‹ Notes historiques sur la colonie canadienne de Détroit [microforme]Chapitre 2 sur 16 · PERS AT · texte numérisé non relu

PERS AT

d’aisance que chacun de nous peut posséder.

Ce sont eux qui ont fondé la société où nous vivons, jusque dans leurs malheurs et dans leurs fautes ils nous ont été utiles par Penseignement et l’expérience qu’ils nous ont fourni à leurs dépens; chaque jour, à chaque instant ainsi, nous vivons par eux et des fruits de leur ekistnge passée ; sachons donc leur payer de temps en temps un juste tribut de souvenir, de regret ct d'affection.

Ce fut en 1700, c’est-à-dire. il y a 160 ans à peu près , que fut fondé la colonie de Détroit, par M. de La Mothe Cadillac, officier Français d’une certaine distinction , qui avait déjà servi en Acadie et dont on trouve encore aux archives en France des mémoires fort intéressants sur l’état des colonies anglaises à cette Cpoque, colonies ‘que probablement il avait été chargé de reconnaître par le Gouvernemet Français.

LaMothe Cadillac obtint alors, de. concert avec une compagnie de négociants de Québec, la concession: # 10, du Poste de Détroit avec le droit exclusif du commerce des Fourrurés et autres marchandises qui pourraient se trafiquer en ces quartiers ; 20. le titre seigneurial d’une quantité considé: able de terrains autour du dit Poste. 4 | ù

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Lorsque La Mothe Cadillac arriva à Détroit , le pays avait déjà 6t6 découvert, et parcouru souvent depuis plusieurs années, par les aventuriers français qut se livraient an commerce des fourrures, il est probable même que les premiers Français qui passèrent le Détroit , y vinrent assez peu de temps après l’établissement de Champlain au Carada , dans le même temps où on découvrait Michillimakinae , entre 1650 et 1650. Il n’est même pas impossible que Champlain lui-même ait visité ces parages,

ar il est certain que non seulement il a eu

connaissance des grands lacs intérieurs, mais qu'ils les a vus et qu’il a pénétré parmi les indiens qui habitaient autour.

Quoiqu'il en soit il est positif que dès 1686, on avait établi sur le détroit un fort palissadé en bois destiné à appuyer les opérations des chasseurs et traitants de fourrures, et à leur servir de dépôt de marchandises et de retraite en cas de besoin; ce fort s'appelait le Fort Ponchartrain. Comme tous les postes du commerce des fourrures il n’avait pas de garnison permanente, mais les traitants avec lébté voyageurs s’y 1 rassemblaient, en faisaient le centre de leurs opérations, et ébuent y laissaient plus où moins longtemps des hommes de garde sous

le commandement dé Pun d’entre eux. Dulu

ou Duluth,un des plus remarquables de ces aventuriers comrrerçants, commandait a Détroit en 1687 ; il réunit plusieurs centaines de courreurs de bois avec les guerriers des tribus indiennes , et opéra une diversion terrible et fructueuse sur les derrières des Iroquois, pendant la guerre que ceux-ci soutinrent alors contre les Français du Canada.

Quelques-uus de ces coureurs de bois se fixèrent sans doute dans le pays, car lorque Cadillac vint prendre pessession du vieux fort et de son domaine , il nous parait certain que déjà plusieurs Français étaient établis sur le Détroit, entre autres Pierre Roy et François Pelletier. Cadillac amena avec lui une garnison , plusieurs artisans et quelques familles de colons tirés du Canada. Voici les noms de quelques-uns de ceux qui vinrent ainsi dès le principe avec lui :

François Faffard dit Delorme , (interprète) ; Jean Faffard dit Maconce ; Louis Normand dit LaBruguière, (Taillandier); Joseph Parent, (Forgeron).

Plusieurs des soldats de la garnison étaient mariés et amenèrent avec eux leurs femmes et leurs enfants, Cadillac leur donna des terres, puis leur congé , et un grand nombre s’établirent

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ns ainsi à Détroit, où ils sont devenus la souche Dé de quelques-unes des plus anciennes familles. En 1709 ,on comptait ainsi 29 soldats congé-

ne diées établis dans le pays ; je vous citerai, par LE exemple , Jacob Marsac , Sieur de Lombtrou dit Pa Durocher, qui était sergent; Jean Gouriou, : aussi sergent; Antoine Vessière dit LaFerté, ji gi Antoine Dupuis dit Beauregard , Pierre Sfebve dit Lajeunesse, Jean Cesse dit St. Aubin, Ans se dré Bombardier , etc. , etc. Toutes ces familles, rque vous le savez, existent encore aujourd’hui parfort mi vous, portant honorablement les noms et la | que tradition de ces braves et respectables soldats ur le de l’armée française.

açois On rétablit de suite un fort nouveau plus arni- grand et plus solide que l’ébauche de fortificaes de tion qui existait avant lui. Une chapelle et un s de magasin y furent construits en pièces sur pièces ès le ainsi que le constatent les vieux titres. Les autres logements n’étaient que de vastes cabarète) ; pes en pieux plantés debout dont les interstices 1d dit étaient remplis avec de la terre , et elles étaient rent couvertes d’écorces et de gazo. s. Celle du commandant n’était pas différente des autres.

ais Cadillac fit bâtir un moulin dont il avait fait sp venir à grands frais les matériaux par des ca- Ne. nots,ou était ce moulin ? sans doute sur quel-

qu’une des petites rivières aujourd’huy presque

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taries qui couiaient autour du nou;el établissement , il y en avait une ou est aujourd’huy le petit ruisseau que coupe le chemin de fer central Michigan à peu de distance de la gare, il s’appelait le ruisseau aux Hurons, il séparait les terrains des Français d’un village de Hurons établis de l’autre bord , puis il tirait vers le nord en passant derrière le fort; ilest à remarquer que les Français dans les premiers temps ne s’étendirent point de ce côté du Détroit, leurs établissements et leurs cultures se firent tous alors en remontant le Détroit vers la Grosse Pointe ; il y avait encore dans cette direction, a deux mille environ du fort, la Rivière à Parent ; qui est aujourd’huy le faible ruisseau ap- F 15 Bloody River. J'ai tiré ces détails de vieux plans existant aux archives en France.

Les concessions d’emplacements dans le fort, et des terres à cultiver se faisaient à rente comme au Canada, les emplacements se payaient 2 sols de rente par pied de front , et ies terres 50 sols de rente par arpent de front sur 20 arpents de profondeur. Presque tous les soldats mariés prirent de suite des terres , et ceux qui n'avaient pas leur famille avec eux la firent venir du Canada; mais la plupart des émigrants civils venus du Canada dans les premiers temps, se proposaient surtout la traite des fourrures , ou

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les industries qui pouvaient être immédiatement utiles à ce commerce ; par exemple dans ces pays éloigüés de toute communication et de toutes ressources artificielles , les objets de preimière nécessité étaient les armes pour se défendre et les outils avec lesquels on put utiliser les ressources naturelles du pays; le moindre accident en ces matières était une affaire grave, car il était ditlicile de remplacer les ustensiles perdus ; aussi partout dans ces colonies, les premiers artisans qui s’établissent sont-ils les ouvriers en fer, armuriers, taillandiers , forgerons.

La chasse et la pêche fournissaient aumoins autant que la culture, à la subsistance de la petite population ; et quand les traiteurs de pelleteries arrivaient chaque année du Canada avec leur convois de canots chargés de marchandises d'Europe , on les payait avec les pelleteries, ou en se mettant à leur service pour le commerce avec les sauvages, ou enfin au moyen des denrées que le pays pouvait fournir audessus de sa consommation. Lamothe-Cadillac prélevait des droits assez considérables sur ces marchandises importées, il exigeuit en outre un droit de licence des habitants du lieu qui voulaient commercer pour leur compte , enfin il faisait Ini-même le corimerce des fourru-

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