RELIGION ET AMES
La religion des Basongo Meno semble être jxès vague et leur attitude au sujet de cette question peut se résumer dans ce mot : « On ne peut savoir ! » Quand ils se trouvent en contact avec les Bushongo ils acceptent leurs idées, mais, contrairement à ces derniers, ils ne prennent aucun intérêt aux croyances européennes. L’être suprême s’appelle Osangudi ; et ils nous dirent qu’il ne s’identifie
nullement avec le ciel, qu ils appellent Molungu. On trouve également chez eux la croyance dans un esprit malveillant appelé Moloki, qui, comme cela arrive dans beaucoup d’endroits de cette région, est rendu généralement responsable de la mort des jeunes individus qui meurent sans cause apparente. Moloki agit par 1 intermédiaire de quelque créature humaine qui en est possédée ; si un jeune
homme meurt sans raison plausible, selon leur intelligence peu cultivée,' son frère se rend chez l’homme fétiche et lui demande quelle est la cause de la mort; l’homme fétiche fait une conjuration et dit que la mort a été naturelle ou qu’elle est l’œuvre de Moloki ; dans ce dernier cas le frère dénoncera la personne qu’il suppose être possédée par l’esprit malin et l’accusé est soumis à l’épreuve du
poison. Vêtu de tout ce qu’il a de mieux et frotté de bois de takula, il comparaît
devant le village assemblé et boit le poison, Ifumi. Les spectateurs crient : « Ifumi, si cet homme est coupable, tue-le ; s’il est innocent ne lui fais pas de mal. »
Si 1 accusé meurt, sa culpabilité est regardée comme prouvée, mais, s’il vomit le poison, il est déchue innocent et 1 accusateur doit lui payer de lourds dommages et intérêts. L homme fétiche s’appelle Monganga ; on hérite de cet art, qui n’est jamais piatiqué pai les femmes, comme on hérite des autres biens. Un jeune garçon qui est initié à la profession est enfermé dans une hutte spéciale de feuilles de palmiel, entouiée dune enceinte; il est peint avec de l’argile rouge et une plume est fixée horizontalement dans ses cheveux au-dessus du front ; il faut qu’il balance sa tête continuellement d un côté à l’autre et on ne lui permet de manger aucune nourriture, excepté celle qui est préparée pour lui par l’homme fétiche. Au bout de cinq mois, on le jette dans 1 eau et on le lave ; après cela il est considéré comme un homme fétiche parfait. Le Monganga joue un rôle important en ce qui concerne la chasse. Le jour qui précède une chasse, les chasseurs le consultent et dois il réunit un certain nombre de plantes de différentes espèces qu’il cueille dans la forêt et qu il fait bouillir. Au départ, il asperge les chasseurs avec la décoction de ces plantes afin de leur assurer le succès. Quelques Basongo Meno couvrent les lames de leurs lances de certaines herbes qu’ils mangent ensuite avec la chair de tous les animaux qu ils pourraient avoir tués ; cette coutume, qui est supposée assurer le succès pour 1 avenir, n’est pratiquée que sur la frontière des Bankutu et a été adoptée de ces derniers.
Les songes sont considérés comme étant des présages des événements à venir ; par exemple, si un homme rêve qu’il tue un léopard et en rencontre un le jour suivant, il est sûr de réussir à le tuer.
Chaque homme, chaque femme et chaque enfant possèdent une âme qu’ils appellent Osangudi, donc du même mot que Dieu. Quand une personne meurt, cet Osangudi ne peut rester ni dans le village ni près du village, mais il erre jusqu à ce qu’il atteigne un autre village, et, s’il voit une femme, il entre en elle et la féconde ; tous les enfants sont ainsi conçus et possèdent Laine d’un possesseur antérieur. Les esprits sont appelés Edimo ; ce sont des Osangudi ou âmes qui n’ont pas réussi à entrer dans le corps d’une femme ou qui, pour quelque raison, ne désirent pas renaître.
Les animaux n’ont pas d’âme.