‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 34 sur 205 · VII. — STATISTIQUE DU NUMÉRAIRE · texte numérisé non relu

VII. — STATISTIQUE DU NUMÉRAIRE

{Traité d'économie politique : y . Icschap. XVIletXXlIl sur la Monnaie et la Cireulalion.)

I.e Numéraire est métallique en or, en argent, en cuivre ou en papier. Nous parlerons d’abord du Numéraire métallique :

NoMÉnAiRE, ESPÈCES, ARGENT COMPTANT sout autaiit d’cxpressions analogues que l’on emploie dans le langage commercial ou financier pour désigner les pièces de monnaie métalliques. La première appartient plus au style économique, la seconde est plus commerciale, la troisième moins souvent employée.

Il faut à un pays, pour subvenir à ses échanges, une certaine masse de numéraire; cependant celte quantité, quoique bien déterminée par la nature des choses, est très-imparfaitement connue. En effet, pour la connaître, il faudrait que les gouvernements eussent tenu depuis longuesannées des comptes exacts de toutes les pièces fabriquées et de toutes celles qui ont été refondues par l’administration à cause de leur vétusté, et par les particuliers à cause de la prime qui a quelquefois existé en faveur des lingots, souvent plus rares que les pièces; il faudrait que l’on eût des tableaux d’importation et d’exportation bien détaillés et bien exacts ; que l’on pût apprécier la perte de plusieurs des sommes enfouies par les avares ou par les habitants des pays exposés aux invasions et aux commotions intestines, ainsi que celles qui sont dans les maisons qui brûlent et les vaisseaux qui sont engloutis. Or, ces. deux dernières appréciations ne peuvent point être faites avec exactitude dans aucun pays du monde. Il est vrai que, jusqu’à un certain point, l’on peut s’en passer pour arriver à un chiffre approximatif; mais la statistique, qui prend depuis une dizaine d’années un développement heureux, ne présente encore, pour les autres, que des documents trop vagues pour asseoir le chiffre de la fabrication, de la refonte, de l’importation et de l’expor-

* 2* édition. — La 1" édition dans le Dictionnaire du commerce et dei marchandises, publié en 1857-59, par Guillaumin et C'.

VALEÜR, ilONNAIB, MÉTAOX PRÉCIEDX, MÜHÉRAIRE, 167

talion, et l’on ne peut guère arriver, pour fous les pays, à unp appréciation fort peu exacte d'ailleurs, qu’au moyen de données et de calculs détournés, dans le détail desquels nous ne pouvons point entrer. Nous nous bornerons à dire que ce qui rend plus difficile encore de connaître la somme des monnaies en circulation, ce sont les nombreux suppléments à la monnaie dont on fait usage, les effets de commerce, les billets de banque, etc. Eu France, on sait quelle quantité de pièces en or, en argent, en billon, en cuivre (cuivre pur ou bronze provenant des cloches), ont été fabriquées dans les dernières années de l’ancien régime , du temps de la République, sous Napoléon, et pendant la Restauration ; mais on ne sait point •quelles quantités de ces pièces ont été fondues, importées par la contrebande, exportées ou perdues. Les tableaux de la douane indiquent bien la somme des importations et des exportations depuis 1815 , mais cette somme comprend le numéraire et les lingots. Ajoutez qu’on ne peut point savoir non plus quelles quantités de pièces circulent encore, provenant des anciennes fabrications. 11 y a des pièces de cuivre qui circulent depuis les Romains pour 1 liard, 2 liards, 1 sou, etc. Le nombre en est encore considérable dans certaines localités. En outre, on est loin de connaître les monnaies qui sont dans les collections de médailles publiques ou privées. — Fort heureusement que l’évaluation exacte où même approximative de la somme des monnaies d’un pays n’a pas une grande utilité pratique. Cependant, comme ce sujet excite la curiosité, nous avons cru devoir offrir au lecteur les diverses évaluations que quelques auteurs ont consignées dans leurs ouvrages, et qui seront plus spécialement relatives à la France et à l’Angleterre*.

Statiatique du nnmérairè en Ffanee.

La France est le pays du monde qui a le plus de numéraire, 'ce qui ne veut pas dire, comme nous croyons l’avoir démontré

* Cet article a été écrit en 1839,

NOTES ET PETITS TEAITÉS

pn parlant de la Monnaie, que c’est le pays le plus riche ; le numéraire seul ne pouvant pas être pris à beaucoup près comme une mesure suffisante de la richesse publique.

Le Moniteur du 18 avril 1830 a publié un état des fabrications d’espèces de cuivre, depuis 1726 jusqu’en 1810, époque de la dernière émission de celle monnaie. Tout le monde sait que, sous Louis XVI, la plus grande partie de cette monnaie était représentée par le son et les deux sous, et depuis la Révolution, par la pièce de 5 cent, et 10 cent, {sou et gros sous nouveaux), et par les pièces en billon de 10 cent., et enfin par la pièce de 1 cent, pour faire les appoinls des sommes fractionnaires, D’après ce document, on a fabriqué ;

DE ns> A nw, EJÎ «8 ANS.

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