‹ Notes historiques sur la banlieue de Québec [microforme]Chapitre 6 sur 14 · ROBERT CARON · texte numérisé non relu

ROBERT CARON

Robert Caron, arrivé à Québec dans l'été de 1636 et marié à Marie Crevet, le 25 octobre 1636, fut aussi l’un des premiers habitants du Côteau Sainte-Geneviève, non loin du fief Saint-Jean. Ilobtint de la Compagnie des Cent-associés, le 29 août 1649, quarante arpents de terre, auxquels il ajouta vingt autres arpents qu'il acheta de Louis d'Ailleboust, le 24 juillet 1651. Ces terres, selon le plan du fief de Coulonges ei de Saint-Michel, publié par M. l'abbé Scott dans son Hisicire de Saint-Foy, (page 246 )se trouvaient situées à une vingtaine d’arpents

Eglise de Notre-Dame du Foy.

Chemin. Chemin Sainte-

nord-ouest du fief Saint-Jean, probablement À l'endroit nù se trouvent aujourd'hui la propriété Chateauvert,

Robert Caron vendit ces terres le 24 mai 1654 au sieur Charles d'Ailleboust, sieur de Musseaux, neveu du Sieur de Coulonges, et alla se fixer dans la Seigneurie de Beaupré sur une terre située À un mille au-dessous de l'église de Beaupré. 11 a laissé quatre fils : Jean, Robert Joseph et Pierre. Le premier compte dans sa descendance le Lieute. nant-Gouverneur Réné-Ed, Caron : le deuxième, Robert, alla s'établir à Château-Richer et divint le chef d'une nombreuse famille ; il est l’ancêtre de l'Hon. J.E. Caron, ministre de l'Agriculture, de feu Mgr Olivier Caron, Grand-Vicaire à Trois-Rivières et de Mgr Thomas Caron, ancien supérieur du Séminaire de Nicolet, ainsi que des familles Caron établies à Saint-Antoine de la Rivière-du-Loup, en haut, etc. Le troisième, Joseph, s'établit à !a rivière des Trois-Saumons, comté de l'Islet. Le quatrième alla se fixer dans la Seigneurie de Vincelotte, au Cap Saint-Ignace : il est l'ancêtre des parents de M. l'abbé Ivanhoë Caron, prêtre et missionnaire colonisateur.

La banlieue de Québec, d’après les plans officiels du cadastre, est bornée comme suit : au nord-ouest, par le côteau Sainie-Geneviève, au nord-est, p.r la cité de Québec, au sud-est, par le fleuve et la paroisse de Sillery, au sud-ouest, par Sainte-Foy.

La banlieue de Québec fut érigée en parnisse sous le vocable 4e Notre-Dame-de-Québec, en vertu d'un règlement des districts de paroisses, mis en force par l'Edit du conseil d'Etat du Roi le 3 mars 1722. La nouvelle municipalité, dit Deschamps, comprenait alors cette partie © la paroisse de Notre-Dame-de-Québec qui se tronve hors des limites de la cité de Québec, à l'exception cependant de cette partie comprise dans la paroisse de Sairt-Roch.(1)

La municipalité de la Banlieue de Québec fut érigée en ville, sous le nom de ‘‘Ville-de-Montcalm'’, le 25 avril 1908. (Stat. de Québec, 8 Ed. VII. Ch. 99, p. 355). Les bornes sont indiquées comme suit : Le territoire de Ville-de-Montcalm est borné par la cité «le Québec, lu paroisse de Saint-Malo, la paroisse de Saint-Colomb-de-Sillery, la paroisse de Sainte-Foy et la municipalité de la Petite-Rivière.

La Banlieue de Québec fut desservie pour les fins religieuses par le curé de l'église cathédrale de Québec, jusqu'en 1849. Toutefois, l'érection canonique de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste-de-Québec n'eut lieu que le 24 mai 1886.

1 Voir Deschamps, page 482:

(La gravure ci-dessus est une reproduction exacte d'une partie d'nn plan publié par M. l'abbé Scott, dans son intéressante Histoire de la paroisse de Ste-Foy.)

À partir du 28 mai 14,09, uate de l'érection canonique de la paroisse de Notre-Dame-du-Chemin, les citoyens de la riunicipalité de Ville-de-Montcalm eurent leur cu:é. La chapelle située à côté de la maison de retraite Villa-Manrèse, sur le chemin Sainte-Foy, et construite en 1895 sous la direction uu R. P. Désy, S. J., devint église paroissiale, et ce dernier en fut le premier curé,

Au mois de juillet 1914, le R. P. Désy, fondateur de cette nouvelle paroisse, a été remplacé par le curé actuel, le R. P. Joseph Lalande, S.J. Celui-ci a pour vicaires les RR. PP. Lord, Waddel et Artus, S.J.

L'église des Jésuites sur le chemin Sainte-Foy, que bon nombre de personnes désignent sous le nom de Manrèse, a été mise sous le patronage de Notre. Dame-lu-Chemin, en souvenir d'une chapelle érigée dans l’église du Gésu à Rome, sous ce vocable, Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus,aimait à y aller prier.

Tableau représentant l'autel dédié à Notre- Dame du Chemin, dans l'église du Gésu à Rome. Au pied de l'autel se trouvent Saint-Ignace de j,oyola et Saint-François de Borgia. Au-dessus du cadre est un exvoto offert par les pèlerins de Lourdes, 1914. (Voir l'historique au verso de la gravure. )

Historique de l’ex-voto à Notre-Dame du Chemin

Un groupe de Canadiens laissaient le Canada le 2 juillet 19:4 pour le Congrès Eucharistique International de Lourdes ; leur programme était de se rendre jusqu’à Rome. L'homme propose et Dieu dispose. Au cours même du Congrès des bruits de guerre commencèrent à circuler et c’est à peine si ces Pèlerins purent gagner la frontière italienne avant la mobilisation de l’armée française. Aussitôt la conflagration générale, causée par la guerre de l’Autriche et de l'Allemagne contre la Russie, la France, l'Angleterre et la Serbie, éclate et change l’Europe en un vaste champ de tataille.

Au sein de cet indicible bouleversement, les Canadiens déjà à K constatèrent vite que même l'Italie ne leur offrait guère de sécurité. La question du retour au pays s’agita, mais apparût en même temps hérissée de difficulté sans nombre.

Dans cette perplexité, leur esprit de foi eût vite fait de trouver une solution : c’est à leur Bonne Mère du Ciel qu’ils étaient venus honorer de si loin, qu’ils auront recours. Groupés autour du Drapeau du Sacré-Cœur qu’ils avaient apporté du Canada et fait bénir à Lourdes, ils promettent à la Ste-Vierge de lui offrir un Ex-voto si leur retour s'effectue sans accident.

Plusieurs d'entre eux se rendirent le 9 août à l’Oratoire de Notre- Dame du Chemin dans l’Eglise du Gésu et prosternés aux pieds de la Madone Miraculeuse, ils implorèrent l’heureux retour de tous les Canadiens.

La Vierge clémente ne fût pas sourde à leurs prières ; au milieu de bien des péripéties, le voyage s'effectua sans aucun accident. Il y eût des fatigues, des privations, des lenteurs sur les voies ferrées en désarroi : lacomplexion délicate de plusieurs leur rendit ces contretemps plus pénibles encore. Malgré cela, tous atteignaient Paris sains et saufs, pouvaient contre toute attente s’embarquer sur le trarsatlantique à la date fixée et emporter avec eux, même leur bagage. Sur le pont ‘‘du vapeur’’ nos Pèlerins rentrant au pays ouvraient uue liste de souscription, qui immédiatement se couvraient de noms.

Heureux de se retrouver tôus en leur chère patrie, les Pèlerins Canadiens n’oublient pas qu’ils doivent cette faveur signalée à leur Bonne Mère du Ciel, à la Vierge du Chemin ; Ils sont anxieux de lui offrir le gage de reconnaissance promis sous forme d'un Ex-voto, placé dans le sanctuaire de Notre-Dame du Chemin, à Québec. Cette expression de leur gratitude a été placée au-dessus du tableau du maître autel comme on peut le constater dans la gravure au verso de ce feuillet. Elle attestera à la fois, la bonté de la Vierge et la piété des Canadiens-Français envers Elle.

Le 7 février 1915, Sa Grandeur Mgr P. E. Roy, Evêque Auxiliaire de Québec, en faisait la bénédiction solennelle au milieu d’un concours immense de fidèles parmi lesquels, les Pèlerins nombreux, venus de toutes les parties du Canada.

La maison de retraite, Manrèse, achetée en t89r,

est mäintenant reliée à l’église par une aîle.: Les Pères y ont leur résidence.

Le 29 nov. 1909.eut lieu dans l’église de Notte-Dame-du-Chemin la

Cardinal Bégin, fut imposante, Le sermon de circonstance fut donné par R. P. Adam, S. J.

L'église de Notre-Dame-du-Chemin possède plusieurs tableaux remarquables, entre autres une toile de Enrico Bottoni, représentant saint Ignace de Loyola et saint François de Borgia, eu prière, devant l'image de Notre-Dame-du- Chemin.

Le 7 février .191<. les pèlerins canadiens qui sont allés au Congrès Eucharistique de :,ourdes, l'été dernier, sont venus déposer un €x-voto dans l’église de Notre-Dame-du-Chemin “Pour accomplir une Promesse faite à Rome, avant leur départ pour le Canada, au moment où la guerre éclatait entre l'Allemagne et les nations alliées. C

que les RR. PP. Jésuites ont été autrefois propriétaires de la terre où était le fameux moulin Dumont. Cet

endroit justement célèbre par la bataille sanglante du 28 avril 1760 n’a plus rien aujourd’hui de son ancienne topographie, si ce n’est le côteau Sainte-Geneviève. Le moulin Dumont que les Anglais et Français se disputèrent avec une égale valeur, était situé à l’end même où se trouve le monument des Braves.

Jean-Baptiste Dumont, négociant de Québec, possédait ce coin de

terre en 1759-60. Il Y avait une habitation et un moulin à tan bâti en pierre ; ce moulin

les roit

Casgrain, dans une étude sur le moulin Dumont, possédèrent ce coin de terre pendant quelques années. En effet, Charles Perthuis,du Conseil souverain, l'avait acquis par sentence de la Prévôté de Québec, le Tr Mars 1712 et l’avait revendu aux RR. PP, Jésuites, le 25 octobre 1734,par contrat passé devant Mtre Pinguet, notaire. Ceux-ci, y est.il

pensionnair.

bec. ’’

Les Pères Jésuites demeurèrent propriétaires de cette terre jusqu’au 25 octobre 1741, alors que devant le même notaire Pinguet, ils la revendirent à Dumont pour le même prix qu'ils l'avaient payée, soit 4,500 livres. Pendant sept ans, les dévoués missionnaires et leurs élèves ont dû venir chaque semaine jouir de l’air pur de ce bel endroit et aller prier dans la chapelle Saint-Jean, située sur le côteau et non loin du monument, comme nous le verrons dans la suite de cette étude.

Par un heureux retour des choses, les Jésuites sont redevenus propriétaires dans la même Banlieue de Québec et non loin de i'ancienne

terre historique de Dumont, laquelle se trouvait,s:lon toute proabilité, dans le fief Saint-Jean.

La dernière et très importante phase de l'histoire de la Banlieue de Québec est son annexion à la cité de Québec, sous le nom de Quartier Belvédère. Celle-ci a pris effet, en vertu d'un Bill passé à l'As. semblée Législative le 18 décembre 1913. d

LES ORIGINES DU CHEMiN DU BELVÉDÈRE

Comme nous venons de le voir, les premiers defrichements de la Banlieue de Québec, se firent sous la direction de Jean Bourdon. Et ce fut sur son fief Saint-Jean, dans la partie qui longe le chemin Sainte-Foy, au bout de la rout. du Belvédère, sur le côteau Sainte-Gene-

M. l'abbé Aug. Gosselin, dans sa vie de Jean Bourdon, dit : ‘‘Avant de passer en France dans l’automne de 1650, Bourdon avait fait construire à ses frais, près de son manoir Saint-Jean, sur le côteau Sainte-Geneviève, une Chapelle en bois pour l'usage de sa famille : les gens de l’endroit pouvaient aussi en Profiter. Mais on ne voit pas qu'après sa mort et le départ de ses enfants, cette chapelle ait été entretenue ; elle tomba peu à peu en ruines et ne fut pas revonstriite’””.

Dans son Rapport au Saint-Siège, de 1660, Mgr de Laval parle de cette chapelle Saint-Jean comme d’un édifice à part, distinct du manoir, une des huit églises qui se trouvaient dans le gouvernement de Québec, et il la met environ à une demi-lieue de la ville.

D’après M. Charles Baillargé, ingénieur de la cité, que M. l’abbé Gosselin a cousulté, il y a un peu plus d'une demie-lieue de la porte Saint-Jean actuelle à la route du Belv‘dère. Or ies limites de ja ville à cette époque, nous l’avons dit, se trouvaient à la rue Sainte-"'-sule,

Intérieur de Sainte-Foy.

l'église de Notre-Dame-du-Chemin, Chemin

ee.

Ce qui fixerait à peu près le lieu de la résidence seigneuriale : de Jean Bourdon et de la chapelle Saint-Jean, sur les lots 29 et 30 du cadastre, à l'endroit où se trouve actuellement une ancienne résidence avec jardin d'hiver, aujourd’hui la propriété de M. Antouio Grenier, secrétaire du Département de l'Agriculture, et une autre résidence appartenant à Madame Ross.

Jean Bourdon avait eu bon goût en choisissant un site anssi agréable pour y fixer sa demeure. 4 ci devait être considérable, Puisque le recensement de 1667," cité par Benjamin Suite, dit qu’elle était habitée Par 17 personnes : Jean Bourdon, Anne Gasnier, sc femme, M. Jean Lesueur, prêtre, le sieur d’Autray, et treize don:estiques ou employés.

M. l'abbé Auguste Gosselin, dans l'ouvrage déjà cité, nous indi-

fai côteau Sainte-Geneviève, dé-

lement enchanteur qu'il prit

védère”’. ‘L’habitation de Bourdon, dit-il,

Cccupait une position élevée et superbe, justement appelée Belvédère,

et qui commandait !a vallée de la rivière Saint-Charles. L'œil y distinguait parfaitement la colline de Beauport, etc.”

E' nous ajoutons que la beauté incomparable du plateau où s’élevaient jadis le manoir seigneurial de Bourdon et la chapelle Saint-Jean justifiait Lien le nom qualificatif de Belvédère. Avec l'auteur de la vie de Jean Bourdon, nous voyons là l’origine de ce nom. Il était tout naturel, en effet, que la route qui y conduisait prit le nom de Belvédère.

Du reste, la signification du mot Belvédère rend très plausible Son application à cette partie du côteau Sainte-Geneviève, théâtre des Premiers défrichements des colons français.

Le Dictionnaise de Trévoux, édition de 1771, dit que Belvédère

ia

nb sa taie mate itie Gt Bises AR tests ” Deser-eum

signifie un lieu élevé où l’on jouit du bon air et d’ Cus editus praeclare aspectu'’, Snifie ‘‘plante belle à voir’‘

re, s'est étendue aux lieux d'aspect agréable,

une belle vue : ‘‘Jo- Belvédère, mot d'origine italienne, si.

» et sa signification, dit le même dictionnai-

etc.

‘avec la Grande-Allée, alors le seul chemin et Québec.

Dès 1637, il est fait mention du chemin Saint-Louis. Les anciens documents, dit M. l'abbé Scott, dans son histoire de Notre-Dame. de. Foy, la nomment ‘La grande ligne de Québec au Cap-Rouge, ou la Grande-Allée’’, De plus, M. l’abbé i Sainte-Foy ou Saint-Jean, jui + On peut lire le procès-verbal de l’ouvert: in dans l’appen”ice du livre de M.Scott, de même que dans les

+ ugements du Conseil Souverain’”’, volume 1.

Comme on le vo obligés de se rendre

it, les habitants du côteau Sainte-Geneviève étaient en ville par la Grande- Allée, et Pour y arriver, il de-

r disposition. Or, nous n’en celui du Belvédère.

qu’ils ont absolument Allée au chemin Saintee ‘‘l’ancien chemin est C’est évidemment ici, quoiqu'il ne soit pas

voisinage de Québec, ont été mi tnins’?

Le Rév. Père J, E. Désy, S. J., fondateur de] de Notre-Dame-du-Chemin.

a paroisse

Page 1