‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 100 sur 205 · PRODUITS-CHOSES, PRODUITS-SERVICES · texte numérisé non relu

PRODUITS-CHOSES, PRODUITS-SERVICES

Quand on a défini la production en général, il faut dénommer les résultats de la production. Ici commence un certain embarras.

(Après avoir cité les observations qui ont trouvé place cidessus, p. 508, nous ajoutions :)

... Cette citation montre bien, ce nous semble, l’embarras dans lequel se trouve un auteur élémentaire et didactique, quand il s’agit d’indiquer la dénomination des divers résultats de 1a production, et nous exonère de tout reproche d’innovation imprudente ou inaulorisée au sujet des formules jorodMitschoses, produits-services, qui sont dans la logique des idées et du langage économiques. En fait, c'est notre autre maître, M. Rossi, qui a proposé ces formules. Quant à nous, nous avons employé de préférence produits, pour désigner les résultats de la production agricole, manufacturière, commerciale, etc., et TRAVAIL et services, pour désigner les résultats de la production de cet ensemble d’arts producteurs, pour lesquels une dénomination satisfaisante est encore à trouver, et que faute d’autre nom nous avons appelée Industrie immatérielle.

industrie immatérielle.

(Après avoir, présenté sur la classification des industries, des considérations qui ont trouvé place dans la théorie de la pro-

duction (V. Traite d'économie politique, Cli. ii, § 9), nous ajoutions :)

Si l'économie politique avait, comme la chimie ou la botanique, le droit de puiser dans le grec et le latin, on pourrait dire industrie x de l’ensemble des arts agissant sur les choses, et industrie y de l'ensemble des arts agissant sur les hommes; on pourrait faire deux autres mots grecs ou latins pour exprimer le résultat de la production dans cliacun des cas, s’il fallait absolument éviter l'emploi des mots produits-choses, produitsservices que rejette Ch. Duiioyer, et si rnoDüiT.-=, travail et services ne suffisaient pas.

Toutefois, si l’on remarque que la formule industrie matérielle indique suffisamment l'ensemble des arts qui modifient les choses, la matière, celle d'industrie immatérielle acquiert une signification inverse et parfaitement légitime.

Ne pourrait-on pas encore dire, sans trop innover, industrie servitiaire, de l’ensemble des activités, des professions dans lesquelles on loue ses facultés, on vend ses services et son travail?

l’économique, pour l’économie politique.

Pour légitimer notre proposition nous faisions des observations qui ont trouvé leur place page 97 de ce volume en parlant des noms donnés à la science économique.

I II. — DES DISaiSSIONS RÉCENTES RELATIVES A LA RENTE DU SOL*.

Théories ilc ÎIM. Carey et Frédéric Dastiat. — Discussions diverses et

concours.

{Traité d'Èconomir politique, cli. xiii.)

Il est bien démontré aujourd’hui que tout en projetant de vives lumières sur la production agricole, l’école physiocrati-

* Note comprise dans la première édition, augmentée.

* ï La connaissance de la vérité sur ce point délicat de la science économique montre que la hausse de la rente n'est pas nécessairement un

DES DISCDSSIONS RÉCEKTES RELATIVES A LA RENTE DO SOL. 5i9

que ou des économistes du dix-huitième siècle n’est pas parvenue à se dégager de l’erreur.

.\dam Smith a combattu avec avantage plusieurs de leurs propositions, mais il n’a pas établi nettement la vérité sur ce point.

Le sujet a été mieux éclairci par un écrivain du dernier siècle, passé inaperçu, et, quarante ans plus tard, parMalthus et Edward VVost, et ensuite par Ricardo,qui a donné son nom à la théorie générale de la nature et de l’origine de la Rente, laquelle ne nous semble pas avoir été ébranlée par les objections qui y ont été faites depuis*.

Nous n’entreprendrons pas la tâche de relever toutes les discussions et dissertations produites à l’occasion de la théorie de la rente foncière, de montrer les rapprochements et les divergences des auteurs. Ce serait fort long et très-peu

signe de progrès ; — elle a jeté un jour nouveau sur les questions économiques, et notamment sur le prix des choses, — et sur les rapports qui lient le propriétaire au fermier, les possesseurs de terre au reste de la population ; — elle éclaire le législateur sur l’assiette de l’impôl ; — elle sert encore à approfondir les notions importantes de Liberté commerciale, de Produit brut et de Produit net dé la société. ® Jraité d' Économie politique, p. 57G.)

* Malihus a développé ses idées dans un écrit intitulé : Recherches [Inquiry... ) sur la nature et les progrès de la rente, qu’il a publié en 181.’), et qu’il refondit plus tard dans ses Principes et Économie politique. La même année, par une singulière coïncidence, sir Edward West publiait son essai sur V Application du capital à la terre [An essay...) La première édition des Principes de l’Économie politique et de l'impôt ne parut qu’en 1817. Dès la première ligne, Ricardo y fait mention des deux ouvrages précédents. Quant au docteur James Anderson, dont M. Mac-Culloch analyse avec soin les idées, son premier écrit reinonle à 1777. C’est une brochure intitulée ; Examen des lois sur les blés [An inquiry into the corn Imws\. Anderson, qui était cultivateur, a encore développé ses vues, en 1797, dans un ouvrage périodique intitulé : Récréations ff agriculture, d’histoire naturelle, d'arts, etc. (vol. V, p. 401). Ces écrits sont passés inaperçus. Adam Smith ne parle pas dans sa deuxième édition (1778) de la brochure de 1777. Malthus et West semblent avoir ignoré aussi tous deux les études d’.Anderson. Voyez Mac-Culloch, Principes d’ Économie politique, 5” partie, chap. v, traduits par M. Auguste Planche sur la 4* édition; et aussi sa Littérature of political economy .

profitable pour nos lecteurs. Nous nous bornerons à un petit nombre de points.

THÉOniE DF. MM. CARET ET DASTIAT.

M. Carey, dans ses Principes d' Économie politique{\SZl-iO) , et ensuite F. Bastiat dans ses Harmonies économiques (1850), surtout dans le chapitre relatif à la propriété fond-ère, ont nié l'existence de la Hente et dit qu'il n’y a pas lieu de la distinguer du Salaire du Travail, de l’Intérêt du Capital ou du Prolit de l’entrepreneur. Ils donnent pour principales raisons que de tout temps il a été employé du travail et des capitaux sur la terre en qantilé telle, que le revenu actuel du sol n’est le plus souvent qu’un intérêt très-minime, loin de pouvoir être une part afférente à la propriété foncière, en dehors du travail et des capitaux dépensés.

D’abord cette raison ne s’applique pas à tous les cas de propriété foncière.

Chacun sait qu'il y a, dans divers pays, des terrains, des bois ou dos pâturages, par exemple, produisant une rente très-réelle et très-positive, qui sont encore comme la nature les a faits, et à l'amélioration desquels il n’a été consacré ni travail ni capital. Tels sont bussi les terrains sur lesquels on bâtit dans les villes et qui ont des valeurs si différentes, selon leur situation.

A l’objection de ces faits les adversaires de Ricardo répondent par un artifice de langage ; Le propriétaire d’un terrain inculte, disent-ils, ayant une valeur par sa situation, reçoit le salaire du travail et l’intérêt du capital social qui lui garantit sa propriété. — La question, ce nous semble, consiste ici simplement en une espèce de jeu de mots.

Mais, celte raison s’appliquât-elle à l’ensemble des cas de propriété foncière, elle n’attaquerait pas la rente. La rente est le résultat de la différence des qualités de terre. Or, il leur Cirt impossible de nier qu’il y ait des terres de qualité, de fertilité, de situation et de facilité de défrichement ou de mise en culture différentes. Ils n’ont pas reculé devant cette

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