ONANISME
rement de troubles durables; chez eux, il ne sera que très rarement possible de trouver, dans des modifications des organes génitaux, des traces affirmatives d’habitudes vicieuses ; souvent on les soupçonnera, mais on ne lés démontrera pas. Beaucoup de petites filles, qui m’ont fait l’aveu de leurs mauvais penchants et de leurs manipulations fréquentes, ne présentaient rien d’anormal aux parties sexuelles, ou seulement des signes susceptibles également d’une autre interprétation.
Tous les caractères, sur lesquels Martineau* a insisté, ont leur intérêt ; sans doute, quand on rencontre sur une petite fille le clitoris rouge, turgescent, développé et facilement érectile, une muqueuse vulvaire violacée, une rougeur livide des bords de Thymen, une dilatation de l’orifice hyménéal, de l’élongation et de la flaccidité des petites lèvres, une sorte de flétrissure des parties sexuelles, on est en droit d’admettre la probabilité d’habitudes d’onanisme clitoridien ou vaginal. Faut-il aller plus loin ? Je ne le crois pas ; les assertions de Martineau sont certainement trop absolues, dangereuses même en médecine légale ; aucun de ces signes n’est caractéristique ; aussi je ne me suis jamais cru autorisé à affirmer là masturbation sans restriction et je me
' Martineau, Leçons sur les déformations vulvaires et anales produites par la masturbation, le saphisme, la défloration et la sodomie, 1884.
VIOLS ET ATTENTATS
PUDEUR
suis borné à en admettre la vraisemblance ou la possibilité (Obs. XXI, XXII).
Maladies communiquées. — A propos des vulvo-vaginites, j’ai constaté qu’il était à peu près impossible de déterminer la nature blennorrhagique d’un écoulement, que l’expert était tenu à la plus grande réserve et devait suivre l’évolution de la maladie (Obs. XIX).
La syphilis , bien que d’un diagnostic plus rigoureux et plus sûr, exige aussi beaucoup de circonspection. Je n’ai pas eu à reconnaître, dans ma pratique médico-judiciaire, d’accident primitif, de chancre; mais les syphiliographes les plus éminents, notamment le professeur Fournier *, enseignent que le chancre, à sa période initiale, ne possède pas toujours de caractère typique et peut être confondu avec un herpès, avec une érosion inflammatoire ou traumatique; pour éviter toutes causes d’erreurs, « il faut attendre », comme le conseille M. BrouardeP, et suivre les phases de son évolution jusqu’à l’apparition, à une échéance fixe, des manifestations secondaires.
Alors le doute n’est plus possible. Je n’ai observé que des accidents secondaires, des plaques muqueuses
• Fournier, Leçons cliniques sur la syphilis, i88i.
- ® Brouardel, Des causes d’erreur dans les expertises relatives aux attentats à la pudeur, i883, p. 33.