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NOTICE DE M. J. VANDER LINDEN

Dès le 31 août, des barricades avaient été élevées à toutes les issues de la ville depuis la porte d'Anvers jusqu'à la porte de Namur ; de toutes parts les signes précurseurs d'une révolution faisaient présager la lutte. Lorsque le prince d'Orange entra à Bruxelles le 1 er septembre, accompagné seulement de son état-major, il fut même obligé de franchir avec son cheval une barricade établie rue de l'Hôpital.

Ces barricades avaient été faites avec l'assentiment et même par les ordres de l'état-major de la garde bourgeoise, à la tête de laquelle étaient placés comme commandant en chef le baron Emmanuel Vanderlinden d'Hoogvorst et comme commandant en second le baron Vander Smissen .

Le 10 septembre MM. Meeus, Max Delfosse et J. Vander Linden furent nommés par la

régence membres d'un comité chargé des recettes et dépenses de la garde bourgeoise.

J'ai sous les yeux les originaux des quittances revêtues du bon à payer de la commission

J'en transcris deux au hasard :

« Déboursé pour les barricades 5 florins « 62 cents '/, pour main-d'œuvre. . S 62 V 2

« Dix jours employés aux travaux « à deux florins par jour font . . 20 »

Total : 25 62 l / 2 « Vu bon à payer par la commission d'admi- « nistration.

« Vajvder Linden.

« Pour acquit. Langlois.

« Bruxelles, 15 septembre 1830. »

« Doit la garde bourgeoise à Aug. Lammens « pour livrance faite d'après les ordres du com- « mandant en second, comme suit :

« 3 septembre. Deux barils grosse « P oudre 40 „

« 7 septembre. Un baril poudre super-

« fine . . . a

Total : 86 « Bruxelles, 15 septembre 1830.

« Acg. Lammens.

« Vu bon à payer par le conseil d'adminis- « tration. »

« Max Delfosse. »

Une souscription publique fut ouverte pour subvenir à ces dépenses dont le caractère était évidemment révolutionnaire.

Parmi les noms des souscripteurs, nous voyons figurer le duc d'Arenberg, les comtes Félix et Henri de Mérode, le comte d'Andelot, le chevalier Vanderfosse, Dumont, membre des États- Généraux, Repelaer Van Driel, gouverneur de la Banque, le comte de Celles, Ch. de Brouckere, Le Hon , Gendebien , baron Vander Linden d'Hoogvorst, vicomte de Jonghe, Barthélémy, Rouppe, marquis de Trazegnies, baron Joseph Vander Linden d'Hooghvorst, etc.

Voilà donc toutes les classes de la société témoignant par des actes publics leur hostilité contre le gouvernement.

Que l'on ne vienne pas prétendre que ces manifestations avaient pour but de maintenir l'ordre en permettant à la garde bourgeoise de réprimer, s'ils se produisaient de nouveau, des désordres comme ceux du 25 août.

Ce n'est évidemment pas dans ce but que la garde bourgeoise faisait élever des barricades.

Le baron d'Hooghvorst avait reçu de diverses villes de provinces tant d'offres de secours, qu'il fut obligé, le huit septembre, d'engager les habitants des villes et des campagnes a suspendre leur marche.

Le 20 septembre il fut déjà question de créer un gouvernement provisoire, ainsi que le prouvent les termes d'un placard qui fut affiché partout à Bruxelles :

« Un gouvernement provisoire s'organise :

« sa formation sera connue sans retard. On dit « qu'il sera composé comme suit :

« Le comte Félix de Mérode.

« Gendebien, avocat.

« Le baron de Stassart, député aux États- « Généraux.

« Le comte d'Oultremont, de Liège.

« Raikem, avocat, député aux États-Généraux « De Potter. « Sylvain Van de Weyer.

« Bruxelles, 20 septembre 4830 ('). »

H n'y a pas bien loin de la formation d'un gouvernement révolutionnaire à une révolution et l'orage était bien près d'éclater.

Aussi l'ordre donné par le roi Guillaume,

H Dans Tâprès-midi -une troupe armée parcourut les

le 25 septembre, à ses troupes d'entrer à Bruxelles ne fut que l'étincelle qui met le feu aux poudres.

Pendant toute la journée du 23 septembre, l'hôtel de ville resta désert; les portes en étaient fermées; le concierge fut la seule personne qui occupa l'édifice communal jusque vers huit heures du soir.

Dans le courant de l'après-midi, M. Mellinet, depuis général, apprenant que M. le colonel de Gumoëns, parlementaire du prince Frédéric, avait été saisi par le peuple furieux qui menaçait de lui faire un mauvais parti, courut chercher M. Jolly. ancien officier du génie; aidés de quelques citoyens courageux, parmi lesquels se trouvaient MM. Max Delfosse et Michiels, colonel dans la garde bourgeoise, ils parvinrent à réfugier M. de Gumoëns dans la caserne des pompiers.

principales rues de la ville ; au centre de cette colonne était déployé un drapeau sur lequel on lisait :

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