‹ Notes et souvenirs (1811-1894) (volume 4)Chapitre 31 sur 43 · Voir au cliapilre vu, ci-dessus, p. l'JO · texte numérisé non relu

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SnTKS ET SOUVENIRS.

Uae autre mesure contribua à faire de la philosophie la ^lasM magistrale du lycée. Nos élèves y arrivaient à l'âge e dix-huit ou dix-neuf ans, bien au courant des aSaires thènes, de Rome et de l'OEil-de-Bœuf de Versailles ; mais n ignorants des intérêts généraux de la société dont ils ienl être membres, arec des droits positifs A exercer. Bs, comme ministre, ce que j'avais proposé comme proseur k l'École Polytechnique'; j'instituai un cours lire de la civilisation moderne. La proposition fut ie A l'unanimité par le Conseil Impérial, ce qui Kba pas un membre habituellement silencieux |uer par derrière cette innovation qu'il déclarait dane pour le Gouvernement, tandis que la presse de <n me reprochait de vouloir transformer les pro- Loire en adulateurs de l'Empire. Le pro- - > ue cet enseignement nouveau et la circulaire aux leurs pour son application sont au tome XIV du Bulletin admînislratif, p. i9fi-307; qu'on les lise et qu'on ose dire après que ce fut une œuvre de courlisanl Je crois qu'on a trouvé bon de ta conserver.

Je retrouve une défense de ce programme que publia le Comlilulioanel au 29 mai I8IU et que j'avais rédigée, car, dans ce poste de combat, il fnllail Ctre toujours pr^t à partir en guerre :

n Hier, la Gaiftle de Francn publiait un long article intitulé : Les deux prognimmes d'histoire eonlenipornine. Elle y loue beaucoup M. Picard et M. l'ellelan, qui seront certainement très sensibles à cet éloge; elle raille agréablement leurs adversaires, el avec une force de logique 1. Voir ci-dessua, p. 121, ma lellrc an commandant de l'Kcole Poly-

L'ENSEIGNEMENT SECONDAIUE CLASSIQUE. 281

incomparable, elle oppose les deux programmes Tun à Tautre comme contradictoires, tout en concluant qu'ils se ressemblent *.

« Nous ne relèverons pas les erreurs matérielles de cet article. C'est un beau rôle que celui de journaliste. Encore faudrait-il connaître les choses dont on parle, ne pas prendre pour définitif ce qui, légalement, ne pouvait être que provisoire; ne pas chercher dans un programme des faits qui n'ont pas le droit de s'y trouver, ayant déjà leur place dans un autre; et ne point échafauder à grand'peine un réquisitoire qui tombe à plat, puisqu*on y raisonne à faux.

« Il est vrai qu'étudier pour comprendre, ce serait long et fort incommode, parce qu'en regardant de près on finirait par reconnaître qu'une grande administration n'agit pas aussi légèrement qu'il est agréable de le supposer, surtout de le dire.

« On prend le style de Pascal pour s'écrier : « Vérité d'hier, contre-vérité de demain! » et on se voile la face en présence de ces contradictions. « I)éjà deux programmes en quelques mois et sous le même ministre I » — Il nous avait semblé jusqu'à présent que l'Instruction publique avait été remise à des mains moins vacillantes.

« Mais il faut s'y résigner, l'enseignement de l'histoire contemporaine, confié à des hommes qui savent par expérience et par vocation ce qu'il est dû de respect à l'enfant comme à l'État, n'a et n'aura jamais le don de plaire aux partis extn^mes. S'ils ne veulent pas reconnaître à la

1. C'étaient proliahlement «Icux épreuves «lifférenl^s : l'une provisoire, envoyée aux recteurs [M>ur recueillir leurs obsitrvalions; r.inlre acceptée par le Conseil Impérial et, par conséquent, «léfinilive.

a NOTES ET SOUVENIRS.

snciétti ie <lroil dVlcver les jeunes généraliona pour éUO'

mAme, nu point de voe de l'inlérit général, ils eolendeot

liion profiler du droit qu'ils lui refusent; et chaque jour,

dans leurs journaux, ils écrivent cette histoire à leur guise,

comme dans leurs écoles ils l'ciisi'lgncut à leur niiiiiiên:.

On nous contait, il y a peu de temps, (ju'une pensonnc

cmAndnnt ii un éibyu quel souverain i-égiiHit sur 1» France,

lui avait 61l' répondu : " Noire Saint P*ro lo pape, ■> On

lonce do M. de Riaiicey une Histoire, uHanl ou devant

r jusqu'en tBtii. koiis le titre Hitlinif Univerêe! le depuis

Il jusqu'à fie JX: et cet ouvrage, destiné aux écoles,

reçu les publics éloges de Monseigneur Lupan-

ans certaines maisons, ne sonl-co pas les livres de

il, de M. Hrélineau-Joly, du corale Walsh tjui

^ace d'honneur et qu'on mot te plus près possible

.0 el de l'esprit des éKHos? Ici, l'on agile un dra-

„,i qui n■e^t pas celui df ta France; aitleiii-s, ne cherchot-on pas à teindre d'une autre couleur les idées de l'enfanl, de l'ouvrier? Les partis continuent leur propagande qui éternise les haines; et la société, qui a besoin d'étoulTer ces rancunes pour vivre libre el prospère, ne pourrait pas montrer à ses enfants la voie douloureuse par où elle a marché, afin d'en écarter leurs pas? Ce serait insensé.

" On oublie d'ailleurs que ce programme renferme tout autre chose ([ue ce qu'on veut y voir. La politique de passion en a été soigneusement écarléc : les plus habiles ne pourraient la découvrir, ni dans le texte du programme, ni dans l'esprit de la circulaire. Mais les sciences, les arts, les lettres, durant les (|uatre- vingts dernières années, les questions économiques qui prennent aujourtl'hui une si large pari de l'attcnlion publique, les grands événements de

l'Europe, même de TAsie el du Nouveau-Monde, la marche enfin de la civilisation générale, voilà les magnifiques sujets de cette étude. Ah ! ne craignez pas que le maître, pressé d aller à toutes ces grandes choses si propres à ouvrir et à féconder Tintelligence du jeune homme qui, quelques mois après, deviendra citoyen, se plaise à l'arrêter sur des spectacles honteux et à des idées de colère. Laissez-lui projeter cette lumière paisible et douce. Tant pis pour ceux qui ne peuvent vivre que dans les ténèbres. >»

Un savant médecin, M. Fonssagrives. que j'enlevai à la marine pour le nommer professeur à la Faculté de Montpellier, composa d'excellents ouvrages d'hygiène et voulut bien faire, dans nos lycées, aux élèves do philosophie, quatre ou cinq leçons sur cette science nouvelle de la médecine préventive. C'était un moyen de prémunir ces jeunes gens contre les imprudences de leur âge. Le capital le plus précieux pour la société étant l'homme, quehjues notions d'hygiène physique se combinent fort bien avec Ihygiène morale que donne l'enseignement philosophique. On reprend aujourd'hui cet enseignement; j'en suis charmé, mais j'espère qu'on n'oubliera pas que, depuis un quart de siècle, on avait essayé de l'établir.

J'ai introduit, pour le baccalauréat, des modifications que justifiait alors le relèvement des éludes classiques. Aujourd'hui ces éludes sont en baisse et une mesure déplorable, la division de l'examen en deux parties, l'une après la rhétorique, l'autre après la philosophie, a compromis ces deux classes où les élèves se préoccupent bien plus des Manuels qui les préparent aulomaliquement à celle épreuve que des enseignements élevés de leurs professeurs. Aussi partagerais-je à présent l'avis de ceux (jui pensent

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que le baccnlu iiréat devrait être ramené à n'élre qu'un simple cerliljcnl d'études bien faites. Nos grandes écoles et toutes (es administrations n'ont-elles pas des épreuves d'admission qui sonl, pour elles, bien autrement probantes [u'uD diplAnoe délivré par nos Facultés dans des condious trÈs différentes, et acquis le plus souvent à trop bon larché. J'avais déjà dit, le 8 aoOt 1864, aux professeurs unis & la Sorbonne pour la distribution des prix : « Je ne «rais pas éloigné de réduire la réglementation compliquée baccalauréat à un seul article : les élèves fourniront la re qu'ils ont fait de bonnes humanités'. On discute sur la manière de constituer cette preuve. Mai», à ix, il faut sauver l'enseignement classique qui, entre irs moyens d'étude, est celui qui peut le mieux pré- :elte aristocratie de l'intelligence dont nos démo- >deraes ont plus besoin que toute autre société. u institution d'un concours entre les collèges et lycées des départements, comme il en existait un h Paris entre les élèves de la mélropolo, et la comparaison des copies couronnées à la Sorbonne avec celles des laurt'ats de nos dix-sept Académies, produisirent tes meilleurs résultats, en donnant aux élèves de nos provinces le stimulant de la concurrence. La somnolence de vieilles maisons où maîtres et élèves dormaient en fut heureusement secouée, quand on put voir l'élève d'un collège obscur battre des vainqueurs de Paris. C'était une décentralisation scolaire qui ue nuisait à personne et qui protitait à tout le monde.

Cette mesure ne plut pas à tous. Elle fut spirituellement attaquée par un ancien universitaire que J'estimais beau-

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