‹ Notes et petits traites contenant elements de statistique et opuscules divers faisant suite aux traites d'economie politique et de financesChapitre 97 sur 205 · XI, RÉSUMÉ DES TARLEAUX · texte numérisé non relu

XI, RÉSUMÉ DES TARLEAUX

En résumé, l’esprit de l’Homme, servi par scs Facultés et ses Organes, excité par le Besoin, — met ces facultés en activité,

Produit des efforts rationnels, satisfaisant des besoins, rendant des services, du travail utilisable et valable.

L’homme fécondant son activité en faisant concourir l’ac- ' tion dos agents de la nature, — en s’aidant par les instniments {Capital) qu'il parvient à se donner, obtient ou produit,

1“ En appliquant son travail aux choses ;

Des PRODUITS ayant, comme le travail, plus.d’ütilité et plus de Valeur que les choses dont ils proviennent;

2“ En appliquant son travail au perfectionnement de luimême ou de ses semblables, il obtient :

Des QUALITÉS ou des talents, physiques (santé, vigueur, dextérité du corps), — intellectuels (raison, connaissances), —

>OTKS KT PKTITS TnAIlÉS.

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artistiques (goût, habileté), — moraux (moralité, sociabilité, dignité, esprit d’épargne).

Cesqualitéset ces talents, agissant cornmeforccsproductives, donnant au travail plus de puissance, le mettent à même de rendre plus de services et d’avoir plus d’utilité et plus de valeur.

Ce travail ou services, ces produits, ces qualités ou talents, constituent la richesse individuelle et sociale sous forme ma- *^érielle ou sous forme immatérielle, — Richesse utilisable, — valable, — échangeable, — plus ou moins durable, • — plus ou moins accumulable.

g III. — néponsca à diverses objections*

Celte analyse éclaircit et complète la théorie de la production exposée dans le Traité d'économie politique; elle met en évidence les propositions rappelées plus haut (p. 495); elle accorde, complète et précise la pensée de J. R. Say et celle de Dunoyer.

Cette analyse permet, enfin, de répondre aux objections faites à l’assimilation de toutes les professions au point de vue de la production, soit que l’on considère le travail ou les résultats du travail.

Passons ces objections en revue.

On ne peut pas dire que le travail des professions immaté- Helles ne s’attache à rien, puisque dans le plus grand nombre de cas il s’attache aux hommes, comme le travail du fileur, du tisserand, du teinturier, se réalise dans les choses.

On ne peut pas dire qu’il est impossible de l’échanger, puisqu’en fait on le vend, on l’achète, absolument comme tout autre travail, comme les autres produits, en vertu des mêmes lois économiques. ,

On ne peut pas dire des utilités qui en résultent qu’elles ne sont pas de nature à être accumulées, parce qu’on augmente fort bien le goût, les qualités, les capacités, les talents, les aptitudes de toute espèce, les réputations, les clientèles. —

NOTES St ii I,ES l'KODElTS 1 M MATÉBIEl.S. 507

D'autre part, le père qui met son enfant en apprentissage n’accumule-t-il pas pour son fils, pour lui-même, pour la société? — Il n’est donc pas exact de croire avec Malthus* , que la richesse immatérielle soit moins susceptible de conservation. Les lumières, la science acquise s’accroissent et grossissent incessamment le patrimoine du genre humain, absolument comme la richesse matérielle, avec celle différence que la première richesse se multiplie par l'usage, tandis que la seconde se détériore par la consommation.

On ne peut pas dire qu’il y a désavantage à multiplier ce genre de richesse, à moins qu’on n’entende parler d'un excès dans le nombre des hommes qui se livrent à cette production, qui offrent plus de travail que la société n’en veut ou n’en peut acheter, ce qui rentre dans l’excès de population.

On ne peut pas dire que les produits immatériels n’ajoutent rien au capital national, parce que la force, l’habileté, la santé, le goût, l’imagination, les bonnes habitudes morales, les connaissances des producteurs, sont des moyens de produire tout aussi bons que les machines, les monnaies et les divers capitaux; et que les hommes et les sociétés ne s’enrichissent que par la création parallèle de ces deux espèces de richesses, qu.» forment la richesse sociale.

On a opposé qu’il ne reste rien après la consommation d’un produit immatériel. — Que laisse le chanteur? a-t-on dit : le souvenir. Mais, en admettant que ce souvenir et la satisfaction dont il émane ne correspondent à aucun résultat utile, ne peuton répondre pareillement que le pain et le vin, qui ne sont certes pas immatériels, ne laissent pas, après la consommation, de valeur palpable? à moins qu’on n’appelle ainsi la santé de celui qui les a consommés, auquel cas il faut reconnaître forcément une valeur aux soins du médecin qui a réparé le physique de cet homme, et aux leçons du prêtre qui a perfectionné son moral. Que reste t-il d’ailleurs d'un fruit, d’une livre de bonbons, d’une fusée d’artifice, qui sont assurément des produits?

* Prhir. d' cmonM politiqiiÉ, 1847. V. CûUMidn dés priudpaux veonotnislcs, pugo 5"i.

SOTKS tl l’KTn:) TUAlTÉs;.

En résumé, il faut dire avec Dunoyer* : — Le gouvernement, quand il est ce qu’il doit être, est un producteur d’hommes soumis à l’ordre public et rompus à la pratique de la justice; — un véritable moraliste est un producteur d’hommes moraux; — un bon instituteur est un producteur d’hommes éclairés; — un artiste digne de ce nom est un producteur d’hommes de goût et d’âme, exercés à sentir ce qui est bon et beau; — un maître d’escrime, d’équitation, de gymnastique, un médecin, sont des producteurs d’hommes hardis, agiles, robustes et bien portants; — en d’autres termes, la santé, la force, l’instruction, le goût, la moralité s’acquièrent et se payent par d’autres produits et d’autres services, et forment la portion la plus précieuse et la plus féconde des forces productives de la société. — Tous ces résultats sont de la richesse, quand ils sont utiles, c’est-à-dire propres à satisfaire nos besoins, nos plaisirs intellectuels et moraux; et ils ont une valeur, quand ils ne sont pas offerts à profusion. Il en est de cela comme de tous les produits dits matériels.

Nous avons répondu* au reproche fait aux économistes de ravaler, par ces rapprochements et ces analyses, les travaux de plusieurs professions; Arrétons-nous-y encore, pour reproduire l’opinion d’un moraliste ami de l’économie politique.

Joseph Droz, qui cfoit que la richesse doit être entendue seulement des biens matériels qui servent aux besoins de l’homme, coinbat la théorie de la production immatérielle, en disant : « Un système qui tend à confondre les biens intellectuels et moraux avec des objets matériels me semble moins ennoblir les seconds que dégrader les premiers*. » Mais, il est à remarquer que cet auteur appelle lui-même du nom do biens, synonyme de richesse, les produits immatériels et les produits matériels ; en second lieu, que les produits matériels n’ont en rien besoin d'être ennoblis ; en troisième lieu, que les produits immatériels ne sauraient être dégradés ; et qu’en

' Dr la Liberté du Iravail, 11" vol., page 1 11 .

* Trailé d Économie poliliqiie, ô" êd., p. oi.

* Économie polilique, ‘2' édition, 18i(>, p. l'2.

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