DEFINITION, LIMITES ET DIVISIONS DE LA STATISTIQUE
I. Nom et limites de la Statistique. li. Des rapports de la Statistique avec l’Économie politique. — III. Des divisions de la Statistique. — Qualités nécessaires aux statisticiens.
g I. IVom et limites de la Statistique.
C’est Achenwall, professeur de droit public à l’université de GoUingtie, qui a donné à la Statistique son nnni vers le milieu du dernier siècle, dans les cahiers d’un ensemble de notions nouvelles qu’il professait et qu’il dénommait scientia statistica, comme on disait scientia politica^ dont on a fait la Statistique (en allemand, Statistik), comme on a fait la Poli* tique. A peu près à la même époque, le père de la philosophie écossaise, le précurseur d’Adam Smith, Uulcheson, appelait l’Économie politique OEconomice, dont il est bien regrettable que l’on n’ait pas fait l’Élconomique, mol qui aurait évité bien des confusions et plusieurs des obstacles que la science a rencontrés dans sa marche.
Achenwall définissait la statistique : « La connaissance appro- ^ fondie de la situation (status) respective et comparative de chaque État. »
‘ I'* édition dans le Dictionnaire d'Écmontie politique; — ‘2' édiiirtn dans la 1" de Notes et petits Traités.
i NOTKS ET l'ETlT» TKAITÉS. — ÉLÉMEST» DE STATISTIQUE.
Schlœ/,«r, qui lui succéda à l’université, écrivait que « la htatihlique a pour but de faire connaiire tous les objets dont se compose la puissance d’un Étal. » Et pour la distinguer de riiisloire, il ajoutait ; « L’histoire est la statistique en mouvement, et la statistique est l’histoire en repos. »
Plus tard, John Sinclair dans son histoire du revenu public de l’empire Britannique* (1785), élargissait indéfiniment le idiamp de la science en disant qu’elle « a pour but de constater la somme de bonheur dont jouit une population et des moyens de l’augmenter. »
Au commencement du siècle (1801), William Playfair, dans un manuel de statistique*, disait que « cette science consiste en des recherches sur la matière politique des États, et que la géographie n’est qu’une partie de la statistique. »
Melchior Gioja veut, dans sa Philosophie de la statistique *, que cette science « comprenne tous les faits quelconques qui appartiennent au pays. a.
M. Schubert, dans une introduction à sa statistique de l’Europe, après avoir reconnu la difficulté d’arriver à une bonne définition de la statistique, dit que « cette science a pour objet de présenter la situation actuelle des peuples civilisés sous le rapport de leur vie intérieure et extérieure, et de leurs relations respectives^. »
Balbi " donnait le même champ à la géographie politique et à la statistique, avec celte différence que u la première se contente des résultats généraux, tandis que la seconde entre
' The hislory of the public revenue, 1” êdil., 1785, in-4.
Traduit lie raii{;lais par üunnnnt, sous le litre de Traité élémentaire de statistique, etc. Paris, 180'2, 1800, iii-8.
^ Filosofia délia statistica. Milan, 1826, in-8.
* llandbuch der altgemeinen Staatskunde von Europa ^Manuel de la Slalistiijuc Kêndrale de l’Europe), 1855-1816, 6 vol. T. 1, p. 1, •
» Abrégé de géographie. Paris, 1850, in-8; introduction, p. 4.