ORIGINE DE L'ÉPITHÈTE DE « GUEUX
Relativement à Tépithète méprisante de « Gueux » , donnée aux confédérés des Pays-Bas, j'aurais désiré que M. Carlin s'étendît un peu plus sur la curieuse contro* verse que, le pi*emier, je crois, j'ai fait connaître en France. Lorsqu'on traite ce sujet, il ne faut pas laisser de côté la dépêche espagnole de la gouvernante en date du 13 avril 1566, où elle dit : « Geiz, que es un appellido « que ay entre éllos y no se sabe aun lo que quiere signi^ ■ ûoar (1) » .
C'est là un curieux problème. D'un côté ni la gouvernante, ni Egmont, ni Viglius, ni Hopperus n'ont entendu proférer, dans les scènes des 5, 6 et 7 avril 1566, ce mot historique attribué au comte de Berlay mont , ce qui est vraiment surprenant, si le propos a été réellement tenu. D'un autre côté , la génération spontanée n'existe pas plus en histoire que dans la nature , et il faut bien que ce propos , recueilli par tous les historiens , vienne de quelque part. Il est dès lors plus vraisemblable de l'attribuer à Berlaymont qu'à tout autre.
(1) Gueux , qui est une appellation qu'ils ont entre eux et on ne sait pas ce qu'ils veulent dire par là.