CARTE DE BOULANGERIE
Vu par le Maire
du arrond*,
(c Avis important, — Toutes re.tions non rcclamées aux jours indiqués ci-dessous seront périmées. »
LE SIÈGE DE PARIS lc5
(Suivait un tableau quadrillé contenant l'indication des mois, jours et date, depuis le 18 janvier jusqu'au 16 février.)
Dans beaucoup d'arrondissements, on trouva plus commode et plus simple de se servir de la carte de boucherie, sur laquelle le bou Langer mettait une apostille particulière. Par suite, dans ces arrondissements, la carte de boulangerie remise par la Mairie centrale aux mairies d'arrondissement servait seulement pour les bombardés recueillis momentanément et pour ceux des habitants qui prouvaient, à l'aide d'une justification sérieuse, que leur carte de viande avait été égarée.
Mesurer qui avaient été prises avant
le rationnement.
Déjà, avantle rationnement du pain, le service de la boulangerie avait créé des difficultés. On avait même dû prendre certaines mesures pour sauvegarder le stock de farine. Par un arrêté du 11 décembre i870, il avait été interdit aux boulangers de vendre de la farine au détail.
Cette mesure, bonne en elle même, souleva des réclamations très vives. On ne crut pas néanmoins, et avec raison, qu'il y eût lieu de revenir sur cette décision, prise dans un intérêt
général, en vue de réserver la farine exclusivement à la fabrication du pain. On pensa toutefois, qu'il convenait de laisser aux maires Je soin d'apprécier les exceptions qu'il était raisonnable d'apporter à l'arrêté du il décembre, afin de leur permettre de donner satisfaction à des besoins légitimes, dont Tévidencc leur serait démontrée. Dans ce but, on avait mis â leur disposition, vers la fin du mois de décembre, un quintal de farine à distribuer de la façon qui leur semblerait convenable. Ce quintal fut débité à raison de 0,50 centimes le kilo.
Conditions du rationnement.
La nécessité du rationnement du pain avait été reconnue, à l'unanimité, par la Commission des subsistances. On savait d'avance que les habitants de Paris la subiraient avec courage.
La ration fut flxée à 300 grammes pour les adultes et à 150 grammes pour les enfants audessous de cinq ans. Le prix de la ration fut établi à 10 centimes et celui de la demi-ration à 5 centimes, prix inférieurs à la taxe du moment. La clientèle des boulangeries fut déterminée par un tableau officiel; un avis affiché sur les murs indiqua les maisons desservies par
chacune d'elles ; chaque habitant sut ainsi où il devait s'adresser. Le colportage du pain à domicile fut absolument interdit.
Mode de distribution du pain.
La distribution du pain commençait le mâtin à sept heures; elle n'était faite qu'aux personnes munies d'une carte de boucherie ou d'une carte de boulangerie.
Des délégués surveillaient chez chaque boulanger ces opérations.
Toute distribution de pain, en dehors des boulangeries, notamment aux fourneaux économiques et aux cantines municipales, devait cesser à partir du jour où le rationnement commencerait à fonctionner.
Des cartes spéciales, d'un type Uniforme, furent déposées chez tous les boulangers pour recevoir, sous le contrôle des délégués, mention des réclamations qui se produiraient.
Une boulangerie spéciale fut affectée, dans chaque arrondissement, aux gardes nationaux de service aux remparts et aux bataillons de guerre casernes dans Paris. Cette boulangerie fut indiquée à l'avance à la Mairie centrale, par le maire de l'arrondissement, avec le chiffre exact des hommes qui devaient être servis.
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Afin de faire face aux demandes imprévues et aux besoins de ceux qui n'étaient pas encore munis de cartes, les boulangers durent cuire un excédent de 5 0/0. On leur délivra des farines en conséquence.
L'usine Scipion reçut Tordre de tenir en réserve environ 10.000 kilogrammes pour le même objet.
La distribution du pain une fois achevée, et au plus tard avant 4 heures, un rapport était adressé à chaque mairie par les délégués préposés à chaque boulangerie. Ce rapport mentionnait les quantités de pain délivrées, les incidents delà distribution, le montant des farines reçues ou à recevoir, et l'excédent qui pouvait resterlibre;cetexcédentétaitreportépour le service du lendemain. Si une boulangerie se fermait dans un quartier, avis en était immédiatement donné à la Caisse de la boulangerie par un délégué de l'arrondissement.
Au 15 janvier 1871, on pouvait encore faire un peu de pain blanc pour les vieillards, les malades, les enfants; mais, hélas! il fallut restreindre même ce service exceptionnel et si jusiiflé, dans les limites les plus étroites. On était obligé, dans les mairies, de demander un certificat de médecin, et de donner les autorisations que par journée, pour les contrôler chaque soir.
En voici le spécimen: