‹ Notes et souvenirs (1811-1894) (volume 2)Chapitre 28 sur 45 · COURS DE JEUNES FILLES · texte numérisé non relu

COURS DE JEUNES FILLES

seconde, parce qu'il a été un échec éclatant, n'ayant pas réussi à faire quitter Galata par un seul élève catholique. »

Les désastres de Tannée maudite ont fait avorter toutes mes espérances, mais Galata-Seraï subsiste toujours.

Des cours d'enseignement secondaire, sans grec ni latin, furent fondés pour les jeunes filles à la Sorbonne et dans 44 villes par des associations libres de professeurs universitaires. L'Impératrice y envoya ses nièces, filles de la duchesse d'Albe, et le Ministre des Affaires étrangères, le marquis de Moustier, ses deux filles. Mes instructions du 30 octobre 1867 aux Recteurs (op. cit., p. 515-526) et le rapport à l'Impératrice (op. cit., p. 668-673) montrent combien ces cours auraient mérité l'appui des évoques, au lieu de déchaîner leurs colères. J'en retrouve l'écho dans ma lettre à l'Empereur du 21 novembre 1867 :

« L'évêque d'Orléans vient de publier contre moi un pamphlet plein de talent, de sophismes et de haine. Hier, dans sa ville épiscopale, une société libre de professeurs a ouvert à la Mairie les cours pour l'enseignement secondaire des femmes, devant 80 mères et jeunes filles appartenant à l'élite de la société.

« L'évêque, furieux que, dans son fief ecclésiastique, 80 femmes aient osé braver ses anathèmes, est parti une heure avant la leçon pour venir concerter avec M. Berryer une attaque contre moi au Corps législatif. C'est une tempête dans un verre d'eau.

« L'Empereur sait d'où vient cette colère. Dans des instructions aux Recteurs pour l'exécution de la loi du 10 avril 1867, et que Sa Majesté a entre les mains, j'ai parlé :

1° Des 10000 écoles primaires de filles à organiser.

2° Des écoles de persévérance à fonder.

3° Des écoles professionnelles à établir pour les jeun* filles des classes ouvrières.

4° Des cours d'enseignement secondaire qu'il serait soi haitable d'ouvrir pour les jeunes filles de la classe aisée.

« C'est la menace de ces cours, qui ne sont imposés personne et où la mère accompagne sa fille, qui a m l'irascible prélat hors des gonds.

« Il y voit un péril pour les couvents, une menace conti les captations de testament et cela l'effraie. Il a raison. »

A l'exemple de l'Impératrice, bien des mères de famil donnaient leur concours à l'institution nouvelle, et j n'avais d'autre moyen de reconnaître ce zèle que d'écrii des lettres telles que la suivante :

« Madame,

« Monsieur le Recteur m'apprend que vous prenez bra vement en main, à Cambrai, la cause si morale de l'ense gnement supérieur des femmes. Vous n'admettez pas qu'o vous fasse retourner aux mœurs de l'Orient, comme ] voudraient certaines personnes à l'imagination malade < malsaine, qui déclarent qu'une femme ne peut voir o entendre un homme, sans qu'il y ait péril pour elle.

« Nos femmes de France sont, Dieu merci, plus vai lantes et plus pures. Elles ne soupçonnent pas le mal pa tout, et elles demandent à ne pas être réduites au rôle c charmantes créatures dont la grande affaire soit la moc du jour. Elles veulent avoir avec leur époux, non seul ment la communauté des sentiments, mais celle des idée afin que les deux âmes n'en fassent bien qu'une. Ce qi

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