GOUVERNEMENT PROVISOIRE
de Potter.
Gendebien.
d'Oultremont, de Liège.
3(i NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.
Les assistants, qui ne représentaient du reste aucune autorité constituée, prirent connaissance de la dépêche de l'envoyé hollandais, dépêche par laquelle le prince Frédéric proposait d'entrer en négociations ; il fallait répondre ; on se décida à envoyer une députation au prince; MM. Max Delfosse, De Coppyn et Palmaert se chargèrent de cette mission ; ils s'adjoignirent M. le baron d'Hooghvorst, qui n'était pas à ce moment avec eux, mais qu'ils allèrent trouver.
La nuit était venue; M. Jolly, accompagné de quelques personnes, quitta la caserne des pompiers et se rendit à l'hôtel de ville ; les portes en étaient fermées ; on frappa à la porte de la rue de l'Amigo, et ce ne fut qu'en entendant quelques noms de Bruxellois bien connus que le concierge consentit à ouvrir ; des lampes furent allumées dans le cabinet du bourgmestre, où l'on s'installa.
Parmi les personnes qui entrèrent à ce moment ou pendant la nuit dans l'hôtel de ville, je puis citer, entre autres, MM. Brinckx, Félix Delfosse, Michiels, Vermeulen, De Cock, Perrin, Engelspach-Larivière, De Coppyn, Joseph Vander Linden.
Un seul citoyen y avait pénétré avant eux :
c'était M. Charles Rogier, qui, en rentrant à
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Bruxelles à la chute du jour , et apprenant que l'on négociait avec le Prince, s'était rendu à l'hôtel de ville, et n'y trouvant personne, avait laissé sur une table une protestation écrite et signée de sa main.
Pendant toute la nuit ce fut une causerie animée sur les événements de la veille, un échange d'avis sur la conduite à tenir le lendemain; on sortait, on rentrait, on rapportait des nouvelles. Vers l'aube M. Max Delfosse revint et rendit compte de l'insuccès de sa mission auprès du prince Frédéric.
A ce moment la réunion était devenue plus nombreuse ; on parlait de constituer une autorité centrale pour donner au mouvement une direction et un sentiment d'ensemble. Les noms se discutaient dans les groupes et bientôt on acclama M. Charles Rogier, l'énergique et populaire commandant des volontaires liégeois, et M. Jolly, qui pouvait, en sa qualité d'officier du génie, rendre de grands services; ils acceptèrent tous deux.
M. le baron d'Hooghvorst, qui venait d'entrer, fut également invité à faire partie du comité ; son nom servait de trait d'union entre la bourgeoisie et la noblesse.
Il accepta à condition qu'on lui adjoignît
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MM. Joseph Vander Linden et de Coppin, avec lesquels il était lié.
Ces cinq citoyens formèrent la Commission administrative.
A peine cette autorité révolutionnaire étaitelle installée que M. Charles Rogier prit la plume et rédigea la proclamation suivante :
« Depuis deux jours Bruxelles est dépourvu « de toute espèce d'autorité constituée, » etc. ('). Cette proclamation fut immédiatement portée chez Bols-Wittouck, le courageux imprimeur qui mit, dès le premier jour, ses presses à la disposition de la révolution.
Dans la même journée la commission administrative lança une nouvelle proclamation pour encourager les combattants et pour appeler aux armes toute la population bruxelloise.
Ces exhortations patriotiques n'étaient pas inutiles, car le combat était loin d'être fini ; un retour énergique des Hollandais pouvait tout compromettre, si l'on n'était pas prêt à les recevoir.
Le 24 septembre, à sept heures du soir, MM. Gendebien et Van de Weyer arrivèrent à Bruxelles. Le lendemain, ils se rendirent à l'hôtel
(') Voir ci-dessus, p. 30.
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de ville. Dans la nuit du 25 au 26, le gouvernement provisoire fut définitivement constitué et composé des cinq membres de la commission administrative et de MM. Gendebien, Van de Weyer, comte Félix de Mérode et J. Nicolaï, avocat à la cour de Bruxelles (').
Les Hollandais étaient encore à Bruxelles, et
(') .. Des conférences, des pourparlers eurent lieu dans la nuit ; on n'en connut le résultat que le lendemain matin par la proclamation suivante qui fut affichée sur tous les murs :