‹ Notes et souvenirs (1811-1894) (volume 4)Chapitre 36 sur 43 · I. On le trouvera op. cit., p · texte numérisé non relu

I. On le trouvera op. cit., p

3UÎ MITE!" ET f;(tl\ESlRS.

Je me l>orucr»i « appeler latlenlion sur trois propositions qui y tioni faites : les houi-^s de l'Enseignement supt^riciir [op. cit., p. liti), t^lablies plus tard sous le nom de bourses de licence et d'abnégation; l'École pratique des llnult'tt Ëludes, uujounl'hui encore en pleine prospérité; les laboratoires de recherches et (renseignement, moyen indispensable d'ast^tirer lo progrès scientifique; enlÎD, la pensive qui se trouvait au fond de ecs réformes, de reconslituer une grande Universilé parisienne el quelques Université!! jiruvincinlvM on ranieiiant In vie scientifique dans celles od ce réveil se montrait de lui-même '. Mais je donnoriii qtieli|ues lettre») do celte l'^pt^iiiue qui feront connaître la part prise par l'Cmpcreur ii ces créations et les efforts faits par le Ministre se d^ballnnl douloureusement au milieu dos diriicullés financières.

La lettre ct-«pr^, de janvier I86K. fut le point de d^urt delà campniîue (jui aboutit ù lu créalion de l'École des Hinilfs i:iii.i<"i. Cellf-ci surprit il'abord, parce qu'elle n'était point enfermée en une maison spéciale; elle fut établie à Paris et en province, partout oii existail nn homme érainenl capable, soil de faire lui-même des découvertes {laboraioirci de recherches), soit de mettre des jeunes gens sur la voie où l'on en Irouve [luboral'iin's d'ensrignenienl).

« L'Empereur a paru désirer connnllre l'ensemble des moyens d'instruction supérieure dont nous disposons â Paris, Le' plan ci-joint montrera à Sa Majesté que la plu-

, le II juillet IS70,

ENSEIGNEMENT SUPÉUIEIII. 'Mi

pari de nos grands établissements scientifiques sont groupés sur le plateau, sur les flancs ou au pied de la Montagne Sainte-Geneviève (Panthéon), à très courte distance les uns des autres, de sorte qu'un étudiant peut, en quelques minutes, aller aux études les plus diverses.

i< Les connaissances humaines qui forment Tobjet de rinstruction supérieure sont enseignées dans les cinq facultés de théologie, des sciences, des lettres, de droit et de médecine, et dans l'École supérieure de pharmacie.

« Ces six établissements ont des cours réguliers aux({uels 6000 étudiants sont inscrits. On y prépare aux grades universitaires et on y délivre ces grades à la suite d'examens publics.

M L'Observatoire, le Collège de France et le Muséum ne font point partie de l'Université. Ils n'onl point d'élèves inscrits et ne délivrent point de grades. Leur fonction est, non d'enseigtier la science faite, comme les facultés universitaires, mais de faire avancer lu science.

« L'Ecole normale prépare le recrutement du haut enseignement, et l'Institut en reçoit les représentants les plus autorisés.

" Les artistes (École des Beaux-Arls), les architecles (École d'Architecture), les ingénieurs (Ecole des Mines), les membres futurs des corps savants et de l'armée (École Polytechnique), se mêlent à ce monde de la science et des lettres.

« Sept grandes bibliolhè(|ues (à Sainte-iieneviève, à la Sorbonne, à l'Institut, à la Mazarine, au Muséum, à l'Arsenal et à l'École Normale;; trois musées, ceux de l'Ecole des Beaux-Arts pour l'art antique, de (lluny pour le moyen âge, du Luxembourg pour l'art moderne; enfin, les

Sut NOTES ET SllLVEMRS.

incom|>8rablPs, maU Imp souvcnl inaccessibles richesses du Muséum, offrent à J'homme d'études les ressources les plus ppécieusesi, et le Louvre est à deux pas.

f Dans aucune ville de l'Univers, ne se trouve réuni sur

un auosi petit espace un pareil ensemble d'établissements

I (ie premier ordre. Tous les moyens de travail pour les plus

' hautes études litli^raircs cl scientifiques peuvent être

compris dans un cercle dont le rayon ne serait que de

quelques cviilaines de mHres.

■• Dans quelque dirention que ta pensée humaine veuille •lier, elle trouve là une voie et des guides.

A Toutes les soicnces naliirellcs sont au Muséum.

>■ Toutes les sciences physiques et mathématiques .A ta Sorbonne. au Collège de France et à l'Observatoire.

» Toutes les sciences médicales et anthropologiques aux Écoles de Médecine et de Pharmacie, au Val-de-Grâce, k l'École pratique, aux amphithéâti'esd'anatomie.

■ La physiologîii psI, ou dovriiit être, partout.

i> Le droit, la théologie, les lettres, Ihistoire, la philologie el l'érudition la plus variée se Irouvenl â l'École de Droit, h la Sorbonne et au Collège de Fi-ancc.

B Tandis que les sciences faiti'i. et pour ainsi dire assises, sont enseignées dans les cinq Facultés, les sciencex nou~ velh> .«'essayent dans les cours libres de la clinique et de la rue <icrson. Les sciences en funnalion s'élaborent au Collège de France et au Muséum.

« Il n'y a pas à déranger ce tout harmonieux et complet, mais il esta peine un seul de ces élabhssemenls qui n'exige d'importantes réformes dans son matériel comme dans ses études.

« C'est l'objet d'un travail difficile, délicat, long par con-

séquent, que le Ministre est obligé de faire personnellement, môme pour les détails, et qui sera bientôt soumis à Sa Majesté. »

Tous les établissements scientifiques dont j'indiquais, dans la lettre précédente, l'emplacement géographique et la fonction devinrent des annexes de V Ecole pratique des Hautes Études parla création, dans chacun d'eux, d'un cabinet d'études ou de laboratoires. L'élasticité de l'institution permit de rattacher plusieurs savants de province à la nouvelle école dont l'unité fut maintenue par le budget que le Gouvernement lui constitua, et par le Conseil supérieur qui, investi de pouvoirs étendus, en relia toutes les parties. Là, point de programmes ni de paperasserie administrative; absolue liberté laissée aux maîtres pour leurs études et pour le choix de leurs auxiliaires. L'État ne s'étant réservé que le droit d'aider les professeurs en mettant à leur disposition les fonds nécessaires pour l'achat des instruments les plus perfectionnés et pour la publication de leurs mémoires.

Un personnage * qui a occupé une très grande position dans la politique et qui en garde une considérable dans les Lettres, me demanda un jour des renseignements sur cette école. Je lui répondis par la lettre suivante, en date du 6 décembre 1882 :

« Mon cher ami, w Je vous envoie les renseignements que vous m'avez demandés. Permettez-moi , en même temps, de vous remettre en mémoire le caractère particulier de l'École pratique des Hautes Études.

Page 1