MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR
Les préliminaires de paix viennent d'être signés au-
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jourd'hui ; ils seront soumis au vote de TAssemblée nationale.
Un nouvel armistice de quinze jours fait cesser, dès à présent, les contributions et les réquisitions de guerre que chaque jour aggravait.
Malgré tous les efforts, il n'a pas été possible d'empêcher rentrée, dans certains quartiers de Paris, d'une partie de l'armée allemande.
Nous n'avons pas besoin de dire les sentiments que fait naître en nous cette épreuve que le Gouvernement aurait voulu épargner à la ville de Paris. Les négociateurs allemands avaient proposé de renoncer à toute entrée dans Paris, si l'importante place de Belfort leur était concédée définitivement ; il leur a été répondu que si Paris pouvait être consolé dans sa souffrance, c'était par la pensée que cette souffrance valait au pays la restitution d'un de ses boulevards tant de fois, et naguère encore, illustré par la résistance de nos soldats.
Nous faisons appel au patriotisme des habitants de Paris, en les conjurant de rester calmes et unis ; la dignité dans le malheur est à la fois l'honneur et la force do ceux que la fortune a trahis ; elle doit être aussi leur espérance d'un. meilleur avenir.
Paris, 26 février 1871.
Le Ministre de l'Inférieur,
Ernest PICARD.