PRÉFACE III
versés en 1791 dans un des immenses dépôts que le gouvernement avait établis à Paris pour y rassembler les éléments de la formation des bi^ bliothèques publiques de la capitale. Quant aux manuscrits provenant de la même bibliothèque, ils étaient entrés pour la plupart à la Bibliothèque du roi, et Von ne trouvait pas parmi eux le recueil des Mémoires manuscrits de M. du Tra* lage, mentionné par les frères Parfait, avec une indication qui donnait à croire que ce recueil aurait eu au moins 41 volumes, puisque le volume cité portait, en guise de numérotage^ une lettre de l* alphabet deux fois répétée : qq. Les recherches minutieuses faites en dernier lieu par Beffara et Taschereau n^ avaient abouti qu'à laisser peu. d'espérances et beaucoup de regrets. Le nom de Tralage ne figurait dans aucun Dictionnaire biographique, mais la Table de la Bibliothèque historique de la France, édition de Fevret de Fontette, ne l'avait pas omis, en renvoyant au nom de Nicolas, qui devait être le nom patronymique de notre du Tralage, Jean Nicolas du Tralage^ lequel a publié, sous le pseudonyme du sieur Tillemen, une Description géographique du royaume de France, contenant
SES PRINCIPALES DIVISIONS GÉOGRAPHIQUES (Paris,
IV PRéFACE
1693, in- 12). Ce n'est pas dans cette Description géographique qu'il était question de Molière jouant la comédie à Bordeaux en 1645^ sous les auspices du duc d'Épernon. La Méthode pour ÉTUDIER LA GÉOGRAPHIE, par Lcnglct du Frcsnoy (4« édit. de 1768, t. I", p. 171 et 272), n'avait pas oublié de signaler M, du Tralage comme un des meilleurs géographes de son temps :
« Les cartes données par le sieur Nolin le père ne manquent pas d'exactitude, surtout celles qui portent le nom du sieur Tillemen, c'est-à-dire de M. du Tralage. » Ces cartes sont mentionnées dans la Bibliothèque historique de la France : il y a deux cartes de la France, une carte du Dauphiné et une carte du Languedoc. Lenglet du Fresnoyfait en ces termes Véloge de la Description GÉOGRAPHIQUE DE LA France : ff Cette Description de la France est très utile et dans un asse![ bel ordre, et, quoique fort succincte, elle donne un asse^ grand détail. M. du Tralage, qui se cachoit sous le nom de Tillemen, étoit très habile dans la géographie, dont il avoitfait son étude principale. Il a laissé ses beaux recueils à V abbaye de Saint-Victor de Paris. » Toujours la géographie et les beaux recueils géographiques de M. du Tralage, mais de Molière, pas un mot.
pr]£face V
// «y avait pas même de renseignements sur la personne de Jean^Nicolas du Tralage. On pouvait toutefois supposer qu'il était déjà vieux en 1693, lorsqu'il fit paraître sa Description GÉOGRAPHIQUE DE LA France, Car en 1672 il ajoutait des notes, toujours géographiques, sous son fidèle pseudonyme de Tillemen, à une édition variorum de Tite-Live (Parisiis, 167a, 3 vol. in- 12). Il était donc contemporain de Molière; il lavait peut-être connu. Là s'arrêtaient les constatations et les conjectures. Mes recherches ne furent pas d'abord plus heureuses que celles de Beffara et de Taschereau, si ce n'est que je découvrisyje ne sais où, que M. du Tralage était parent du lieutenant de police La Reynie. Je me rappelai alors que l'exemplaire non cartonné des Œuvres de Molière, édition de 1682, que M. de Soleinne possédait, avait appartenu à M. de La Reynie, d'oïl l'on devait présumer que La Reynie était un moliériste raffiné, puisqu'il avait conservé dans sa bibliothèque un exemplaire unique de la première édition complète des Œuvres de Molière.
Cest en 1 856 que je commençai à examiner des amas de pièces imprimées^ françaises et latines, que mes prédécesseurs à la Bibliothèque