‹ Notes ethnographiques sur les peuples communément appelés Bakuba, ainsi que sur les peuplades apparentées, les BushongoChapitre 87 sur 125 · L’ORIGINE DES MASQUES (BANGONGO · texte numérisé non relu

L’ORIGINE DES MASQUES (BANGONGO

Quelque temps après que Samba Mikepe eut épousé Kashashi, cette dernière eut un enfant et vit, un jour qu’elle quittait le village pour aller chercher de l’eau, l’enfant courant après elle. Elle lui dit : « Retourne au village, enfant, et reste avec ton père pendant que je vais chercher de l’eau ». Mais l’enfant ne voulut pas obéir, et, malgré les punitions, persista à la suivre. Ayant à surveiller l’enfant obstiné, Kashashi renversa la plus grande partie de son eau sur la route et fut obligée de retourner à la rivière et une fois encore l’enfant s’obstina pour l’accompagner. Les menaces, les punitions, même de la part de son père, ne servirent à rien, l’enfant continua de crier et de hurler jusqu’à ce qu’on lui permit de suivre sa mère. Or, comme nous l’avons dit auparavant, Kashashi était une femme très habile, et pendant toute la nuit elle réfléchit pour savoir comment elle pourrait empêcher l'enfant de la gêner dans son travail. Enfin elle trouva un plan : sur le corps de sa calebasse elle grava une face, peinte et hideuse, et lorsque l’enfant courut après elle, elle tint devant sa figure la calebasse ainsi arrangée et se retourna soudain; l’enfant fut terrifié. « Ce n'est pas ma mère, c’est un horrible Moeslii ! (fantôme) », criat-il, et il retourna en courant au village. C’est ainsi que Kashashi fut l’inventeur des masques, tels que le Sliene Malula et Mokenga.

Or ce fut pendant le règne de Samba Mikepe que fut fondée la société de Babende, comme elle a été décrite plus haut (p. 87). Il était très ennuyé de l’invention des masques par sa femme et dit : « Qu’arrivera-t-il, si, pendant leur enfance, nos fils apprennent à avoir peur des femmes ? » Alors il défendit l’usage des masques aux femmes et ordonna (pie tout homme qui deviendrait membre de la société Babende prouverait qu’il n’en avait pas peur en subissant une cérémonie d’initiation dans laquelle ce masque serait employé et pendant laquelle les nerfs du candidat seraient mis à l’épreuve par l’administration de coups de bâton.

Fig. 377.

La calebasse de Kashashi.

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