‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 43 sur 125 · CHASSE · texte numérisé non relu

CHASSE

Les tribus de l’ouest ne chassent que très peu et, dans ce cas, de la même manière que les Bangongo, manière que nous allons décrire.

Fig. 143. — Palais principal du Nyimi

Fig. 144. — Palais principal du Nyimi. Ornementation des murs.

g. 145. — Plan

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du palais principal du Nyimi. — a) piliers b) chambre à coucher du roi c) lit

d) charmes e) claies f) pilier sculpté de l’entrée

Les parties de chasse sont organisées sous le commandement du Chimpanga; le gibier est rabattu dans des filets par quelques jeunes garçons ; on fait aussi usage de chiens entre les pattes de derrière desquels on attache des grelots en bois. Avant d’entrer dans la forêt, le Chimpanga fait part à la compagnie de ses plans d’expédition ; tous frappent trois fois dans leurs mains ; des discussions animées s’engagent au sujet de la direction dans laquelle on devra conduire la battue. En ce qui concerne les différentes pratiques magiques ayant lieu avant ou après la chasse, voir le chapitre IV, Religion. Lorsqu’ils partent pour

Fig. 146.

Maison d’un esclave Baluba.

la chasse, tous les chasseurs poussent leur cri de guerre qui ressemble au hennissement d’un cheval ; on sonne en outre dans une trompe d’ivoire.

Chaque homme est armé d’un arc et de llèches ou d’un javelot; chaque archer porte, en général, avec lui deux flèches à pointes de fer et un paquet

Fig. 147. — Maison en construction (Bangongo).

de flèches à pointes de bois empoisonnées ; la troupe est, ordinairement, divisée en couples d’un archer et d’un porteur de javelot.

Quant au produit de la chasse, il est réparti suivant des règles établies. Pour les petits animaux, le chasseur qui a blessé 1a, bête le premier ou dans les filets duquel elle est venue se prendre, reçoit une patte de derrière et les intestins, le reste appartient, en commun, au reste des chasseurs.

Lorsqu’il s’agit de gros gibier, le

chasseur reçoit une patte de devant et le poitrail ; le gardien des fétiches de la chasse reçoit le cœur et un peu de sang avec lequel il aspergera son idole ; enfin, si l’on est assez heureux pour tuer un hippopotame ou un éléphant, tout le village prend part à la curée. La défense droite des éléphants tués est réservée au chef, celle de gauche au chasseur qui a blessé le premier l’animal ou bien dans la trappe duquel il est tombé. Les terrains de chasse sont considérés comme la propriété de certains villages déterminés, mais il arrive fréquemment qu’on dépasse les limites de ces terrains. Si des braconniers viennent à se faire prendre,

on arrive généralement à s’entendre et on partage le produit du braconnage ;

néanmoins, cette circonstance donnait lieu, souvent, autrefois à des guerres entre

les villages.

Au Mushenge, nous avons observé chez les Bambala la méthode suivante pour chasser les singes : après avoir choisi dans la forêt un emplacement débouchant dans la plaine, et après avoir tendu quelques filets devant cette sortie naturelle, on chasse vers elle les singes; dans le sentier que ces derniers sont ainsi forcés de suivre on ne laisse subsister qu’un seul arbre et sur cet arbre une seule branche, de telle façon que le singe pourchassé est obligé de se réfugier sur cette unique branche ; à ce moment, un homme, caché près de l’arbre, abaisse brusquement

la branche au moyen d’une corde fixée d’avance à cette dernière, et le singe, manquant son but, vient culbuter sur le sol où il est bientôt assommé. 11 a été rapporté que les Mongo habitant plus au nord pratiquent la chasse aux singes de la même façon. Les oiseaux au vol, surtout les hirondelles, sont abattus au moyen de tiges de feuilles de palmier manœuvrées des deux mains (fig. 123). Quelquefois, lorsqu’on découvre un nid contenant de jeunes oiseaux dans les arbres, on place sous lui un filet que l’on referme au moyen d’une cordelette lorsque les parents reviennent. Pour attirer les parents on fait d’abord du bruit avec une espèce de grelot et ensuite on imite les cris des jeunes oiselets avec un sifflet fort ingénieux, composé d’une graine ronde trouée au milieu; on aspire l’air à travers cette graine tenue entre les lèvres.

Pour les éléphants on dresse des trappes garnies (le piques baibelees. Il existe Fig. 150. y- Mur ornementé d’une maisonHangongo,

Fig. — 151. — Rue Bangongo.

plusieurs espèces de trappes automatiques dont les schémas expliquent suffisamment le mécanisme et les détails. Elles se composent toutes d’un nœud coulant maintenu ouvert par une baguette mobile et le déclanchement est produit soit lorsque l'animal saisit l’appât, soit lorsqu’il passe à travers la trappe. La première, utilisée sans appât, est appelé Bilunga (fig. 124) et sert à capturer les petits animaux (au maximum de la taille d’un porc). Dans ce cas, on dispose le collet autour d’un trou de cinq ou six pouces de profondeur que l’on recouvre de petites branches. Ces branches cèdent sous le

poids de l’animal dont les pattes de derrière sont saisies dans le nœud coulant. La seconde, utilisée également sans appât, se nomme Molambula (fig. 125) et se place sur une branche d’arbre pour attrapper les écureuils ; cet appareil est disposé sur la branche de telle sorte que l’animal ne peut passer le long de celle-ci sans introduire sa tête au travers du nœud, mettant en mouvement une petite corde qui provoque le déclanchement de la branche arquée à laquelle est fixé le nœud coulant ; cette branche se détendant comme un ressort, l’animal se trouve étranglé. La troisième, également dépourvue d’appât, est appelée Loalu (fig. 126) et sert pour les animaux de petite taille et les oiseaux ; le collet est disposé autour d’une ouverture pratiquée dans une petite barrière artificielle faite de branches fléchies et recouvertes de feuillage ; le déclanchement se produit comme ci-dessus et l’animal est pris par le cou.

La quatrième s’appelle Itoto (fig. 127), est destinée aux oiseaux. On l’amorce dans la brousse avec un pied de maïs, dans la forêt avec des coquilles d’œufs ; le nœud est maintenu à deux pouces au-dessus du sol par de petites baguettes légèrement enfoncées dans la terre. Au centre se trouve l’amorce sur laquelle vient s’appuyer une petite tige dont le moindre mouvement provoquera la detente du ressort et la capture Fig. 153. — Maison de femme enceinte (Bangendi).

Fig. 152. — Rue Bangongo avec les métiers sous le hangar.

DECORATIONS DES MURS CHEZ LES BANGONGO

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