F. DE SAULCY
MEMBRE DE l'INSTITIT.
Billet d'une dame à J.-J. Weiss.
20 août 1880.
Cher monsieur.
Comment faut-il vous appeler? Êtes- vous oublieux ou gascon ?
Je vois s'écouler ce mois d'août sans vous amener, malgré vos afTectueuses promesses. Paris n'a plus aucun charme pour vous retenir. Il n'y a plus une seule Parisienne digne d'être regardée.
Ici je ne vous promets pas de jolies femmes. Toutes celles que je vois sont très ordinaires. Il faut attribuer cela à cet affreux chapeau qui métamorphose les filles d'Eve en échappées des Quinze- Vingts.
J'espère que vous allez me répondre tout de suite un seul mot :
J'arrive !
D'ailleurs, je n'en veux pas d'autre.
Croyez, cher monsieur, âmes meilleurs senlimenls.
Monsieur Spuller^ à J.-J. Weiss.
Cher ami -,
L'autre jour, quand je vous ai rencontré, je vous avais demandé si vous ne pourriez pas venir voir M. Gamhella, qui désire causer longuement avec vous.
Vous m'aviez promis de faire cette visite.
1. SpuUer (Eugène), né à Seurre iCôte-d'Or), mort à Paris en 1896. Publiciste et homme politique, secrétaire de Gambetta pendant la guerre. Collaborateur de plusieurs journaux (.Va/« Jaune, Journal de Paris). Auteur de : Ignace de Ix^yola et la Compagnie de Jésus. — Michelet, sa vie et ses œuvres. — Figures disparues. — Conférences populaires. — Secrétaire d'État aux Affaires étrangères en 1881.
2. Les quatre billets suivants de M. SpuUer, ami et secrétaire de Gambetta, n'ont été placés ici que pour faire ressortir d'un côté la pression, les instances de l'entourage de Gambetta à entraîner Weiss dans son parti; de l'autre, l'indifférence, les hésitations de Weiss à accepter le poste qu'on lui offrait aux Affaires étrangères.
370 CHOIX DE LKTTKES.
Pourriez -VOUS venir demain matin dimanche au Quai d'Orsay, vers neuf lieures et demie. A vous d'afTeclion,