‹ Notes et réflexions sur l'art poétiqueChapitre 1 sur 11 · CONSIDÉRATIONS SUR LA TECHNJQUE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUR LA TECHNJQUE

ni tous ceux qu'embellissent des rencontres qui ne sont possibles qu'au sein d'un vers, ce frais hiatus :

La blanche Oloossonne à la blanche Camyre. ce chaleureux lyrisme :

O toison moutonnant jusque sup l'encolure, ce rythme :

Et l'onde pour la voir à longs flots s'entrepousse.

Mais je ne veux pas m'en aller citer tous les beaux vers qui n'ont pas été proposés dans cette circonstance.

Je ne veux pas non plus sembler dire que le plus beau vers français, à supposer qu'il en soit un dig-ne d'être jugé tel, se rencontre parmi ceux que je rappelle ici. Mais je tiens pour remarquable qu'aucune des qualités que j'y note, n'ait paru

capable de faire juger un vers qui la recelait, digne de la première place.

Singulière méconnaissance de ce qui fait la beauté d'un vers, et qu'accusèrent tous les poètes, artistes, critiques, gens de lettres et de goût patentés à qui Ton s'adressa en cette occurrence et qui composent, incontestablement, la part principale de l'élite cultivée.

. Ne sent-on pas que si l'on poursuit la beauté d'une sentence morale ce n'est point entre des vers qu'il faut la rechercher et cela pour deux raisons : 11 faut au vers des idées simples, comme un contour net aux médailles. Il se refuse aux pensées compliquées dont la prose fait des maximes bien tournées.,

Il incommode Tidée : une ligne de prose est in finiment plus propre à la contenir ;-elle est un cristal transparent qui n'en détourne point l'attention.

D'autre part, et c'est notre seconde raison, un poète est rarement un penseur. On ne leur demande pas cela, non plus qu'aux femmes.

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