‹ Notes historiques sur la colonie canadienne de Détroit [microforme]Chapitre 3 sur 16 · DS | NOR · texte numérisé non relu

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res; tout ceci joint au produit des rente: foncières , formait le revenu de sa seigneurie , mais il était obligé de défrayer la garnison à son compte.

Il est douteux que ces arrangements dussent être très profitables au moment même, ilsétaient plus riches de promesses et d’avenir que de bénéfices actuels. Ceci nous amène à signaler un caractère remarquable et commun a presque toutes les colonies que les Français établissaient

en Amérique; la plupart de ces fondations impliquent plus de calculs sur l’avenir que sur le présent, la plupart des gentilshommes Français qui formèrent ces établissements, s’attachaïient surtout à cette idée d’installer fortement leur famille dans une sorte de manoir, centre de leur seigneurie , dont le développement u'térieur devait marcher de front avec l’aveniret la grandeur de leur propre famille.

Quoiqu’on puisse dire et quoiqu’on ait pu critiquer , dans ce que nous avons déjà écrit sur ce sujet,on ne nous à pas convaincu que ce plan ne fut pas infiniment supérieur comme grandeur et comme solidité , à la colonisation aventurière qui a prévalu dans les colonies Anglaises , non pas dans les premiers temps tant s’en faut , mais vers le milieu du 18ème siècle. Il y avait réellement dans ces colonies Fran-

çaises le germe d’une société en formation régulière et rationelle, propre à se murir, à se bien ordonner et a acquérir ce caractère de stabilité honnête , nécessaire à une vraie civilisation. Nulle part vous ne trouverez une société sérieuse , originale dans son existence et son développement , qui n’ait commencé sous une forme quelconque par le patriarchat; celui-ci agglomère et digère en quelque sorte les divers petits groupes qui doivent former le grand ensemble, et la société finit par acquérir dans une proportion bien équilibrée , la force d’attaque , celle de résistance , et aussi la force en réserve , qui sont partout aujourd’huy reconnues nécessaires pour la constitution de tout corps organisé.

Le gentilhomme qui avait fondé le Détroit était entièrement placé dans ce milieu d’idées, commun à tous ses comtemporains , et il était entré résolument dans son application , il avait. amené avec lui, dans ce lieu désert, sa femme et ses enfants. Les régistres de Détroit nous montrent que quatre de ses enfauts naquirent en ce lieu, il y avait fai* venir un de ses neveux , il s'était en un mot voué à ce pays corps et âme , lui et les siens , et y avait attaché sans réserve sa fortune et celle de sa famille. Il n’y a point lieu de s’étunner alors de l’activité incessante qu’il déploya pour la formation et

l'accroissement de la principauté qu’il rêvait sans doute de former pour ses descendants.

Chaque année dans les documents laugmenta-

tion est sensible , on sent le pays croître sous sa main, les naissances parvinrent rapidement à la huitième année au chiffre de 19 par an, les

noms des familles françaises se multiplient dans

les actes ; à ceux que nous avons déjà cités il

faut joindre ceux de Langlois, Mallet, Massé ,

Turpir, Marquet, Robert, Michel Campeau ,Jacques Desmoulins dit Philis, Jacques Campeau, François Charlu dit Chanteloup, Jacques Hubert dit Lacroix, Bizaillon , tous mariés et établis, la plupart d’entre eux comptent aujourd’huy de nombreux rejetons sur les deux rives du Détroit. .Gastineau, Desprez, Cène, Saïnlonge avaient laissé leurs femmes au Canada.

Dès cette époque un M. Babic, négociant à Trois-Rivières, avait en 1703 visité le Détroit ou plus tard devait s'établir une branche de sa famille qui compte déjà plusieurs rameaux.

En 1708 ,on commençait déja a établir des maisons en dehors du fort, on trouvait dans sa ‘banlieue un moulin à blé et plus loin une maison et une grange. Il y avait alors en tout 203 arpents de terre de défrichés, 10 bêtes à cornes et un cheval; sur les défrichements 157 arpents avaient été exécutés par Lamothe-Cadillaë,, et

He

46 parles habitants , ceux d’entre eux qui s’occupaient ainsi de culture étaient au nômbre de 19 ,une grande partie -de ces petites cultures semble’ avoir été exécuté eàla main. Le blé se vendait fort cher aux traitants de fourruré , mais plusieurs habitants commençaient à récolter une partie de leur consommation ; la chasse suppléait au surplus. na éd

Les premières naissances inscrites sur les régistres du Détroit sont de 1704, savoir : Marie Thérèse de Cadillac, M ce Roy, Joseph Bienvenu dit Delille , ils Dent baptisés par. le Père Constantin Delhalle , moine Récollet, premier missionnaire du Détroit, qui fut malheureusement tué en 1706 par les Sauvages dans lexercice de ses fonctions apostoliques. | Eu 1707, on comptait 14 naissances , 13 en 1708 ,et 19 en 1709, mouvement qui suppose unê population établie danmoins 200 à âmes.

Il est donc € évident que le gouverneur-seigneur de Détroit s’employait activement au progrès de sa colonie, soldats licénciés , Voyageurs Canadiens. .qu ils eflorçait d'attirer et de fixer en | ce paÿs artisans et même émigrants qu'il fat sait venir du Canada avec leur famille, il n’6pargnait ni soins ni démarches ; il fit dans ces neuf ans plusieurs fois le voyage de Québec, ramerant de nouvelles familles et des recrues.

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