‹ Notes et réflexions sur l'art poétiqueChapitre 8 sur 11 · MUSIQUE. — HIATUS · texte numérisé non relu

MUSIQUE. — HIATUS

L'hiatus et l'allitératioa sont devenus les moyens musicaux par excellence.

Il n'y a plus à combattra en faveur de Thiatus : il a bien fallu qu'on l'admît, puisque l'heureux usage qu'en ont fait les poètes le justifiait.

Gomment a-t-on pu subir pendant plus de deux siècles une règle qui empêchait de dire : tu es, tu as, qu'y a-t-il, il y avait.

Malherbe dont on a fait un pédant et qui n'était rien moins que cela, a réformé la poésie selon les exigences de son oreille trop délicate.

Voilà bien le danger des écoles, des imitations el des suites, et aussi de la vanité que possèdent les écoliers, les imitateurs et les queues. Us crurent bon pour eux ce qui l'était pour Malherbe et pensèrent qu'ils avaient du génie parce qu'ils

loi NOTES ET REFLEXIONS SUR l'aRT POÉTIQUE

se contraignaient aux règles qu'un génie se donnait librement.

Chacun peut se donner les règles qu'il veut.

« Il est bien plus aisé de faire des règles que « de les suivre, et il est établi par Tusage que l'un « n'oblige pas à l'autre. » {Fontenelle.)

Mais nous ne pouvons en général nous occuper des écrivains qui ont suivi des règles qu'ils traçaient eux-mêmes, de ceux non plus qui déduisaient leurs théories de leurs ouvrages.

Quand un poète se mêle de dire comme il faut faire des vers, il est bien rare qu'il ne raconte pas comment il fait les siens.

C'est une si chimérique entreprise que d'écrire sans hiatus que les classiques eux-mêmes, Malherbe excepté, ont toléré le faux hiatus.

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