L. Narbonne, op. cil. y p
3. Cf. Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, 4897, t. I, p. 79. — La meilleure source à consulter pour ce précieux document est celle qui a été donnée tout récemment par le P. II. Denifle : Désolation des églises , monastères, hôpitaux en France vers le milieu du quinzième siècle^ 4897, p. 222, d'après les Archives dn Vatican, Heg. Lat. Eugen. IV, n« 345, fol. 289. « In Suppl. Nicol. V, n« 425, (« 54»>, d'après le savant éditeur de ce recueil de textes, scribitur quasi i30 canonicos et bénéficiâtes ibidem esse propter guerras et mortalitales fructus mensae capitularis deminulos esse. Ut parochial. ecclesiae de Pipionibns et B. Mariae de Rivo uoianlur (ad an. 4448, decemb. 29). »
Ces renseignements authentiques, tirés des Suppliques adressées au Saint-Siège, témoignent bien de la diminution des revenus que subissait alors le temporel de l'Eglise de ^arbonne comme celui de beaucoup d'autres communautés ecclésiastiques de la France.
16 VICTOR MORTET.
réglise. Dans un manuscrit de la Bibliothèque de Narbonne, qui contient la copie des statuts du chapitre de la cathédrale, on lit (XXIV) : Statuta factaper dominum Reginal^ dum de Borbonio, archiepiscopum , super perceptione medietatis fruciuum primae annatae omnium beneficiorum cîvitaiis et diocesis Narhonensis converiendorum reparationi ecclesîae ^ . On sait que les statuts de Maurin et de Raynaud de Bourbon furent confirmés par Sixte IV, Clément VII, Benoît XIII, Jean XXIII et Paul IL Le 6 novembre 1498, Alexandre VI les confirma de nouveau et prorogea le droit d*annate à perpétuité.
Au seizième siècle, on n'avait pas renoncé à l'espoir d'achever l'œuvre entreprise depuis plus de deux cents ans. Cependant le Moyen-âge avait disparu ; le système d'architecture qui avait prévalu alors subissait d'importantes modifications, encore plus apparentes, à vrai dire, que réelles dans le fond même de la construction ; les archevêques de Narbonne se succédaient, quelques-uns portant de grands noms, et ils semblaient devoir être absorbés par des entreprises bien différentes de celle que leurs prédécesseurs avaient commencée, sans qu'on ait pu parvenir malheureusement à la faire aboutir. Nous avons la preuve que l'un d'entre eux, Jean III, cardinal de Lorraine (1524-1550), voulut continuer Toeuvre interrompue. C'est ce que nous montre le document suivant, dont nous publions des extraits copiés par nous aux archives de l'Aude. 11 n'a pas encore été signalé, du moins à notre connaissance. 11 por!e la date du mois d'octobre 1521 et nous apprend qu'une procédure judiciaire fut poursuivie en haut lieu, sous François pf, entre le chapitre et l'archevêque de Narbonne, relativement aux dépenses que devait entraîner la continuation de la cathédrale.
In nomine Domini, amen. — Ânno Nalivitalis ejusdem roillesimo quingentesimo vicesimo quinto et die décima mensis octobris, serenis-
4. Slaluta capituli ecclesiae Narbonensis^ ms. 9, dix>huitième siècle (pap.), dans le Catal. génér. des mss. des Bibl, publ., IX (4888), manuscrits de la Bibl. de Narbonne, par L. Cadier, p. 97. On trouve dans ce ms. (246) un certain nombre d^arlicles concernant la Fabrique de l'église Saint-Just (an. 4348).
simo principe el domino noslro domino Francisco, Dei gralia, RegeFranforum régnante, noverint universi et singulî quoJ personaliler constitutis in capitulo novo ecclesie sancle Narbonensis , venerabilibus viris dominis Johanne de Basilhaco, archidiacono majore... canonicis dicte tancte ecclesie capilulantibus .. domini canonici scientes et aitendentes dudum cerlum processum, queslionem, litem et controversiam molas fuisse et agitatas tam in magno cenatu (sic) prefali domini noslri Régis quam suprema Parlamenti curia per et inter sindicum dicti venerabilis capituli agenlem ex nna, et iliuslrissimum ac révérend issimu m in Christo patrem et dominum Johannem , tituli sancti Honorfrii diaconum cardinalem, de Lolli[a]ringia nuncupatum, sancteque prime sedis ^aibonensis archiepiscopum et primatcm, quam alios antecessores^ suos arrhiepiscopos Narbonenses deffendei.tes ex alia parlibus , ad causam reparationis el conlinualionis edifficii ecclesie predicte sancte Narbonensis ; et tandem remodiata materia perdicluni domini nostri Régis cenatum (sic) eidem curie Parlamenti Tholose per eandem curiani, et arreslum illius diclum fuit terciam parlem fructuum dicte dignitatis archiepiscopalis Nar* inmensis converleudam fore in reparalionibus dicle sancle ecclesie el illius tlignilalis, et alias, prcut in eodem arresto latius conlinetur. Idcirco dicti domini canonici capitulantes... de novo fecerunl, creaverunt et staluerunt et solemniter oritinaverunl eorum et dicti capituli procuratores et scindi- 008 (5/c), adores, factores et ntgoliorum... gestores, nunciosque spéciales etetiam générales, ila tamen quod specialilas generalitali non deroget nec econlra, videlicet prefatos egregi[os] et venerabiles viros dominos Johannem de Basilhaco, archidiaconum majorem, et Petrum Reynes, juriam licenciatum canouicum, présentes, et onus hujusmodi sindicatus, mandali et procurationis in se assumentes specialiter quidem et expresse ad, pro et dicti venerabilis capituli dicle sancte Narbonensis ecclesie nomine, se transferendum, transportandum et representandum coram prefato illustrissimo et révérend issimo in Christo pâtre domino cardinale de Loth[a]ringia, archiepiscopo Narbonensi, etc.
(Archives déparlemenlales de fAude^ série G, chapitre Saint-Jusl de Narbonne, reg. I, fol. 478.)
AiQsi, un arrêt du Parlement de Toulouse avait décidé que le tiers des revenus de la dignité archiépiscopale de Nar-
4. Le prédécesseur immédiat de Jean lit, cardinal de Lorraine, sur le siège archiépiscopal de Narbonne, avait été le cardinal Jules de Médicis (4545-1o23), cousin de Léon X; il devint pape sous le nom de Clément Vil (1523-4534).
18 VICTOR MORTBT.
bonne serait affecté aux travaux de continuation et de réparation du vaste édifice de Saint-Just. Dans la seconde moitié du seizième siècle, en 1567, le même Parlement, par un arrêt du 18 septembre, ordonna que Tannate des chanoines et autres bénéflciers du diocèse serait appliqué aux besoins de l'église; et Clément VIII, par un bref du 16 mai 1594, confirma in perpetuum les bulles de ses prédécesseurs ^
Nous nous arrêtons à la fin du seizième siècle. On a déjà montré 2 que pendant les deux siècles qui suivirent et jusqu'après le milieu du dix-neuvième ^ on fit diverses tentatives pour continuer les grands travaux du monument dont on attend encore Tachèvement. Tel qu'il est resté, l'édifice de la cathédrale de Narbonne n'en a pas moins un caractère de grandeur qui impose en son genre sévère d'architecture, et l'on comprend sans peine que les dignitaires de l'Église de Narbonne n'aient pas désespéré durant plusieurs siècles de voir le couronnement de cette vaste entreprise.