Pedro de Hocaberti, évêque de Girone de 1318 à 13Î
tarent habere magislrum qui opus dicte ecclesie consumaret, idcircô elegeruiit in magistrum ipsius operis^ magistruin Jacobum de FavariiS magislrum operis ecclesie Narhonensis, et in presentia mei notarii et teslium infrascriptorum, ad hoc specialiler vocatorum, iidem dominus episcopus et capitulum Gerumlensis [ecclesie] promiserunl dicto ma-*gistro Jacobo dare annis singulis, quamdiu dictuni opus durabit, mille solidos Barclii noueuses de terno^, sdlveudos eidem magistro, scilicel cet 8s. de omnibus (?) in tribus niensibus annuatini inlus Geruudam. Trimus annus incipiat bac die qua prasens inslrumenium conficietur. Et nihil aliud teneantur ipsi dominus episcopus et capitulum ratione pre^ dicta dare diclo magistro Jacobo pro labore suo vel salario persone sue vel eciam pro expensis, quas eunJem magislrum facere oportebil, ve«niendo Gerundam vel stando ibidem, vel eciam residcndo, vel redeundo, vel eundo Narbonam, vel eciam ubilibet, vel aliqua eciam alia rcicioueb — El prefatns magister Jacobus Favari promisit domino episcopo et capitulo supradiclis quod ipsum opus dicli capitis ecclesie Gerundensis faciet et fieri faciet bene el fideliler et omnia que ulilia vel necessaria ipsi operi fuerint, el ipsum opus [quocumque modo] polerit consumabit, nec aliquo ingeuio , fraude vel machinacione alicujus faciet seu fieri faciet, propter quod consumacio dicli operis relardârel[ur]; imo, juxta possc suum elscienciam omnia faciel et fieri faciet, que cédant ad boaum el ulililalein el velocrm consumacionem operis supradicti. — El promisit eciam prediclis domino episcopo et capitulo quod durante <licto opère, véniel. . . Gerundam sex mensibus quolibel anno, videliret de duobus in diiobus roensibus; et ibidem tanlo lempore slabil, quanlo ipsius présenta necessaria fueril ipsi operi; et si forle dictus magister in aliquo die* torum sex lerminorum non venirel pro ordinacionibus necessariis in opère supradiclo, quod ipso facto amilteret solucionem sibi debitam de illis tribus mensibus supradiclis; et quod hoc non obstanle possent ipsi dominus episcopus et capitulum ipsum magislrum Jacobum compellere, el compelli facere per juramentum ad veniendum et consumandum opus predictum, vel eum dimilere, alium magislrum sibi eligere, si noluerit, in
4. Sic dans la copie de M. Bolet y Siso ; la forme Favari se trouve plus loin à plusieurs reprises, et cest ainsi qu'il convient de retenir ce nom d*archilecte.
t. On employait la livre de tern à Barcelone; c*élail Tune des mon* naies de celte ville, qui étaient usitées aussi dans le diocèse de Narbonne |)0ur le paiement des redevances archiépiscopales pendant le quatorzième siè:le. En 4 3C8, par exemple, la livre de lem de Barcelone valait 42 fr. 415; le sou, fr. G207. (Voy. P. Laurent, Introduction au Livré vert de l'archevêché de Narbonne, 1886, p. xui.
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hoe easu. — Retinuerunl tamen sibi dicli dominiis episcopus el capitulum Oerandensis (ecclesie) quoJ si forte aliqtia causa, vel racione, aut eciatn propria ipsorum domini episcopi et capiluli voluntate, ipsum opasdimili in totum vel ad teinpiis ab eo cessari conlinger[e|t [el] reasumi, promiserunt ipsi magistro Jacobo dominus episcopus el capitulum supradicli, dare secundum taxacionem superius expressatam. Et eciam d Ictus magister Jacobus in diclo casu promisit reasumere dictum opus, snb condicionibus et obligationibus supradictis.
Et predicla promiserunt sibi adinvicein stipulantes, tam dicti dominus episcopus et capitulum quam dictas Jacobus de Favari, allendereet complere, in posse mei supradicli notarii ab eis nomine quorum intersit vel intéresse possit slipuianlis et recipienlis, obliganles inde sibi adinvieem, videlicet dominus episcopus et capitulum Gerundensis [ecclesic] omnia bona ipsius operis, et diclus magister Jacobus omnia bona sua habita et habenda ubique. Et nichilominus ad majorem firmilntem prediclornm, dictus magister Jacobus juravit ad sancla quatuor Dei evangelia corporaliter tacta, predicta omnia et singula atlendere et complere, et nunqnam contra venire jure aliquo sine causa renuncians scienter omni juri quo contra predicta venire posset aliqua racione; promisit eciam et juravit, quodpro predictiscomplendiset facienrlis, non peli[er|ilali(]uid,nisitantum id quod sibi per dictum episcopum et capitulum superius est promissum. Et si plus inde habere deberel, totum illud, gratis et ex certa sciencia dedil dicto operi donatione pura et irrevocabili inter vivos.
De quibus omnibus supradictis tam dicli dominus episcopus el capitu* lum quam dictus magisler Jacobus petierunl per me nolarium infrascriplum fieri duo publica inslrumenla per alphabelum divisa. El ideo ego subscriptus notarius, receptis firmamenlis a predictis domino epis^ copo et capilulo, el firmatis eis eciam cum juramento a dicto magistro Jacobo de Favari, sub conditionibus supradictis, ad inslantiam et requi
silionem ipsorum omnium, feci dicta duo publica instrumenta fe-
bruarii, anno prediclo, presenlibus testibus Berengario Â. ., capellano, et Jacobo de Salice, clerico monaslerii Sancli Danielis Gerund[ensis.]
abc.
Cet acte est précieux à plusieurs égards. Il intéresse à la fois rhistoire de la cathédrale de Giroae et celle de la cathédrale de Narboune; il coatient aussi des renseignemeuts utiles à connaître sur la manière dont les architectes traitaient parfois avec les évêques et les chapitres pour la construction des cathédrales. Toutefois, ce n'est pas là le plus ancien
exemple connu de cette façon d*opérer entre les fabriques et les maîtres des œuvres, ainsi que nous le verrons plus loin.
Le maître qui est mentionné ici le premier dans Tordre chronologique est d'origine française, et Ton peut même avancer que c'est un Français du Nord, le prénom de Henri n'étant pas usité d'ordinaire dans le Midi. Il ne s'appelle pas Henri de Narbonne, comme Viollet-le-Duc l'a imprimé; le prénom de Henri n'est pas suivi des mots de Narbona, C'est encore là une raison de penser que ce maître n'était pas Narbonnais; le prénom de Henri ne se rencontrerait guère alors dans le Languedoc. L'acte ne nous dit pas non plus que ce maître avait la direction des travaux de la cathédrale de Narbonne au commencement du quatorzième siècle, mais cela est très possible et même assez vraisemblable*. C'est de Narbonne que le chapitre et Tévêque de Girone ont pu faire venir l'architecte appelé maître Henri; il est très probable que ce dernier était arrivé du Nord dans cette ville pour y travailler aux grandes constructions qui étaient alors en plein chantier pour le compte de l'archevêque et du chapitre de Narbonne.
Jacques Favari ou de Favari est le second constructeur désigné dans noire document comme ayant eu à diriger les travaux du chevet de la cathédrale de Girone. Nous apprenons aussi, ce qui est particulièrement intéressant pour nous, que cet architecte a été maître de l'œuvre de la cathédrale de Narbonne, magislev operis ecclesie Narbonensis. C'est ce que Viollet-le-Duc ne nous dit pas; il le laisse seulement supposer. Là où il se trompe, à notre avis, c'est lorsqu'il affirme que < Jacques de Favariis » est compatriote de Henri de Narbonne. On vient de voir que cette dernière dénomina-
4. (( N*esl-il pas permis de supposer, dit M. L. Narbonne qui n*a pas connu le texle lalin que nous publions, qu'Henry de Narbonne et Jacques de Favariis, artistes assez estimés pour mériter la confiance du chapitre de (iirone, ne sont peut-être pas étrangers à la construction de la cathédrale de Narbonne? » {La cathédrale Saint-Jusl, Bull, de la Comm. archéol. de Narbonne, 4897, p. 378.)
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tioa n'existe pas dans notre texte, et ceux qui sont un peu familiers avec Tonomastique du Moyen-âge savent, nous le répétons, que le prénom de Henri décèle surtout une origine septentrionale. Au contraire, le prénom de Jacques a été très usité dans le Midi. Les formes plus ou moins latinisées, telles que Favari, Favarîi, sont assez méridionales. Elles ont donné lieu à une singulière méprise de h\ part de Villanueva, qui dans son Viage literario^ mentionne en 1320 un architecte français du nom de Jaime (Jacques) de Taverant. < Sin embargo la obra prosiguiô con lentilud bajo la direccion de varios arquitectos. Los que yo conozco son Jaime de Taverant, Francés, maestro de la catedral de Narbona, admilido â trabajar aqui en 1320. » Nous ne doutons pas avec Street* que ce prétendu Jacques de Taverant soit le même personnage que Jacques Favarii. Une faute de lecture du texte original a dû faire certainement qu'on a imprimé le nom de Taverant au lieu de celui de Favari; car il va sans dire qu'à la date de 1320, il n*y avait qu*un seul maître de Tœuvre de la cathédrale de Narbonne chargé de la direction des travaux de cette église.
Il n'est pas surprenant que le chapitre de Girone se soit rais en rapport avec Jacques Favari , maître des œuvres de la cathédrale de Narbonne, et peut-être bien aussi avec son prédécesseur. L'histoire ecclésiastique atteste les anciennes relations qui existaient entre TÉglisede Girone et la métropole narbonnaise, comme on peut s'en convaincre en parcourant divers actes relatifs à cette antique cité espagnole, qui ont été insérés dans le recueil de Villanueva. Parfois des clercs venaient de la Catalogne pour recueillir dans le diocèse de Narbonne des offrandes destinées à des constructions d'églises 3. D'ailleurs, la grandeur du plan de la cathédrale de