ONANISME
SOUS les apparences de la vérité. Qu’on ne se méprenne pas sur ma pensée? Je ne dis pas qu’il faut tenir en suspicion tous les témoignages des enfants et priver Injustice des indications utiles qu’ils peuvent lui fournir ; il faut seulement les serrer de près et, dans certains cas particuliers, rester en défiance, notamment quand l’enfant accusateur reproduit sans variantes, comme une leçon apprise, les particularités d’un crime dont il prétend avoir été la victime ou le témoin. Je dirais volontiers avec le docteur Motet ’ : « Quand le médecin expert, après plusieurs visites, retrouve les mêmes termes, les mêmes détails, lorsqu’il suffit de la mise en train pour entendre se dérouler dans leur immuable succession les faits les plus graves, il peut être sûr que l’enfant ne dit pas la vérité et qu’il substitue, à son insu, des données acquises à la manifestation sincère d’événements auxquels il aurait pu prendre part. »
Onanisme. — La jeune fille a-t-elle des habitudes de masturbation ? Si cette question n’est pas posée par le Juge d’instruction, elle l’est assez souvent par le défenseur ; l’expert a le devoir de la prévoir et de consigner dans son rapport les constata-
' A. Motet, Les faux témoignages des enfants devant la justice (Ann. d’hyg. et de raéd. lég., 3® série, 1887, t. XVII, P- 495).
VIOLS ET ATTENTATS
LA PUDEUR
lions utiles. Au cours des débats, certains témoignages mettent parfois en doute la moralité et insinuent la perversité de la petite fille plaignante ; il importe alors de déterminer si elle porte des traces de violences ou des lésions provoquées par des habitudes d’onanisme. Sans doute, ces pratiques vicieuses ne sont pas exclusives d’attouchements exercés avec plus ou moins de brutalité ; mais il n’échappera à personne que les déclarations de l’enfant ne pourront que perdre de leur gravité si, personnellement dépravée, elle s’adonne à la masturbation.
C’est là l’intérêt que présentent, au point de vue médico-légal, dans les affaires d’attentats aux mœurs, les constatations physiques de celte perversion du sens génital.
Malheureusement les habitudes d’onanisme ne laissent le plus souvent que des traces incertaines et n’apportent aux parties sexuelles que des modifications discutables. Le médecin légiste ne peut guère émettre de conclusion ferme, car il n’est qu’exceptionnellement en présence des troubles somatiques ou psychiques qui sont la conséquence fatale d’excès effrénés ; épuisement nerveux, langueur anémique, amaigrissement, affaiblissement des facultés cérébrales, symptômes qui impriment à l’organisme le cachet de la dégradation physique et de la déchéance intellectuelle et morale.
Les masturbateurs modérés sont exempts ordinal-