LES RÉDACTEURS AVÉRÉS DU COMPROMIS DES NOBLES
Mon honorable contradicteur me fournit (p. 127 et 128) l'occasion d'exposer le résultat à peu près définitif des recherches historiques sur le compromis des nobles.
J'avais dit que probablement Marnix de Sainte-Aldegonde , s'il n'avait pas coopéré à la rédaction du compromis, l'avait du moins inspiré. Je reproduisais ainsi les opinions , toujours considérables , de Strada et de M. Gachard. Suivant les articles de critique publiés en Hollande sur mon ouvrage, comme aussi suivant l'article
(1) C'est ce ane dit formellement Meteren : « Et combien qu'il « présentoit qu^il estoît content de prendre sur soy toute la mal* « veullance que la duchesse et ceux de son conseil pourroient « encourir, si est-ce que les autres l'emportèrent et ne voulurent « suyvre son ad vis ».
de M. Wijnne (Revue historique), le fait est révoqué en doute (1). De plus, on a rectifié Tordre des conciliabules où fut délibéré le compromis. En premier lieu, viendrait le conciliabule de Spa (été de 1565). — En second lieu, le conciliabule de l'hôtel de Culembourg, à Bruxelles (au Sablon), où vint prêcher le ministre du Jon (quelque temps avant le mariage d'Alexandre Farnèse, c'est-à-dire dans les premiers jours de novembre 1565). Et enfin, en troisième lieu, le conciliabule tenu à Bruxelles, chez Nicolas de Hames, dit Toison-d'Or.
On n'admet pas que Marnix ait assisté à ces conférences. Du moins on ne le sait pas, et dès lors on ne consent à compter que quatre rédacteurs avérés du compromis :
1** Louis de Nassau , frère puîné du prince d'Orange ;
2® Jean de Marnix , seigneur de Tholouse , frère puîné de Philippe Marnix de Sainte- Aldegonde ;
3** Le bâtard de Hames ;
4"* Gilles Leclercq , de Tournay.
Le prêche de du Jon et cette circonstance que les quatre rédacteurs avérés du compromis sont des réformés, m'ont amené à dire que l'introduction de la réforme dans les Pays-Bas avait été l'un des ferments des troubles. Cette opinion est toujours la mienne , mais je n'insiste pas, parce que les dissentiments politiques étaient à eux seuls suffisants pour aboutir à une révolution.
(1) Il l'avait déjà été par M. Groen van Prlnsterer, ainsi que je le rappelle à la page 39 des Huit mois, etc.