‹ Notes historiques et archéologiques sur la cathédrale: le cloitre et le palais archiépiscopal deChapitre 17 sur 18 · Ibid.y p · texte numérisé non relu

Ibid.y p

Sa grande façade ornée de hautes arcalures est munie, comme à Narbonne, de tours carrées qui présentent une masse très imposante. Des échauguettes surmontaient le couronnement crénelé de ces tours carrées; il en était ainsi à Narbonne, et nous avons vu plus haut qu*une guette avait été placée à l'un des angles supérieurs de la grosse tour, tandis que les trois autres angles étaient flanqués d^échauguettes^. De même qu*à Narbonne, la cathédrale avait reçu au dehors, dans ses parties élevées, des défenses au moyen d'une double ceinture de créneaux qui remplaçaient les balustrades sur les chapelles; de même encore Téglise d'Avignon se reliait aux fortifications du palais et contribuait à le protéger. En 1330, dit M. Faucon*, le clocher et la façade de l'église d'Avignon sont munis d'un système de défense qui faisait suite à celui qu'on avait appliqué à l'habitation des papes. Au-dessus et à côté du clocher, on bâtit trois gachilia, c'est-à-dire trois tours de guette crénelées, trois gâches, comme on dit dans le pays (9 mai 1330). Ils sont établis, ajoute le registre du Vatican, < in taulamento dicLi cloquera pro deffentione hospicii domini nostri. »

Pour élever le palais d'Avignon, les papes s'adressèrent le plus souvent à des architectes et à des artistes de la France méridionale qui employèrent des ouvriers dont beaucoup appartenaient comme eux au Midi de la France. Cela n'a rien de surprenant si l'on songe au remarquable développement que l'architecture et la sculpture avaient pris chez nous depuis longtemps déjà, et si l'on réfléchit que les papes d'Avignon étaient originaires, les uns du Midi de la France, les autres des environs du Massif central, et qu'ils venaient soit de la Gascogne, soit du Limousin, soit de la région du Haut ou du Bas-Languedoc. < Les papes établis en France, possesseurs d'un riche comtat, réunissant des ressources considérables, vivant relativement dans un état de paix profonde,

1. Voy. Viollel-le-Duc, op. dt. arl. Palais, Tour, Echauguelle.

t. Les arts à la cour d'Avignon sous Clémenl V et Jean XXII, d'après les registres caméraux de TArchivio segrelo Vaticano, dans les Mélanges (TarchéoL et d'histoire de l'Ec. fr. de Uorne, 4884, p. 74 (Ueg. «8, f^ 76-17).

•46 VICTOR MORTET.

sortis de ces diocèses du Midi, alors si riches en rooDnments, ont fait à Avignon une œuvre absolument française, bien supérieure comme conception d'ensemble, comme grandeur et comme goût, à ce qu'alors on élevait en Italie* ». Si l'on veut obtenir des renseignements multiples sur les noms des architectes, directeurs de travaux et artisans employés aux grands travaux du palais d'Avignon, il semble au premier abord que l'on puisse utiliser avec succès les Archivesdu département de Vaucluse et celles de la ville d'Avignon*. Mais ce ne sont point là les sources principales auxquelles on doit s'adresser; il faut avoir recours aux Archives du Vatican^, où, comme nous l'apprend M. Mùntz, on trouve beaucoup de noms d'architectes, de sculpteurs et de peintres pour la période du quatorzième siècle. Ce qui est particulièrement intéressant pour nous, c'est qu'on y rencontre le nom d'un personnage appartenant au diocèse de Narbonne qui a joué quelque temps un rôle considérable dans la direction financière des travaux d'architecture du palais d'Avignon, sous le pontificat de Benoît XII. C'est à ce pape que ce personnage doit d'avoir eu la situation qu'il a occupée. On sait que c'est à Benoît XII, né à Saverdun, dans le comté de Foix, successivement abbé de Fontfroide* aux portes mêmes de Narbonne, puis évêque de Pamiers et de Mirepoix, que l'on doit l'entreprise de la construction de ce palais. Élu pape en 1334, il fit commencer dès l'année suivante les grands travaux qui durèrent jusqu'en 1358. La même année (1335), nous savons qu'il accéda à la demande de l'archevêque Bernard de Farges

Page 1