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rig. 233. Costume de danse Bangongo. ^'ciUClie devant la-
quelle on la laisse
pendre. Bien que l’on rencontre beaucoup de vêtements de fabrication européenne, on porte encore assez communément le vêtement indigène en tissus faits avec la résistante de la feuille du palmier raphia ; on l’appelle Mabele et lorsqu’il contient un dessin damassé, Badinga. Les femmes portent un morceau d’étofïe enroulé de gauche à droite et couvrant la partie
antérieure du corps ; ce vêtement, au second tour qu’on lui fait faire autour du corps, est retourné à l’envers en un pli oblique,
rappelle le jupon, la bourse, le plaid, la dague et le bonnet du Highlander. S’il pleut, on relève la tête l’un ou les deux côtés de la robe. Tous les Bangongo, sauf les enfants, portent vêtements ; le costume ordinairement porté les hommes se compose d’une pièce d’étoffe de raphia enroulée deux fois autour du corps et maintenue par une ceinture de peau tordue ; ce vêtement arrive au genou ou un peu plus bas; le pli supérieur est tiré bien plus haut que la ceinture, et rabattu par-dessus celle-ci; l’extrémité libre du vêtement passe de la hanche droite, le long du dos, jusqu’à l’épaule
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Fig. 235.
Costume d’homme Bashilele.
Fig. 234. — Costume de danse Bangongo (de chef).
passe à travers la ceinture de peau tordue qui le retient et pend juste en arrière de la cuisse droite; le vêtement est arrangé par derrière de telle façon qu’il laisse apercevoir la partie supérieure des fesses. Les habits sont faits de plusieurs morceaux d’étofïe cousus ensemble. Le costume d’apparat d’un homme Bangongo consiste en un jupon confectionné au moyen de lanières de feuilles de palmier, soit rouge
une
en
les
que
soit blanc, appelé Elamba ; il est bordé avec de l’étoffe veloutée (Muse.se) et ornée d’une frange de cauris cousus sur le bord à une distance d’un demi-pouce à un pouce l’un de l’autre.
On considère comme luxe exagéré de porter une bordure de Musese à une robe portée dans les occasions ordinaires. La ceinture d’un costume de fête est faite de fibres tressées provenant de la nervure principale d’une feuille de raphia; les extrémités de cette ceinture sont constituées par des cordons bleus et blancs dont les bouts sont détordus de façon à former des glands, lesquels sont teints en rouge, en bleu ou en autre couleur. Des sortes de jupons entièrement faits
Musese sont portés uniquement par femmes . Les Bangongo disent c’est le roi Samba Mikepe (Shamba Bolongogo) qui inventa les vêtements en tissus de palmier, et qu’avant cela les Bushongo ne portaient que des vêtements en écorce. Dans cette tribu, les femmes qui ont perdu plusieurs enfants portent une robe de deuil en écorce et que l’on appelle Mokoko.
Chez les Bangendi, les « élégantes « portent sur elles un morceau d'étoffe de fibres, tressées finement. Ces vêtements, composes de plusieurs pièces de tissus, sont longs de dix pieds et larges de deux. Ils sont ornés de dessins tissés. Les coutures se nomment Shambu et les ourlets Guba\ le tissu que les Bangongo nomment Elamba est appelé Shanchenjele par les Bangendi; le tissu ordinaire se nomme Bala ; le tissu velouté, Itondo\ celui d’écorce, Koki. Tous les
Fig. 236.
Costume d’homme Bakongo
Fig. 237.
i’etite fille Bakongo.
Isambo sont habillés, et quoiqu’on voie beaucoup de vêtements européens, on s’arrange toujours pour faire ressembler ces derniers aux vêtements indigènes en les frottant avec du tukula. La jupe des femmes va des hanches jusqu’aux genoux et se trouve maintenue par une ceinture composée de plusieurs colliers de perles. On ne trouve aucun vêtement protégeant contre
Fig. 239. — Femme Bakongo.
In pluie, non plus que de chaussures. Un mort est toujours enterré avec ses vêtements. La position classique du Bushongo d’un certain rang, lorsqu’il se tient debout, est la suivante : les jambes sont assez écartées, sa canne repose horizontalement sur la partie postérieure du cou et les mains pendent négligemment passées par-dessus les extrémités de cette canne (fig. 234). Cette attitude est l’indice d’un état d’esprit calme et sans souci.
Chez les Bashilele et les Bakongo, les enfants vont nus jusqu’à, un âge exceptionnel pour la région : environ dix ou douze ans. Jusqu’à, cet âge, les garçons et les fillettes Bashilele circulent sans le moindre vêtement (fig. 237). Chez les Bakongo, ils portent une corde enroulée autour des reins, et dont le nœud pend en avant sur les organes génitaux qu’il ne réussit d’ailleurs pas du tout â cacher. Chez les deux tribus, le costume des hommes et celui des femmes est le même, sauf cependant que, chez les Bashilele, les bords des vêtements sont garnis de franges, et que chez les Bakongo, ils sont ourlés. Les hommes portent une jupe en étoffe de fibre de raphia de deux ou trois mètres de long, drapé à la manière Bushongo (fig. 236), une des extrémités étant quelquefois enroulée sur le côté ou quelquefois rejetée sur l’épaule La robe ordinaire descend jusqu’aux genoux, celle des chefs jusqu’au milieu du mollet. Les femmes portent leur tissu de fibre de raphia enroulé une seule fois autour des reins, mais de façon si
lâche qu il semble toujours être prêt à tomber (fig. 238 et 239). Lorsqu elles s’assoient, elles le détachent de la ceinture et ramènent par décence la partie postérieure entre leurs jambes.
Les hommes , comme les femmes, se servent d’une ceinture pour maintenir leur vêtement en place ; celle des premiers est faite de peau tordue, celle des secondes de raphia tressé. Les femmes Bashilele ornent de plus la leur avec des cauris.
Fig. 240. — Jeunes gens Bashilele.
Fig. 241. — Ventouse Bangongo.
Les hommes portent le couteau Ikula à la ceinture, et, sur l’épaule une petite herminette ornementale, appelée Kwete, dont la lame, en fer, n’est évidemment pas destinée à un usage pratique, car elle est très longue et mince comme une feuille de papier (fi g. 291).
On peut dire de toutes les peuplades de sang Bushongo qu’ils aiment énormément les parures et les colifichets et qu'ils apportent à leurs vêtements plus de soins que la plupart de leurs voisins. Ils ont le bon goût de préférer leur costume national au vêtement confectionné de l’Europe; ou ne voit pas dans leurs villages les vieux vestons et les chapeaux usagés qui donnent un aspect si grotesque aux mi-civilisés. Même la jeune génération conserve sa faveur aux costumes de ses ancêtres; nous avons vu un jeune homme qui avait fait son service militaire revenir habillé à. l’européenne; le lendemain de son arrivée, son pantalon, son veston, son chapeau et les autres effets étrangers furent vite vendus à quelque Baluba de la mission et de nouveau il s’habillait en Bushongo. Il avait cependant été absent pendant plusieurs ■années et avait même presque oublié sa langue maternelle; interrogé pourquoi il avait fait un changement si radical, il répondit : « Je suis un Bushongo, n’ai-je pas le droit d’être beau? » Il ne faut pas perdre de vue qu’avant 1904 le port de tissus d’Europe fut interdit pour tous les sujets du Nyimi et l’est encore maintenant parmi les Bashilele et les Bakongo.