‹ Notes historiques sur la colonie canadienne de Détroit [microforme]Chapitre 4 sur 16 · AR OA · texte numérisé non relu

AR OA

pour remplacer les soldats établis, il donnait lui-même l’exemple et l’élan pour les travaux de la culture ,et l’activité fructueuse qu’il y déploya est incontestable aujourd’huy.

Malheureusement il avait peu d’élévation | dans l’intelligence , il était gascon et il avait le | cœur sec, pour racheter la modicité des produits que donnait cet établissement encore tout naissant , il fut âpre et cupide , ne comprenant pas qu’il allait par la même contre le sentiment dominant de sa création, qui était toute d’ave- | nir ; de plus il était hableur et vindicatif, spiri- * tuel mais sans tact et ne sachant pas retenir une

plaisanterie mordante ; il se fit beaucoup d’ennemis , et dans l’établissement même il suscita beaucoup de plaintes contre lui. Ses ennemis le firent arrêter dans un voyage qu’il fit à Québec en 1709 , son procès le ruina et il fut obligé d'abandonner aux mains du gouvernement royal tout ce qu’il avait fait à Détroit.

Rp ne ef se ee

D EE D Ed S

Nous le retrouvons peu d’années après gouverneur de la Louisiane , ou il resta audessous du médiocre , il avait perdu son activité juvé- À nile , le chagrin et les revers avaient émoussé cette ardeur gascone , et il ne lui restait plus que ses défauts et son esprit de saillie , qui en firent le plus détestable administrateur qu’on ait jamais envoyé dans les colonies Françaises.

s r “its ne = ef se ee

Mais on ne saurait trop répéter, a cause des récriminations passionnées que ses adversaires élevèrent alors contre lui, que malgré ses défauts il contribua puissamment au bon établissement et à l’avancement du Détroit, eu égard aux circonstances ou il se trouvait, et au peu de ressources dont il disposait. Sans doute il ne fit pas ce qu’on aurait pu faire , sans doute il eut été très avantageux pour le pays, qu’il se fut abstenu des exactions qu’il faisait péser sur ceux qui venaient s’établir au Détroit.—Mais encore faut il reconnaître qu’il prit beaucoup de peine pour y amener du monde , pour y faciliter leur établissement, et qu’il réussit dans cet efort.—45à 50 familles à établir, dans un pays complètement désert au milieu des sauvages, sans autre ressources ni provissions que celles que l’on apportait avec soi, ou que l’on pouvait créer sur les lieux ; à plus de #4ÿ lieues de toute endroit habité et civilisé , ou on put trouver secours et appuis; ce n’était pas une entreprise vulgaire ni facile.

On n’avait point d’autre recours que Montréal qui alors n’était guère plus considérable que n’est Sandwich aujourd’hui ; pour s’y rendre on n’avait pas d’autre moyen de communication que les canots d’écorce qui ne pouvaient guères cirenler qne la moitié de l’année. Aujourd’hui

méme ou nous disposons de ressources de toute

A PLPERVIe « du LI tint

espèce , bateaux à à vapéur, capitaux fmmenses,

Vale € “ Vi EE

outillage puissant, aujourd’hui. que nous nous appayons sur ÿne société nombreuse « ct riche sur.

TrPA

une RUE dus Minérfeur à “800 lieues de tous endroit habité, on. Rares cela comme. une

donc alors ? fe

On. a fait nn héros de Danish uote a pionnier

du. Kentucky. mais -$es travaux n’était qu ’une

Piseprienies a "côté de çeux de Cadillac ,i il agis-,

sait à-2 .on-3, jours. de marche.de la Virginie.

lequel pays.à.son. époque possèdait vingt fois ja.

population et les ressources d dede | 100.

: entreprise des Mormons “Hant-fonder leur colonie “au milieu ‘du désert; a été regardée comfne ‘une - émreprise’ de ‘désespérés-—cependant Ce” wétaitrien ; auprès: de’tæ fondation: du ’ Détroitils: étéionit-ceht fois phis- nombreux et’

beaucoup mienx-fournis dé ont; et tandis que

Cadillac ne pouvait démäander de secours que:

dans un pays presque aussi faible et aussi dénué “ai il’ Pétait lui LOUE ls” aväiént dér-

riére £üX, LU “pays ‘riche’ , Puiss sAn( ‘abondant: en Rice: di capable" d’écraser eg fibus”

indiénnes. D’ ailleurs 0e ‘qui Survint après la ch (E. de Céditiée “fût la. éffleure démonsträ-

nier 20

tion de l’utilité dont il avait été pour la colonie, et prouva clairement que s’il n’avait pas eu la meilleure administration possible, on aurait encore eu à se louer d’être administré par lui.— Mais tel est l'esprit humain , d’autant plus difficile a satisfaire que sa condition parait plus supportable en apparence , raffinant sans cesse dans la recherche du mien”. pour tomber presque toujours dans le pi.”.

Après le délaissement de Cadillac le gouvernement Français, ayant aussi traité avec la compagnie commerciale qui avait soutenu cette entreprise , la colonie de Détroit se trouva entièrement placée sous l’autorité immédiate du Pouvoir Royal; cecise passa en 1709 , l’administration de Cadillac avait ainsi duré a peine neuf ans.

Les rapporis faits sur la colonie de Détroit par les adversaires de ce gentilhomme aventurier, rapports que l’on trouve encore dans les Archives Françaises, et dans lesquels nous pouvons découvrir aujoud’hui beaucoup d’inexactitude et d’erreurs , ces rapports étaient peu faits pour encourager le Gouvernement Français , à s’occuper du développement de Détroit, aussi ,;envoya:t-on les ordres les plusexprès pour réduire les dépenses au strict minimum ; on y

maintint un seul capitaine M. de la Foret avec

AT

sa compagnie, a charge par lui de défrayer les dépenses des soldats, au moyen des droits levés sur les commerçants de fourrures et dont on lui donna la perception.—Encore fut il même question un instant de délaisser entérièment Détroit et de tout abandonner, afin de concentrer tout le commerce des Pelleteries à Michillimakinak , dont les traiteurs intriguèrent fortement près de l’administration pour la faire renoncer à Détroit.

Ce dernier établissement fut donc maintenu, ou au moins toléré , mais il est facile de concevoir que ces tergiversations du Gouvernement Français, cette incertitude ou l’on fut pendant longtemps sur ses intentions, n'étaient point faites’ pour encourager, ni soutenir les colons.— Le retrait ou le maintien de la garnison et du Poste était en effet pour eux une question de vie ou de mort—non pas tant a cause de l’état d’isolement ou cela les eut laissé sans défense , au milieu des nations sauvages—que par la cessation de presque tout le commerce des Pelleteries qu'on aurait dirigé sur Michillimakinak, et par l’interruption des convois administratifs sur lesquels reposaient les principales communications entre Détroit et le Canada, seul pays par lequel on put se lier ici à la vie civilisée , et subvenir à scs besoins.

sm ID

Aussi se montre-t-il de suite combien cet état de choses fut préjudiciable à la jeune colonie, plusieurs familles la quittèrent, (cela se voit par la disparition subite de leur noms dans les régistres) de 1710 à 1720 le nombre des naissances qui précédemment avait monté à 12 et 15 par an, va toujours en diminuant jusqu’à ne présenter qu’une où deux naissances en certaines années. Evidemment l’administration de Cadillac, toute imparfaite qu’elle était, avait été moins funeste au pays que l’état de choses qui lui succédait—et il était arrivé comme il arrive souvent,que pour tuer quelques abus, on avait presque tué le sujet, ainsi qu’il advint de cet ours de la Fable, qui pour chasser une mouche écrasa son maître.

D'ailleurs les difficultés suscitées par l’apre cupidité du premier gouverneur furent peut-être plus lourdes encore sous ses successeurs qui faisaient payer aux traiteurs un droit de 400 livres par chaque canvt chargé de marchandises qui montait à Détroit—la garnison était réduite une cotnpagnie de 30 hommes dont le capitaine M. de la Foret, commandait le poste.

Le commerce et les cultures dépérirent comme la population—Cadillac s’était activement occupé d’attirer et d'établir du monde à Détroit en distribuant des concessions de terre , je vous

cs: 00 es

ai montré tout à l’heure qu’un grand nombre de soldats congédiés et plusieurs familles venues du Canada, avaient répondu à cet appel ; personne désormais ne prenait plus aucun souci à ce sujet, et telle fut la négligence que de 1710 à 1734—pas un colon ne put obtenir de titres réguliers de concession ; le peu de gens qui s’établirent le firent comme par une manière de tolérance , sans avoir aucune assurance réelle de leur situation. c'était la conséquence naturelle du changement de régime survenu à Détroit. Cadillac était autrefois non seulement commandant , mais seigneur du pays, et il avait un intérêt considérable à activer son peuplement , tandis que désormais le commandant du Poste n’accordait plus qu’une attention médiocre , au développement d’un établissement qui avait même été déprécié aux yeux de l’administration.

Un évènement facheux , survint en outre à cette époque qui dut nuire beaucoup à la jeune colonie , ce fut l’apparition d’une tribu errante et pillarde nommée les Outagamis, plus sauvage que les autres sauvages, repoussée et redoutée en même temps par toutes les autres ; ils faillirent en 1712 détruire ie Détroit qui ne fut sauvé que par l’énergie et l’habilité de M. Dubuisson commandant provisoire du fort , sou-

tenu par le courage des habitants et d’une petite garnison de 30 hommes.

Ces Outagamis restèrent à roder dans le pays de Détroit pendant plusieurs années, maintenant toujours dans les environs une sourde inquiétude ; ce ne fut qu’en 1717 qu’une petite expédition de soldats réguliers, soutenus par tous les coureurs de bois et commandée par M. de Louvigny, parvint à en débarasser la colonie en les exterminant presque tous.

Toutes ces causes non seulement arrêtèrent le développement du Détroit, mais le firent même en quelque sorte rétrograder , et nous ne pensont pas qu’en 1720 ,il y resta beaucoup plus de la moitié de la popuiation qui s'y trouvait du temps de Cadillac.

M. de Tonti devint commandant du Poste après l’expédition de M. de Louvigny en 1718. C'était un des plus iliustre aventuriers Français de lOuest , il avait 6t6 le lieutenant de l’illustre Lasalle lors de la découverte du Mississipi , et il avait créé et commandé pendant longtemps le poste des Illinois.

Soit par la force des choses, soit par un peu plus de sollicitude de ia part du commandant, la population commença à reprendre quelqu’accroissement. En 1719-1720-1721, nous trou-

vons 6 à 8 naissances par an. En 1722 on rébatit une nouvelle Eglise pour remplacer Pancienne chapelle détruite lors de l’invasion des Outagamis , cette Eglise dura jusqu’en 1755 et ceile de 1755 jusqu’ à l’incendie de 1805.

Quelques familles nouvelles étaient venues remplacer celles qui étaient parties. Nous voyons s'établir alors à Détroit les familles : Cardinal, Perthuis, Buteau, Goguet, Chapoton, Godefroi, Barrois, Goyeau, Verger dit Desjardins , Séguin dit Ladéroute, Picard et Bineau. La population se retrouva lors être a peu près la même qu’en 1710, savoir 150 à 200. Plusieurs habitants entre autre Picard, Bineau, Lajeunesse et Sanspeur s'étaient établis avec la permision de M. de Tonti, vers l'embouchure de la Rivière à Parent, à 2 milies a peu près du Fort , entre ce Fort et la Grosse Pointe.

Depuis lors en 1727, M. St. Ours-Deschaillons nouveau commandant du Poste avait délivré de nouveaux permis de cultiver entre les dits lots et le Fort, mais tout ccla ne constituait que des établissements précaires et sans régularité. Depuis M. de Cadillac, il n'avait point été donné de titre complet et parfait de concession. Les habitants s’en plaignaient, plusieurs étaient arrêtés dans ieur dessein d'établir des cultures, Enfin M, de Boishebertquicommandait

PE non

RE se.

03, au

le Fort en 1730, transmit leurs réclamations au gouverncur général de Québec et le 16 juin 1734, il régularisa les tîtres de proprété des divers occupants et accorda plusieurs concession nouvelles.

Nous voyons apparaître à Détroit à ce moment quelques noins nouveaux , Belleperche qui était armurier du Fort, Douaire de Bondy, Desnoyers, Chauvin, Beaupré, Catin, Deslauriers, Dufournel. Les naissances s’élevaient alors en :730 de 10 à 12 par an, et la population devait passer 200 âmes. D’année en année quelque soldat congédié , ou quelque voyageur venu du Canada, y prenaient des terres et y restaient; parmi les familles primitivement fixées commençaient à se trouver des jeunes filles qu’ils épousaient , ce qui facilitait et souvent décidait leur établissement.

La population même se serait accrue bien plus rapidement sans la mortalité considérable qui paraît avoir affecté les enfants dans les pre-

miers temps de la colonie ,et cela pendant 40

ou 50 ans. En certaines années il périssait la moitié ou les deux tiers des enfants qui naissaient , il y eutauss: à diverses reprises de sévèresépidemies notamment des petite-véroles, qui décimèrent ce petit noyau d’habitants. Néanmoins à partir de 1730 , Détroit suivit quojoue

Page 1