‹ Notes et souvenirs (1811-1894) (volume 4)Chapitre 37 sur 43 · C-, l't j'y enverrai chaque jour une partie de mes prisou · texte numérisé non relu

C-, l't j'y enverrai chaque jour une partie de mes prisou

rgûer!).

« VuilA pour les élj^vrs; pour les savants, je propose de nlrer comme eomliinnisoD architecturale dans la Bdécomlion du nouveau pure la construction de l'Observarloirc météorologique dont j'ai eu l'honneur d'enlret«iir fVoIre Majesté.

« La mél(^orolo|{ic est une science à créer.

B Elle peut avoir pour la .Vanne et pour V Agriculture les plus heureuses conséquences. K ce double titre, elle mérite que Sa Majesté la prenne sous son patronage personnel et dired.

« L'édifice fi construire coûtera peu. M. Alphand, qui ne connaît pas mon projet, me parlait de son intention d'y transporter le Bardo (Palais du bcy de Tunis au Champ de Mars). Le Bardo à lui tout seul suflirnit peul-i^trc; dans tous les cas, ce n'est pas une dépense fi effrayer la Ville, qui n'a rien donné encore pour les Hautes Études, et qui s'honorerait en faisant du nouvel établissement une institution municipale, comme bien d'autres villes en ont créé; Marseille m'a accordé cent cinquante mille francs pour avoir un observatoire.

■1 En résumé :

'1 La création proposée est utile è la science et aux intérêts matériels du pays.

u La dépense de premier établissement se perdra dans la dépense générale du parc.

<i La dépense d'entretien pour les instruments et le personnel s'élèvera par an à cinquante mille francs, et si In Ville ne la prend pas à sa charge, elle pourra être répnrlio par portions égales (dix mille francs) entre la Maison de TEmpereur, la Ville et les trois Ministères intéressés : Marine, Agriculture, Instruction publique.

« La Commission du budget, qui paraît disposée A rejeler toute dépense nouvelle pour mon ministère, n'aurait pus h intervenir, c*est-â-dire a repousser un crédit.

« Que faut-il donc pour que ce projet réussisse?

« Une seule chose :

« Que Sa Majesté veuille bien faire savoir i*! M. IIihinsmann qu'Elle en verrait avec plaisir rcxéculion.

« M. Dumas m'a assuré que si le Préfet n'y esl \u\h contraire, il obtiendra du Conseil muni<*i|)nl rnij^enl néeeM saire.

« De l'Empereur, etc. •>

La négociation s'engagea avec M. jlaiissninnn. A rrlh* question : u Que comptez-vous faire <hi lîniilo/ - Il me répondit : « Une buvette ou nn Iog(»nienl pour \r*\ ^/ir diens. » — « PnMcz-le moi. J'y niellrni «Irs ^wlVMnlM qui seront une attraction de phisï)()ur \«)lre pan* ri il»* \ l'ironl, enlreautrcs travaux, des éludes niéléorold^iquemilili". pour la ville. « Haussmann y consc^nlil 1res libérnlniiml l'I li"* conditions suivantes furent arrélées : Ir llnnln hrm iniii»» pour trente ans au servire de rinslriirhnii |ml.lM|iii', moyennant un prix annuel de loealion dr un lniin'. Iji Ville se chargera de TiMilnîtic^n el d<'s n'-panilinM- «!•• I «Ji

»ice. Je ne crois pas que l'Université ait jamais fait une conTenlion fÎDancière moins onéreuse.

Autre lettre du li avril IS68.

« Sire,

<• J'ose prier l'Empereur de lire celte dcscriplion du Laboratoire physico-chimique que les Prussiens cons- .niiBenl k Bonn. Elle est navrante pour votre Ministre de 'Instruction publique et menaçante pour la science franlise.

I Cependant si l'on exécutait les travaux approuvés par

BJesté pour la Sorbonne et pour l'École de médecioe, . .serait réparé, La Commission du budget, qui ne voit ■ ou ne sait point que Votre Majesté a augmenté en is le seul revenu agricole de la France de cinq mill'osllaissé saisir d'une ardeur bien imprudente d'éco- Diies. Elle va, dit-on, me refuser les cinquante pauvres mille francs que je demandais pour Claude Bernard, Berthclol, Pasteur et Wïirtz, etc. Nous ne sortirons de cette misère que si l'Empereur veut bien, en me rendant cette note mercredi, dire assez liaut pour que M. Roulier l'enlende qu'il faut que ces travaux s'accomplissent, dussent quelques millions Otre ajoutés à l'emprunt.

« On me fait si gueux qu'on me rend inventif; mais si la foi Iransporlc les monlagnes, le dévoùmenl le plus absolu ne suffit pas pour bâlir des écoles.

II De Sa Majesté, etc. »

« L'Empereur connaît la juste renommée du lieutenant Maury, ancien directeur de l'Observatoire de Washington.

ENsaGVEMEvr fLPLîir:]

f ji?

Engagé daos la guerre de S^k-e^^oii. H h qurtl^^] ATD^ri^ue et vit à Londres. Je croi?» entrer ônn* J*^ Tutrf de Sa Majesté en me préoccupant de* iD^T«sr d allrrer M. Maunen France, sa pairie d'origine.

u La créaUon d'un Ohi^*TT'f^jt'* ^r^^:.^ /-.y/yu-*' au parc de Montsouris fournira peut-^tre ce m«>Tr-n.

« L'Empereur veul-il autoriser M. le Ministre de? Affaires étrangères à tenter celte néfrocialion. et moi à offrir à M. Maur}' une place de 6000 franc* dans le fulur Observatoire. Les deux autres ministres int^rrs$"< aux progK*s de la météorologie, ceux de la Marine et tle lAgricullure, pourraient fournir une somme égale, ce qui déciderait sans doute M. Maury.

« La ville de Paris a acheté pour l:îO(XiO francs le palais du bey de Tunis au Champ de Mars et elle veut le transférer à Montsouris comme décoration.

a Un mot de Sa Majesté à M. Haussmann aiderait bien au succès.

« Avec cette double conquête de Maury et du palais tunisien, la science nouvelle prendrait l'essor.

« Je suis heureux de dire à l'Kmpereur (piune paix parfaite règneàTObservatoire. M. Le Verrier ne perd plus sou temps à tourmenter ses collaborateurs, et ceux-ci, prot<''<;és contre ses caprices, se sont remis à travailler. Oc calme durera-t-il? Je mettrai tous mes soins à le conserver.

« La question des laboratoires avance, et [)eu à peu des exercices pratiques s établissent à coté des enseip^nemenls théoriques. Au Collège do France, M. Berihelol aura le sien avant la fin de Tannée. Celui de M. Claude Bernard eoiMerait 40000 francs et serait adossé i\ un mur que la Ville jettera bas peut-être dans six mois ou im an. Je n(» >uis

It X*»TKS ET SOLVENIBS.

fias astwz riche pour dt'peaser 40 000 Tratics à un édifice qui durera un an. Xu»fi, i\e ce côté, il Taut encore négocier avec la Vîlte pour niriv^r A quelque cbose de déGnîUf. B A l'Ëroli- Normntc, M. Pasteur aura tout un édifice. ■ Au Muséum, la mort de M. Serres m'a permis d'établir •omtoirement, dans la maison qu'il occupait, deux laborauires pour la zoologie et la botanique.

• M. Milne Edwards (zoologie) a- déjà trente-cinq étuinta iiificriUi, dunt /ilmirurf ihclevrs, mais la place est Dp pciiti- cl vingt-six spuloinciil peuvent travailler. " Chaque dimaiiclic, M. Dcciiisne (botanique) emaiène ■ur k-s livrborisalioniç jusqu'à cent personnes & huit ov lieues de Pariai. Les jours suivants, les plantes sont •&*i-f* et déterminées au litbonikiire du professeur et quaite-sepl personnes pfcnnenl part à ces études pratiques. I' Le laboralnire de M. d'Archiac (paléontol(^pe) va grandir de deux pièces: celui de M. Delafosse (minéralogie), qui est presque un sous-sol obscur, sera augmenté d'une galerie vitrée. D'ici à six mois, le Musi^um aura ainsi cinq on six l'eiileii prnliqvet où des l'Itidianls passeront chaque jour plusieurs heures avec le maîlre.

" Dans les masures de la Sorbonne, je renvoie de leur logement, en les indemnisanl, les garçons de bureau, j'abats des cloisons cl je donne un peu de lumière et d'espace à M. Ducharlre pour l'anatomie végétale et à M. Hébert pour la géologie.

« L'exemple de M. Decaisne a piqué d'honneur les professeurs de la Faculté de médecine et de l'École de pharmacie qui, à leur tour, ont entrepris avec leurs élèves des excursions botaniques.

« Du laboratoire de M. Jamin, à la Sorbonne, viennent

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUH. 315

de sortir trois intéressants mémoires qui ont été présentés lundi à TAcadémie des Sciences.

« L'Empereur voit que les professeurs de l'Enseignement supérieur se réveillent et veulent faire par en haut ce que les instituteurs font par en bas.

« Ceux-ci ont encore accompli celte année une belle campagne scolaire, malgré la disette, Tarrôt du travail, la fatigue, malgré aussi les pronostics défavorables et les excitations contraires. Ils ont eu 32 331 cours d adultes auxquels ont assisté 683 097 hommes et 95281 femmes. La proportion des conscrits illettrés a diminué de 2 p. 100, proportion énorme qui, jusqu'à présent, n'avait jamais été atteinte. Cependant les conscrits illettrés sont encore au chiffre de 21 p. 1(K)I Ce qui restreint le choix des colonels pour remplir les cadres des sous-officiers. »>

Lettre du ia juillet 186S.

« Sire,

« J'ai l'honneur de proposer à Votre Majesté de vouloir bien signer deux projets de décrets que iMM. Dumns, Claude Bernard, Pasteur, Wurlz, Jamin, Milne KcUvnnls, Balard, Frémy, Alfred Maury, etc., tiennent pour excclicMils,

« Ils sont le résultat d'un bien long travail et onl Mr mûrement discutés dans de nombreuses conférences.

« Le Conseil Impérial les a adoptés à rnnaniniilé.

« Le /(apport qui les précède expose les mol ifs de leur présentation.

<« Les Rrglemenls qui suivent montrent à l'nvaiier ee que seront ces décrets dans rexéculion.

u Si l'Empereur les approuve, cell(î grossi* ninchiiie |miiI fonctionner dès demain.

NOTES ET SiilVENins.

e Uans le cas où quelques doutes sV16vcraienl dans rpspril (t« l'Empereur, j'ose prier Sa Majesté Je vouloir bien m appeler prt^s fl'Elle.

11 II me semble d'ailleurs que je n'ai fait en tout ceci qu« réaliser la pensive ipie l'Empereur dnignait ra'esprimer, il y a eix mois, »ur l'embarras uii se trouve â Paris un jeune homme studieux qui ne sait nujoud'hui oii aller cherclier Is science qui lui convient. Demain, il saurs où la prendre.

V ^tusnt aux voies et moyens, toul est pr^l.

i< Le (^rps Législatif a d^jà voté, pour lSli8. Tif) OOn Tnincs en faveur des labarahiiri-n rfc rfc.h'-rrhft.

•• Demain il votera :

'■ Pour la même d('pense eu iSOÎ), lOQ 000 francs.

" Pour les iahiirntoiret li'emrignfwnt, MUOOO frênes.

y Enfin on travaille aux laboratoires do Claude Bernard et de Berlhclol au Collège de France.

" A ceux de MM. Milne Edwanl^, Frémv et Decaisne au Muséum.

« On se mettra incessamment (i celui de Pasteur à l'École Nonnale.

" Restent lu Soil>onne et l'École de médecine qui exigent de trop gros crédits pour que je puisse y pounoir avec mes ressources ordinaires; mais que l'Emi^reur me donnera l'an prochain.

!• Par cet ensemble de mesures, les besoins de l'Enseignement supérieur ouronl re^u, en grande partie, satisfaclion.

u De Votre Majesté, etc. ••

Lettre du 28 septembre i808.

« Sire,

w En daignant signer les décrets du 27 juillet sur les laboratoires Qi V Ecole des Hautes Études, l'Empereur m'a dit qu'il lui semblait que c'était quelque peu confus.

u Depuis la publication des décrets au mois d'août, j'ai fait le mort.

w Aucune réclame, aucun article dans les journaux, aucune pression sur personne.

« Cependant, quoique nous fussions en temps de vacances^ cent cinquante-sept inscriptions ont été prises qui se répartissent de la manière suivante :

« Sciences mathématiques, quinze;

« Sciences physiques et chimiques, cinquante et un;

« Sciences naturelles et physiologie, quarante-sept;

tt Sciences historiques et philologie, quarante-quatre;

« Parmi les inscrits se trouvent :

« Des étrangers;

« Des Français qui étudiaient en Allemagne;

« Des personnes déjà pourvues du titre de docteur;

« Des agrégés de l'Université déjà en fonctions et qui demandent à abandonner leur place et leur traitement pour venir puiser à cette source nouvelle de savoir approfondi.

« Trente ou quarante élèves nous auraient suffi pour les premiers jours; nous en avons trois ou quatre fois plus qu'il ne nous en faut, ce qui permettra un triage sévère.

« Afin que les études puissent commencer dès le 15 novembre, je fais travailler jour et nuit aux laboratoires.

« Je prie l'Empereur de vouloir bien aussi jeter les yeux

318 NOTES ET SOUVENIHS.

sur une lettre (jui m'est arrivée d'un comte polonais. Il me signale, dans le décret, une lacune volontaire, celle des sciences économiques ou camerales, comme on dit en Allemagne*.

« Je dis lacune volontaire, parce que je n'ai pas trouvé d'écho à la Faculté de Droit de Paris, quand j'ai essayé de l'amener à celte idée et que je fais étudier, en ce moment, l'organisation de ces sortes d'études en Allemagne. Ce n'est donc que partie remise. Une note placée au bas du décret indiquait déjà cette intention ({ui est, je crois, dans la pensée de l'Empereur.

u J'étudie un plan de réorganisation du Muséum en vue d'y constituer, sans frais, par conséquent immédiatement, un sérieux et solide enseignement d'agronomie. Un des éléments du succès sera de ne pas renommer, au 31 décembre prochain, Chevreul, directeur. C'est une de nos gloires scientifiques; il est très respecté, mais il a quatrevingt-deux ans; je supplierai l'Empereur de lui donner, en échange, une place au Sénat. »

Lettre du J7 janvier 1869.

« Sire,

« Daignez me permettre de rappeler à Votre Majesté que l'Empereur veut bien ajouter dans son discours un mot pour l'Instruction publique.

« A ne considérer que le côté matériel, la France a

\. Le dernier acte de ma vie ministérielle fut l'envoi au Conseil d'État d'un projet de décret, délibéré en Conseil Impérial, pour fonder dans toutes nos écoles de droit une section des sciences économiques. Quelques mois après, au Sénat, je fus rapporteur d'un projet de loi qui m'occupa beaucoup, pour organiser en France la médecine gratuite des pauvres : projet qui vient d'être repris et sera voté, je l'espère.

250 millions à dépenser pour ses maisons d'écoles et 20 millions pour ses grands établissemenls.

« Je n'ai rien pour ceux-ci, et seulement au compte des maisons d'école, une allocation annuelle de 1 600000 francs. Il faudrait tripler ce crédit et ce serait du travail et de l'argent à mettre dans les communes rurales.

« Mais la question est plus haute : l'Empereur connaît le mouvement qui s'est produit dans l'enseignement primaire à la suite d'une de ses paroles dans un discours du Trône. L'hiver dernier, 33000 classes se sont ouvertes à 800000 adultes, et une souscription volontaire a produit le chiffre, énorme pour nos habitudes françaises, de 2 200000 francs.

« Voilà, évidemment, un vœu, un besoin du pays.

« Eh bien! Sire, je sens la môme ardeur qui commence dans l'enseignement supérieur, à Paris et dans les départements où quelques-unes de nos Universités provinciales se réveillent.

« Le décret du 31 juillet (création de laboratoires et de l'École pratique des Hautes-Études) fait sans bruit une révolution dans nos Facultés.

« Que l'Empereur seconde ce mouvement et se place, suivant son habitude, à la tête de cette renaissance scientifique.

« Un mot suffira. Ce sera justice et en même temps de politique excellente.

« Que l'Empereur me pardonne cette insistance. Mais je vois de près tant de dévouement de la part d'hommes chargés d'années et d'honneurs académiques, que j'ai le devoir de demander pour eux ce qu'ils préfèrent à tout, une marque publiquede l'intérêt du souverain pour leurs efforts.

« De Sa Majesté, etc. »

« NOTES KT SoLVKMUïi.

Je De laissais passer aucune occasion de grouper autour de l'Empereur les représeatanls de la science française que les réunions k la Sorboone appelaient momentaDémeDl i Paris. Le Et avril I8G6, j'écrivis au prince :

» Sire, • J'arrive de la Sorbonne où j'ai trouvé cinq à six cents physiciens, chimistes, géologues, etc., venus de tous les points de la France et occupés à lire des Mémoires ou k Taire des expériences. Ces savants, réunis à autant d'archéologues, sont les représentants véritables de la Science en •ODince. Il serait, je crois, très politique que l'Empereur ^ignAt rece\'oir quelques instants leur bureau. B Je leur ai demandé, en votre nom, Sire, de profiter B leur réunion pour éclairer l'administration sur les isoins de la science française, et, à propos d'un mémoire JaUf au passage de Vénus sur le disque du Soleil, le 22 d(5cembro 1874, j'ai pris rengagement, pour mon successeur, d'étudier les moyens d'envoyer au Pôle Sud une expédition scionlinque comme celle de Lacaillc en 1 150, au cap de Bonne-Espérance, qui fit tant de bruit et dont il est encore parlé.

B C'esl une enireprisc qui demandera à élre préparée de longue main, que la France ne peut se dispenser de faire, sous peine de déchéance scientifique, car les Anglais et les Russes la lenleront cerlainemcot, et qui a assez d'importance pour que l'Empereur puisse s'en entretenir avec le Bureau.

" L'Empereur a eu iheurcuse pensée d'ouvrir ses salons, cet hiver, aux membres des Conseils généraux; je ne fais que m'inspirer de cette idée, en proposant à Votre Majesté

de laisser approcher d'Elle, avant lundi prochain, les députés des trois cents sociétés savantes des déparlements. »

A une déclaration faite à rAssemblée Nationale par M. Laboulaye, membre de Tlnstitut et député, je dus répondre le 5 décembre 1874, par une lettre que la Liberté inséra :

« Monsieur et très honoré confrère,

« A la séance d'hier, vous avez dit : « Pendant loule la « durée de TEmpire, on a fait peu de chose pour Tensei- « gnement supérieur. » Cette affirmation venant de vous, Monsieur, membre de l'Institut, administrateur du Collège de France, a lieu de surprendre, et l'autorité môme qu'ont vos paroles m oblige d'y répondre.

« Vous connaissez les efforts faits personnellement par TEmpereur, pour développer les hautes éludes, par la fondation de grands prix i\ l'Institut et par l'^'uvoi de missions, souvent aux frais de sa cassette particulière, sur tous les points du globe on pouvaitrnt être recueillis des matériaux utiles à la science, (juanl à l'enseignement proprement dit, le Gouvernement impérial avait pris à cœur de répondre aux besoins que les gouvernements antérieurs n'avaient pu satisfaire, en mettant noire ancien système d'instruction en rapport avec les néc<'*»*»itès dune société nouvelle. Xu! ne songe à contester lén^Tgique impulsion donnée par lui à Tinstruclion primaire, et l'i^rganisalion de renseignement spécial, si indispensable â noin* commerce et à notre industrie, <'St son ou\nige. M;n*- il <*ntr*nd;ul mettre de Tordre dans celte nTori*»lnirlion d«* tout noire édifice scolaire; il ne voulait toucher à ren^^^iL'riemrnf I. : I

supérieur qu après avoir solidemeot établi la base ei les assises intermédiaires, interrogé, par des enquêtes minii^ tieuses, Texpérience des nations étrangères, et arrêté dans son ensemble le plan de réformalion. Ce fut l'œuvre laborieuse, qui jamais n*avaii été entreprise, des trois statistiques de renseignement primaire, secondaire et supérieure; la dernière fut publiée en 1868, on y trouve la justification des réformes dont le ministre d*alors exposa la nécessité dans le rapport mis en tête de ce volume.

u En consultant ces documents, vous pourrez vous assurer. Monsieur, que le Gouvernement était au courant des défauts organiques de notre enseignement supérieur et de tout ce qui lui manquait, matériellemeut, pour prospérer. Vous voudrez bien reconnaître que ce qu*il savait, il n'hésitait pas à le dire tout haut, pour se donner, dans rinlèrêl de la réforme, lappui de Topinion publique, et je puis vous assurer qu'il avait le ferme propos d'y porter remède. La moilii» de la ^urrison n'esl-elle pas dans la connaissance corLiine du mal?

M A ce nioniciil, tout iHait donc prOl pour le renouvellenionl i\v noire cnseiiifiienienl supérieur. Les projets étaient arrc^lés, les crédits nii^nies, indispensables pour le matériel et le personnel nouveaux, avaient élc assurés par de formels enfifa^enienls <hi Gouvernement et de la Commission du budget, lors(|ue survinrent nos désastres et la révolution.

« Ce|)endanl, avant de tomber, l'Empire avait eu le temps d'inaugurer une nouvelle et féconde méthode d'enseignement supérieur, en créant l'Kcole pratique des Hautes Élude, qui donne déjà des professeurs à nos Facultés, même à des académies étrangères, et qui, justifiant la

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. 3i3

confiance mise en elle par l'Assemblée Nationale, a récemment reçu le seul diplôme d'honneur délivré, en ces matières, par le jury de l'Exposition viennoise. Il avait construit des laboratoires d'enseignement et de recherches que les allocations promises allaient permettre de multiplier. Il avait fondé l'Observatoire météorologique de Montsouris, et deux Facultés, à Douai et à Nancy; créé, pour des sciences nouvelles, des chaires ou des cours complémentaires, môme au Collège de France; ouvert partout des Conférences dont quelques-unes eurent un grand éclat; institué au Muséum, grâce au dévoûment de ses professeurs, une école supérieure d'agronomie, et réorganisé l'École des langues orientales vivantes, de manière à lui rendre son ancienne supériorité sur les écoles rivales de l'étranger, et à permettre d'attendre d'elle les services que Colbert lui avait demandés pour notre commerce et notre diplomatie. En six années le budget du Ministère de l'Instruction publique s'était accru d'un tiers.

« Dans le môme temps, une sorte d'Université libre, installée près de la Sorbonne, ouvrait, pour les sciences les plus difficiles, des cours dont quelques-uns n'existaient môme pas dans les Universités les plus complètes de nos voisins, et un décret envoyé au Conseil d'État allait créer l'enseignement des sciences économiques et administratives dans nos onze Facultés de Droit.

« J'avais présenté au Sénat, comme membre de cette assemblée, deux autres projets de lois, avec l'espoir assuré de l'appui du Gouvernement et de la Chambre haute, pour établir la liberté de l'enseignement supérieur et réorganiser les Facultés de l'État : questions qui doivent être résolues en môme temps. C'eût été l'achèvement de l'œuvre enlrc-

prise. Ce sont là des actes, non des paroles : res non verba.

<« Lorsqu'il s'agissait de renouveler tout le système d'instruction d'un grand pays, qui en était resté aux anciens usages, il fallait de l'ordre, de la prudence et du temps. Le temps qui a été donné à TEmpire a été bien employé au profil des deux ordres d'instruction primaire et secondaire; mais vous voyez, Monsieur, que la réforme de l'Enseignement supérieur était elle-même fort avancée et ne demandait plus qu'un vote législatif pour être accomplie.

« Enfin, vous n'ignorez pas qu'un dernier et magnifique encouragement devait être donné au 15 août 1870 à tous les hommes de science : l'Empereur, devançant la mesure si patrioliquement volée dans la session dernière parTAssemblée Nationale en faveur de M. Pasteur, appelait au Sénat, à côté d'hommes tels que MiM. J.-B. Dumas, Claude Bernard cl Élic de Bcaumont, ceux qui honoraient et servaient le pays par (réclalanls succès dans rélude désintéressée des sciences.

« Aussi, lorsqu'il pourra élre porté sur ces questions un jugcnienl iniparlial. je crois (ju'il esl un Gouvernement à qui l'on rendra l'iionneur d'avoir fait plus que les autres en faveur de rinslruclion j^énérale du |)ays, ce sera celui que vous accusez de n'avoir rien fait.

(' Recevez, Monsieur et très honoré confrère, l'assurance de ma considération la plus distinguée,

*' V. DURIY.

; Ancien Ministre de 1 Instruction publique. »

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