roi qu'on disait devoir venir dans le pays et passer par Lyon, accompagné de 5 à 600 chevaliers ou écuyers ; ils déclarent que si le roi n'y est pas, ils s'opposeront au passage des troupes du roi, afin qu'elles ne se rendent pas en Ôauphiné. — On met des gardes aux portes de la ville, etc. — En effetles troupes dudauphin s'étaient approchées de Lyon.— M* Jean Dolon, chevalier, maître d'autel du roi, était depuis trois jours en cette ville comme commissaire. S.
1452. — Octobre îg. Le roi fait savoir à la tille qu'il va «e retirer en Bourbonnais ou Berri , pour y tenir conseil au sujet du dauphin. Il fait offrir à la ville une garnison. Le consulat et le chapitre y consentent sous différentes conditions. — Le a5 de ce mois, le roi était encore dans le Lyonnais. On espérait qu'il viendrait à Lyon, mais il ne voulut pas y venir. La ville lui envoya des députés pour obtenir une grâce sur les aides , au nom de l'église et de la ville. S.
1452. — Novembre 9. Le duc de Savoie, de retour de vers le roi, avait passé à Lyon, où on lui avait fait des présents. S. Voyez Monstrelet, 5e vol., p. 4' î et ci-après , octobre i453.
— 14. Le roi voulait mettre à Lyon 100 ou ia5 lances pour sa sûreté et celle du pays ; la ville n'en demande que 25. S.
— M. de Chabanne , grand-maître de l'hôtel du roi , requiert Ainard
de Beaujeu, gardiatcur du château de Pierre-Scise , de lui remettre les clef» de ce château, pour les conserver jusqu'à nouvel ordre.— Le courrier de l'archevêque protesta contre cette mesure qui lui paraissait attenter aux droits du prélat ; mais le château n'en fut pas moins occupé par les officiers du roi. Cochard, Cal. pour 1829, p. 37. Voyez ci-après, année 1466.
— Le chapitre permet à ceux de St-Sizier de prendre de grosses pierres de Ghoin à Fourvière pour bâtir leur chœur. M.
— La ville fait des propositions au roi pour avoir une université. Actes cons. du 1 1 mars. S.
1453. — Janvier 6. Le fermier du péage de St-Symphorien-d'Ozon déclare que les habitants de Lyon sont exempts de ce péage pour les fruits de leur cru et possessions. S.
— 10. Chaque année les élus, en vertu des lettres du roi, faisaient le département de l'aide des vivres des gens d'armes , montant annuellement , pour la portion de la ville , à 3,o85 livres ou environ. Le consulat, du consentement des maîtres des métiers et notables , accordait chaque fois ladite
ide. S.
1453. — Avril 4. Le consulat fait une aumône de 20 s. a un pauvre gentilhomme exilé de Constantinople. — On fit une pareille aumône, le 29 juillet suivant, à trois autres exclus de la même ville. S. — Tous les historiens s'accordent aujourd'hui à mettre la prise de Constantinople par Mahomet II au 29 mai i455. Ces gentilshommes, le premier surtout, auraient donc été exilés avant le sac de cette ville. Il est fâcheux que les actes consulaires ne nous aient pas conservé leurs noms.
1453. — Avril 10. Druet Forlin, beau-père de Mayrede Beauvois, drapier, étant mort suspect d'exercer des usures , les officiers de l'archevêque défendent de l'enterrer en terre benoyte (sainte). — Les héritiers se pourvurent et engagèrent le consulat de s'adjoindre à eux. Celui-ci fit consulter l'affaire. S.
1453. — Juillet 2. Les députés de la ville n'ont rien pu obtenir du roi pour la franchise des foires , ni pour l'établissement d'une université à Lyon. — Les foires de Lyon avaient des adversaires à la cour. S.
— 5. Défense de par les commissaires du roi de porter des armes dans la ville. S.
1453.— Octobre. Le duc de Savoie vient à Lyon pour aller à Paris voir le roi , ù l'occasion d'un démêlé de plusieurs seigneurs et gentilhomme* de
Savoie. Guichenon , I/ist. de Bresse, p. i8 , et les Preuves, p. 26 , 27 et q8. — Voyer ci-dessus, au g novembre i45a.
1453. — Octobre 2g. Odon, abbé de Clugny, passe à trois chanoines de Lyon un bail à vie d'une maison qu'il possédait entre la rue Tramassac et la nudû Bœuf, moyennant huit florins d'or par année. On y remarque cette disposition : « Dans le cas où le pape, ou quelques légats de sa part, viendraient a • Lyon , Vienne et trois lieues à la ronde ; et dans le cas aussi où il se tien- « drait quelque concile général ou national, l'abbé, ou celui qui le représen- « terait , pourrait venir se loger , ainsi que ses gens , dans la maison tout le a temps qu'ils seraient tenus de séjourner. »
1453. — Novembre^. Nouvelle députation au roi au sujet des foires. — Le roi diffère. — Déjà des informations avaient été faites à ce sujet. S.
— On fait une procession générale pour la prospérité des chevaliers de St-Jean-de-Jérusalem , qui allaient combattre les Turcs. M.
— On rebûtit l'église de Sainte-Croix; 290 écus d'or dus à cette église sont employés à cette œuvre par les custodes. Le chapitre y contribue. M.
— Les religieuses du monastère de St-Pierre se plaignent de ce que leur abbesse les traite trop durement ; et, d'un commun accord , elles s'adressent au chapitre de l'Eglise de Lyon , qui en écrit au duc de Bourbon , père de l'archevêque de Lyon, et à Jean de Bourbon, évêque d'Annecy, et administrateur de l'archevêché de Lyon. Ces deux prélats parvinrent a réconcilier les religieuses avec leur abbesse. Actes capital. , 1. xix , fol. iy3 , ann. i455. — Cette abbesse était Alix de Vassail ou de Vassalieu, la même qui, peu de temps avant sa mort , en i456, disputa vivement aux chanoines de St-Nizi< r les reliques de S. Ennemond. Du Tems , iv, 407. Voy. ci-après, année 14 56.
1454. — Février 18. Deux conseillers , André Chevrier et Jean lîrunicani, lassés de ce que l'on n'avait pas voulu statuer sur leurs réclamations en surtaxes , s'étaient modérés eux-mêmes selon leur conscience. Le consulat exi£« qu'ils se remettent sur l'ancien pied. S.
— Même jour. Messire Jean Dolon, chevalier , maître d'hôtel du roi , était alors capitaine de Pierre-Scise. S.
1454. — Mai 2. Sur lu requête faite par les Augustins , le consulat arrête que par honneur de Dieu , et vu qu'un religieux dudit couvent a prêché tout le carême ùSt-Nizier, et a pris grand peine d'instruire et émouvoir le peuple à dévotion , il leur sera donné quarante septiers de chaux pour leur aidera édifier l'église qu'ils ont commencé à faire construire. S.
1454. — Mai 22. Le consulat députe à Paris Pierre Thomassin pour obtenu la prolongation des foires. — On obtient les lettres et franchises des foires le 3 juillet , non telles qu'on les avait désirées , mais on résolut de les acccplei telles quelles. S.
1454. — Mai 5i . Les cordoaniers de la ville présentent les ordonnances qu'ils veulent être faites touchant l'exercice de leur métier. On consent d'admettre les deux articles suivants, savoir : de ne mêler en souliers veau avec mouton on cordottan, mais tes faire tous d'un cuir brun tanné et bien adobê; le second, quiles cuirs seront marqués par les tanneurs et cuyratiers. S.
1454. — Juin'ô. On vent requérir lettres du roi pour obliger tous les habitants de la ville, et autres ayant bien en icelle, de donner la déclaration ou nommée de tout leur vaillant, tant meubles qu'immeubles dedans et hors lu
ville , etc., sons peine de confiscation de choses omise». — En septembre et octobre on réforma les nommées. S.
1454. — Juillet 3e. Le roi René , qui était à Lyon depuis quelque temps où
11 fréquentait l'église du St-PauL, fait de» a cette église d'un riche reliquaire. Act. capital, dé St-PatU. S.— C« reliquaire , suivant Cochard , eonlenaftdes reliques de saintes Jacofeé et Sa4omé. Arch. du Rh. , pt 4&i. Voyez ci-après au l'S avril i^5y.
1454. — Août t. Le dauphin avait déclaré la guerre au duc de Savoie; l'alarme devient générale; le consulat ordonne à Jean Du pré 9 gayU ou trompette (i) de Fourvière, de redoubler de vigilance , d'avoir l'œil au guet jour et nuit; de* chaînes sont tendues devant Pierre- Scise et a Saint» George. Toute l'artillerie est recueillie, et des commissaires sont nommés pour mettre en bon état canons et bombardes. Les apothicaires de la ville reçoivent ordre de livrer tout ce qu'ils ont de poudre et de salpêtre — < On achète (le 26 août) de. Pierre Ponchon, arbalestrier de St-Rambert , en Forez,
12 arbalètes d'acier et une vuglayre. Le roi fait offrir à la ville des troupes pour sa garde ; la- ville demande à se garder elle-même , cependant elle se touinet aux volontés du roi- Les inquiétudes ne finissent qu'au mois de novembre suivant, quoiqu'un traité eût été fait entra le dauphin et son beaupère le duc de Savoie. Act. cens. , extrait de M. S. ; NoUv-Dam* de Fourrière, par M. Cahour, p. 104, — Pendant celte guerre, Montluel et une autre ville que Guy-Pape appelle villa Genesii Augusta furent détruites et dépeuplées. Decis. quœst. lxxvh».
— Les armes du roi sont apposées par ordre du Siège aux ch/iteaux de Rochetaillée, de Genay et de St-Bernard. M.
— Les lettres de change s'appelaient alors police de change. S. Voy. ci -après au 8 mars 1462, et à 1479.
— Mort de Henri de Saconay , doyen du chapitre de Si-if un, ûls de Gui- « hard , seigneur de Saconay. Il avait succédé en i45o à.Geoflroi (Gaufridius) de Montchenu. Il aurait eu pour successeur , suivant le Gatlia christ. , Daninos (i.vsco , nom que l'abbé du Teins traduit par Danin , Gascon. (Je n'ajoute pas la virgule ; elle y est. ) Mais n'est-ce point une erreur ? Ce Daninus Gasco ne serait-il pas le même que le Glande Gaste qui vient immédiatement après? ;N'aurait-on pas fait du mol Dominas, abrégé par re copiste , Daninus, et du mot Gaste mal écrit Gascon ? Voyez ci-après , année
1455. — Janvier 1 1. Séance consulaire. On propose d'imposer les tailles par rues, coinme dans les autres villes ,, etc. S..
1455k — Mars 1 1. Les monnaies du rot sont les seules qui sont reçues à Lyon par les receveurs du roi.
1455. — Avril 24. Gosme de Médicis avait banque de commerce à Lyon. S. Voyez ci-après, année i4/9-
1455.— Mai 17. D'après l'avis de M. l'évêquc de Viviers et de M. Delon , oftiriers du roi a Lyon , le consulat ordonne de faire la garde extraordinaire. S.
{t ) Voyez, sur les g«yt*s ou guycitt de Fourviûrc, la Notre-Dame </«• Fourrière , pw M. Ga* huur , p, iq'J et 4*î<> et >uiv.
U55 — Juin 8. Ordonnance des gens et consuls do mi à Lyon, concernant le* recour» , exécutions de jugements, etc.— Le consulat s'y oppo.se; le 19 septembre suivant, elles sont maintenues. S.
1456. — Mût 19. Le consulat interjette appel d'une sentence rendue par le sénéchal dans le procès de la ville arec l'archevêque. Voyez ri-dessus, année 1447 et 1448. — Le 7 septembre suivant, la ville eutprocèscontrel'archevêqm' et le chapitre, au sujet de la Grenette. S.
1455. — Août a6. On dit que le connétable M. de Dunois et le comle do Dommarlin viendront à Lyon. — Ils y vinrent en effet , et on leur fit des présents. S. Voyez les Remarques sur l'hist. de Charles Vît , p. 789.
1455.— Septembre 19» Prolongation des privilèges des foires pour quatre ans. S.
1455. — Septembre ai. Le roi demande le nombre des feu* et lés noms des habitants de la ville, etc. — Cette demande fut renouvelée le 6 et le 9 juin i/|58. S.
1455. — Octobre 5. Le duc de Savoie et sa famille sont à Lyon; la ville leur fait des présents. S.
1456. — Octobre i5. M* Jean Symon , avocat du mi , vieot à Lyon. On lui fuit des présents.
^455. Novembre a5. 'Les conseillers de ville chargent PévCque de Viviers et le juge de Beaujolais , qui se rendent à Rome, dt solliciter auprès du pape la confirmation des privilèges ci-devent accorde'* par le Saint-Siège aux habitants de Lyon , surtout de ne pouvoir être appelés en jugement hors «le la ville en vertu de lettres apostoliques. Ils les chargent en outre de supplier le pape de faire abolir les malédictions que l'on dit être lancées tous les jeudis ou vendredis de la semaine-sainte contra panprres de Lugdnno. Le consulat affecte pour les frais de sceaux et d'écritures des bulles de confirmation et des actes d'abolition jusqu'à 5o ou 60 ducats. Voyez ::i-des5iis, année 1 160 ; et ci-après, novembre 1494.
Charles VII fait un long séjour à Lyon , du moins aux environs , prenant le déduit de la chasse, pour la commodité de laquelle il se tenait souv ent au château de St-PrieBt, en Dauphine, distant seulement d'une bonne lieue de la ville de Lyon. — Rubys, qui rapporte ce fait, p. 35Qde *on/7«f. de Lyon, se loue de l'hospitalité qu'il reçut dans ce château . lorsqu'il se retira hors de Lyon en 1094. — Le même historien nous apprend, p. 54d, que « pendant que le dauphin faisoit sa résidence en Haynaut , qui fut par l'espace d'ei viron cinqa><s, les consuls et citoyens de Lyon, pour acquérir de bonne heure sa bonne grâce , faisoient tous les ans le plus secrètement qu'ils pouvoient une levée de la somme de trois mille e'cus sur eux, qu'ils lui envoyaient par un messager secret pour aider à l'entreteneinent de son train , d'où il leur sut puis très-bon gré quand il fut roi.... »
1456. Février.». Charles VII signe a Lyon , sur le Rhosne, une ordonnance relative à la ville de Rouen.
1456.— Avril 5. C'était l'usage de donner la recette des deniers communs et biens de la ville et communauté , par forme de bail à ferme. On la donne à un sieur Guerin qui l'avait eue déjà auparavant. S
— Jean Matthieu était alors procureur de la ville. On augmente ses gages. S.
1 456. — Avril 29. On défend aux ladres de venir dans la ville. — On renouvelle celte défense le 21 juin suivant.
1456. — Septembre 1. Le pape Calixte III accorde indulgence perpétuelle a ceux qui contribueront au parachèvement de l'église de St-Nizier, laquelle Hait , dit la bulle , d'une construction somptueuse. — Le cardinal de Bourbon renouvela cette indulgence en 1482. Le clocher avait été commencé en 1 463 et terminé en 1471 > époque à laquelle les cloches y furent placées. Le chapitre de St-Jean avait permis a celui de St-Nizier défaire tirer des pierres de Choin de l'ancien Forum à Fourvière pour les employer à la construction du clocher. Cochard, Descript. de Lyon, p. 107. Voyez ci-dessus, année 14^2.
— Le roi passe l'hiver à Lyon. Guichenon, Hist. de Bresse , p. 82. — II devait aller demeurer à Tassins; il entend la messe à St-Jean , et donne deux écus d'or, l'un avant et l'autre après . > messe. M.
— En ce temps -là les jeunes gens de .'yon allaient étudier le droit à Toulouse , à Avignon ou à Orléans. S.
— Le chapitre députe pour l'information et la confirmation de Marie d'Atnanzéde Ghauffailles , élue abbesse de St-Pierre. Act. capit. , liv. lxxxvii , p. 8,9. — Il y avait alors dans le monastère de St-Pierre 17 religieuses qui n'avaient pas encore pris le voile, et qui n'avaient pas été bénites ; elles obtinrent de prendre le voile avec plus de solennitédans l'église de St-Jean. M. Voyez ci-dessus , année i453.
1456. — Jean Forichon et Pierre Jaquct font bâtir la sacristie de St-Paul.
« Anno Domini i456 viri discreti domini Joannes Forichonis et Petrus Jaqueti hujui sacratissimœ ecclesiœ sancti Pauti Capellani perpetui, de bonis sibi à Deo coltatis fieri fecerunt hoc prœsens revestitorium , pro quorum beneficio domini istius Ecclesiœ non ingrati ordinaverunt , quod omnes , qui postquam in magno Altari celebracerint , dum se in hocloco devesiiunt pro anima bus eorum et benefactorum suorum preces ad Dominum dicendo de pbofundis, da. kobis et fi de un m. M.
1457. — Mars 2. Louis , archevêque de Sens, qui n'avait pas voulu reconnaître la primatie de Lyon, perd, par arrêt du parlement, le procès qu'il avait eu a ce sujet. Du Tems, Clergé de Fr. , iv , 3?8. Voyez ci-après, au i5 juin et au 11 juillet 1458.
I457. — Mars 3. Les frères Prêcheurs et le frère Carme qui prêchait le carême à St-Nizier, prétendaient chacun de leur côté avoir droit de faire le sermon qui devait se faire le dimanche suivant tVOculi au-delà du pont du Rhône. Les conseillers, pour plusieurs raisons alléguées audit frère Carme, décident que les frères Prêcheurs feront le sermon. S.
1457, — Avril i5. Le chapitre de St-Paul arrête que l'on chantera ténèbres dans l'église, «en considération du roi (René) et de la reine de Sicile qui doi- « vent y assister.... » — Ordinairement on chantait ténèbres dans la chapelle de St-Laurent , voisine de l'église de St-Paul. Cochard , Arch. du flh. , 111 , 487. Voyez ci-dessus, juillet 1454 ; et ci-après 1476.
1457. — Mai 25. Séance consulaire tenue à St-Jacquème. Présents Henri de Sivrieu, Benoist Chanal , Matthieu Audebert, Jacquème Tourvéon , Jean de Villars, etc. , conseillers de ville.— Sur la requesle à eux faite par ledit Jean de Villars disant que combien lui, ses frères et sœurs et autres parents
et amis soyent natifs île cette ville , et qu'en cette ville eux et leurs prédécesseurs ayent lousjours vescu hounestcment et honorablement, sans tache ou macule de blâme , etc. , néanmoins dimanche dernier passé aucuns des clercs de la chancellerie du roi notre sire avoient fait et joué farce* et jeux en public et à pleynde rue , esquelles farces et jeux ils avaient grandement moque et blasmc les femmes de ladite ville , mesmement Sybille sa sœur, femme de Michelet Lambert, et icelle Sybille nommant par son nom par plusieurs fois, en la diffamant et disant paroles diffamatrices et non véritables d'elle , et en icelle Sybille tous ses parents et amys injuriant très grièvement. Requérant pour ce ledit de Villars desdits conseillers conseil , confort et aide , en ce cas offrant de fournir à ses dépens ce qui sera nécessaire. Lcsdits conseillers, ledit de Villars s'étunt retire, ont conclu par l'avis aussi de Girard de Varcy, Pierre Thomassin, etc. Considérons l'outrage grand et conséquent, et l'inconvénient qui pourroit en survenir mesmement pour ce quelesdits clercs de ladite chancellerie soy sont vantés et fait ouyr de faire autres farces et jeux , et en iceux faire et dire encore pis, que sur la requeste dudit de Villars ils donnent volontiers toute aide , faveur et confort qu'ils pourront à ses dépens, et que sur le tout ils feront enqueste de bouche et par écrit au roi,aOn d'avoir la meilleure provision et réparation que faire se pourra S. (i).
— Le roi avait demeuré pendant ce temps à St-Priest et à Ivor. S*
— « Vindrenl à Lyon les ambassadeurs du roy d'Espagne devant le roy (Charles VTI ) pour confermer les alliances des roys de France et d'Espagne, et aussi y vindrent les ambassadeurs du roy de Hongrie et de Bouesme,pour demander madame Magdeleine, fille du roy, par mariage pour ledit roi de Hongrie.... En ce temps se partit le roy desdits pays de Dauphincetde Lyonnois, et s'en vint en Bourbonnois, et de là en Berry. » Alain Chartier,p.
1457. — Juin il. Séance consulaire. Pour que les ladres de la Madeleine et de Balmont n'entrent pas en la ville , on fera donner à chacun maladter 3o s. pour leur aider à acheter un âne ou un petit cheval. Ils seront obligés à chercher quelqu'uns chargés de quérir pour eux. On donnera chaque année à celui qui quêtera pour ceux de la Madelaine un manteau ou tabart à l'image de la Madelaine et 100 s. tournois ; autant à celui de Balmont, et son manteau aura l'image de S. Pierre , comme a déjà été fait esdites maladières. S.
— Depuis cette séance il n'y eut point de consulat ni assemblée de ville jusqu'au ^5 septembre, jour auquel il y eut une assemblée pour la ferme du barrage; cinq conseillers seulement y assistèrent, Henri de Sivrieu, Matthieu Audeberl, Gilles de Chaveyrie , Jean Formond et Pierre Guillart ; les sept autres étaient absents à cause de l'épidémie qui régnait à Lyon. — De même point d'assemblée du 29 septembre au /^décembre , jour auquel il en eut une o\\ figurent les conseillers nommés ci-dessus , à l'exception d<; Henri de Sivrieu absent , qui fut remplace' par Jacques Caille survenu. Malgré leur petit nombre,
( c) Nous iguorons quelles suites eut celle affaire; tes Actes consulaires ne nous le disent pas : elle n'eu eut saus doute aucune, à cause de la peste qui éclata bientôt à Lyon. Celte farce nous en rappelle une autre qui fit aussi grand scandale en 1627 , c'est Y Entrée magnifique de Baccknt avec madame Dimanche grasse , sa femme, faite en ta ville de Lyon le 4 février. C'était une parodiedes entrées solennelles dont nos cchevins étaient alors si prodigues. L'année suivante, de même qu'en 1457 , Lyon fut aussi ravagé par la peste, mais bien plus cruellement. — V Entrée magnifique avait été imprimée ; une nouvelle édition en a été donnée par M. Léon Boitel. Lyou , i83t , in-S.
ils firent une élection des maîtres de* métiers; et le 8 du même mois, Jean de Villars vint avec un autre conseiller , et ils ratifièrent tout ce qu'avaient fait leurs confrères. S.
— La peste se fit sentir à Lyon tout l'été jusqu'à la Si-Martin. Act. cap*, de St Paul.
1458.— Janvier 19. « Jean Chaperon , fermier du dixième du vin, l'année passée , expose que du temps que le rov (Charles VII) et toute sa cour étoient logés en ladile ville, H avoit doublé la ferme du io#, dans l'espérance que led. seigneur et sa cour dussent demeurer , comme bruit en étoil , le longde lad. année en lad. ville, encores qu'il dût recevoir led. droit sur les marchands regratiers et vendeurs de vin en délail étrangers et suivant ladite cour ; ru quoy il avoit été grandement déçu pour ce que obstanl la mortalité et épidémie , laquelle en ladile ville pour lors commença à régner led. roy et toute sa cour s'éloient départis vers le milieu ou peu moins de lad. année ; de mesme la pluspttrt des habitons de la ville avoient absenté et étoient allé demeurer hors la ville. * — Les conseillers bien informez de la perle faile sur sa ferme par ledit Chaperon, lui font rabais de ôoliv.tourn. sur ce qu'il peut devoir encore. Actes consulaires.
1458. — Février 14. Séance consulaire. M* Claude Viste , barbier ( chirurgien ) , expose que l'année passée, durant le temps de la pestilence, il avoit par plusieurs fois visité les hôpitaux de la ville, et donné plusieurs secours aux malades et patients d'iceux temps de lad. pestilence que autres, dont requerrait ledit Claude aucun guurdon.— On lui fait donner la somme de 40 sols tournois.
D'ailleurs informés que M# Courras, médecin, et Pcronnet du Chaslel , barbier , qui estoyent depuis longtemps retenus pour visiter 1 s hôpitaux et «tonner remèdes aux malades et patients d'iceux, et pour cela estoient tenus quilles de leur taille , n'ont pas fait , et ne font pas leur devoir, et mesineuicnt que durant ledit temps de pestilence , ils n'ont visité lesdits hôpitaux rt n'y sont allés ni venus; et s'ils y vont, ils ne donnent remède ni confort auxdits malades, sinon tant que ceux-ci baillent argent. En conséquence les'I. conseillers cassent ladite retenue et ladile exemption. Ce qui leur a esté intimé.
Le 24 avril de la même année, le sieur Courras fut imposé en taille ù 10 s. pour taille d'un denier. Le i3 juillet suivant, on le tint quitte de partie de sa taille pour services par lui rendus.
145S.— Juin i5. Séance consulaire. On arrête au sujet de ce que le Papa a innové denorel, comme l'on dit, au siège primatial , et a prononcé les archevêques de Rouen, évêques de Paris, Sens et certains autres, non être sujets comme ils souloienl, mais être exempts du siège (primatial ) , ce qui est à la énervatiun des prérogatives de la cité de Lyon; et l'on en fait écrire, au nom de ladite ville, au roi , au parlement, et partout ailleurs on il sera nécessaire. S. Voyez ci-dessus , au 2 mars 1457.
1458. — Juillet 11. Nulle du pape Calixte III qui soustrait l'archevêché de Rouen de la primatie de Lyon. — Ce fut le cardinal d'Eslouville , carmelingne et archevêque de Rouen, qui l'obtint pendant la maladie de ce pape, qui mourut le 6 juillet suivant, te On regarde, dit le P. Méneslrier dans ses Notes inédites , relie bulle comme subreplice el obreptice, pour avoir été donnée pro-
prio tnotu dans une matière contentieuse contre l'Eglise de Lyon dont le siège était vacant. Le pape casse des arrêts obtenus par l'administrateur de i'aichevêché de Lyon, par ^lesquels on défendoit a l'archevêque de Houcn de se pourvoira Rome, et qui déelaroient abusif ce qui s'ohtiendroit uu préjudice d'une Eglise qui était sans pasteur; que l'archevêque de Lyon tu'pouvoit faire juger une question qui avait été jugée dans un concile général il y avait 4oo ans; et que le cardinal de Ste-Croix , commis par le pape pour l'examiner et pour donner sa sentence, nepouvoit être juge compétent dans une matière déjà jugée en un concile général.»
— La fête de la Transfiguration , instituée parle commandement du pape, est insinuée au chapitre par le grand vicaire de l'archevêque. M. — Cette fête se faisait dès le milieu du ix* siècle; mais le pape CalixJe III la rendit plus solennelle en i/|56, en mémoire de la grande victoire que les chrétiens remportèrent la même année sur les Turcs devant Belgrade.
— Jean de Grolée, custode, fonde , par son testaient, six prébendesdans la chapelle de St-Michel qu'il avait fait construire ; il donne mille écus d*or au sacristain de St-Etienne pour leur dotation, règle les messes à trois blancs, fonde la lampe qui doit éclairer jour et nuit l'image de la Vierge au-dessus du portail de St-Etienoe , eutre les deux église* , et donne trois florins au marguillier pour en avoir soin. Jet. capit. , fol. 1 58 , v. 197 et seq.
14o9. — Andromède Lascaris, de la maison des Paléologue? , parent de l'empereur de Constantinople , passe par Lyon et recuit quelques secours du chiipitre. M. Voyez ci-dessus , année 1 J|53-
— La fête de S. Pothin se célébrera désormais le 2 juin et non le mardi avant la St-Jean, suivant l'ancien usage , attendu que la fCle des Miracles ne se faisait plus. Voyez ci-dessus , année 1 4 1 6.
— L'archevêque crée un courrier et capitaine de lu ville, que le chapitre confirme, et qui fait serment au chapitte. Ai.
1400.— Septembre 16. Mort, à Salon, du cardinal Louia Alfeman, né à Arbcnt (tfugey) , lequel avait été chanoine-comte de Lyon, et avait succédé dans cette dignité à Galois Alleman, »on frère. Colunia, 11, 585->:8y.
— Tanneguy , vicomte de Joyeuse , était alors, suivant Brossette , Eloge lù.*t. , p. 455, bailli de Maçon, sénéchal et capitaine de Lyon. — Il parait avoir sut cédé à Philibert de Grolée. Voyez ci-dessus , année i/j/jG; et ci-après, année 1 4O2 , et conférez.
— • François Garin, marchand de Lyon, compose un opusoulo en vers, intitulé : Complainte et enseigne mens , remarquable parla liardie&se des idées, et par le ton d'amertume avec lequel il signale et décrit les abus de la religion rl It.s déroulement* du clergé.— t'.el opuscule, qui a été imprimé pour la première fuis vers it\$o. el probablement a Lyon, a eu plusieurs é ilions ; la dernière est celle qui a clé publiée par les foins de M. Durand de Lançon; Parte, i85?., in-4. en a rendu compte M. C H. dans les y«uc. unit, du tih., n,44 48.
Reçue de Louis XI (i).
1461. — Juillet !i4> La ville donne, pour les causes énoncées dans l'acte , 4 livres à Me Etienne George , recteur <les écoles de la ville. S.
— Le dernier jour de ce mois, fut célébré en l'église des Frères mineurs le seveliment du roi notre sire que Dieu absoille ; ce qui coûta a4 livres 16 s. 6 d. S.
1461. — Août. Monseigneur de la Tour fut envoyé à Lyon de par le roi pour prendre, au nom dudit seigneur, possession de cette ville et du pays de Lyonnais. La ville fit payer toute la dépense dudit sieur de la Tour, montant à 25 1. i s. , par mandement du 18 août.
— Le consulat obtient de l'archevêque et du chapitre l'investiture d'une maison qu'il avait achetée en 1424» pour en f;iire un hôtel de ville. — Jusqu'alors le consulat avait tenu ses assemblées d'abord dans l'église de St-Nizier, ensuite dans la chapelle de St-Jacquème, et plusieurs fois dans le monastère des Célestins. Cochard, Descript., p. 104 et io5. Voyez ci-après, année i^qi.
— Le chapitre nomme l'archidiacre pour présenter et rendre le fief au roi, ratione recompensationis, de la tierce partie delà justice de Lyon, etpour tous les autres droits et revenus temporels. M.
— Humbert de Grolée , nommé sacristain par l'archevêque , est institué par le chapitre. M.
1462. — Mars 8. Lettres de Louis XI, qui autorisent l'établissement d'une quatrième foire à Lyon. Ord. des rois de jFr. , t. xv, p. 644 » Conf. desord.9 p. 660, et 665 à 667; Spon, Hist. de Genève, p. 1 19 et 169. — « Celte or- « donnance est, suivant les auteurs du Nouveau dictionnaire des Origines, « la première qui fasse mention véritablement de lettres de change, c'est-a- « dire, de lettres tirées de place en place. » — On attribue assez généralement aux Juifs l'invention des lettres de change. Savary, dans son Parfait Négociant, en fait remonter l'origine à l'année 640, époque à laquelle Dagobert II aurait chassé les Juifs de son royaume ; mais est-il bien constant que ce prince, qui ne vivait plus en 640» puisqu'il est mort en 658 , ait chassé les Juifs de son royaume ? MM. Noël et Carpentier, qui font aussi aux Juifs l'honneur de cette invention, n'en font remonter l'origine qu'à Tannée i3i8, époque à laquelle, bannis de France par Philippe-le-Long, ils se réfugièrent en Lcmbardie. Nous pensons avec un académicien de Lyon, J. M. Bruyset, que la lettre de change n'est point une invention moderne et qu'elle a été connue des anciens. Nous renvoyons le lecteur à la savante dissertation qu'a publiée cet académicien sous ce titre : Essai sur le contrat coltybiftique des anciens, et particulièrement des Romains; Lyon, 1786, in-4". M. Bruyset justifie son opinion par un assez grand nombre d'autorités, et surtout par deux passages de Cicéron tirés de ses Lettres à Atticus , xn, 24, et xv, i5. — Voyez ci-dessus, années i44^ et 1 4^4* Voyez aussi les Arch. du Rh., m, 4°^> et VII , 147.
1462. — Octobre 20. Louis XI permet à tous les marchands soit nationaux,
(1) Ce prince , successeur de Charles VII , parvint à la couronne le *a juillnt 1461. — L'archevèqne de Lyon, Charles de Bourbon, qui n'avait pas encore été sacré, assista au sacro du nouveau roi.
*oil étrangers, excepté les Anglais, nos anciens ennemis, d'aller aux foire» établies à Lyon par Charles VI , elc. Orà. des rois do Fr., xv. Voyex ci-dessus , au 8 mars.
1462. — La ville plaide pour les fossés de la Lanterne où elleavail droit do pêche, contre le cardinal de Bourbon qui lui disputait ce droit. Parchemin du P. Menestrier , p. 82.
— Suivant Ijrosseltc , François Rover était alors sénéchal et capitaine de Lyon. Eloge hist. , p. i33. — Ce François Koyer ou Royet est qualifié de bailli de Lyon, par J. F. Le Petit dans sa Chroniq. anc.et mod. de Hollande , I. v., p. 468. Il était, en 1467, ambassadeur du roi de France près des Liégeois. M. — Voyez ci-dessus, année 1460.
1462 ou 1463. — Tanneguy du Chaste', grand écuyer de France, arrive à Lyon en qualité de gouverneur du Lyonnais, et reçoit des présenls du chapitre de St-Jean. Actes capital, de Sl-Jean , liv. 11, fol. 284, ou liv. xxi, fui. a54 ; lirossette , Eloge hist. , p. i33 ; Catalogue des Mss. de la bibliutli. de Lyon, t. 111, p. 278. — Tanneguy du Chastel paraît être le premier officier de la couronne qui ait commandé dans le Lyonnais avec le titre de gouverneur. Il eut pour successeur, en 1498,1e vicomte de Valentinois.
1463 (1462, v. s.) — Mort d'Hugonin Clavel, notaire, ancien échevin (en 1443). — Il fut inhumé à St-Paul, dans la chapelle de l'Annonciade, avec cette épitaphe : « Hic jacent discretus tir Hugon Clatetti Notarius regius et Antonia ejus uxor , qui fundaverunt unum anniversarium générale unoquoqu* anno in ecclesi'a sancti Pauli,qui dictus Hugo obiit die 1» mensis februarii anno Dni 1462. » M.
1463. — Décembre 14. Le chapitre de St-Jean nomme Geoffroy de Pompadour, prévôt, et Claude Gasle, chanoine, pour assister aux états à Montferrand. Il paraît, dit M. Cochard, que ces états eurent lieu, quoiqu'aucun auteur n'en parle ; carie 24 janvier 1464 » Claude Gaste obtint un mandat de cent écus d'or , principalement motivé sur son voyage à Montierrand. Actes capital, de St-Jean; Arch. du BJi. vin, 29. — Voyez ci après , au 5 juillet \(\$>.
1464. — Avril 21. Déclaration de Louis XI, qui autorise la nomination de prud'hommes notables à Lyon , • pour les différends entre les marchands y fréquentant les foires, et aussi pour la visite des marchandises, etc.» Ord. des rois de Fr. , xvi , 192.
1464. — Juin 19. Etablissement de la posle aux lettres par ordonnance de Louis XI, datée de Luxies près de Doulens, et non de Lyon, comme l'ont dit quelques historiens. — Suivant M. Cochard , la poste aux lettres n'aurait été établie à Lyon qu'en 161 1, et la petite poste, qu'en 1777 (Guide du voyageur, p. 328). Très-probablement il a voulu parler de l'établissement d'un hôtel des postes. — Avant 1814 > le courrier de Lyon à Paris mettait environ 1 16 heures , c'est-à-dire, 2 heures par posle , a faire le trajet qui sépare ces deux villes; mais, à partir de 18 »4, on n'en mit plus que 68 pour faire ce trajet, que l'on parvint à faire en 47 heures en 1829, et en 39 heures depuis i836. Journal des Débats du 3i mai 1837.
1464. — Août 10. Papon, dans ses Preuves de l* Hist. de Provence , III, lxxiv, a inséré le texte latin d'une Fraternité contractée entre Claude Trothe, natif de la paroisse de Sainte-Julie , diocèse de Lyon, et Pierre Maygetli , natif d'il aule v ille , diocèse de Genève. Cctlc Fraternité est probablement la même que celle dont nous avons donné une traduction abrégée , extruite
du Tristan de Marchangv, t. v , p. 3aa , et qui avait élu reproduite dans les Archives du Rhône, iv , 35i. Voyez ci-dtssus , au 10 août 1 5j4*
— Etablissement des penonages. Registres de la ville, tit. des comptes desreceveurs , n* 5; Menestrier, Parchemin , p. 56; Ilubys,p. 45 1 et 485; Colom'a , n , 38$. Voyez ci-après, an 20 avril 1^07.
1465. — Janvier 19. Louis ï, duc de Savoie , sollicité, par les princes mécontents de Louis XI , à se joindre à eux dans la ligue du bien public, se rend à Lyon, pour informer le roi, son gendre, de l'orage dont il était menacé. De là il devait aller à Moulins où le roi était attendu ; mais un redoublement de goutte le retient à Lyon, et il meurt dans la maison qui faisait l'angle de la place et de la rue St-Jcan , et qui appartenait alors à Sibylle Cadière , veuve d'un riche négociant — Le cœur et les entrailles du prince furent déposées dans l'église des Célcstins ; son corps fut porte à Genève. Art de vérifier, les dates % DI, 6ïu ; Uubys , p. 34»; Guichenon , Hist. de Savoye , j>. 5 19; Matthieu, Hist. de Louis XI , p. 81 ; Arch. du Rit., ix, 8a ; Corhard, Descript. de Lyon, p. 267.
1465. — Juin ?3. On fait part au consulat de l'offre d'un particulier, de fonder, sur l'une des piles du pont de Saône, une chapelle qu'il voudrait faire belle et notable; sur icelle il ferait élèvera ses dépens une tournelle pour y placer un gros reloge. On accepte son offre, et on le remercie. — Dans une requête présentée au roi l'année suivante , au sujet des foires, on expose que, sur le bruit de changement auxdites foires , plusieurs marchands cliangers murmuraient de partir, et qu'aucuns avaient entrepris de faire p'usieurs notables fondations et édifices en certaines églises de Lyon, et aussi certaine belle tour el horloge sur le pont de Saône , et qu'ils. «c sont refroidis à cause de ce bruit. S. — Voyez ci- dessus , au 12 novembre i38i.
1465. — Même jour ( a3 Juin ). « Le bailli demandoit argent à la ville ou à quelques citoyens, par manière d'emprunt , pour soudoyer les nobles du pays, afin de faire guerre à ceux de lîeaujolois, Forez et Bourbonnois, comme le roi le lui mandoit. Il demandoit encore un certain nombre d'habitants pour les joindre à sa troupe.—- On lui fit répondre que la ville faisoit déjà de grands frais pour sa garde, comme le roi Pavoit mandé, et qu'il n'a voit pas commandé autre chose; qu'il ne fut jamais accoutumé ainsi le l'aire ni demandé parles baillis ses prédécesseurs ; cependant si quelques particuliers le vouloient suivre de leur bon gré, que la ville en seroit contente. » S.
1465. — Juillet i4- La charte de mariage que l'on va lire a été insérée dans «m opuscule de Nicolas Cathcrinot.et nous la reproduisons d'après une copie ifu P. Menestrier : *In nomine sanctat etindividuœ Trinitatis Put ris el Fiiii et Spiritussancti, Ego Ludovicus 1 "ererii nobiliv, accipiote in usorcm me a m nomine Armant, filiam noJùlis Colini Tese, nobilis Lugdunensif,cl cvmmcndo tibi eleemosymis meas , siait Deus dixil , Paulus stripsit et les romana con/irmavit , uod Deus conjnnxit , homo non separet. Uatum Lugduni , die XIV menus J"iii anno Domin t MCCCC L XV . »
1465. — Novembre 10. Déclaration du roi pour le grabclagc des épiceries qui se vendent aux foires de Lyon. Ord. des roisde Fr., xvî , t\?&.
— Sentence arbitrale relative aux difficultés qui subsistaient entre le cardinal de Jlourbon, archevêque de Lyon, et le chapitre de St-Just, à raison • le la juridiction temporelle du faubourg de St-Just. — Au nombre des i
très qui prononcent celle sentenc e, se trouve Pierre Chardin, licencié en tous les droits, doyen (le l'Eglise de Vieillie , qui , à quelque temps de là , interjeta appel , au liom du clergé, de l'exécution des lettres royaux, obtenues par les conseillers de la rille pour faire contribuer les personnes ecclésiastiques aux frais des réparations des murailles et des fossés de la ville, pâradin , p. a55; Arch. du v. a55-<>. Voyez ci-dessus, année 1429; etti-après, a/me* .476. • '
1465 — Sur la demande de Jean de Chcnevoux, prieur de St-Irenee,qui expose qu'il v a danger de faire l'office dans l'église basse, à cause du froid et de l'humidité du lieu, le chapitre ordonne que l'office se fera dans l'église haute, et qu'après sexle, on chantera seulement une antienne et l'oraison dans l'église basse. M.
— Prise du château de St-Bernard parle bailli et les gens d'armes de Beaujeu. M.
1466 —J»f<u... Charles de Bourbon fait sommerle lieutenant du sénéchal du Lvon dêlui restituer les clefs du ohAteau de Pier re-Scise, attendu qu'il avait été autorisé à y rentrer par lettres datées d'Orléans |e , 7 avril précèdent.-- Cette remise eut lieu, et Charles occupa le château. Cochard, Calendrier pour 1829, p. 38.
1466 —Juillet. Les lettres patentes obtenues en février 1373 (ï3;ii, v. s.), nar le duc Louis 11, pour soumettre immédiatement le Forez au parlement de Paris, quoique enregistrées en cette cour, avaient souffert de grandes enntradietiom ? au parlement de Toulouse; le duc de Bourbon , Jean IV rl.i le-Bon, comte de Forez, obtient de nouvelles lettres confirmâmes des premières, et encore plus amples, en ce qu'elle* étendaient au Beauté ai* e môme ^rivilége.-Le parlement de Pans enregistra ces nouvelles ett, es !, i5 mai 1/167 , avec réserve des droits et cas privilégies au bailli de Maçon n sénéchal de Lyon; et le parlement de Toulouse en fit autant le ,5 décembre suivant, avec semblables réserves au sénéchal de Beaucnre et nu, baillis de Vêlai et Vivarais. Art de vérif. Us dates, il, 47 1. 1 oyez ci-apro, armée
1466 —Septembre al, Dimanche. Charles de Bourbon sort à huit heures d» matin du ch.lleau dè Pierrc-Scise, pour faire son entrée solennelle à Lyon : ,1 <e rend à l'église cathédrale , accompagne d'un brillant cortège ou I on remarqua l'archevêque de Bourges , les cvêques du Puy d àla.s et d l ■«•. , Lo.Tde Bourbon , comte de Muntpensicr Bertrand de la Tour, comte d. Boïo»oe, Godefroy de la Tour, seigneur de Monlgascon, le chevalier .le»,, du Chas tel, Beynaud de Bourbon , comte de Montrera,,.., etc. etc. ( och.rd \C*U»dtlrpout .829, p. 58.-L. veille, le chapitre «Tut offert a Charles de Bourbon un St. Jean d'argent pesant mue marcs. Il était aile audevant de lui jusqu'à la Maladerie de Balmont, et le lendemain on le reçut avec la procession in capi,, à Porte-Froc. Ad. capU. , hf. «Il , toi,
^4M.— Novembre a4- Louis XI , par lettres patentes en date de ee jour donne or*-, que « l'art et ouvrage de faire de, draps d'or et de »«, »o.l . commancé et introduit en sa vile de Lyon , en laquelle , comme Ç on d«, en . yaTaucun commencement. . Ces lettres patentes ont ete publiées pour la nremiére fois dans les Archive» du Rhônt, t. vin , p. 1 5o-> 5a , et insérées 5 n" U Z lZTge, de M. Bregho. du Lut, page 4.^494. Elles ne ,e trouvent point dans la collecté des Ordonnance, de,ro„ de France , du mn.n,
nous 1rs y avons vainement cherchées. Voyez misai sur ces lettres patentes les Nouvelles Archives du Rhône, t. il, p. i55 et suiv. — « Le consulat, dans une requête qu'il présenta cette même année au roi pour le maintien des foires, fit des remontrances contre ces lettres patentes; il y expose qu'il n'y a personne dans la ville qui veuille fournir argent ni soies , ni autres matières nécessaires pour faire ouvrer les draps d'or et de soye ; car les marchands experts ont reconnu que l'on ne pourroit faire de tels draps en cette ville pour le prix que les font les Transmontains qui ont plusieurs manières de faire, moyens et pratiques qu'ils n'ont pas par-deçà. Ainsi quand ceux-ci donneroient un drap de soye pour trois écus l'aune , ceux de par-deçà ne le pourroient donner à moins de trois écus et demi sans y perdre. II faut nécessairement sept maîtres principaux pour faire les draps de soye : savoir un dateur, un teinturier, deux apparilleurs et assorlisseurs de soye, un faiseur de veloux, un faiseur de draps de dames et satins figurés. Et si l'un vouloit faire des draps d'or ou d'argent, il faudroil avoir d'autres maîtres pour faire les fils d'or et d'argent, et desfemmes expertes pour les savoir filer. La grande raison que l'on allègue est que les maîtres et ouvriers étrangers sont pauvres, car des riches ne s'exposeï oient pas àperdre leurs hiens et leurs vies, attendu les défenses de laisser veuir ledit art par-deçà, et aux pauvres on n'oseroit pas confier des matières précieuses. » 5>.
— Il paraît que le consulat ne tarda pas à reconnaître qu'il s'était trompé en faisant des remontrances contre les lettres patentes du 24 novembre 1466; quelque temps après , et dans une nouvelle requête présentée à Louis XI , au sujet des foires qui se tenaient à Lyon, il expose que plusieurs ouvriers et gens qui se mêlent de faire des draps de soye et autres marchandises sont venus à l'occasion des foires demeurer en cette ville où ils exercent leur industrie, que, grâces à eux, de grandes sommes d'or et d'argent qui sortaient auparavant du royaume y restaient à son grand avantage. Le consulat ajoute que plusieurs marchands étrangers de diverses nations établissent leur domicile en cette ville, etc. S. Voyez ci-après, au i3 acr/^1467. — Une chose digne de remarque, c'est que l'art de la soie et l'art de l'imprimerie datent pour la ville de Lyon de la même époque. Voyez ci-après, au i5 octobre 1473.
— Jean d'Estain , qui était entré en religion , voulant revenir à l'église et au chapitre avec l'habit de chanoine, est refusé. M.
1467. — Construction du couvent des Cordeliers de Châlons-sur-Saône , au faubourg de St-Laurenl. L'église est consacrée par l'évêque de Bethléem, stilïragant du cardinal i.ollin, évêque d'Autun. Ce prélat y mit des reliques de S. Just , évêque de Lyon , de S. Irénée et des 18,000 martyrs de Lyon. Fodéré , p. 75o.
1467. — Février 26. Des lettres de convocation, datées deMontil-Iès-Tours, sont adressées aux gens d'église , bourgeois , manants et habitants de la ville de Lyon , pour l'assemblée des états généraux qui doit être tenue à Tours le premier av ril suivant. Le roi s'excuse de ce délai rapproché, sur ce que la trêve entre lui et aucuns seigneurs et leurs alliés ne dure que jusqu'au premier mai , et qu'il est nécessaire de prendre un parti auparavant. — La nomination des députés eut lieu le a6 mars 1467; on promit à l'un d'eux, M. Grand, docteur ès-lois , deux écus de gage par jour, et 40 sous, aussi par jour, à chacun des deux autres. Arch. du kh. , vin , 5o.
1467. — Avril 18. Lettres patentes de Louis XI, relative? à l'introduction dans la ville de Lyon , « de Part et artifice de faire les draps il'or et de sove, «. etc. » — Ces lettres ont été insérées dans les Documents publiés par M. Godemard, n" 33. Voyez ri-dessus, an 24 novembre i'|66.
— Vers ce même temps, Jehan Grant, docteur en droit canon, était lieutenant du bailli de Mâcon, sénéchal de Lyon. Documents de M. Godemard, p, 100.
1467. — Le doyen qui avait été député aux états de Tours, rend compte de ce qu'il a lait. Le clergé de Lyon lui accorde 200 I., qui lui furent payées parle chapitre, par les églises collégiales, par l'abbé d'Ainay , l'ahbessc de St-Pierre et les prieurs de St-Irénée et de la Plaiière. Quant à l'abbé de Plie— £arbe, il s'excusa sur ce qu'il n'était ni de la ville ni des faubourgs. M.
— Guillaume de Chavigny, archidiacre, permute, entre les mains du chapitre, Parchidiaconé avec Jean de Montmartin , son neveu, maître de chœur. M.
1467. — « En ce temps changèrent les dames et demoiselles leurs atours, et se mirent à porter bonnets sur leurs testes et couvrechefs si longs que tels y avoient qui touchoient la terre par derrière leurs dos, et elles prirent des ceintures plus larges et de plus riches ferrures que oneques, mais elles laissèrent leurs queue* à porter, et au lieu de cela elles prirent grandes et riches bordures. Abrégé de l'hist. chronol. de Philippe-te-Bon , duc de Bourgogne, joiote à l'hist. de Charles VII, édition du Louvre. — Le P. Meneslrier aurait pu citer le passage qu'on vient de lire dans sa Dissertation sur l'usage de se faire porter ta queue ; Paris, 1704, in-12, et Lyon, 1829, iu-8". Il aurait pu également citer le chapitre de Caudis mulierum, qui se trouve dans la Somme des Vertus et des Vices, d un Dominicain lyonnais, Guillaume Perauld. Voici les premières lignes de ce chapitre : « Roc vitio laborant domina quae longas eaudas trahunt post se, terrain pretiosis vestibus induentes, et de nuditale Christi in pauperibus non curantes. Caudis suis polices eolligunt, et pulverem movent hominibus : Chrislum vero quem in tôt pauperibus midis respiciunt , et non operîunt, timendum est eis ne iu caudis earum diabolos quiescat. Unde Icgitur dequodam Sancto, quividit diabolum quemdam lîdeolem ; et quœrens ab eo causam risus, dixit : ViéUsocinm mciunequitantem super candam cujusflum maliens, quœ durn retraîieret cciudam , eccidit xocius meus in lutum, et inde risi. ... » Tom. 11 , p. 261 , édil. de Lyon, 16G-, in 4". Voyez ci-après, «ornée 1 4?5» *
1468. — Janvier. Le chapitre avait fait élever des fourches près de la Duclière , an territoire de Balmont, jurisdiction d'L'cully. Maître Alexandre, exécuteur de la justice de l'archevêque, y fut pendu vers ce même temps , pour ses démérites. On avait fait venir les sujets de l'église pour accompapncrles officiers de justice lors de cette exécution. Des inconnus ayant détaché le corps d'Alexandre des fourches patibulaires, on ordonna que* son corps serait enterré par un autre bourreau, auquel on fit payer 8 gros. S.
1468. — Louis XI ordonne à François Royer, bailli de Mâcon , de se saisir du château de Pierre-Seise, et d'en ôter le gouvernement à Odille des Kstoves, officier de l'archevêque, qui avait été de la ligue du bien public. — Cet ordre lut exécuté , et le château de Pierre.-Srise devint bientôt une prison d'état. Charles de Bourbon alla résider au palais attenant à la cathédrale . et le fil lestaureret décorer avec grande magnificence. Cochard, Cal. p. 1829, p. 5g. Voyez ci-dessus , année 14G2; et ci après, années 1480 et i635.
— La guerre menaçait toujours dans les contrées circonvoisines. Les religieuses de Poleteins liaient réfugiées à Lyon : les gens d'urines répandu* dans le pays avaient enlevé leurs biens. Le chapitre de Lyon leur fît donner deux finées de blé et deux florins. On leur avait fait une semblable aumône dans le temps de la ligue du bien public. S. Voyez , sur le monastère des Chartreuses de Poleteins, les Variétés d'A. P. , p. 112.
— Le comte de Comminges , gouverneur du Dauphiné , ayant visité les fortifications de la ville, ne les trouva pas suffisantes. Il voulait qu'on fermât la ville du côté du bourg de St-Vincent , et qu'on fermât aussi ce bourg par des murs et des fossés en dehors depuis le Rhône jusqu'à la Saône. Actes cap. et consul, de juillet et août 1468. S.
1468. — Passage et réception de la duchesse de Milan , sœur de la reine de France (Charlotte de Savoie). S.
— Injonction est faite à l'archevêque de Milan de quitter Lyon. M.
— En ce temps l'archevêque de Lyon était à la suite du roi. Additions a la Chroniq. de Monstrelet , fol. 28 , 29 et 32.
14G8. — Députalion de Henry, lyonnais, conseiller au parlement de Pari», vers le roi à Tours, pour lui représenter l'intérêt de la conservation de la pragmatique sanction. Matures de l* Isle-Barbe , 11 , 36?.
— L'abbé d'Ainay a le spolio du reclus de S. Sébastien , nommé Pelrus von timet. M. Voyez ci-dessus, années 45o et i364>
1468. — L'intendant des finances Doriole, écrivant à Louis XI, se plaint de ce que, « malgré la parole qu'on lui avoit donnée, on écoutât encore, dan» p le conseil, un certain docteur de Lyon envoyé pour faire lever la défense de * faire tirer de l'Ilalie des épiceries qui se débitoient dans le royaume, » — Louis XI , ayant égard à ces remontrance» , défend « de laisser entier en » France aucunes épiceries ni autres marchandises du Rêvant, si elles ne sont « importées sur des vaisseaux françois. » Note de C. B,
— Jean de Saint- Priest est inhumé dans lu chapelle de S. Michel. Les processions des églises collégiales assistent à celte cérémonie. M.
1469. — Mars 29. Lettres de cachet pour l'établissement de la manufacture des draps de soie à Lyon. Privilèges, dons, n" 101. M. Voyez ci-dessus, 24 novembre 1466.
— Le duc àe Bourbon prétendait qlors , comme grand chambricr de France , cinq sols parisis sur les habitants de Lyon vendant à poids et mesures. Arch. y igU 9 n° i3i. M.
1469. — Les pelletiers de la ville présentent au chapitre une requête dan» laquelle ils exposent que, de toute ancienneté, ils avaient coutume de venir le jour de S. Jean avec leur bannière dans la cathédrale; qu'ils passaient derrière le grand autel , et qu'il» faisaient ensuite leurs dévotions devant les reliques de S. Jean , pendant lequel temps on sonnait une double qu'ils payaient. Cependant, comme on a demeuré quelque temps sans faire celte procession , ils demandent qu'on leur accorde la même grâce; ce que le chapitre fit à condition qu'ils n'entreraient point avec leur bannière , et qu'ils y viendraient a une heure qui ne serait pas incommode. Act.capituL, l.xxm. II.
14G9. — Guillaume de Laye , fils d'un notaire de l'ArbresIe , était entré, en itfio , chez les Jacobins de Lyon. N'y trouvant pas sans doute la paix qu'il avait recherchée , il résolut d'en sortir , et fit part de son projet à un de se*
camarades, qui se hâtud'en prévenir le prieur. G ifll.iu : 1e fut aussitôt renferm é dans la prison du couvent; toutefois il ne tarda pas à s'évader, et il se retira chez les Cordeliersde St-lîonaventure , qui foccuciitrreht avec empressement ; car il leur raconta qu'ayant invoqué la Vierge dont ils possédaient l'image dans leur cloître , il avait été miraculeusement délivré par soit Intercession. Les Jacobins, instruits de la retraite du transfuge, le réclamèrent avec instance , et demandaient aussi qu'on leur rendît ses fers dont il avait lait hommage à sa prolectrice. Il y eut à ce sujet , entre les deux monastères , Je grands et longs débats qui se terminèrent enfin, d'après l'avis de deux notables docteurs ès-lois par une transaction du 28 juin 1469. Une des principales dispositions de cet acte portait que les parties garderaient Te plus profond silence sur cette affaire, et que, si, à l'avenir, un religieux s'échappait de son couvent et se réfugiait dans un autre monastère, il serait immédiatement renvoyé à ses supérieurs. Quant aux fers, il fut convenu que les deux notables docteurs les feraient réduire en niasse ou en barre, et en disposeraient à leur gré. Cochard, Calendrier de 18-28, p. 70-731.
1469. — Le pape Paul II écrit iV l'archevêque* de Lyon de faire publier dans son diocèse , et d'ordonner à ses suffragan'fcs d-e faire publier dans les leurs, la sentence d'excommunication contre Georges Poggebracb, protecteur des H ussites en Bongrie. Spicilégium , iv, pv 4*7 > Moréri*
1470. — Novembre. Débordements des r!v?èrcs. L'Azefgne fait de grands ravages. Acl. capital., nov. 1470 et juirfet xtfii. S.
— Charles de llournon est sacré par Jean Cœur, archevêque de Bourges. — Vers le même temps Louis XI le choisit pour être parrain «lu dauphin son lîls , qui fut depuis roi sous le nom de Charles Vlïi , et le chargea de négocier sa paix avec les ducs de Bourgogne et de Bretagne. GaUia clirixi. et du Teins.
— Le chapitre de Lyon faisait des feux de joie aux divers événements qui survenaient : ainsi il en fit un, c'est-à-dire brûler des fagots, de la p;iillc , etc. , devant l'église de St-Jean. On distribuait au peuple en même temps du pain, du vin et des fruits. — En octobre i458, on en avait fait un pour la paix entre le roi et le doc de Bourgogne. On dépensa do pain et dit vin pour 4 gros. S.
H71. — Arrêt du pi dément de Paris, portant rçœ les habitants1 de Lyon v peuvent user du droit el coustume de vendre leurs vins nouveaux nouvellement cueillis au mois d'aoïrsf ; et" aussi au mois d'aoust vendre leurs vins tournez, eu quelque temps de l'a* que ce soit,- Sons en obtenir- , demander 00 ait. mire licence de monsieur Parchevcsque y on d'à créons de ses officiers ou banuiers. » Paradîn, Hixt, de Lyon , p. 177.
1472. — Juin6. Arrêt du parlement de Paris portant que leshabitanlsde Lyon peuvent vendre et acheter, en quelque lieu que ce soit de la ché, « froment , seigle, orge, cheroefvés pois*, (V'bves etfousatWres'btez quelconques et t'.imois , noix, chastaignes et autres fruiets, et ce, tant entr'eux comme des e»lranger> (pour lesquelles denrées monsieur l'archevesque et messieurs de l'église prétendoient avoir le coponage). » Puradm , flist. de: Lyon. 1^6',
— Celle année «passa par Lyon ce vray miroiter et' exemplaire de sainc- Icté , S. François de Paule , fondateur de la rfctfginti des frères minimes, que le lloy faisoil venir de Calabre, pour le renom de sa sainclelé et des miracles que Dieu opéroit journellement par luy Il fut fort honoré à Lyon ,
et ne I'appcloil-on point autrement que Je saint homme, et s'cslimoyentbien heureux hommes, femmes, petits enfants qui pouvoyeut toucher ses habits ou quelque chose «lu sien. » llubys, p. 544*
— Louis XI demande au pape d'assembler un concile à Lyon pour régler ies affaires de l'Eglise. Ciaconius, m, 26-29.
1473. — Octobre i5. Publication du premier livre Imprimé à Lyon avec date, sous ce litre : Reverendissimi Lotharii dy aconi cardinalis sanctor um Sergi et Bacchi q'postea Innocenlius (III) papa ape liai us e1 competuliu breue féliciter icipit quinque câlines Ubros , etc. — Ce livre fut imprimé par Guillaume Régis ou Le Roy,dans la maison de Barthéleini lîuyer, voisine du couvent des Augustins. Longtemps avant sa découverte et jusqu'au xix* siècle, on avait cru que le plus ancien ouvrage imprimé à Lyon avec date était une traduction de la Légende dorée de Jacques de Voragine, portant pour date le 18 avril 1476, qui sortait aussi des pressesde Guillaume Régis, et dont un Dominicain de Lyon, Jean Bathalier ou Battalier, avait été l'éditeur. Maintenant on tient pour certain que Barlhélemi Buyer est le premier qui a introduit à Lyon l'art de l'imprimerie , et que Guillaume Régis est notre plus ancien typographe. Toutefois on ne peut se dispenser de considérer Buyer lui -même comme imprimeur, puisqu'il est sorti de sa maison ou de son atelier plusieurs livres , entr'antres la Légende dorée de 1 47 6, le Nouveau Testament de l'édition à 2 col. , et le Miroir de la vie humaine de i477» dont la souscription est ainsi conçue : imprimé en ladic te ville de Lion par Bartholomieu Buyer , citoien dudict Lion. Voyez les Osservazioni bibliografic/ie , etc. , de M. Costanzo Gazzera , Turin , 1823, in-4"; la seconde des Lettres lyonnaises de M. Breghot du Lut, Lyon, 1827, in-8°; le Manuel du libraire de M. Brunet, 1, 677, et ses Nouvelles recherches, 11, 214 et 4>4» 111, 45; V Histoire de Lyon parClerjon , iv, 37; l'article Buyer par M. Weiss, dans le Supplément de la Biogr. univ. , etc. — Nous allons donner, d'après les Annal, typogr. de Panzer, v, 477"8> et xi, 378-9, la liste chronologique des imprimeurs lyonnais du xv' siècle (1) :
Barthélémy Buyer (i47«5) > 1476-78 , sine anno ; Guillaume Régis ou Le Roy 0473), i477> i483, 1485-86, 1488; Nicolas Philippe (Pistons) de Bensheim , 1477- 1480, 1482 ; MarcReinhardou Reinart, de Strasbourg {de Ârgentina), 1477- 1480, 1482 Martin IIusz ou Hus, de Botward , allemand, 1478 , 1480-81 ; Jean Faber (Johannes Fabrt) , 1478 (1481), i486, i49«» >402> »494*> JeanCleyn, 1478 (1481), 1489(1490), 1498-99; Perrin Lathomi (Perrinus Lahtomi de Lotharingis), i479» !493; Pierre Hongre (Petrus Hungarus) , 1482 (i483), i5oo; Matthias ou Matthieu Hus ou Husz, 1482-87 , 1489-149» » »493-»494 9 1 498 , i5oo , sine anno ; Jean Sibert, Cyber ou Syber , allemand, 1482, 1498 > sine anno ; Jean Schabeler , i483 ; Jean Battcnsehnc, allemand, 1484 ;
(0 L« aimées qui sont entre parenthèses ont été aj jntres d'«iprc* d'autre» hihlirgt-.qdies.
Jean Dupré («le Prato) , 1487-90, i/|<j3, 1 49^ ;
Michelel Topie de Pymonl , i4S&* ('4,90; Jacques Ileremberck , allemand , 1488, >4go; Jean Trechsel , allemand, 1488-98, sine anno ; Jean de La Fontaine, 1488, 1490 ;
Janon [Johannes) Carcaigni , Carchngni ou Carcan, 1488, i4q5 ; Lazare David Groshofer, 1489;
Jacques Maillet (Malietî) , 1490-yi , i4o4» "497 » »499> «5oo;
Pierre Mareschal , 1490 , 1496 (i497 el '5oo circa) ;
Engelhartus Schultis , allemand, 1491;
Antoine Lamhillon , 1491 ;
Marin Sarazin , 1491 ;
Jeun Maréchal , 149^;
Jean de Vingle (1494)» i495-i5oo;
Jacques Arnullet , 149^ ;
Barnabe Chaussard , 1496 (i5oo circa) ;
Nicolaus de Benedictis , 1496-97 , i5oo ;
Jacobinus de Suigo de S. Germano, 1496-97 ;
Kstienne Gueynart , 1 4f>6 , 1498, i5oo ;
Jo«se Bade , d'Asche (Jodocus Badius Jscensius) , 1497 ;
Jean Bachelier, 1497, i5oo ;
Pierre Barlhelot , i497 î
Guillaume Balsarin , 1498 ;
Jacobus Buerus (1) , 1498;
Claude Gibolet , 1498;
Jacques Sachon (Jacobus Zachoni) , 1498, i5oo ;
Nicolas Wolff, allemand, 1498-1Ô00;
Aymon de La Porte {de Porta) , i4y8 ;
Jean Dyamantier (1482) , i5oo ;
Barthélémy Trot (libraire), i5oo ;
Caspar Ortuin , i5oo ;
Pierre Schenck , i5oo;
François Fradin , i5oo;
Claude de Huschin , sine anno ;
Pierre Bouttelier, sine anno.
(1) Ce nom doit peut-être se traduire par Jacques Buyer. Panzer l'a compris dans s. dos imprimeurs (v, 5 14), quoiqu'il ne soit pas certain qu'il Tait été. J'ai sous lesyei. Tractactus corporis Christi , elc. , dont la souscription est ainsi conçue: anno millesimo ai dragintesimo octuagesimo in vig'dia natiuilati's bcatc Marie, Firginis date fuere vacntiones stn denlibus Valette. Et finita fuit presens repetîtio super décrétait cum martfte de ce/e. mis. suh egregio pâtre" dozoti decretoru comité per me Jacobum fjttcrii de Lugdtino. l'elil in-4° goth., de 33 feuillets non chiffrés. — Voyr/. ri-apres, année 1498.
Peut-cire faut-il ajouter a cette liste : i* Jo. Allemannus , de M.iyeucc , qui a imprimé à Lyon , en 1487 , le Missatc sub ritu et nsu ecclesie tngdunensis , in-fol. go th. , à a col. , publié par ordre du car linal de Bourbon , à moins que ce J <> .Allemannus ne soit Jean Trcchset; a8 Boninus de Boninis, aux dépens duquel a été imprimé VOfficium diuine.... Virginis secundum consuetudinem romane curie ; Lugduni , 1409 (i5oo, n. s.) rfcV 20 martii, in-8* fig. « décrit par M. brutirt; 5" Stxlns Gtogkengiexer * Ae Nordlingen , qui a imprimé à Lyon le Tracta lus de laudibus Virginia Marie d'Augustin us de Ancona, pet. in-4*goth. de 78 feuillets non paginé?, a a col. sans signatures ni réclames, à moins que cet imprimeur n'appartienne au commencement du xvi° siècfe. (Voyez !>lorérî. art. Triumphus); etc., ete.
1473. — Etienne Coral, natif de Lyon, pol>M»à Parme, où fl affwt introduit Tari typographique, une édition fort estimée des poésies de Catulle et des Sylves de Stace. Voyez Panzer , Annales typogr, , 1, 83; C. U. > Lettres lyonnaises , p. 19. — Un des chefs-d'œuvre de Coral est sou Pline l'ancien, J476, in-fol. max. Un bibliophile lyonnais , M. Léon Cailliava , en- possède un exemplaire de la plus belle conservation.
1474. — Une ordonnance rendue cette année défend aux huit- es d'aller par la ville , sous peine (l'être privés de leurs maladcrics. — Il fut aussi défendu j\ eeux qui étaient préposés à la garde des portes de les laisser entrer dans la ville. Parariin , 192.
— Jacques Caille et Iluguette Balarin sa femme achètent du prieur de St-lrénée la chapelle de St-Laurent-des-Vigaes , avec les bâtiments et les «eu es qui en dépendaient. Après y avoir fait ermstruire un hospice pour les pestiférés, il» font la remise du tout au consulat, afin que réunion en soit faite à l'hôpital général. Pernetti, 1, 1 74 ; Cocha t*d, Descript. de Lyon^ p. a54*. Jîiogr. univ. supplém. , art. Gadagne. Voyez ci-après, année 148a.
— Le P. Menestrier a consigné sous cette date un fait qui n'est pas exact. «• l»ené d'Anjou, dit-il, vint à Lyon, et comme il aimoit les édifices,. les peintures et les pierreries , le roi (Louis Xï) lui fit voir et considérer les singu- I irilès des édifices de Lyon et des peintures qui y sont , et lui fit préseut de plusieurs belles pierreries. René fit donation aivroi du comté de ProTewee; le < onlr.it en fut passé aux Cordeliers; il* l'écrivit de sa propre main , en lettres tiW, sur parchemin , et l'enlumina d'or, d'argent et de diverses couleurs, car il étoit excellent peintre et enlumineur. Girard «Tu Haillan, Sommaire de l'Iris- : ire d* Anjou. » Il est possible que Kené sort venu ;\ Lyon en »4?4 * h>ims à Mipposer qu'il y ait fait donation à Louis XI de son eu ni lé de Provence, cette donation n'eut pas un effet immédiat. C'est à son neveu Charles d'Anjou, «omte du Maine, que René donna la Provence, et c'est Charles d'Anjou , mort le 11 décembre 1481 , qui, par son testament , la laissa à F,ouîs XI.
1475. — Louis XI donne un nouveau gage d'estime cl (te confiance àJerarflIî dit le Bon, comte de Forez et duc de JJourbon r en l'établissant lieutenantgénéral dans plusieurs de? provinces méridionales, depuis le Lyonnais jusqu'au Poitou. Art de zèrif. Us dates , 11 , 4 1 *>* Voyez ci-après , juillet
— Le gibier est taxé « comme s'ensuit: In- chairdes conilsiVurt gros, et non plus ; les eoniîs avec la peau à quatre blancs ; les perdrix rouges à cinq blancs. En une uulre taxe se trouvent le> blanches taxées à cinq blancs, et les routes à six blancs ; les canards et canes au plus haut à quatre blancs, et les petits â deux ; les lièvres à six blancs, et non point plus haut.» Paradin, 190.
1475. — Règlement tle police pour les femmes publiques. On leur ordonne de vider les bonnes et honorables rues cl de se retirer au bourdeau. On leur défend «de porter vestemens, oruemens et paremens de leurs corps, de draps de soye, ni corroyés garnies d'argent blanc, ny doré , ny porter fourrures de robbes , de pennes de gris, menu-vers , laitisses , penne noire, ou blanche d'aigneaux, excepté tant seulement un pelisson, de noir, ou de blanc : aussi par mesme moyen de ne porterchaperon de femme de bien ethonneste, Mir peine de confiscation d'iceux habits et oruemens. Et afin qu'elles lussent moins cogneues et remerquées, fut ordonné qu'elles portai oyent continuellement chacune au bras senestre sur la manche de leurs robbes, trois doigts ;mdessoubs de la jointure de l'espaule, une esguilletle rouge, pendant en double du long du bras, demy pied, sur peine de prison et de 60 sols d'amende ; el qu'icelïes femmes publiques se liendroyent serrées en deux maisons, des quelles chacune n'auroit qu'une issue seulement, et esquelles fut défendu de jouer à jeu de sort. » Paradin , p. 192. Voyez ci-dessus , 1467.
1476. — Mars a3. Entrée de Louis XI. — Voyez, sur le long séjour que ce monarque fit à Lyon , Noire-Dame de Fourrière, par M. l'abbé Cahour, p. 1 i3 et suiv. ; Chantercau , Consid. hist. , 1. 1, p. 37; les Ducs de Bourgogne , par M. deBnrantc , xi, 56, 60, 1 10, 128.
— .... Le seigneur de Cointay vient à Lyon pour informer le roi de la défaite de Charles-le-Téméraire par les Suisses, près de Granson. — Le roi Ordonna que l'on /il faire bonne chère a ce seigneur, «qui ne faisait pas semblant d'ouïr le peuple de Lyon chantant par les rues la honte et la ruine de cette journée, le courage des Suisses et la témérité des Bourguignons; car en ce temps- là il n'y avait point de bataille qui tout aussitôt n'eût sa chanson et son ter» de ville.» Hist. de Louis XI , par Matthieu , p. a;o.
1476. — Avril 17. Furent mandés en l'hostel et logis du roi (1) les
conseillers de ville, sçauoir : M0 François Buclet , Pierre de Vill;irs,etc. , auxquels le roy dit qu'il s'en alloit un peu dehors , et qu'il avoit et tenoit pour prisonnier au chasteau de Pierre- Seize le duc de Nemours , lequel il vouloit estre bien gardé ; que plus facilement on pourroit suborner deux ou trois personnes, que l'on ne feroit nncorpsdeville.il vouloit et entendoit que ledil duc fût bien gardé par les habitants de lad. ville, et le leur bailloit en garde nir leurs vies, comme avoit fait le duc de Bourgogne à ceux de Mous au sujet du connétable, et qu'ils y avisassent et s'y missent ensemble pour délibérer et adviser sur lad. garde : et vendredi prochain avant son parlement lui en fissent réponse. Aprèsquoy lesd. conseillers et avec eux noble Ymbert de \ arey (2), maistre d'hostel dud. seigneur, et Jean de Villeneuve, courrier de la ville, se tirèrent à part et arresterent que pour bien délibérer en une affaire de celle importance, il falloit convoquer demain malin tous les notables de la ville jusqu'à deux cents. En effet , le lendemain se trouvèrent lesd. notables en grand nombre à l'hostel de ville , et il y fut délibéré de repondre ami. seigneur roy que un chacun étoit prêt d'exposer corps et biens au bon phisir et commandement dud. seigneur, el que pour sûrement garder led. S* de Nemours , la geve ou gabie qu'il a plu ordonner pour lui fût apportée en
(1) Le roi élait logé rue St-Jean, daus l'hôtel de Jacques Caille, un des conseillers de ville.
(a) Iiuberl de Varey fut chargé de faire faire une double porte au château de Pierre-^rize , en la rhumbre où fut uiis le duc de Nemours par ordre du roi , le »6 mars i ',;6 ; 011 lui fit
l'hostel de la ville, de«!an.*~?aqui'JI<: quand il seroit mis, avec lu garde que l'on \ (Vra en hou nombre de gens, tant de jour que de nuil , il y seroit plus sûrement gardé que autre part: la rai>on qui plus les mouvoil est pour ce que h dit hoslel delà villeest au milieu d'icelle, et ne pourroit eslre transporléautre pan, que on forceroit toute lad. ville qui seroil chose di fficile a faire. Jaçoit ce que vu le bon plaisir dud. seigneur seroit d'autrement en ordonner pour en bailler la charge de lad. garde. Et attendu que les habitants de la ville sont presque gens de telle condition qu'il? ne peuvent vivre sans gagner leur vie de jour à autre, et aussi les autres charges de la ville, etc. , le déchargement de lad. garde dud. Sr de Nemours leur seroit plus avantageux, offrant toujours d'estre prests , etc.
— Le consulat, par mandement du ao juin suivant, fit payer 5^1. n s. «) d. tournois à RI. Pierre de Villurs , conseiller, prix du fer par lui livre pour la (/uache du duc de Nemours , y compris la façon et forge d'icelui IV r. S.
— Le î6 mars précédent , la ville avait fait payer à François ïourveon , marchand , citoyen de Lyon, pour plusieurs menues parcelles employées à la même q uache, 26 livres tournois. S. Voyez Pa radin, ffist. de Lyon, p. 269. — Les mémoires du temps nous apprennent qu'on donnait à ces cages le nom de /illelles, à cause de leur forme qui les faisait ressembler à des tonneaux ou demi-muids connus alors sous ce même nom. Comines , Mém. , vi , ta ; Ravie, ait. Louis XI, rem. Q, etc. — « Dans mon article de la Bastille, dit A.-L. IVIi'lin, j'ai attribué, d'après Mêlerai, a un évêque de Verdun l'invention des cages de fer; mais.... cette invention est plus ancienne, et il faut la rendre à son auteur: on lit dans Senèque que Lysimachus, un des successeurs d'Alexandre, fit mutiler Thélesphore de Rhodes , son ami , et après lui avoir fait couper le nez elles oreilles, il le nourrit dans une cage, comme un animal rare et singulier de son espèce {de Ira, ni, 17). Lysimachus n'est pas cependant encore le premier inventeur de celle atrocité ; Alcxandie lui-même fit subir le même traitement ù Callisthène , et il le traînait ainsi mutile ù sa suite , dans une cage de fer. Lysimachus,disciple de ce philosophe , le délivra de ces tourments, en lui procurant du poison. » Antiquité» nat. , art. Vinccnnes , x , 19. - Voyez Sainte-Croix , Examen critiq, des hist. d Alexandre , p. 565.
1476. — Avril 18. Publication de la Légende dorée dicte la vie des Saincts en franrois, etc. Voyez Brunet, Manuel, m, 5;y; et ci-dessus, au i5 octobre 1473.
I 1/6. — Mai i5. Mort de Claude de Fossatis, religieux du monastère de St-lrcnée. Son inscription lumulaire , sur laquelle il est représenté mit ré , •est an bas de l'église ; la voici :
Sub hn jus sacri cœnobii obedieniia sancti Irenœi Lugdunensis religiosus f rater Clandius de Fossatis lx annis Do.iino in divinis inservivit, unde sit méritas (sic) ti/»ntt.s ct'tuslralis prior et de JSey tiers exiitit , cui facta fuit ullima dies xv mensis maii anno Domini mcccclxxvi. Ejus anima in pave Dei pietaterequiescat. (C. B.)
1476. — Mai... Le roi René vient à Lyon. Louis XI, son neveu, lui mène voir la foire el les belles bourgeoises et dames de Lyon. Nouv. Chron. addit. à Monstrrlct , p. 5;. — Le 5 de ce mois, René acheta à Lyon trois tableaux qu'il paya trois florins (environ ?>o fr. de notre monnaie). Un de ces tableaux représentait un homme qui estrille une femme, et avait pour pendant une femme qui estrille un homme. On ne dit pas quel était le sujet du troisième. Arch. du Rh., III, 491. — Voyez, sur le séjour de René à Lyon, Coîonia, 11,
59Q-40 1 ^- Mélanges , p. ao:>; Papou; //i\sf. de Provence, etc. — Voyei aussi ci-dessus , am7 1 4^7 el année 1474*
1476. — Juillet 9. Un nommé Fortune , porteur de fausses lettre? , tenu prisonnier, s'était échappé et réfugié dans l'immunité de l'église de Lyon ; le chapitre refusait de le livrer. M. de Chiîteauneuf , lieutenant général du roi au pays de Dauphiné, l'avait vainement réclamé, et Jean d'Amanzé, chamaricr et grand viraire de l'archevêque, lui avait à ce sujet remis une requête au nom du chapitre , et en la lui remettant dans l'église de St-Antoine , il lui avait, disait M. de Chfttcauneuf, tenu des propos injurieux et outrageants et lui poignant bien au cœur. Celui-ci lui dit qu'il en avertirait le roi , ensemble des mauvais services dudit vicaire et de (rois autres de relie église, desquels il avait bonnes informations faites durant les divisions dernièrement passées ; car ils avaient été , ajoutait-il , traîtres audit seigneur, et rebelles de tout leur pouvoir, etc. Mais il s'était répandu que ces propos, tenus par M. de Chfitcauncuf, s'adressaient non-seulement à ces chanoines, mais qu'il y avait compris les conseillers et les bourgeois de la ville. Informé de cela , ilmanda les conseillers de ville en son hôtrl , qui était celui d'IIumbcrt de Varey, maître d'hôtel du roi ; et, en présence de M. le comte de Malortie, de M. de La Grange, du président et du juge des ressorts de Grenoble, etc., il désavoua avoir tenu des propos contre la ville : Chose , dit-il , dont il ne roudroit pas être chargé vilainement , affirmant sur la damnation de son âme , et s'en rapportant à ceux qui etoient présents , mais disant le contraire jusqu'à mourir. Enfin il pria les conseillers d'assembler bon nombre de notables pour leur communiquer celte matière, et l'en décharger envers la vLle. — Il est à remarquer qiie M. de Chfiteauneuf qualifia Jean d'Amanzé chanoine et comte de C église de Lyon. S — Humbert de Varey, dont on parle dans cette anecdote, était probablement de la même famille qn'Humbert de Varey qui, suivant Pernetti, 1 , 1 ^9 , était abbé d'Ainay, vers i/joj, mais qu'on ne trouve pas dans le catalogue des abbés d'Ainay du Gallia christiana.
— Juillet 10. Louis XI part de Lyon pour se rendre au Puy. M. l'abbé Cahour , N.-D. de Fourvière, p. i3o.
— Nicolas de Mont fort, comle de Campobasso , passant a Lyon pour aller en Italie , offre au roi de lui livrer le duc de Bourgogne , son maître , ou
prisonnier, ou en vie 11 fait part de ce projet à Simon de Puvie, médecin
de Lyon , et à Sainct-Pry , ambassadeur du roi en Piémont. Le roi , détestant avec horreur une telle méchanceté, en fait donner avis au duc de Bourgogne. Comines , Mcm. , liv. iv , c. i5, et I. v , c. 6 ; Matthieu , ffist. de Louis XI , I. vu, année 1476 ; Artdevérif. les dates , 11, ia3. — Suivant Pernetti. qui se trompe sans doute, Simon Pavie serait mort en 1473. Lyonn. dignes de mém. , 1 , 171.
— Les conseillers de la ville de Lyon , considérant que le royaume
est en combustion par les guerres civiles et par les dissensions entre les princes du sang et le roi, et notamment que le prince Charles de Bourgogne est un voisin redoutable , résolvent de fortifier leur ville ; et pour subvenir aux frais nécessaires , ils obtiennent de mettre un impôt sur les denrées. — Cet impAt occasionna , entre le clergé et le consulat, un différend qui fut porté au parlement , qui donna acte de l'appel. Paradin, Hist. de Lyon, p. 273 ; Arch. du Rh. , v, 4-4. Voyez ci-dessus, année i36y.
— Le doyen présente au chapiire la bulle par laquelle Sixte IV confirme les i ndulgences accordées par ses prédécesseurs à l'Eglise de Lyon. On
ordonne que ces indulgences seront publiées k la suite d'une procession générale qui se faisait jadis le dimanche avant la St-Jean. Le chapitre , en reconnaissance , fit sculpter en marbre les armes de Sixte , qui turent placées au-dessus du portail de l'église. M.
— Charles de Bourbon est nommé, par Sixte IV, cardinal, administrateur de l'église de Clermont et légat d'Avignon.
— Le consulat présente à l'archevêque une requête pour se plaindre des assemblées et monopoles des artisans, sous prétexte de confrérie. — Vers le même temps, des lettres patentes de Loui» XT défendirent de s'assembler sans la permis^on du consulat. Arch. Egl. , n* 140. M.
— Pierre Charpin , chamarier de St-Paul, personnage de grand sens , verlu et savoir, fait élever à ses frais l'aiguille du clocher de St-Paul. Paraclin, a55; Arch. du Jth. , v. , a56. — Voyez ci-dessus, années 1429 et i465.
1476 ou 1477. — Les consuls et syndics de la ville de St-Just, ayant demandé au sénéchal de Lyon que remise leur fût fuite des clefs des portes de Trion et de St-Irénée , échoueut dans cette prétention , et sont condamnés aux dépens. — Vers le milieu du xne siècle , les citoyens de Lyon , ayant demandé qu'on leur remît les mêmes clefs , furent également déboutés de leur demande par sentence de l'évêque d'Autun. Arch. du Rh. , t, 43? • Voyez ci-dessus, année 1169.
1477. — Juillet 8. Barthélémy Buyer publie une traduction faite par frère Julien Macho du Miroir de la vie humaine, composé en latin par Rodriguez, évêque de Zamora, décrite par M. Brunei, Manuel etNouv. recherches , art. Rodericus. L'édition donnée par Buyer du texle lalin de ce livre ne fut publiée que l'année suivante, quoiqu'elle porte la date du 7 janvier i477*» far l'aimée ne commençait alors qu'à Pâques. — C'est a frère Julien Macho que l'on doit aussi la première version publiée en notre langue , et veille même temps, du Nouveau Testament ; du moins les bibliographes n'en citent pas de plus anrienne. Mais il paraît que frère Julien eut pour collaborateur Pierre Farget ou Sarget , qui était aussi docteur en théologie. Tous deux étaient Augustins dans le couvent de Lyon, voisin de la maison de Buyer, où étaient les presses de Guillaume Régis. Ils composèrent on traduisirent, pour plusieurs imprimeurs ou libraires de notre ville , différents ouvrages qui sont aujourd'hui d'une extrême rareté. Pour donner un échantillon du style de ces doctes et zélés religieux , nous allons reproduire ici YOraison dominicale d'après S. Mathieu et d'après S. Luc , extraite de leur Nouveau Testament :
PATEE SELON S. MATTHIEU.
Nostre père qui es au ciel ton nom soit sanctifie ton règne aduiengne ta voulente soit faicte en terre si comme elle est au ciel. Sire donne nous auiourdhuy nostre pain de chascun iour et nous pardonnes nos pèches ainsi comme pardonnons à ceulx qui nous meffont et ne nous maine mie en temptacion... mais deliures nous de ma'.. .