MORT ET ENTERREMENT
On admet comme cause de la mort la violence, un accident, la maladie, la vieillesse, et dans le cas d’une personne qui meurt jeune d’une cause qui n’est pas apparente, le principe malin Moloki agissant par l’intermédiaire d’une personne possédée.
La procédure, dans le cas d’une mort attribuée à ce dernier agent, a été décrite plus haut.
Le mourant est soigné par tous ses parents ; les personnes qui n’ont aucune parenté ne sont pas présentes ; autrefois le cadavre était placé sur un échafaudage de six pieds de haut et fumé pendant trois jours avant d’être enterré. Aujourd’hui le corps est exposé pendant trois jours, assis, appuyé contre la poitrine d’un frère ou de sa femme qui s’assied derrière lui, ordinairement les jambes étendues. Les
corps sont enterrés, couchés sur le côté droit, la joue droite reposant sur les deux mains et les genoux remontés vers le corps. Un homme fétiche est enterré dans
une position accroupie, la tête couchée sur ses mains ; dans tous les cas le corps
est placé face à 1 ouest. Les pères et mères, les frères et les femmes portent le corps à la tombe qui est rectangulaire et d’environ 5 pieds de profondeur. On étend une toile sous le corps et on élève un monticule sur la tombe. Dans ce
monticule, si le défunt est un homme, on fixe un bâton sur lequel sont placés ses arcs et ses flèches ; la tombe d’une femme est marquée par ses ustensiles culinaires ; chacun d’eux étant légèrement brisé, généralement du côté du fond ; cela s appelle « tuer les pots », la raison de cet usage est que, puisque la maîtresse est morte, les pots doivent aussi mourir. Comme on l’a dit plus haut, aucun des cinq dignitaires du village ne peut être vu par les villageois après sa mort, mais ils sont enterrés secrètement la nuit par leurs collègues ; autrefois on tuait un esclave pour servir d’appui au # corps d’un mort distingué. Les parents du défunt jeûnent pendant quelques jours et alors ils se rasent la tête; ils restent en deuil jusqu’à ce que leurs cheveux aient regagné leur longueur ordinaire et pendant cette période ils ne se peignent pas le corps.
L’enterrement d’un esclave ne diffère pas de celui d’un homme libre.
La hutte d’un mort peut être occupée par l’un de ses enfants ou par sa mère, mais, dans la pratique, on la brûle souvent, de peur que la cause de la maladie ne soit communiquée au futur occupant.