‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 105 sur 125 · GUERRE · texte numérisé non relu

GUERRE

Tous les mâles, à partir de l’âge de dix ans environ, hommes libres et esclaves, prennent part à la guerre. Le commandant de l’année n’est pas un des cinq dignitaires qui gouvernent le village, mais c’est un officier spécial, qui a le titre de Yulu.

Les hommes les plus jeunes ont des arcs et des flèches (fig. 383 et 342), celles-ci ayant des pointes de bois ou des pointes de fer; un poison qui est identique à celui en usage chez les Batetela est employé dans le premier de ces modèles ;

toutes les flèches sont cochées de telle façon qu’elles retiennent légèrement 1a. corde. Les vieillards portent des javelots et des boucliers. Il n’y a pas de tradition qu’ils aient connu autrefois le couteau de jet, quoiqu’une forme conventionnelle de ce couteau soit employée par eux comme monnaie ; cependant, il est presque certain que ce dernier, qui n’est pas fait dans la localité, ait été introduit par les Bushongo.

A la guerre on ne fait pas de prisonniers et on ne fait pas de quartier. Les femmes et les enfants restent dans le village pendant les hostilités et personne ne tente

de leur faire du mal ou de s’en saisir. Lorsqu’un des partis

veut cesser les hostilités, l’Okolomba s’approche du village ennemi, en soufflant dans un cor; en entendant cela, l’autre Okolomba sort à sa rencontre et des deux côtés on fixe un jour pour discuter les termes de paix. Au jour fixé, les guerriers des deux côtés, complètement armés, se renconig. 383. — Guerrier Basongo Meno. trent au lieu choisi et l’on discute pour savoir quel est

celui des deux partis qui est dans son tort. Lorsque, après discussion, ce point est décidé, l’ Okolomba du village à qui l’on a donné tort, donne sa fille à l’Okolotnba de l’autre côté ; et alors on échange des présents.

La femme est la cause ordinaire de la guerre ; si un homme du village A épouse une fille du village B et qu’ensuite, après être devenue enceinte, elle le quitte et retourne chez elle sans que les conseils et les menaces de son père

la persuadent de retourner chez son mari qui vient la réclamer, celui-ci se retire

en colère; la jeune fille vient-elle, plus tard, à épouser un homme de son propre village, cet homme est immédiatement tué par le premier mari : de là résulte une effusion de sang et quelquefois une guerre. Ce sont très fréquemment les femmes qui incitent les hommes à la guerre.

L’homme qui a tué un ennemi peut porter une ceinture de peau de léopard autour de la taille et les plumes de la queue d’un coucou dans les cheveux.

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