Viollel-le-Duc, Vil, art. Palais, p
t. Achard, Notes sur quelques anciens artistes d'Avignon, 1858; Duhamel, Les Architecles du palais des papes, 1883.
3. M. Faucon, Les Arts à la cour d'Avignon sous Clément V et Jean XXII, d'après les registres raméraux de VArchivio segreto Vaticano (dans les Mélanges d'arch. et d'hisl. de l'Ecole fr. de Rome, 1882, pp. 36 et suiv.; 188i, pp. 57 et suiv.). — E. Munlz, Les Sources de l'histoire des arts dans la ville d Avignon pendant le quatorzième siècle {Bull, archéoL du Comité, 1887).
4. Voy. la savante élude sur l'abbaye de Fonlfroide qui a élé publiée par M. Cauvel.
pour le renouvellement du statut de Maurin et quMl seconda ainsi le zèle des constructeurs narbonnais. Étant abbé de Fontfroide, il avait vu s*élever la grande œuvre de la cathédrale de Narbonne, et il s'était rappelé aussi son origine méridionale et, pour ainsi dire, languedocienne lorsqu'il confia la première maîtrise des œuvres du palais d'Avignon à Pierre Peysson, de Mirepoix, qui devint ainsi « magister operum domini noslri pape ». Or, pendant que ce maître d'œuvres occupe cette charge importante, on voit apparaître, le 12 septembre 1337, dans les comptes caméraux, le nom d'un clerc du diocèse de Narbonne, Bernard Canelle*, qui est investi des fonctions de surintendant des dépenses des constructions papales. Les extraits suivants sont relatifs à des comptes dé sommes considérables, dont ce clerc est chargé de surveiller l'emploi pour les travaux du palais d'Avignon 2. Ils appartiennent aux Archives du Vatican (Reg. des Introitus, pontificat de Benoît XII, n© 162, f^ lxxxvii v" et sq). —
— 12 sept. 1337. «Die xn mensis septembris, facto computo de expensis factis per Bernardum Canelle, clericum Narhonensis diooesis, pro operibus domini nostri pape in quinque septimani< termioatis die dominica septima mensis septembris proxime preterita, videlicet in lapidibus, calce, etc.,
1. Osl bien Dernard Canelle qu'il faul lire dans les extraits que nous rapparions iri, ainsi que nous Tavons fait vérifier aux Archives du Vatican par M. de .Ma n lever, ntenibre de TÉcole franç.iise de Kome, à qui nous adressons nos remerciements. Nous avons ajouté quelques nouveaux extraits à ceux qu'a donnés déjà M. !£. Mûniz.
î. E. Miinlz, op, cil. — La manière dont Pierre Peysson est désigné dans les comptes de ce genre ne diffère de celle-ci qu'en ce qu'il porte le litre de maître des œuvres du pape, comme on peut sen convaincre par cet extrait : « Fado computo cum magislro Petro Peyssonis de Mirapisce, magislro operum domini noslri pape, de operibus factis in mcnse novcmbri proxime preterili (1335), lam in capellaquarn turri, quis dominus nostcr papa facit construi in hospicio apostolico Avinionensi, tam in lapidibus, calce, arena, plumbo... coloribus, picturis, salarie magislrorum qui faciniit ipsas picturas et salario Uiagistrorum lapicidarum, fusleriorurn et man(»brarioium, et quibusdam aliis minutis et rereplis per libros rationum dicti magistri Pelri, etc.. » (Arch. secrètes du Vatican, vol. 44ti, fo 406 \»)
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pro operibiis domus juxla turrem et mûri viridarii et aliis operibus ix^xxii flor. xxv scudatis (sic) aiiri, miii<^lix lib. VII s. VIII d. ob. c, solviraus dictara summam ii«nvii<î flor. xxv scudat. auri. xui s. ob c. » — Die vi mensis octobris, facto coraputo cum dicto Bernardo Caaelle, clerico, de expensis factis per ipsura pro operibus supradictis; — die secunda mensis noverabris, facto computo cum dicto Bernardo Cauelle; clerico, de expensis factis per ipsum pro operibus supradictis (fo Lxxxvii ro) die secunda mensis decembris, facto computo cum Bernardo Canelle, clerico supradicto, de expensis factis pro operibus doraini nostri pape. — 1338, 2 janvier. «Die Il mensis januarii, facto computo cum Bernardo Canelle, clerico supradicto miiiiclix fl. xii s. vi ob. c. » — 1338,
2 mars. « Facto computo cum B. Canelle, clerico supradicto, de expensis factis per ipsum pro operibus domini nostri pape, in mense februarii, ii^lxxxi Ib. iiiiclviii scud. auri. ci Ib. XIII s.. VI d. c. »
Nous n*avons pas d'autres renseignements, il est vrai, sur ce personnage ecclésiastique; mais il est bien possible et même probable que ce clerc du diocèse de Narbonne auquel Benoît XII a fait partager la surintendance des comptes de construction du palais pontifical était au courant des travaux accomplis à Narbonne, dans la métropole même du diocèse auquel il appartenait et d'où la faveur du pape Tavait appelé à résider à sa cour. Dans les deux grands chantiers de construction de Narbonne et d'Avignon, on travaillait à la même époque; mais l'ensemble de l'œuvre de Narbonne était moins considérable que la colossale entreprise d'Avignon; celle-ci a dû marcher moins vite que celle-là, et elle a bien pu profiter de l'expérience très récente des constructeurs de Narbonne.
Il y a surtout des relations ecclésiastiques que nous devons signaler entre Avignon et Narbonne, parce qu'elles ont eu, celles-là au moins, une influence certaine sur les grandes constructions narbonnaises. Gausbert du Val, avant d'être transféré au siège archiépiscopal de Narbonne (1341), avait été archevêque d'Arles (1324-1341) et auparavant camé-
rier du pape, sous le pontificat de Jean XXII. Eu 1319, après trois ans de travaux dirigés par le surintendant des bâtiments Guillaume de Cucuron, le palais épiscopal d*Avignon avait été transformé et approprié a la résidence pontificale. Jean XXII multiplia les acquisitions pour élargir l'enceinte du palais épiscopal. C*est pour former de nouvelles limites et agrandir les dépendances pontificales que Gausbert du Val, mandataire de Jean XXII et son vicaire général pour Tévêché d'Avignon, acheta de 1318 à 1322 un certain nombre de maisons, jardins, hôtels, cens établis sur différents immeubles et notamment toute une rue^ Ainsi, Gausbert du Val avait vu de près les travaux d'agrandissement du palais épiscopal d'Avignon, qui précédèrent la construction du palais des papes, survenue en 1335; il avait pris part personnellement à d'importantes opérations financières qui étaient liées à ces travaux, il avait communiqué souvent avec les papes, et parvenu au siège archiépiscopal de Narbonne, il resta en rapport avec les pontifes d'Avignon. On ne peut douter que dans sa nouvelle situation à Narbonne il n'ait profité de ce qu'il avait vu à Avignon, et qu'en faisant continuer les travaux commencés avant lui, son expérience acquise ailleurs n'ait servi utilement les intérêts des constructions narbonnaises.
Après Gausbert du Val, vint l'archevêque Pierre de la Jugie, qui était neveu du pape Clément VI. successeur de Benoît XÏI, puisqu'il était fils de Jacques de la Jugie, anobli en 1338 par Philippe de Valois, et de Guillelmette Reine, sœur de Clément VI. Des rapports d'étroite parenté s'ajoutent ici à des relations ecclésiastiques du rang le plus élevé. Il est certain que ces deux dignitaires ecclésiastiques dont l'un occupe le sommet de la hiérarchie, ne peuvent réciproquement ignorer ce qui se passe à Narbonne et à Avignon en fait de constructions d'églises et de palais, et ils prennent part aux entreprises grandioses commencées sous leurs prédécesseurs. Élu pape
I. M. Faucon, op. cit., Mél. d'archéoL^ 4884, p. 61 ; cf. ibid. pour le détail de ces acqiiisilions [Pièces jtuUf.^ V à XV).
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en 1342, Clément VI poursuit l*œuvre de Benoît XII, et les registres caméraux attestent son activité qui ne cesse que dix ans après, à sa mort, survenue en 1352. Pierre de la Jugie, de son côté, parvient au siège épiscopal de Narbonne en 1347, et il survit, comme nous Tavons vu, pendant plusieurs années à son oncle Clément VI. Nous avons essayé d'apprécier plus haut son œuvre à Narbonne au point de vue des constructions archiépiscopales, et nous n'y reviendrons point. Nous espérons enfin avoir indiqué, à Taide des exemples que nous venons de rapprocher, quelques traces sensibles d'influences à la fois ecclésiastiques et artistiques qui se manifestèrent au quatorzième siècle entre les villes d'Avignon et de Narbonne^
4. Au sujel des relations ecclésiastiques entre Narbonne et Avignon, et indépendamment de la question d'influence artistique directe qui nous a occupé ici, nous mentionnerons la présenca à Avignon d'un autre personnage du diocèse de Narbonne qui occupait auprès d'un pape du quatorzième siècle une situation élevée. Un des Régestes de Clément Vil (an. Vf, part. IV, t. XXXVI) nous offre la liste des chapelains pontificaux d'Urbain V. On lit au folio 235 : « Sequuntur nomina cappellanorum honoris factorum per dominum Urbanum papam quintum Johannes Marchiy monachus monaslerii Fronlisfrigidi, ordinis Cislerciencis, Narbonensis diocesis.., » Ce religieux de Fonlfroide était un des chapelains d'honneur, un des familiers d'Urbain V (1362-1370), — (E. Mûniz, op. cit.^ p. 254); on doit à ce savant historien de l'art des renseignements pleins d'intérêt sur le rôle d'Urbain V, au point de vue des arts, dans le Midi de la France.
Toulouse, Imp. Douladoure-Privat, i-ue S'-Rome, 39. — 7460