‹ Notes et fragments d'histoireChapitre 8 sur 11 · L. 389 Dix-septième et dix-lmitième siècles · texte numérisé non relu

L. 389 Dix-septième et dix-lmitième siècles

Généralement, de très faible intérêt, en comparaison du carton précédent.

Les commencements sont cependant assez curieux pour l'intérieur de la cour de Louis XII et pour les mœurs de l'époque (Voir d'abord D. 1440, 1" feuille, page 4, années 1615-1616. — D. 1438, p. 23, année 1613. — D. 1444, feuille 1, année 1613. —D. 1455, V" feuille, année 1622).

Le nonce (D. I46I, feuille 4, année 1623) avoue avec horreur la barbarie de l'abbé du Bec, qui a fait torturer un de ses moines, âgé de soixante ans, l'a fait suspendre par les mains et macérer {sic) dix jours, jusqu'à ce qu'il fût près d'expirer.

La correspondance du nonce peint à merveille l'excessive inquiétude qu'avait le jeune Louis XIII d'être go'iverné {\). L454, janvier 1622) par ses ministres ou par l'Église {Ibidem, et D. 1458, année 1624).

Charles II, dans son exil, avait donné quelque espoir de se faire catholique (D. 1465, année 1652).

Ce qui est infiniment curieux et mériterait d'être publié, comme la révélation la plus complète du caractère de Marie de Médicis, ce sont les violentes scènes qui eurent lieu entre elle et le prélat Rucellaï, un Italien qu'elle avait favorisé beaucoup et qui avait été supplanté dans sa faveur par le jeune Richelieu. Pour obtenir de Louis XIII qu'il chasse Rucellaï, elle soutient qu'il a fait semblant d'être amoureux d'elle, que, sous prétexte d'admirer ses dentelles, il s'est émancipé, etc. Ce serait la scène de Tartuffe et Elmire, mais beaucoup plus comique, la reine étant alors âgée et surchargée d'un embonpoint énorme. Tout cela est écrit en chiffre comme le plus terrible mystère. (D. 1452, année 1622).

350 RAPl>OHT DE MICHELET

Dans la {jrande question des asiles de Rome, le nonce affirme que Vix^Wc promis par lanibassadeurde France aux meurtriers du musicien Stradella a ét<:' la cause du meurtre ou du moins l'a encoura^^é (D. 1472, année 1{)77).

Passirn, beaucoup de choses curieuses sur les mœurs du clerfïc.

En 1678, les génovéfains et les oratoriens défendaient d'enseijjner Descartes (D. 1-474).

On trouve aussi, au même numéro, quelques faits relatifs à la {;rande école d'empoisonnement tenue par les amis de la Voisin.

Cameralia.

Très mal intitulé, car cette collection contient des matières très diverses, en grande partie étran{jères à ce que l'étiquette ferait attendre.

Les pièces ne peuvent être ramenées à un ordre chronologique. Plusieurs sont elles-mêmes des collections tout entières réunies en un volume ou deux.

Première liasse : 485 bulletins.

La première liasse présente d'abord la collection des buttes (Tlmiocent III contre les hérétiques^ et elle finit par des pièces du dix-huitième siècle sur V expulsion des jésuites.

Ces titres intéressants font regretter d'autant que les archivistes en aient donné de simples éti(iu(>ttes d'une brièveté désespérante.

Seconde liasse : 360 bulletins.

Actes du quatorzième et quelques-uns du (juinzième siècles. Plusieurs bullaires, et correspondances complètes, spécialement celle de Benoît XII.

Première liasse : 376 bulletins.

Pièces des trois derniers siècles (sans ordre de dates). La plus importante semble être une collection de visites camërales, sorte d'enquêtes sur les droits du pape dans chaque localité. A en juger par l'analyse, le patrimoine de saint Pierre, à la fin du quatorzième et au commencement du quinzième siècle, était infiniment peuplé. Tel lieu payait des sommes énormes, qui aujourd'hui n'est qu'un désert.

Seconde liasse, 576 bulletins.

Nul oi'dre chronologique. Toute sorte de sujets, financiers, juridiques, artistiques (il y a entre autres une description d'église) ; vraie Babel encyclopédique.

Première liasse : 386 bulletins.

La moitié de cette liasse est un mélange confus de toutes matières. L'autre moitié est relative à des actes, enquêtes, etc., exclusivement judiciaires. Cette partie, qui contient nombre de causes d'appel jugées souverainement par les papes, serait d'une valeur infinie, si les extraits n'étaient le plus .souvent de simples indications. Plusieurs pièces se rapportent au jugement célèbre de l'archevêque de Tolède (1560 environ) traité si cruellement par l'inquisition (voir Llorcnte qui avait entre les mains les pi'ocès-verbaux).

Seconde liasse : 433 bulletins.

Pour juger de la brièveté terrible de ces bulletins, il suffit de lire celui-ci : cinquante deux volumes, actes de la chambre apostolique, de 1331 à 1586. Je croyais d'abord

352 RAPPORT DE MICllELEÏ

que c't'tuit une carte matrice ou {générale qui allait so décomposer en nombre de bulletins spéciaux. Il n'en est rien. On trouve, peu après, des bulletins relatifs aux temps de Louis XIV et de la Révolution. A la fin, il y a une liasse, non mêlée, qui se rapporte uniquement au Concile de Trente.

Première liasse : 27i bulletins.

Pièces généralement fiscales. D'autres y sont mêlées; on trouve, entre deux comptes, les règlements du divin amour donnés aux cbanoines d'Anvers. Peut-être ces confréries payaient-elles quelque cliose à Rome.

La seconde liasse (583 bulletins) donne la série régulière, à ce qui semble, des dépenses et recettes des papes de 1269 au seizième siècle (jusqu'à 1524, si je ne me trompe, c'est-à-dire presque juscjiià la prise de Rome en 1527, sous Clément VII); collection inestimable pour l'histoire de l'Italie et celle du monde.

Copies de bulles et lettres des papes (et aux papes) de tout sujet et de tout âge (sur grandes feuilles). La première estde l'empereur Valentinien. On trouve, au milieu de ces bulles, des pièces de nul intérêt, exemple : la description d'un reliquaire.

Mélanges de daterie, chancellerie, saint-office, etc. Ce dernier titre provoque une curiosité que rien ne satisfait.

Les bulletins ne sont ici que de simples étiquettes, d'une discrétion désolante ; par exemple : cause matrimoniale évoquée par le pape; et encore : Informations du saintoffice contre diverses personnes, 1727. Il y a un certain nombre de titres de livres condamnés.

Les mêmes observations s'appliquent au carton 396. Il y a ici, dans le saint-office, des pièces qui semblent curieuses sur la grande dispute des dominicains et des jésuites, le paganisme des jésuites à la Chine.

Ce carton est divisé en deux liasses, de 260 et 349 pièces.

Le carton L 397 était mêlé de matières diverses. J'en ai tiré d'abord trois cahiers qui sont la suite du mémoire de Marini sur les archives du Vatican.

J'ai isolé en une même liasse ce qui semblait une suite des archives pontificales. (Rapports de Rome avec la France sous Clément VIII, avec le Portugal ; propagande, etc.)

Enfin j'ai mis à part ce qui fait l'objet principal du carton, les archives fort importantes de la Savoie, du Piémont, de Gênes et de la Sardaigne.

Le carton L 398, sauf un petit cahier d'archives de Sicile et un autre d'archives milanaises, contient exclusivement les archives de Toscane, spécialement celles de Sienne.

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