‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 111 sur 125 · ALIMENTATION · texte numérisé non relu

ALIMENTATION

Les différents tabus à l’égard des aliments ont été donnés page 272 ; les principaux articles d’alimentation sont le manioc, les patates, les ignames, les bananes, la chair du gibier et tous les poissons.

Le manioc se prépare de deux manières :

1* On fait tremper les racines pendant trois nuits dans l’eau et ensuite on les fait sécher au soleil et on les pile ; on remplit alors une marmite avec de l’eau et on la met sur le feu ; dans l’ouverture de la marmite est placé un faisceau de grandes feuilles rempli de farine de manioc et supporté par des baguettes pour l’empêcher d'être en contact avec l’eau ; le feu est alors allumé et la farine s’imprègne de vapeur; quand elle est suffisamment cuite, on sépare le mets en trois poitions, lune pour le mari, 1 autre pour les enfants et la troisième pour la femme qui l’a fait cuire.

2. Si l’on ne désire pas prendre tant de peine, on mélange tout simplement la farine avec de 1 eau et on la fait bouillir ; le « pain » obtenu est alors enveloppé dans des feuilles de bananier.

On fume la viande pour la conserver et on la fait cuire plus tard, quand on en a besoin pour la consommation.

Les ustensiles de cuisine sont faits de poterie et ne sont jamais nettoyés et toute la cuisine se fait à la maison ; l’huile obtenue des noix d élais est fréquemment employée ; la boisson du pays est le vin de palme, toujours consommé le jour même où on le recueille.

Les heures régulières des repas sont le matin et le soir.

Quand un hôte arrive, on commence par lui offrir du vin de palme, et pendant le repas c’est l’hôte qui mange le premier.

Les Basongo Meno assurent catégoriquement qu’ils n’ont jamais pratiqué le cannibalisme et leurs voisins nous ont confirmé cette déclaration.

Le sang est mangé par les petits enfants qui le recueillent et le font sécher au-dessus du feu.

On se sert des deux espèces de sel; l’article indigène et celui qu’importent les européens, Bwefa. La fabrication du premier se fait comme il suit :

Les vieillards plantent près du fleuve uue certaine herbe appelée Lukunja qu’on trouve souvent dans les terrains humides ; quand elle a atteint une hauteur de 8 ou 10 pieds, on construit une hutte près de l’endroit d’où l’on peut surveiller la préparation du sel ; la plante est alors coupée seulement par des femmes ; on en fait une pile d’environ trois pieds de haut et on y met le feu ; on recueille les cendres et on les place dans des entonnoirs d’osier ou d’écorce à travers lesquels on les filtre. On creuse alors un trou dans le sol et on élève tout autour des paravents de canne; au-dessus on arrange des réservoirs d’écorce, côte à côte, et on y fait couler le liquide obtenu par la filtration. On allume alors le feu au-dessous et le liquide s’évapore; on ajoute de l’eau salée jusqu’à ce que finalement on laisse évaporer le tout. Il restera dans chaque réservoir une brique de sel ; on enlève ces briques et elles servent au triple usage de condiment, de valeurs courantes et d’articles d’exportation.

On obtient du feu par le frottement; l’origine de la méthode est, dit-on, la suivante : Dès les premiers temps les pièges servant à la pêche étaient construits en côtes du palmier rafla. Un jour, un homme employé à la construction d’un piège voulut faire un trou à l’extrémité d’une de ces côtes et il employa un petit

bâton pointu pour le faire; il en résulta du feu et la même méthode a toujours été employée depuis, toutes les fois qu’on en a besoin. En conséquence on a fait de grandes plantations de palmier raphia afin d’obtenir à la fois les bâtons à faire du feu et aussi des matériaux pour le tissage.

On fume le tabac dans des pipes grossières consistant simplement en bâtons

Fig. 385. — Pipe en bois, type Bankutu.

légèrement recourbés dont un bout est plus large que l’autre et qui sont percés d’un trou qui s’agrandit à l’extrémité plus grande, de façon à former un petit fourneau; à l’extrémité plus étroite est fixée une petite calebasse en guise de bout (fig. 384); cette calebasse est remplie de fibre de raphia qui s’imprègne de nicotine et qu’on emploie en voyage, au lieu de tabac, quand on manque de ce dernier. La pipe se passe de main en main.

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