LE CLOITRE DE L*ÉGLISE CATHEDRALE
€ Le cloître de la cathédrale de Narbonne, dit Viollet-le- Duc *, qui date des premières années du quinzième siècle, se compose d'une série d'arcades sans meneaux, séparés par des contreforts épais. Il possède un bahut; les arcades sont hautes, contrairement aux habitudes des constructeurs du Moyenâge; il est couvert en terrasses dallées, protégées par une balustrade, ainsi que le cloître de la cathédrale de Béziers, qui date du quatorzième siècld. > On remarque le soin avec lequel le cloître a été construit. Dans son ensemble et dans ses dé* tails, il rappelle plutôt l'architecture du Nord, et il contribue ainsi à donner l'impression d'une harmonie de stylQ qui est sensible dans le groupe des monuments, église, cloître et palais, qui formaient au Moyen-âge le centre de la métropole narbonnaise.
Les textes ne nous donnent guère de renseignemenis sur ce curieux monument. Dans son étude sur /Sam/-7u.v^-, M. L. Narbonne s'est occupé de réunir quelques indications historiques que nous allons rapporter ici en partie, à cause de l'intérêt qui s'attache à cet ancien cloître.
€ 11 fut établi sur l'emplacement d'une maison « prestimoniale >, au sujet de laquelle un différend s'éleva entre l'archevêque Pierre de la Jugie et le chapitre Saint-Just. Mais une transaction étant intervenue le 20 juillet 1349, il fut convenu que cette maison serait partagée; que l'une des parties demeurerait la propriété de l'archevêque, que l'autre resterait au
4. Dict. de l'arch. fr., t. 111, art. Cloître, p. 453 {fig. 38 et 39). 2. Op. oU., Bull, de la Comm. archéol. de Narbonne^ 4899, p. 442.
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chapitre pour y faire le cloître de l'église métropolitaine ^ Pierre de la Jugie fit commencer le cloître et construire la partie située du côté de Tarchevêché, ainsi que la porte com- , muniquant avec le palais archiépiscopal, du côté du passage de l'Ancre.
« Jean Roger de Beaufort (1375-1391) continua l'œuvre de son prédécesseur. François de Conzié (1391-1432) fit la partie située du côlé de la porte méridionale de Saint-Just, comme l'atteste son écusson, placé à la clé des voûtes, presque complètement effacé, mais encore reconnaissahle. La première pierre de la continuation du cloître fut posée le mercredi 2 juin 1417 par Pierre de Trilhia, chanoine et succenteur de la cathédrale 2. Enfin, Pierre d'Abzac (1494-1502) fit réparer le cloître du côté de la porte qui le fait communiquer avec le passage de l'Ancre.
€ Les galeries qui existaient autour du cloître servaient autrefois de lieu de sépulture; on y avait aménagé des caveaux; il y en avait un pour les hebdomadiers de Téglise'. Ces galeries ont été en partie fermées en 1790. On ne trouve plus, à l'exception de quelques niches à arcatures gothiques pratiquées dans la muraille, aucune trace de dalles sépulcrales ni de tombeaux. »