‹ Notes historiques et archéologiques sur la cathédrale: le cloitre et le palais archiépiscopal deChapitre 6 sur 18 · Ibid., op. cit., pp · texte numérisé non relu

Ibid., op. cit., pp

3. Les deux principaux essais de continuation des travaux de Salnt- Jusl que l'on peut mentionner depuis lors sont les suivants : 1» celui que l'on doit, dès le commencement du dix-huitième siècle M 708), à l'arche* vêque Le Goux de la Berchère, qui hénil et posa la pierre fondamentale de la nef et du bâtiment qu'on a nommé Sainl-Eutrope; 2° celui qui eut lieu sous le règne de Louis-Philippe (1838), et provoqua itn important devis de l'architecte Viollet-le-Duc, qui avait répondu à l'appel qu'on lai avait adressé dans cetle circonstance. (Voir L. Narbonne, op. cit., pp. 384 et suiv.)

a analysé sommairement — sans en donner le texte •— < un « curieux document qui indique, dit-iP, d'une manière pré- « cise quelle était la fonction de Tarchitecte au commence-

< ment du quatorzième siècle. Il s*agit de la construction de

< la cathédrale de Gérone^; mais les usages de la Catalogne, à € cette époque, ne devaient pas différer des nôtres. D*ailleurs,

< il est question d'un architecte français. < Le chapitre de la « cathédrale de Gérone se décide, en 1312, à remplacer la

< vieille église romane par une nouvelle, plus grande et plus « digne. Les travaux ne commencent pas immédiatement, « et on nomme les administrateurs de l'œuvre (oôr^ro^), « Raymond de Viloric et Arnauld de Montredon. En 1316 les € travaux sont en activité et on voit apparaître, en février

< 1320, sur les registres capitulaires, un architecte désigné « sous le nom de maître Henry de Narbonne. Maître Henry € meurt, et sa place est occupée par un autre architecte, son

< compatriote, nommé Jacques de Favariis. Celui-ci s'engage € à venir de Narbonne six fois Tan, et le chapitre lui assure

< un traitement de deux cent cinquante sous par trimestre (la « journée d'une femme était alors d'un denier). Voici donc,

< ajoute VioUe-tle-Duc, un conseil d'administration qui pro-

< bablement est chargé de la gestion des fonds, puis un archi*

< tecto étranger appelé non pour suivre l'exécution chaque

< jour et surveiller les ouvriers, mais seulement pour rédiger

< les projets, donner les détails et veiller de loin en loin à ce € que l'on s'y conforme; pour son travail d'artiste, on lui € assure non des honoraires proportionnels, mais un traite- '4. ment qui équivaut, par trimestre, à une somme de quinze

< cents francs de nos jours. Il est probable qu'alors le mode « d'appointements fixes était en usage lorsqu'on employait un « architecte. »

1 . Dict. rais, de l'architecture franc, du onzième au seizième siècle^ I, pp. 107 et sq.; voir iioUmment les pp. 442-44 3, pour l'analyse du document en question.

2. La forme espagnole de ce nom de ville est Gerona (lat. Gerunda), doù l'on a fait quelquefois Gérone en français; nous nous servons dn mot Girone^ conforniéinenl au Nouveau Dict, de géographie de Vivien dt Sainl-Marlin.

20 VICTOR MORTET.

Les renseignements que nous donne ici Viollet-le-Duc offrent trop d'intérêt pour qu'on ne cherche pas à remonter à la source même à laquelle ils ont été puisés. C'est ce que nous avons voulu faire en soumettant ces indications à un contrôle qui était nécessaire, comme on va s'en convaincre.

Les projets de reconstruction de la cathédrale de Girone datent, en effet, de Tannée 1312. On lit dans le Livre vert des Archives ecclésiastiques de cette ville (fol. 119) :

Anno Domini M. CGC. XII. iii.Kal. maii capitulum Gerunden. in cerca nova ecclesiae Gerunden. more solilo congregalnm slaluil, voluit et ordinavit qnod caput ipsius ecclesiae de novo consirucretur et hedificaretur, et circumcirca Ipsum capul, novem capellae fièrent, et in dormilorio veleri, fieret sacristia. Et cura ipsius operis fuit com[m]issa per dictum capitulum, venerabilibus Raimuiido de Vilarico, archidiacono, et Arnaido de Monterotundo, canonico^

Ainsi, Ramon de Vilaric — et non de Viloric — comme dit Viollet-le-Duc, et Arnaido de Monredon* furent chargés de veiller à l'exécution des travaux à entreprendre. L'évêque de Girone était alors Guillermo de Vilamari (1312-1318), qui eut pour successeur Pedro de Rocaberti (1318-1324). Ce fut sous répiscopat de ce dernier que l'on appela de Narbonne un nouveau maître de l'œuvre à la place de celui qui venait de mourir. Nous avons pu nous procurer une copie du document analysé par Viollet-le-Duc, grâce à l'extrême ohligeance de M. Botet y Siso, directeur du Musée archéologique de Girone, et nous nous empressons de la publier ici in extenso :

Eleccio de Meslre de la obra de la seu.

Noverint universi qnod cum magistcr Enrichus, condara magister operis capilis ecclesie Gorundensis, viam esset uni verse carnis ingressus, et dominus Pelrus^, Dei gralia episcopus, et capitulum Gerundense, affec-

1. Don Jaime Villanueva, dans son Via^e lUerario à las iglesias de Espana y SUS' 2inl recueil composé d'après les sources, t. Xlï, 4850, Viage à Geronaf p, 471 ; cf. Espana sagrada, XLV, 1832, p. 3, et Parcerisa, Ricuerdosy bellezas de E spam, Calaluna, 1, 146.

2. 11 est appelé Arnaido de Monrodô par Villanueva. H devint plus lard évoque de Girone {ibid. XII, p. 171).

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