LIBERTÉ DD COMMERCE. RÉSULTATS EM ANGLETERRE
Les droils sur Y eau-de~vie ont été réduits, en 1846, de 22 shellings 10 d. à 15 shellings.
La consommation a été :
En 1845 1,058,000 gallons.
1840 1,514,000 Id.
1852 1,925,000 Id.
1853 1,870,000 Id.
Il y a cela de remarquable, que la réduction des droits sur le sucre et le café ont non-seulement augmenté la consommation de ces articles, mais encore celle du thé et du tabac, auxquels on n’a pas touché.
Le même effet a été produit par les réductions sur les matières textiles non-seulement en diminuant les prix des vêtements, mais en augmentant l’usage.
Les Laines étrangères payaient, jusqu’en 1844, un droit de 1 denier par livre, si elles valaient 1 shelling par livre, et un demi-denier par livre, si elles étaient de valeur moindre. En 1844 ces droits furent supprimés, et la consommation (différence des importations sur les exportations) a progressé comme suit :
Eu 1843, de 46 milliers de livres.
de 74
Id.
1852, de 84
Id.
Id.
Bien que les importations des laines coloniales se soient énormément accrues, la demande des manufactures a été telle, que, malgré cet accroissement d’importation et de productions intérieure, les prix se sont élevés de 1 1 deniers par livres (1842) à 1 shelling 6 deniers en 1853, et que l’exportation est restée stationnaire entre 14 et 11 millions de livres, de 1849 à 1853.
EFFETS DE LA RÉFOBHE SDR LE REVENU DU TRÉSOR DE LA DOUANE ET DES lUPOTS INDIRECTS.
(Nous avons donné les résultats dans la 2' édition du Traité de Financés, X* note finale, p. 376).
§ III. CoBclusion générale. — Paroles de Robert Peel.
En résumé, les adversaires de ces réformes, les partisans de la vieille législation commerciale avaient prédit que l’Angleterre marchait à sa ruine en abondonnant le système protecteur, en réformant les droits de douane et les impôts, les lois de navigation, le système colonial. —Selon eux, l’agricultui e, l'industrie et le commerce anglais devaient être anéantis par le free trade (commerce libre; libre échange) ; les Colonies devaient être ruinées, la Navigation perdue et le Déficit dans le revenu public singulièrement augmenté.
Or, il s’est trouvé ‘ :
Que l’Agriculture *, l’Industrie et le Commerce ne furent jamais si prospères ;
Qu’en dix ans, les importations en Angleterre cl les exportations ont doublé ;
Qu’on a construit deux fois plus de navires ;
Que les colonies ont importé et exporté bien davantage ;
Que le travail a augmenté partout, ainsi que les salaires ;
Que le paupérisme, si menaçant avant la réforme, a presque disparu ;
Que la criminalité a diminué d'une manière notable ;
Que le déficit du budget a été comblé, et ijue malgré des réductions considérables de droits, le revenu de la douane et des contributions indirectes a augmenté ;
Que l’on a supprimé ou allégé les charges pesant sur la production et les échanges ; et que l’on a diminué les taxes indirectes pour accroître les taxes directes, au profit des classes les plus nombreuses dont le sort s’est notablement amélioré.
‘ Voir au commencement de la note pour la date de ces constatations.
* La suppression des droits sur les céréales et les produits agricoles a donné un grand élan aux améliorations du sol et de la culture par les propriétaires et les l'ermiers. Le drainage a été pratiqué sur une grande échelle. Et il en est résulté que l’agriculture, dont on annonçait particulièrement la ruine, est devenue plus prospère que jamais, et que les fermages n'ont pas même baissé.
* Voyez chap. xx, § 5.
UUERTÉ Dü rOHHERCE. — RÉSULTATS E« ANGLETERRE. 349
Jamais expérience économique et financière ne fut faite sur une plus grande échelle, ni plus concluante.
C’est avec un juste orgueil que Ilobert Peel a pu dire en quittant le pouvoir, peu de temps avant de quitter ce monde :
« Je quitterai le pouvoir sévèrement censuré par beaucoup d’hommes honorables qui croient que le principe de protection était essentiellement nécessaire aux intérêts du pays.
« Je laisserai, je le sais, un nom exécré par tous les monopoleurs, qui, sous prétexte d’intérêt public, ne cherchent que leur gain particulier.
« Mais peut-être ce nom sera-t-il prononcé quelquefois avec gratitude dans la demeure des hommes dont la destinée est de gagner leur pain de chaque jour à la sueur de leur front. Dans ces demeures peut-être on se souviendra de moi avec bienveillance, quand ceux qui les habitent répareront leurs forces avec une nourriture abondante et libre d’impôts, d autant plus douce qu’elle n’aura plus pour levain le sentiment de l’injustice. »
Nous avons indiqué, dans le Traité d’Économie politique, 5' éd., p. 4()7, la marche suivie par sir Robert Peel pour opérer la grande réforme qui aura illustré son nom, et qui avait été préparée dans l’opinion par les efforts de la Ligue de Manchester , à la tète desquels ont brillé MM. Richard Cobden, John Bright, W. Fox, James Wilson, le colonel Thompson, Villers, W. Thompson, k. Prentice, etc., John Bovvring, Milner-Gibson, Mac Gregor, etc., etc.
Voir, pour l'histoire de cette remarquable réforme : quelj ques indications dans le Traité d’Économie politique, 5«éd., chap. XXVI, g 6, p. 475; — notre article ligue, dans le Dict. de l'Écon. politique, ou notre écrit : Richard Cobden, les Ligueurs et la Ligue, précis de l’histoire de la dernière révolution économique et financière en Angleterre, i vol. in-16 ; — ou une intéressante notice de Fonteyraud, publiée dans la Revue Britannique, de janvier 1846, que nous avons reproduite dans ses Mélanges, 1 vol. in-8“ ; — Cobden et la Ligue, par Frédéric Bastiat, 1 vol. in-8", recueil de discours précédé
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NOTES ET PETITS THAITKS
tl’une remarquable introduction ; — Histoire de la réforme en Angleterre, par M. Henri Richelot, 2 vol. in-8“. L’auteur de cet ouvrage expose d’abord les réformes de Huskisson dans la période de 1822 à 1850 — Une Histoire de la Ligue a récemment été publiée en anglais par feu Archibald Prentice, rédacteur en chef du Manchester Times, et un des zélés fondateurs de la Ligue.
Voir sur la théorie de la liberté commerciale et les théories opposées de la Balance du commerce (ou système mercantile) et de la protection, le Traité d’économie politique, chap. XXIV, XXV et XXVI.