‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 116 sur 125 · HABITATIONS · texte numérisé non relu

HABITATIONS

On trouve trois modèles de huttes dans un village Bohindu : deux d’entre eux représentent deux types différents et le troisième est un mélange des deux autres.

Le premier modèle représente celles qui sont bâties par des célibataires ; chaque homme habite la sienne ; ce sont des constructions quelque peu grossières et peu compliquées, rectangulaires et mesurant 7 pieds sur 6. Les murs sont composés de feuilles de palmier desséchées, soutenus par une charpente de côtes de feuilles de palmier, placée verticalement et horizontalement. Le toit, qui est à deux pentes, est couvert de chaume et mesure 6 pieds 3 pouces depuis le faîte jusqu’au sol. Il

y a une porte à l’un des côtés les plus courts, vers la rue; les murs ne sont pas décorés; à l’intérieur se trouve un lit de canne de l’un ou de l’autre côté de la porte et un foyer à l’extrémité opposée, surmonté d’un four de côtes de palmier semblable à ceux qu’on rencontre chez les Bushongo. Le foyer est construit avec de la terre qu’on tire des fourmilières ou, à défaut de celle-ci, de bûches.

Le second type est représenté par la hutte de la

femme mariée qu’elle partage avec son petit enfant et

son mari quand elle a l’occasion de le recevoir; elle est semblable comme modèle à la maison ordinaire des Bushongo, mais les murs ne sont pas décorés. Elle est rectangulaire, mesure environ 10 pieds sur 8, et le faîte est à environ neuf pieds du sol; la porte se trouve sur l’un des plus longs côtés et fait face à la

rue. Cette porte est située près d’une des extrémités et se compose d’une série de

côtes de palmier à 3/4 de pouce d’intervalle, maintenue en position par des traverses de feuilles de palmier de 7 pouces de largeur et à 4 pouces de distance ; elle est suspendue au moyen d’une corde fixée au-dessus de l’entrée et on la pousse de côté lorsque Ion entre dans la hutte; elle se remet ensuite à sa place. La position du lit et celle du foyer peuvent se voir sur le plan ci-joint (fig. 387). A un ou deux pieds au-dessous du faîte se trouve une seconde poutre qui s’étend sur toute la longueur de la hutte et à laquelle sont suspendus un grand nombre d’objets, arcs, flèches, boucliers, filets, calebasses, ustensiles de cuisine.

Le troisième modèle de hutte est celui qui est habité par toute jeune fille adulte non mariée et se compose des deux types décrits plus haut ; elle est ordinairement située porte à porte avec 1a. hutte de la mère de la jeune fille et aucune façon une construction élaborée ; cette construction ressemble aux huttes des célibataires, mais la porte est placée sur l’un des deux côtés qui font face a la rue comme dans la. demeure de la femme mariée. Un grand nombre de marmites et de calebasses sont pendues au mur. Les huttes qui composent le village sont placées en une longue rue droite, vers le milieu de laquelle est un hangar où ont lieu les assemblées. La cuisine se fait dans la hutte où l’on prend aussi les repas; on jette les détritus derrière la hutte et on les laisse s’y accumuler.

Ainsi que nous l’avons dit, quand le propriétaire d’une hutte meurt, celle-ci peut

Fig. 387. — Plan d’une hutte.

A. Foyer. B. Bois à brûler. G. Lit.

D. Porte.

être habitée par ses enfants ou par sa mère, mais elle est souvent brûlée afin d’empêcher toute contagion parmi les occupants qui suivent. En outre de sa hutte ou des huttes de ses femmes dans le village, chaque homme a une hutte dans la forêt près de ses plantations où il se retire s’il a quelque difficulté avec un habitant du village ou un étranger; ces huttes de forêt sont très succinctement construites et très disséminées ; si l’approche d’un homme blanc est annoncée tous disparaissent dans leur « résidence de campagne » et ils brûlent le village. C’est ce qui rend toute expédition militaire, ou même toute espèce d’expédition, sans effet, ou presque sans effet parmi ce peuple.

Des huttes spéciales sont construites pour y mettre les volatiles.

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